L’université de Nanterre, son street art, son théâtre, son charme

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Aujourd’hui, après avoir oublié le matin de descendre à la station parce que je lisais dans le RER, et avoir donc dû faire demi-tour (que de tourisme !), j’ai passé la journée à Gennevilliers, dans une annexe de l’université de Cergy Pontoise où se donne aussi une formation des nouveaux professeurs de l’académie de Versailles, où j’ai en charge une classe de seconde générale et une classe de première technologique. On ne peut pas dire que je sois convaincue par les méthodes prônées pour l’enseignement de la littérature, mais au moins, comme ça, je sais ce qu’il en est (comme je sais ce qu’il en est de la formation des journalistes pour avoir fait aussi des études de journalisme, dont l’esprit n’a pas beaucoup changé). Et je saurai bien accommoder ces méthodes à ma façon (j’ai hâte !) Heureusement une bonne part de liberté est laissée aux enseignants. Voici encore des photos prises à l’université de Nanterre hier, je trouve ça beau, vivant.

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Pour voir la clôture magnifiquement peinte du théâtre, c’était hier

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université nanterre 10après le Pokemon,  retour au RER en travaux avec ses perspectives :

rer nanterre universitéhier à Nanterre, photos Alina Reyes

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Tralala Splatch. Autour du Clos aux zoiseaux, à Nanterre

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Passant la journée à la fac de Nanterre pour la préparation à la rentrée des nouveaux jeunes profs, dont j’ai le plaisir d’être, à midi après avoir mangé sur l’herbe le sandwich crudités qu’on nous avait distribué, je suis allée me balader sur le campus, et j’ai trouvé, tout au fond, cette merveille : un campement, des chapiteaux, un portail ouvert et une clôture magnifiquement peinte, en dessins et en écritures, que j’ai bien sûr photographiée. Il s’agit d’une compagnie théâtrale en résidence là, où ils font plein de choses. Pour en savoir plus, c’est ici : Tralala Splatch, le Clos aux zoiseaux. Et voici les images.

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tralala splatch 18aujourd’hui à Nanterre (à 2 mn du RER Nanterre Université), photos Alina Reyes

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Mémoire des lieux de la Grande Guerre dans la Somme, en images

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Ne pas oublier quelle masse d’horreurs sont capables de produire de grands pays civilisés, voire démocratiques. Dans ce pays truffé de cimetières militaires, j’ai découvert des lieux impressionnants. Le souvenir du carnage est partout présent dans cette région, et il semble que les survivants aient tenté de compenser par le gigantisme des mémoriaux l’énorme absence creusée par le million de victimes de cette bataille de la Somme, ces centaines de milliers de jeunes vies enlevées. Voici les images que j’ai pu faire entre les prises, en cette journée de dimanche que j’y ai passée pour un job (une figuration dans un petit film promotionnel pour un tour operator). Quelques jours plus tôt, l’un des organisateurs du tour, s’arrêtant dans un champ, avait marché sur un obus.

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sortie somme 1 peronne chateauLe château de Peronne abrite un Historial de la Grande Guerre, très intéressant à visitersortie somme 3 peronne musee

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sortie somme 5 peronne musee soldat

*sortie somme 6 cratere lochnagarL’énorme cratère de Lochnagar : 90 mètres de diamètre sur 22 m de profondeur, causé par une mine

*sortie somme 7 memorial de thiepvalMémorial de Thiepval, l’Empire Britannique en hommage aux soldats disparus dans la Somme, dont les noms couvrent toutes les faces des hauts murssortie somme 8 memorial thiepval noms

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sortie somme 10 memorial de thiepval

sortie somme 11 thiiepval  sortie somme 13 thiepval cimetièrele cimetière français, et de l’autre côté de l’allée le cimetière anglais sortie somme 14 thiepval cimetière

sortie somme 15 thiepval sydLa douzaine de personnes très vivantes que nous étions ont heureusement rendu cette journée de tournage très joyeuse et agréable

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sortie somme 16 thiepval clocherdu parking du mémorial de Thiepval, le haut du clocher du village

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ulster towerl’Ulster Tower, en hommage aux soldats irlandais du Nord morts dans la Somme. Derrière la tour et sa chapelle, un petit pub à sandwiches où l’on ne parle qu’anglais

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Le mémorial de Beaumont-Hamel, en hommage aux milliers de soldats de Terre-Neuve morts dans la Somme. Il s’y trouve encore des tranchées, aménagées pour qu’on puisse y marcher. On y est reçu par des étudiants de Terre-Neuve. Tous ces mémoriaux sont des petits territoires de leurs pays respectifs. Au fond de celui-ci se trouve un autre mémorial, en hommage aux soldats Écossais morts dans la Somme

