Encore une catastrophe aérienne : le Valls Gate. VALLS, TIRE-TOI !

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C’est le voyage à Berlin de trop. 15 ou 20 000 euros pour aller voir un match de foot avec ses enfants aux frais de l’État. Et un mensonge -une réunion qui était annulée- pour le justifier.

Valls qui chasse les SDF de sa rue, Valls qui insulte, harcèle les Roms et démolit leurs cabanes, Valls qui veut plus de « Blancos », Valls qui espionne les citoyens avec sa loi renseignement, Valls qui brusque la justice, Valls qui s’érige en donneur de bons et de mauvais points aux intellectuels, Valls qui laisse démolir la parité hommes-femmes et les droits des travailleurs, Valls qui joue du menton, Valls qui abuse maintenant des biens publics et ment…

Ça suffit ! Démission !

Rappel du contentieux – il est long : ici

Et vivement la 6e République !

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Loi Renseignement : ils ne nous feront pas taire

Hier pendant que la presse, semblant vouloir se boucher le plus possible les yeux, les oreilles et la bouche, nous appelait obscènement à regarder du côté des affaires des Le Pen et autres Ménard, les députés votaient, à une très vaste majorité, le projet de loi Renseignement. Loi scélérate, antidémocratique, de surveillance massive et totale de la population, des citoyens, faisant fi du pouvoir judiciaire pour donner tout pouvoir à l’exécutif, et, en dernière instance, au premier ministre. Manuel Valls, apprenti dictateur qui a déjà montré sa capacité à forcer la main à la justice, s’est félicité, face caméra, que les députés n’aient pas écouté leurs électeurs. Beaucoup d’entre nous avons été accablés et révoltés par ce qui m’apparaît comme un véritable coup d’État. Mais beaucoup d’autres, sensibles à la propagande sécuritaire, restent sans réaction, pensant qu’ils n’ont rien à cacher et que seule la vie des terroristes retiendra l’attention des services de police. Ils ne voient pas que cette loi nuira à tous, notamment par sa capacité à museler le travail des rares journalistes d’investigation qui nous restent, comme ceux de Médiapart. Les grands médias sont aux mains de puissances financières privées et dépendants des aides gouvernementales, ce qui limite déjà grandement leur liberté d’action et de parole. Les médias indépendants, alternatifs, non seulement professionnels mais aussi libres comme il y en a tant sur le Net, pourront voir, du fait d’une surveillance sans limites, leur action et leur parole massivement et occultement entravées.

Le vol massif de nos données ne sera pas complètement nouveau, il se pratique depuis déjà longtemps, de même que la surveillance de certains médias sensibles – notamment musulmans. Mais les outils pour faire ce sale travail seront légalement mis en place, ils faciliteront grandement l’espionnage d’État et nous n’aurons aucun moyen de protester. Ce viol de nos libertés ne concernera pas que notre intimité, mais bien aussi et surtout notre vie sociale, politique, professionnelle. Si nous faisons partie d’une association, d’un syndicat, d’un groupe de parole ou autre, ou si nous en faisons un jour partie, nous risquerons particulièrement d’être suivis, ou bien, si un quelconque problème en lien avec notre activité se rencontre un jour, sans même que nous le sachions, notre parcours pourra être retracé rétrospectivement et servir de moyen de pression pour nous forcer à adopter telle attitude ou telle opinion.

