Archives de catégorie : Journal de mon corps et âme

Joie vive de l’amour

à Saint-Louis de la Salpêtrière, photo Alina Reyes

 

Si rien n’avance, c’est que le monde et ceux qui le suivent ne vont pas dans le bon sens. Ainsi dans Voyage, quand la ville morte va en contresens de la course de la narratrice. Réjouissons-nous, alors, qu’il nous soit rendu impossible d’aller de l’avant dans la mort !

Au pied du mur du vrai, réjouissons-nous de n’avoir plus qu’à rapetisser ! Car nous sommes attendus comme les pâquerettes dans le pré, et nous serons cueillis pour être offerts.

Au coeur des pâquerettes bat, minuscule et énorme, la rose parfumée de leur coeur. Oh, mes lèvres bruissent ! Mon soupir est sourire, mon sourire école où viennent apprendre et s’amuser mes myriades d’enfants. Anges du ciel, livrez-nous encore et encore à la multitude, qu’avec toute petite sainte, tout petit saint, nous ensemencions la vie !

Voyage

 

Corps d’amour

à Notre-Dame de Paris, le choeur (photo Alina Reyes)

 

O mon corps, fleur de fleurissements

sensibles sous ma peau, les brindilles

innombrables de mon sang accourent

aux fourrures des sources de la vie !

Voici mon âme, elle s’avance au front

du ciel, mur bruissant de plumes

qui se fend.

Dans mon coeur monte

la clameur des hommes et des temps

qui me suivent en traîne au lieu de notre joie

 

Bras nus

Rentrée en marchant bras nus, à embrasser le printemps !

D’abord, devant la Salpêtrière, tout un groupe de sans-abris, comme toujours l’après-midi. Ils avaient allumé un feu, comme souvent. Un feu pour répondre au soleil ? Je m’en suis approchée. L’un a voulu que je le photographie à côté. Nous avons parlé et plaisanté, les gars étaient joyeux, je suis partie, ils m’ont dit Ciao bella.

J’ai passé l’entrée, l’herbe était d’un vert ! Je me suis avancée vers la chapelle, j’ai passé le porche, je suis allée à l’Adoration, le coeur rempli de joie joyeuse et bienheureuse. Oh oui, je sais qui et ce qui me rend heureuse.

Les simples, les bons coeurs,

ceux qui ne font pas exprès de faire le mal. En sortant je me suis dit que je retournerais bientôt à la mosquée, j’y serais aussi bien et je le ferai plus souvent si j’ai encore à éviter les paroles orientées. Je veux entendre les paroles normales, dites pour tout le monde, ou pas de paroles du tout.

Je peux trouver Dieu n’importe où du moment qu’il s’y trouve, c’est-à-dire du moment que s’y trouve le simple vrai.

On emploie souvent mal le mot réconciliation. Il n’est pas possible de réconcilier ce qui n’a jamais été concilié, ce qui n’est pas conciliable. Le mensonge avec la vérité, le mal avec le bon. Mon corps et âme rejette absolument et irrémédiablement le mensonge et le mal, comme des virus qu’ils sont. Je n’y peux rien, ainsi est-il.

Ainsi est la grâce, et nous marchons en elle, mes Pèlerins et moi. Croyez-vous qu’ils n’existent pas encore ? C’est que vous vivez trop prisonniers du temps. Nous, nous sommes éternellement vivants et bienheureux. Qui nous aime, nous suive !

 

photos Alina Reyes