Le cycle Edgar Allan Poe de Roger Corman

J’ai rassemblé et introduit les huit films de ce cycle curieux dans l’histoire du cinéma – sur lequel on peut lire aussi un dossier de critikat.com : La chute de la maison Usher ; Le Masque de la Mort rouge ; La Chambre des tortures ; Enterré vivant ; L’Empire de la terreur ; Le Corbeau ; The Haunted Palace (La Malédiction d’Arckham) ; The Tomb of Ligeia.
Bon visionnage !

Voici le premier – je ne l’ai trouvé qu’en anglais mais il se comprend aisément – Fall of the house of Usher, La Chute de la Maison Usher (1960). Il s’agit d’une sorte d’exégèse du texte de Poe (dont ma traduction peut être lue ici) : le visiteur est l’amoureux de Lady Madeline, très présente alors qu’on ne la voit quasiment pas dans la nouvelle. La situation fermée et incestueuse y est rapportée à la malédiction chrétienne du péché originel, à la conception d’un lien entre la terre et le sang (la « race », la lignée), à ces dérèglements morbides de l’esprit qui conduisent à la mystification et à la falsification de la vie et de la mort.

https://vimeo.com/105801011

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J’ai respecté l’ordre chronologique des films, sauf pour celui-ci qu’il me semble important de présenter tôt. Voici, en 7 vidéos, Le Masque de la Mort rouge (1964), ici en français. Un châtelain sadique, fidèle du diable et tortionnaire comme son prédécesseur un moine inquisiteur, qui a promis à ses hôtes soumis au mal de les sauver ; des noces avec le diable ; une jeune fille pure, un jeune homme valeureux, un enfant ; des masques, un singe… et bien sûr la Mort rouge, devant laquelle « chacun devra montrer son visage à nu ».

http://dai.ly/x9iut0

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http://dai.ly/x9j7tl

http://dai.ly/x9j7yd

http://dai.ly/x9j82f

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http://dai.ly/x9jc00

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La Chambre des tortures, ici en 4 vidéos et en français, date de 1961. Plusieurs des thèmes présents dans Le Masque de la mort rouge s’y trouvent déjà. En voici le résumé : « Francis Barnard, un anglais, vient au château des Medina pour découvrir les raisons de la mort de sa soeur, l’ex-madame Nicholas Medina. Elle vivait là en compagnie de son époux et de la soeur de celui-ci, Catherine. Doutant de la version des faits de Nicholas, Francis va découvrir les véritables raisons de la mort de sa soeur, raisons qui ne sont pas indépendantes de l’atmosphère du château, qui abrite notamment une salle de tortures utilisée jadis par Sebastien Medina, père des habitants actuels et inquisiteur réputé. »

http://dai.ly/x9npoi

http://dai.ly/x9nq6g

http://dai.ly/x9nqig

http://dai.ly/x9nqx0

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Enterré vivant, ici en 6 vidéos et en français date de 1962. Thèmes de la mystification, de la manipulation…

http://dai.ly/x9jjr9

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http://dai.ly/x9jk3c

http://dai.ly/x9jk8m

http://dai.ly/x9jkal

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L’empire de la terreur (1962 également), ici en 2 vidéos et en français, comprend trois histoires, Morella, La vérité sur le cas de M. Valdemar, et à 22’20 », une excellente et drolatique adaptation du Chat Noir

http://dai.ly/xqybok

http://dai.ly/xqyc9g

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Le Corbeau (1963), ici en français en 5 vidéos. Le démarrage est peut-être un peu lent, mais ensuite on s’amuse avec cette histoire à rebondissements inventée à partir du poème de Poe, et à la fin son exquis duel de magiciens. Avec de nouveau Peter Lorre et Hazel Court et toujours Vincent Price. Et toujours le château maudit et comme dans La Chute de la maison Usher le pont par où s’en sortir, notamment par un « jamais plus » plein d’humour et libérateur.

http://dai.ly/x9k83z

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http://dai.ly/x9ke57

http://dai.ly/x9kee6

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The Haunted Palace (La Malédiction d’Arckham,1963) s’inspire du poème The Haunted Palace (dans La Chute de la maison Usher) et d’une nouvelle de Lovecraft. J’ai trouvé le film en anglais seulement mais sans doute pourrait-il se comprendre même sans paroles. Argument : un gentleman vient avec sa femme prendre possession d’un manoir dont il a hérité, et qui est resté inhabité depuis que aïeul, dont il est le portrait craché, a été brûlé vif par les villageois, cent dix ans plus tôt, pour sorcellerie. Ce mauvais avait promis de revenir se venger, et les villageois ne voient pas d’un bon oeil l’arrivée de son descendant. L’ancêtre réussira-t-il à retenir son arrière petit-fils, voire à en prendre possession, à le transformer en une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde ? Il est question du Necronomicon, il y a comme dans d’autres histoires de la série une habitation spirituellement contaminante, un docteur et d’étranges maladies, des déchaînements d’éléments, une exhumation, du feu. Le désir de violer une vivante y est associé au désir nécrophile. Plans, couleurs, mouvements, musique prégnante… le film est beau. Mais sa tonalité est plus dure que dans les adaptations seulement inspirées de Poe – cela serait dû, selon des critiques, à la misanthropie de Lovecraft, principal inspirateur de ce film. Et malgré son caractère spectaculaire, le sens en est moins profond et moins ouvert. Oui décidément il y manque ce qui rend heureux après avoir lu Poe, son humanité, sa bonté envers le lecteur.

http://dai.ly/x1x42u7

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Et voici pour finir The Tomb of Ligeia (1964). La seule version en ligne que j’ai trouvée de ce film est celle-ci, en deux vidéos en anglais sous-titrées en grec. Ce n’est pas l’idéal, mais mieux que rien pour les curieux. Une morte, une vivante, et entre les deux un homme que la lumière aveugle. Une chasse, un beau décor du passé religieux, un barjot nécrophile, un gynophobe tueur, une abstinence forcée, un médecin et de l’hypnose encore, et encore un chat noir (ou une chatte ?) en guise de fil rouge, si je puis dire. Une obsession morbide. Tous les thèmes y sont, et il est bon que cela s’arrête en faisant éclater la stupidité de tout cela, qui existe. On peut toujours retourner aux textes de Poe, excellents. Pour ma part c’est ce que je ferai, Edgar Allan étant l’un des auteurs que j’étudie dans ma thèse.

http://dai.ly/xv5xm2

http://dai.ly/xv5zso

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alinareyes