Si beaucoup d’entre nous sont encore inconscients de la gravité de cette loi, peu à peu tous l’intérioriseront, apprendront à vivre avec, et il est à craindre que la réaction sera alors celle d’un repli. Hier soir déjà j’ai vu des gens songer à « se cacher ». Utiliser les outils disponibles pour moins risquer d’être tracés, oui – mais en demeurant conscients que rien n’est incraquable pour les services, et qu’ils ont encore d’autres moyens de nous tracer : téléphones, éventuellement poses de micros et de caméras dans nos maisons, nos voitures… Songer à ne plus utiliser Internet pour tout ce qui est sensible, non. Cette loi établit sur nos têtes un système de domination et d’intimidation. Céder à l’intimidation serait lui donner raison. Ce qu’il faut c’est, par la parole et par tous moyens non violents, saboter le système. Montrer que nous sommes debout, que notre parole malgré la pression demeure libre et même combative. Que le système ne fera pas de nous un peuple condamné à vivre souterrainement – tandis que les grands médias et la propagande pourront régner sur Internet – un peuple réduit au silence comme le furent les peuples colonisés puis les immigrés. Nous faire taire, du même coup nous empêcher de penser, voilà ce que vise le système. Le 11 janvier, convoqué par l’État, et son mot d’ordre « Je suis Charlie », ont accouché du 5 mai et de sa loi en forme d’énorme mot d’ordre. Mais c’est un faux mot, un mot de mort, et il ne vaincra pas. La liberté de l’homme peut être entravée, mais rien ne peut la détruire, elle est éternelle. Tant qu’il y aura des hommes.

Gouvernement décidément suicidaire. Se savoir surveillé provoque une haine inextinguible envers les surveilleurs. Privez les hommes de parole, ils reviendront avec des fusils. Et on nous dit qu’il s’agit de lutter contre le terrorisme ? Le 17 octobre 1961, non content de ses crimes en Algérie, le pouvoir français a tué et jeté à la Seine des centaines d’immigrés algériens, travailleurs cantonnés à leurs bidonvilles, qui manifestaient pacifiquement, refusant le couvre-feu qui leur était imposé. Des ratonnades, il y en a eu bien d’autres depuis. Qui a commencé, et surtout qui s’est acharné dans la violence, physique ou psychique, contre des gens parmi lesquels se recrutent aujourd’hui, au Moyen Orient et ici, des extrémistes qui n’ont que la violence pour réponse à la violence de l’histoire ? Misérable gouvernement, misérables responsables politiques irresponsables, qui embarquez votre pays dans les ténèbres. Nous ne vous suivrons pas, jamais.

Scélérats

Les migrants meurent noyés par milliers dans la Méditerranée. Ce qui inquiète sûrement le plus les autorités, c’est qu’ils sont encore bien plus nombreux à réussir à passer en Europe. La seule solution, disent Obama et Renzi, est de stabiliser la situation en Libye, d’y ramener la paix. Qui y a jeté le chaos ? Sarkozy et son maître à penser nihiliste, Bernard-Henri Lévy, dont Hollande et son gouvernement suivent les pas. Où l’on voit encore comment une pensée fausse peut suffire à semer la mort à grande échelle dans le monde. Ce n’est pas fini.

Valls annonce un plan à cent millions d’euros pour lutter contre le racisme. On se prend à rêver d’une grande action pour rendre leurs droits et leur dignité aux exclus de notre société, d’un renoncement des institutions et des politiques à pratiquer la stigmatisation et l’ostracisation des pauvres, qu’ils soient fils de chômeurs dans les régions industrielles sinistrées ou fils d’immigrés toujours considérés comme une sous-humanité par les restes de mentalité coloniale, ou Roms ou migrants ou réfugiés… Mais non, tout cet argent servira à museler la parole, à punir, toujours et encore interdire et punir, en un sinistre couplet avec la loi sur le renseignement qui veut donner tout pouvoir aux pouvoirs sur nos existences.

J’ai signé une pétition contre cette loi scélérate. Sachez que la surveillance ne touche pas que les terroristes, si vous faites partie d’une association par exemple vous pouvez très bien être « suivi » et à partir de cet espionnage vos actions peuvent être entravées ou empêchées, de même que si vous êtes un journaliste ou un écrivain ou un artiste, ou toute personne prenant part à la chose publique sans faire allégeance aux autorités. Cela se pratique déjà, avec la loi plus rien ne pourra empêcher cette pratique de s’étendre. La fascisation de la pensée est en train d’œuvrer dans les faits, ne la laissons pas s’emparer de nos esprits. Rappel : La grande illusion, figures de la fascisation en cours peut être lu gratuitement en ligne.

