Jean Guéhenno, « Changer la vie ». Être libre, rendre libre

AVT_Jean-Guehenno_3424« On nait libre par grâce , comme intelligent ou beau. Ce vif instinct de la liberté est la plus grande chance sur le berceau, c’est lui qui assure le mouvement de l’espèce. Dans toutes les conditions, les plus humbles comme les plus hautes une sorte de certitude préalable avec laquelle semble-t-il, ils ont nés, rend certains hommes inaccessibles. Rien ni personne jamais ne les tient. Leur grande affaire est de n’être jamais accablés, écrasés par ce qui accable et écrase tous les autres, l’abondance ou l’absence de biens. C’est de sauvegarder autour d’eux l’air pour respirer, l’espace où l’esprit vit à l’aise, où le cœur se gonfle, la marge de la liberté. Ce sont eux vraiment les hommes biens nés. »

« Les philosophies ne sont jamais plus belles que quand elles sont encore poésie, découverte et conquête du monde. »

« Quand je fus à l’usine, je me pris pour les livres d’une véritable passion. Depuis elle ne m’a guère quitté : je n’ai plus cessé d’en acquérir et n’ai jamais pu me décider à en revendre un seul, si inutile, si mauvais qu’il soit, mais enfin désormais je les déteste ou les adore, je sais un peu ce qu’ils valent, de quelle comédie, de quelle foire ils peuvent être l’enchère et l’occasion pour ceux qui les écrivent et pour ceux qui les lisent ; surtout je sais que les vrais livres sont rares. »

Jean Guéhenno, Changer la vie
(autres extraits ici)
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L’inspecteur d’académie (je n’ai pas bien entendu son nom, voir note précédente) qui a accueilli les candidats au Capes de Lettres a lu une page de Jean Guéhenno sur le métier de professeur. Il avait raison, c’est un auteur qui vaut de ne pas être oublié.

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Suzanne Flon lit une page de Jean Guéhenno (« La Légende du siècle », 1977, A2)

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