*sortie somme 18 memorial villers bretonneuxLe mémorial de Villers-Bretonneux, monumental lui aussi, en hommage aux soldats australiens morts dans la Somme ; et son grand escalier pour monter au sommet de la tour et contempler la vue, notamment sur le cimetière sortie somme 19 villers bretonneux escalier

sortie somme 20 memorial villers bretonneux,aujourd’hui dans la Somme, photos Alina Reyes

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L’islam en Macédoine en 1953, vu par Nicolas Bouvier

Prilep dessiné lors de ce voyage par Thierry Vernet
Prilep dessiné lors de ce voyage par Thierry Vernet

Prilep dessiné lors de ce voyage par Thierry Vernet

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En 1953, Nicolas Bouvier et son compagnon de voyage Thierry Vernet résident quelques semaines à Prilep, « une petite ville de Macédoine, au centre d’un cirque de montagnes fauves à l’ouest de la vallée du Vardar », alors en Yougoslavie. Après avoir vu le pasteur puis le pope et son église où il trouve « Quelque chose de chaud et de vaincu : comme si le péché, l’enfance et la faiblesse humaines constituaient un capital dont Dieu, par le pardon, touche les intérêts », il fréquente les Turcs de la ville et passe un dimanche à festoyer avec eux. Voici son témoignage, qui commence par une comparaison entre la mosquée et l’église :

 

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« La mosquée des Turcs exprime plus de placidité dans l’adoration. C’est un bâtiment trapu, encadré par deux minarets où nichent les cigognes. L’intérieur est crépi à la chaux, les dalles couvertes de tapis rouges, les murs décorés de versets coraniques en papier découpé.

Une fraîcheur affable et une absence de gravité qui n’exclut pour autant pas la grandeur. Rien comme dans nos églises ne suggère le drame ou l’absence, tout indique entre Dieu et l’homme une filiation naturelle, source de candeur dont les croyants sincères n’ont pas fini de se réjouir. Une pause dans cette demeure, les pieds nus sur la laine rugueuse, fait l’effet d’un bain de rivière.

Ici, les Turcs sont peu nombreux mais bien organisés. C’est par Eyoub, le barbier, que nous sommes entrés dans leur société. Il a notre âge et sait quelques mots d’allemand. On s’est lié. Depuis qu’on lui a dit aimer Smyrne dont sa famille est originaire, il insiste pour nous raser à l’œil. Tous les deux jours, nous allons donc nous étendre, la gueule pleine de savon, dans le fauteuil aux cuirs crevés, face aux chromos de Stamboul qui encadrent la glace. De fil en aiguille, on se fait admettre et l’autre jour, Eyoub et ses copains nous ont invités à passer le dimanche aux champs avec eux. Vin, musique, noisettes… on irait en charrette… il y aurait un chamois braconné par le meunier. Tout cela, il nous l’explique par gestes, son allemand ne va pas si loin dans le merveilleux.

Au point du jour, nous nous sommes retrouvés à la sortie de la ville avec quantités d’inconnus qui nous connaissaient – c’est ça « être étranger ». Salaams enroués, complets bleus, cravates à pois énormes, bonnes têtes ensanglantées par le rasoir matinal, et une carriole remplie de mangeailles entre lesquelles on avait coincé un violon et un luth. À l’écart, un gamin tenait deux vélos verts et violets empruntés par Eyoub pour nous honorer. Une fois la compagnie au complet, chacun – comme c’est l’usage ici le dimanche – a lâché la colombe qu’il avait apportée, et nous avons pris la route de Gradsko sur nos vélos versicolores suivis par une charretée de fêtards.

[Je passe le récit des festivités – ripailles, musique, raki – « C’était un dimanche très réussi »]

Le chamois nettoyé jusqu’à l’os, on s’est tous allongés dans le trèfle pour une de ces siestes où l’on sent la terre vous pousser dans le dos. Vers six heures, comme aucun des dormeurs ne bronchait, nous sommes rentrés à Prilep. Nos vélos jetaient mille feux. Les jambes coupées, mais la tête claire, et grande envie de travailler. C’était satisfaisant, cette gonflée rustique sur ces ventres pleins, et rien ne vaut le spectacle du bonheur pour vous remettre en train.

Les Turcs faisaient bien de profiter du dimanche et des champs parce qu’à la ville, les Prilepois leur menaient la vie dure. Les Macédoniens, qui se disaient exploités par Belgrade, se rattrapaient sur cet Islam dont autrefois ils avaient tant pâti. À tort, évidemment ; les quelques Turcs de la ville constituaient une famille candide et très unie dont l’âme était moins troublée que la leur.