Débâcle

Après le sondage sur pour ou contre le droit de frapper les enfants, à quand le sondage sur pour ou contre le droit de frapper les femmes, ou les handicapés, les vieux, tous ceux qui sont plus faibles physiquement que nous ? Un petit Égyptien est mort il y a quelques jours suite aux coups de son instituteur. Je connais un homme qui, tout juste marié, s’était vu conseiller par sa belle-mère de frapper de temps en temps sa femme. C’était en France, la belle-mère était d’origine berbère mais il n’y a pas que dans les autres sociétés patriarcales que l’arriération règne. Le pape lui-même n’a-t-il pas vanté devant des millions de personnes le fait de frapper les enfants ? (Combien de petits sont-ils ainsi victimes de cette justification « chrétienne » des coups et de l’humiliation ?) Notre président de la République lui-même n’a-t-il pas annoncé sa séparation d’avec Valérie Trierweiler par un bref communiqué en forme de répudiation ? Et maintenant celle-ci distribue des gifles. Engrenage de la violence. Elle distribue des gifles, elle ne se contrôle pas. Ou elle se croit, comme toutes ces « élites », au-dessus des autres et donc au-dessus des règles communes, comme Manuel Valls faisant virer les SDF de sa rue, passant par-dessus la justice pour poursuivre Dieudonné, s’en prenant un jour à Michel Houellebecq, un autre à Michel Onfray… et défendant BHL, comme si c’était aux représentants de l’État de distribuer les bons et les mauvais points à tel ou tel citoyen… Les élections se rapprochent, Valls aussi perd son contrôle physique, en attaquant Marion Maréchal-Le Pen, la main morbidement tremblante. La France a réussi à empêcher la Belgique de frapper des pièces de deux euros commémorant le bicentenaire de Waterloo. Cachez cette débâcle que je ne saurais voir.

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Racisme envers Taubira

Comment combattre le racisme hideux, répétitif, au plus haut point scandaleux que subit Christiane Taubira ? Il y a peu, des enfants étaient arrêtés dans les écoles primaires de France quand ils étaient soupçonnés de ne pas vouloir être « Charlie ». Il étaient conduits au poste de police, tenus pendant des heures en garde à vue, interrogés. D’autres étaient martyrisés par leurs enseignants pour la même raison. Ils avaient six, huit, dix, douze ans… Et les adultes qui s’acharnent de façon infectement raciste sur la ministre de la Justice, sont-ils emmenés au poste et placés en garde à vue, eux ? Il est fort dommage que ni François Hollande, ni Manuel Valls, ni Christiane Taubira, qui protestent à juste titre contre la parole abjecte de ceux qui salissent ses origines, n’aient rien dit quand on arrêtait des enfants, et ne manifestent pas non plus de façon plus nette leur solidarité avec les personnes moins en vue qui sont tout autant victimes de racisme et d’islamophobie, au lieu de continuer à séparer comme ils le font les Français en distinguant sans cesse l’antisémitisme des autres formes de racisme. Il est dommage que Christiane Taubira, qui sait ce que c’est que d’endurer le racisme, n’ait jamais protesté contre les propos de son Premier ministre, Manuel Valls, méprisants, voire pire, envers les Noirs, les Roms et les musulmans. Il est vraiment dommage, oui, que l’idéologie l’emporte sur le sens de la justice, au point qu’on ne sache se scandaliser du racisme que lorsque soi-même ou ses amis et alliés en sont les victimes.

