Dada dodo dada

dada-min

Bon temps dada à vous en compagnie de ce doc Viva Dada, de ces galets et coquille dada dodo et de ces haïkus en série de trois comme d’hab mais dada.

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galets peints 6-mingalets peints 5-minRecto et verso, longueur 4,5 cm

galets peints 7-mingalets peints 8-minRecto et verso, longueur 6,5 cm

coquille peinte 1-mincoquille peinte 2-minRecto et verso, longueur 2 cm
Coquille et galets peints hier

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dada dodo da

da dodo dada dodo

dada dodo da

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da dodo dada

dodo dada dodo da

da dodo dada

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dada dodo da

da dédé didon doid’ho !

do ré mi fa da

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Le doc est en italien, pas moyen de le voir autrement en ligne, mais après tout dada ça se comprend dans toutes les langues.

Et pour plus de dada, c’est .

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Fleurs, plantes, et haïkus de Chiyo-Ni

fleurs et plantes 2-min

Le chapeau de paille
on ne sait où le poser
Prairie fleurie

Ah quelles merveilles !
Impossible de tout voir
Fleurs de printemps

Comme ils sont beaux
les rêves que je fais encore
de printemps en fleurs

Chiyo-Ni, haïkus traduits et présentés par Grace Keiko et Monique Leroux Serres, éd. Pippa (j’en ai cité d’autres ici)

Et voici mes images de fleurs et plantes fantastiques, prises hier au Jardin alpin du jardin des Plantes

fleurs et plantes 1-min

fleurs et plantes 2-min

fleurs et plantes 3-min

fleurs et plantes 4-min

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fleurs et plantes 6-min

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fleurs et plantes 13-minphotos Alina Reyes

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Chiyo-Ni, haïkus et couleurs jusqu’au bout des ongles

main,,-min

main,-min

En hommage à Laura Dern dans Twin Peaks The Return, (je viens de réactualiser la note sur la série), j’ai verni mes ongles de plusieurs couleurs. Et voici, en hommage à la couleur, de splendides haïkus de Chiyo-Ni, une poétesse japonaise du XVIIIe siècle qui fut aussi bonzesse.

 

La rivière aussi
sous la pluie de printemps
paraît verte

Pluie de printemps !
Si elle pouvait arroser
toutes choses de couleur

Les nuages violets
étaient à mes yeux
pareils aux iris

Déjà tout en feuilles
à quoi pensent-ils ces arbres ?
Naissance de Bouddha

L’eau claire
n’a ni envers

ni endroit

chiyo ni

J’ai picoré ces haïkus dans le recueil bilingue CHIYO-NI Une femme éprise de poésie, haïkus traduits et présentés par Grace Keiko et Monique Leroux Serres, illustrations de Clara Payot, éd Pippa, 2017

J’ai emprunté le livre en bibliothèque mais je vais l’acheter car c’est une pure merveille ; j’en reparlerai peut-être.

Haïkus de Saikaku et du y

Saikaku

Saikaku est un romancier japonais qui a peint les mœurs et la sexualité de son temps au XVIIe siècle. Mais avant cela, il fut un poète de génie, réputé pour avoir composé des milliers de haïkaïs et haïkus, dont il a fait évoluer le genre. On trouve plusieurs de ses nouvelles et romans en traduction française, mais je ne trouve aucun de ses poèmes. Éditeurs, traducteurs, faites-nous la grâce de nous en donner ! Nous avons soif de poésie.

J’ai seulement trouvé, sur un site anglophone consacré aux poètes de haïkus, un haïku de lui traduit en anglais, avec deux variantes (ici). Il s’agit du poème qu’il aurait dit pour commencer ou terminer la journée de mai 1677 au cours de laquelle, d’un matin à l’autre, lors d’une sorte de performance, il est réputé avoir créé 23 000 haïkaï. À partir des deux versions en anglais et des bouts de texte en japonais passés aux différents outils de traduction en ligne, j’ai réalisé une traduction en français de ce haïku inaugural ou final. La voici :

 

Tirés par myriades

d’un souffle ininterrompu

les haïkus fusent, fusent.

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Puis j’ai écrit moi-même une nouvelle série de trois haïkus :

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J’y suis, oui. J’y suis.

Ici tout va si vite, vite.

Mon souffle est lent, long.

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Le ciel bleu subtil,

le rouge vif au balcon,

mon corps accoudé.

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Oiseau invisible,

son chant fait courir dans l’air

les frissons d’un vol.