Entre leurs minarets et leurs jardins salvateurs, ils formaient un îlot agreste bien défendu contre le cauchemar ; une civilisation du melon, du turban, de la fleur en papier d’argent, de la barbe, du gourdin, du respect filial, de l’aubépine, de l’échalote et du pet, avec un goût très vif pour leurs vergers de prunes où parfois un ours, la tête tournée par l’odeur des jeunes fruits, venait la nuit attraper de formidables coliques.

Les Prilepois préféraient pourtant les tenir à l’écart, se priver de leurs services et les brimer discrètement comme toutes les populations qui, ayant trop souffert, se font justice avec retard, à contre-temps et sans souci de leur propre intérêt. »

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Séjour à Tours

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sejour à toursC’est à Tours que se passent les oraux du Capes de Lettres, c’est donc là que je suis allée, pour trois jours, faisant d’abord quelques images depuis le bus, qui me rappelait mon départ pour la Grèce via la Porte d’Italie aussi, en minibus quand j’avais dix-sept ans, comme Rimbaud. Et justement dans la nuit je m’étais vue en rêve adolescente aujourd’hui.

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sejour à tours 3Arrivée à Tours, en descendant du bus, en face de moi : ce bâtiment couvert de graffs et appelé Bateau ivre ! (la veille j’avais fait une note ici intitulée Vélo ivre) Un collectif se bat pour faire vivre cette salle.

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sejour à tours 6Je continue mon chemin, faisant encore quelques images au passage

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sejour à tours 8puis je vais voir la Loire, une première fois dans ce séjour

sejour à tours 9je remonte par le château, je mange mon sandwich dans son jardin

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sejour à tours 11Je me promène un peu, mais je n’aurai pas le temps de bien visiter la ville, où je ne suis pas allée depuis très longtemps.

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sejour à tours 16Pour l’instant il fait très chaud, je me réfugie au musée, derrière la maison du curé de Balzac

sejour à tours 18 balzac par louis boulangerBalzac par Boulanger

sejour à tours 19 balzac par rodinet par Rodin (le même en plus petit que celui du boulevard Raspail à Paris)

sejour à tours 20et j’y vois de très belles œuvres, dont ces quelques-unes :

sejour à tours 21 simon hantaïSimon Hantaï

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sejour à tours 22serge poliakovSerge Poliakoff

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sejour à tours 23 olivier debrémon préféré : Olivier Debré, qui peint la Loire dans tous ses états, en de grandes toiles très très belles

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sejour à tours 24 jean degottexJean Degottex reflétant son vis-àvis

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Après la réunion pour le Capes, et le très beau discours de l’inspecteur d’académie, ode au métier de professeur de lettres et encouragement à ne pas faire aux élèves du « catéchisme de manuel », rappelant qu’il est plus important de connaître un poème que d’analyser sa structure,

sejour à tours 25j’ai rejoint la petite chambre monacale que j’avais réservée par Airnbnb, sous les toits, dans la maison d’une famille d’Asiatiques sejour à tours 26et le lendemain matin, avant ma première épreuve, je suis retournée voir la Loire

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sejour à tours 28Ensuite j’ai été extrêmement fatiguée et j’ai cessé de faire des photos mais j’ai tenu jusqu’à la fin pour le concours et en rentrant cet après-midi à la maison, je suis passée par le Jardin des Plantes où j’ai photographié des gouttes toutes fraîches sur les feuilles de lotus – les fleurs sont en bouton, bientôt écloses

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Photos Alina Reyes

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De l’université de Cergy-Pontoise à la BnF

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Je suis allée passer la journée à l’université de Cergy-Pontoise, pour un séminaire « Écriture et image » qui m’intéressait pour ma thèse, et était effectivement très intéressant. C’est une université nouvelle et innovante, avec un campus qui va bientôt s’agrandir et accueillir notamment une université anglaise. Je l’ai photographiée, puis de retour à Paris, étant sortie de la gare de Lyon du côté de Bercy, j’ai fait, du pont, une photo du quai et une autre des bateaux et de la BnF à l’arrière-plan. C’était une belle journée.