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Prendre ses responsabilités politiques

Valls dit avoir peur que la France se fracasse contre le FN, Sarkozy fustige le « FNPS », mais UMP et PS font également le lit du FN. Les faits le prouvent. Les uns et les autres se succèdent au pouvoir pour le même résultat : la désespérance des électeurs et l’irrésistible montée du FN. Un éditeur à qui j’avais envoyé La grande illusion, Figures de la fascisation en cours, m’a répondu en faisant l’éloge de mon livre tout en m’annonçant qu’il ne le publierait pas, sans pouvoir m’en donner la raison. Dans son « PS », pour « Post Scriptum », j’ai cru lire « Parti Socialiste ». Ceux qui pensent qu’il faut éviter d’attaquer la gauche socialiste à cause du danger du Front National, se trompent grandement. Plus on évitera de dire la vérité (comme on le fit pour Charlie Hebdo quand il était devenu raciste et réactionnaire), plus on ira à la catastrophe. Alors que voir ce qui est, c’est se donner la possibilité de refuser le mauvais, et de se tourner vers autre chose à inventer, en l’occurrence une autre politique. Nous ne sommes pas condamnés à mettre au pouvoir toujours les mêmes figures mises en avant par les médias, si nous nous en détournons nous ouvrons aussi un espace pour la naissance et le développement d’autres options, d’autres hommes et femmes, d’autres façons de faire. Personnellement je ne voterai ni UMP ni PS ni FN. Plus les votes se détourneront de ces grandes formations sclérosées, plus nous donnerons de chances aux plus « petits », aux marginaux, plus nous nous obligerons à transformer radicalement ce qui doit être transformé, n’étant plus viable et nous conduisant au pire. C’est un travail que doivent faire tous les peuples du monde. Nous le voyons clairement quand nous regardons par exemple le Moyen Orient. Il nous faut admettre que nous aussi sommes en fort mauvaise posture, et avons une révolution à faire. Dans et par la vérité, la justice, la sagesse, la responsabilité.

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De l’islamophobie d’État

François Hollande déclarait ce matin à l’Institut du Monde arabe que les conflits au Moyen Orient ne pouvaient être « importés en France ». Traduisons : que les musulmans français ne se mêlent donc pas de politique extérieure. Bernard-Henry Lévy et ses amis, eux, ont tout à fait le droit d’importer en France le conflit ukrainien, le conflit libyen et tout autre conflit dans lequel il leur est loisible non seulement d’étaler leurs avis dans la presse et les grands médias, mais aussi d’intervenir directement, comme s’ils avaient été élus par le peuple pour cela. Mais quand des Français, et parmi eux beaucoup de musulmans, veulent protester contre les tueries israéliennes à Gaza (soutenues par François Hollande), on leur refuse le droit de manifester – et s’ils manifestent quand même, jugeant inique un tel refus, rarissime, on les tabasse copieusement, ou même on les condamne à de la prison. Dans le même discours, François Hollande affirme que les musulmans français ont « les mêmes droits et les mêmes devoirs » que les autres Français. Vraiment ?

Dans son discours d’avant-hier à l’Assemblée, discours ovationné par la quasi-totalité des députés, Manuel Valls décrète que Dieudonné est antisémite et doit donc être poursuivi, mais que Charlie Hebdo, qui s’en prend aux musulmans, exerce seulement sa « liberté d’impertinence ». De quel droit prend-il ainsi parti ? Est-ce à un ministre de décréter quels artistes sont à bannir, et quels artistes sont à monter au pinacle ? Comment peut-il décréter que les insultes répétées de Charlie Hebdo à l’encontre des musulmans ne sont pas de l’islamophobie mais de l’impertinence ? Comment peut-il se faire juge à la place des juges ? Et cependant la France presque entière applaudit. Le dernier Charlie Hebdo s’arrache, mais que les musulmans ne se désespèrent pas, ce n’est pas seulement pour flatter l’islamophobie des Français, c’est aussi le fait de la cupidité de beaucoup, qui se sont empressés de mettre en vente leurs numéros à prix d’or sur les sites de ventes aux enchères. Ambiance.