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Haïkus de l’amour en été

vignette

Les martinets crient.
Tissu de soie dans mes mains
et petits ciseaux

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Les martinets crient.
Couchés tous deux sur le toit
nous faisons l’amour

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Les martinets crient.
La soie roule sur ma peau
caressée au fond

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succulenteCette succulente a fait sa première floraison cet hiver à la maison en se couvrant de fleurs jaunes comme des boutons d’or. Puis elles sont toutes tombées. Accrochée pour l’été dehors à la fenêtre, elle vient de produire une fleur d’une autre couleur : orangé vif (plus vif que sur l’image) aux nuances merveilleusement subtiles

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En lisant le Kalevala : la création du monde par Ilmatar, la Femme-Air

320px-Ilmatar

Avant le début du monde, Ilmatar, la  « Femme-Air » ou « Fille de l’Air », plane sur les eaux, enceinte des vagues et du vent, enceinte depuis 700 ans de Väinämöinen, le « Ménestrel », dieu des chants et de la poésie. Un oiseau, aigle ou canard selon les versions originelles, orales, de l’épopée finnoise, pond ses œufs sur son genou dépassant de l’onde. Elle les renverse et commence à créer le monde. Extrait de la première rune (chant) :

 

R.W. Ekman, "Ilmatar", 1860, huile sur toile, 79 x 111,5 cm

R.W. Ekman, « Ilmatar », 1860, huile sur toile, 79 x 111,5 cm

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« L’oiseau se met à couver ses œufs. Il couve un jour, il couve deux jours, il couve presque trois jours. Alors, la mère de l’onde, Ilmatar, sentit une chaleur ardente dans sa peau ; il lui sembla que son genou était en feu, que tous ses nerfs se liquéfiaient.

Et elle replia vivement son genou, elle secoua tous ses membres ; et les œufs roulèrent dans l’abîme, en se brisant à travers les flots.

Cependant, ils ne se perdirent point dans la vase, ils ne se mêlèrent point avec l’eau. Leurs débris se changèrent en belles et excellentes choses.

« De la partie inférieure des œufs se forma la terre, mère de tous les êtres ; de leur partie supérieure, le ciel sublime ; de leurs parties jaunes, le ciel radieux ; de leur partie blanche, la lune éclatante ; leurs débris tachetés devinrent les étoiles ; leurs débris noirs les nuages de l’air. »

Et les temps marchèrent en avant, et les années se succédèrent, car le soleil et la lune avaient commencé à briller.

Mais la mère de l’onde, Ilmatar, continua encore à errer sur la vaste mer, sur les flots vêtus de brouillards. Au-dessous d’elle, la plaine humide, au-dessus d’elle le ciel clair.

Et la neuvième année, le dixième été, elle leva la tête hors de l’eau et se mit à répandre autour d’elle ses créations.

Partout où elle étend la main, elle fait surgir des promontoires ; partout où touchent ses pieds, elle creuse des trous aux poissons ; partout où elle plonge, elle rend les gouffres plus profonds. Quand elle effleure du flanc la terre, elle y aplanit les rivages ; quand elle la heurte du pied, elle y fait naître des filets fatals aux saumons ; quand elle la frappe du front, elle y perce des golfes.

Puis elle prend son élan et s’avance jusqu’en pleine mer. Là, elle crée des rochers, elle enfante des écueils, pour le naufrage des navires, pour la mort des marins.

Déjà les îles émergent des flots, les piliers de l’air se dressent sur leur base, la terre, née d’une parole, déploie sa masse solide, les veines aux mille couleurs sillonnent les pierres et émaillent les rochers. Et Väinämöinen n’est point encore né, le runoïa éternel n’est point encore paru. »

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Kalevala, épopée de 22795 vers répartis en cinquante chants, composée par Elias Lönnrot au milieu du XIXe siècle à partir de poèmes de la mythologie finnoise ; traduction de L. Léouzon Le Duc (Lönnrot ayant opté pour aigle puis pour canard, j’ai seulement changé le mot en « oiseau », et l’appellation « fille d’Ilma » (de l’Air) en son nom en finnois, au sens moins restreint : « Ilmatar ». Je lis ce splendide poème (grâce à l’une de mes splendides petites-filles éduquées en Finlande, qui en connaissent des passages par cœur) dans la version que j’ai téléchargée sur gallica.fr.

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Dans la pièce obscure,
lumière de la tablette :
le Kalevala

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Les pages jaunies
glissent sur l’écran tactile :
le vieux livre vit

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Calme nuit d’été
La ville chuchote à peine
tandis que je lis

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Journal du jour. Olivia Caramello. Ma thèse donnée à l’UCP

carreau de cergy

RER en grève
Dans la cité au printemps
attendre sous terre

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Escaliers roulants
Mon cœur bat dans la mesure
de celui du monde

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Assise, mon sac
à dos sur les genoux, lourd
d’une belle thèse

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rer

rer,

ucp

l’UCP, où j’ai choisi de faire ma thèse, que je viens de donner : une université verte, paisible et moderne, ouverte

ucp 2

ucp 3aujourd’hui dans le RER et à Cergy, photos Alina Reyes

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C’est la deuxième fois en deux ou trois ans que j’écoute cet entretien avec Olivia Caramello, jeune mathématicienne brillante qui travaille à partir des topoi d’Alexandre Grothendieck. Ce que j’ai tenté dans ma thèse correspond à ce qu’elle explique faire et vouloir faire, notamment : « Moi je crois qu’il faut, en mathématiques, essayer d’aller vers la symétrie en ajoutant des imaginaires ».

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