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entre l’université et le RER, ce trompe-l’œil :

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et de retour à Paris, du pont de Bercy :

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aujourd’hui à Cergy et à Paris, photos Alina Reyes

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Quartier des Grands Moulins et des Frigos, en 60 photos

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Comme je devais passer la journée à l’université Paris 7 Diderot, j’ai profité de la pause déjeuner pour photographier l’architecture et le street art du quartier, que j’aime beaucoup en semaine, vivant et moderne. Les Grands Moulins abritent la fac, les Frigos un site d’artistes, tout près la BnF, et au bord coule la Seine, entre ses quais affairés.

quartier grands moulins et frigo 1vue depuis la salle où se tenait la journée d’étude

et dans le quartier :

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quartier grands moulins et frigo 21Je me suis assise et j’ai mangé mon pain et mon fromage avec les autres étudiants qui prenaient leur sandwich sur cette aire agréablement aménagée devant la fac, puis j’ai continué la promenade en allant d’abord voir la Seine

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quartier grands moulins et frigo 25l’un des portraits exposésquartier grands moulins et frigo 26

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Et voici les Frigos

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et la balade continue

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les Grands Moulins, vus de deux endroits différents

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aujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Le piano philosophe au marteau

piano salpetriere,,,

À l’aller, un passant porté sur l’hyperbole m’a aimablement dite sublime, au retour j’ai croisé Yves Coppens. Entretemps, je me suis assise à même l’herbe et les pâquerettes et j’ai composé un petit texte sur le piano, que voici après les photos.

 

à la salle Cortot

à la salle Cortot

à la Schola Cantorum

à la Schola Cantorum

au Jardin des Plantes

au Jardin des Plantes

à la Sorbonne Nouvelle

à la Sorbonne Nouvelle

à Saint-Louis de la Salpêtrière

à Saint-Louis de la Salpêtrière

à Saint-Louis de la Salpêtrière

à Saint-Louis de la Salpêtrière

à Saint-Louis de la Salpêtrière

à Saint-Louis de la Salpêtrière

 

Instrument à cordes sensibles que l’instrumentiste ne pince ni ne frotte mais frappe par l’intermédiaire des marteaux qu’il a dans le ventre. Le corps du piano, qui se montre tantôt vêtu et tantôt à nu, est un organisme mécanique semblable à celui d’une horloge humanisée. Son unique mâchoire, escalier horizontal, piste de courses et de sprints, de sauts en hauteur et en longueur, de glissades et de caresses, libère le temps mesuré de ses tons, tandis que ses pédales relativisent le son comme la formule d’Einstein fait onduler l’univers. Tout instrument de musique est un bâton de Moïse qui sur ordre divin se change en serpent devant les empotés qu’on appelle puissants. Le piano est aussi, trône sur toute scène, trône sur lequel le roi ne s’assoit pas, trône et roi, partenaire du roi, de la reine qui en joue, un lit profond d’amour où coulent, bondissent, claquent, murmurent, des rivières qui vous martèlent les nerfs, les tympans, le sang.

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pieds et pâquerettes

texte écrit ce jour dans l’herbe à la Pitié Salpêtrière où j’ai photographié mes pieds, photos Alina Reyes

Belle balade au cimetière de Montmartre

cimetiere de montmatre vu du pontpour arriver au cimetière de Montmartre, on descend du pont, puis une fois dedans, comme dans tout Montmartre, on monte, on descend, on monte…

escalier cimetiere montmartreJ’ai eu de belles surprises mais sans avoir cherché à voir telle ou telle tombe, je me suis simplement promenée et j’ai pris des photos

sleepy time cimetiere montmartre

visage cimetiere montmartre

visage cimetiere montmartre,

egyptiens cimetiere montmartre

chat cimetiere montmartre

j’ai vu plusieurs chats, une corneille, une pie

fred chichinje ne savais pas que Fred Chichin était là

avec une guitare « from Nashville »

from nashville for fred chichin cimetiere montmartre

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il y a une tombe décorée avec un arbre à rubans et petits mots, une autre avec des libellules

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nijinski cimetiere montmartreet c’est alors que j’ai vu Nijinski, mon coeurfrère

je ne savais pas qu’il était là

nijinsky cimetiere montmartrej’ai cherché dans mon sac quelque chose à lui donner, j’ai déposé à ses pieds une petite boule brillante kaléidoscopique, bout de bijou semblable à un cosmos

ludmila tcherinaet puis la danseuse étoile Ludmila Tcherina, pour danser avec lui

et Anatole, garde-champêtre de la commune libre de Montmartre

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zola cimetiere montmartreZola aussi est là

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et cet arbre qui a poussé autour d’une pierre tombale

arbre et pierre cimetiere montmartrecet après-midi, photos Alina Reyes

 d’autres photos de cimetières parisiens : mot clé cimetière

je me suis aussi baladée dans mon ancien quartier, où dans un rêve ancien je me baladais aussi en sortant de ce cimetière après ma mort

au retour j’ai eu la joie d’apprendre que j’étais admissible à l’agrégation de Lettres modernes. Reste à préparer les oraux, en travaillant autant que possible car c’est du costaud !

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