Philippe Tesson, repris par tous les médias, éructe que « ce sont les musulmans qui amènent la merde en France ». Lui aussi fait dans la scatologie, comme Charlie parlant de sa dernière Une. C’est que la merde, c’est dans leur tête qu’ils l’ont. Tout ça n’annonce rien de bon. Les actes islamophobes se multiplient, ils se comptent par dizaines ces derniers jours. Des impertinences, peut-être ? La pression sur les musulmans est énorme, le but en est clair et il se fait sentir : les amener à raser les murs, à faire profil bas, à courber l’échine comme au bon vieux temps d’avant et d’après l’énorme ratonnade d’État de 1961. Et à se taire. À se laisser insulter sans rien dire. Les Zemmour et autres haineux ont un boulevard devant eux. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’on voit ça, on sait où conduit la stigmatisation d’une communauté par la parole de haine : aux actes de haine. Que reste-t-il du grand show de l’unité nationale du 11 janvier ? Je pensais tout à la fois, en regardant la manifestation, aux foules de Paris acclamant Pétain, puis quelques années plus tard, De Gaulle. Sans doute les manifestants de dimanche dernier avaient-ils pour la plupart un vrai désir d’union nationale, mais sous quel genre de bannière l’exerceront-ils ?

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Comme « nous », de force ?

Selon Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur, « il y a des libertés qui peuvent être facilement abandonnées »… pour, bien sûr, lutter contre le terrorisme. Encore un Charlie. Mais ils n’ont pas attendu la tuerie de Charlie pour s’emparer de nos libertés en organisant la surveillance à grande échelle des citoyens. Pour quel résultat, d’ailleurs ? Ils auraient mieux fait d’entraîner correctement la police, afin qu’avec ses dizaines d’hommes elle soit capable de prendre vivants deux terroristes retranchés dans un bâtiment désert et sans otages, et qu’on ne finisse pas par se demander si les pouvoirs publics ne veulent pas éviter systématiquement que les terroristes puissent dire qui les a commandités. Ainsi donc, au nom de la liberté d’expression, au nom de Charlie, on va encore restreindre un peu plus nos libertés. Décidément, non seulement le Prophète n’est pas Charlie, contrairement à ce que clame misérablement la prochaine Une du magazine, mais surtout, ni Charlie Hebdo ni tous ses Charlie ne sont prophètes. Les prophètes, eux, œuvrent pour la vérité et la liberté.

Les synagogues et les écoles juives doivent être protégées dans notre pays. C’est un immense scandale, et je hais l’antisémitisme qui en est la cause. Je suis passée hier devant la Grande mosquée de Paris : aucune protection. Pourtant les agressions contre les mosquées se multiplient, un véritable cancer sur tout le territoire. Parmi les incendies, tirs de balles, jets de grenades, tags de menaces et autres croix gammées, celui-ci : « I am Charly ». Apprécions l’anglais. « I am Charly » tagué sur une mosquée, c’est comme « je suis Charlie » attribué au Prophète en Une du prochain Charlie Hebdo. Une blessure de plus imposée aux musulmans, avec la publicité de toute la presse dominante. Qui a prétendu que la France, après la manifestation de dimanche, avait changé d’état d’esprit ? Manuel Valls, dont le rictus vers le bas a été attribué au Prophète sur cette même Une. En fait, le racisme condescendant à la mode coloniale s’affiche plus que jamais (à la télévision aussi, on s’empare du Prophète pour le faire parler de force comme « nous », comme dirait Moix), et l’œuvre de division se poursuit. Le Prophète Mohammed était un homme très doux et souriant, et quels que soient les mensonges déversés sur son compte, quelle que soit l’indignité des récupérations faites sur son compte, il le reste.

Hollande, ce matin : « La France ne plie jamais, elle reste debout ». Haha, on a vu ça en 40… Et aujourd’hui, à la botte des USA et de leurs guerres impérialistes qui portent la mort ailleurs et ici même. La France a ses traîtres et ses collabos, mais elle a aussi, heureusement, ses résistants. Nous ne cédons pas tous aux tentatives de prise en otage de notre être de ceux qui nous intiment d’être qui nous ne sommes pas – si nous ne sommes ni racistes, ni terroristes. Le terrorisme est un racisme, puisqu’il nie l’autre, et pour la même raison, le racisme est un terrorisme. L’un et l’autre s’appellent et se suscitent mutuellement.

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Jusqu’à ce que la vérité crée suffisamment d’hommes capables d’œuvrer pour elle

Mentionner toujours l’antisémitisme à part des autres formes de stigmatisation, comme le font M.Valls et bien d’autres, c’est faire des juifs des hommes pas comme les autres, c’est faire de l’antisémitisme. Quelle différence y a-t-il entre l’agression d’un juif parce qu’il est juif, d’un chrétien parce qu’il est chrétien, d’un musulman parce qu’il est musulman ? Entre un pogrom et un autre ? Une injure et une autre ? Ce sont des expressions d’une contestation du droit de vivre d’individus en fonction de leur religion et de la culture qui s’ensuit, quelle qu’elle soit. Comme il existe et a existé des contestations du droit de vivre des homosexuels, des communistes, des Tziganes, etc. Les juifs ne sont pas soumis à une autre condition que la condition humaine de tous ; prétendre le contraire, voilà de l’antisémitisme. Un racisme comme d’autres, même quand il est ainsi déguisé, et bien logique dans la bouche d’hommes comme M. Valls et d’autres, habitués à montrer qu’ils ne supportent pas telle ou telle catégorie de la population.

Quand on dénonce le FN il faut être cohérent et d’une part ne pas exciter le ressentiment des gens en leur parlant sans cesse de questions subsidiaires (le voile – pour ou contre, le mariage pour tous – pour ou contre, la petite délinquance des pauvres – mais pas la grande délinquance des puissants… etc) comme si c’était le principal problème de leur vie, puis une fois qu’on les a excités, avoir peur de les voir voter FN et pour cela s’abstenir de critiquer Valls et consorts, s’abstenir de dire la vérité, en bons serviteurs de l’hypocrisie sociale et politique. Il ne suffit pas de dénoncer le FN et MLP, encore faut-il ne pas être complaisant avec les autres porteurs de mauvaise parole. Une stratégie qui ne fait que favoriser toujours plus le FN ou ses idées racistes et haineuses, qui ne font que se répandre sournoisement parmi le peuple, comme elles leur ont été servies, sournoisement.

Se taire est le pire qu’on puisse faire. Il faut que la vérité soit dite et circule, jusqu’à ce qu’elle finisse par créer des hommes capables de travailler pour elle, aussi bien des responsables politiques que de simples citoyens, qui doivent être prêts à vouloir vraiment lutter contre ce qui est injuste, même si cela a un prix.

Quand Manuel Valls règle son compte au peuple

Il voulait voir plus de « Blancos » et moins de Noirs dans sa ville. Il stigmatisait cruellement les plus pauvres d’entre les pauvres, les Roms. Il portait la kippa avec les élites, mais songeait à interdire le foulard à l’université. Il usait de sa position pour faire chasser les SDF de sa rue. Il n’a cessé de donner le sentiment de mépriser et détester le peuple. Et aujourd’hui, dans son premier discours de Premier ministre… Manuel Valls dénonce le peuple, le peuple tel qu’il va mal par la faute de ses gouvernants – sans jamais dénoncer pour autant la corruption et les fautes des puissants.

Il dénonce les communautarismes – ce qui revient à cibler essentiellement les musulmans. Il dénonce l’antisémitisme – mais pas l’islamophobie ni la christianophobie, ne parlant pour les expressions de haine envers les musulmans et les chrétiens que d’actes anti-musulmans ou anti-chrétiens. Il dénonce la délinquance – celle des pauvres, toujours, sans dire un mot de la mise à sac des peuples par ceux qui détiennent l’argent.

Il dit qu’il veut dialoguer encore avec les Français sur le terrain. Mais quand il le fait, c’est pour les dominer, comme avec ce pompier auquel il rappela qu’il lui était fait obligation de respecter la hiérarchie.

Il annonce, non pas une augmentation du SMIC, mais la suppression totale des cotisations de l’employeur pour les salariés payés au SMIC. Cela n’apportera rien aux pauvres, mais incitera les employeurs à ne pas payer au-dessus du SMIC ceux qu’il recruteront. Les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, même diplômés, peuvent s’attendre à fournir les rangs des classes pauvres, plutôt que des classes moyennes.

Il affirme la nécessité de l’Europe, mais sans évoquer autre chose que l’Europe économique, celle qui a prévalu jusqu’à présent, et pour tant de gens avec les conséquences catastrophiques que l’on sait. Rien sur l’Europe politique et culturelle.

Il annonce des économies publiques, et notamment la diminution du nombre de régions et la suppression des conseils départementaux. Les instances de proximité sur le territoire disparaîtront ainsi, mais il n’annonce pas la suppression du Sénat, cette danseuse coûteuse et inutile au peuple.

Il parle de « lutte contre l’échec scolaire » sans en dire davantage, alors que la délinquance et le communautarisme qu’il dénonçait sont directement liés à l’échec grandissant du système scolaire vis-à-vis des plus défavorisés, facteur majeur d’accroissement des inégalités.

Le logement ? Il faut en produire « moins cher, plus vite ». Eh bien, ça va être beau et solide ! Dans quoi vont vivre les pauvres ?

Les Français manquent de confiance en eux-mêmes, martèle le Premier ministre. Ils « doivent se regarder avec lucidité ». À l’entendre, si la France va mal, c’est la faute du peuple. C’est la faute des Français s’ils ne trouvent pas de travail, si les postes sont verrouillés par ceux qui les détiennent et fonctionnent en réseaux garantissant l’existence des uns et l’exclusion des autres, si la corruption aux plus hauts niveaux gangrène le système et détruit les possibilités du vivre-ensemble.

M. Valls termine en rappelant ces valeurs de la République qu’il n’a cessé lui-même de bafouer, tolérance, solidarité, respect, liberté. M. Valls annonce comme tant d’autres qu’il va parler vrai, et comme tant d’autres, ment. Avec la bénédiction de tant de béni-oui-oui vivant dans le monde de Mm Valls et consorts, pas dans celui du peuple, leur victime.

Le discours sans parole de Manuel Valls, Premier ministre

Manuel Valls a déclaré cet après-midi à propos des Français : « J’ai vu ces visages fermés. Ces gorges nouées. Ces lèvres serrées… » C’est son autoportrait.

Le discours de M. Valls, à part quelques envolées simili-lyriques, a été entièrement technocratique. Comme celui de M. Hollande au soir de son élection, il a dressé un portrait de la France, des Français et de leurs aspirations, qui est aussi un diagnostic. Seulement, dans les deux cas, on dirait que l’ordonnance est délivrée par un laboratoire pharmaceutique. Accompagnée d’incantations rimant avec France : souffrance, confiance, croissance.

Pensée technocratique et pensée magique sont dans un bateau, qu’est-ce qui tombe à l’eau ? La confiance. Parce que la confiance ne vient que s’il y a, entre la souffrance et elle, la compassion. Non une compassion en paroles, de surface, mais une compassion réelle. Non une pensée qui s’adresse à la maladie, comme si les hommes se réduisaient à leur maladie – qui n’est d’ailleurs pas la leur, mais d’abord celle des politiques. Ce qui donne la confiance nécessaire à la croissance, une autre croissance que la vieille mécanique croissance économique, c’est une pensée qui parle à l’homme, avec l’homme, tout l’homme et tous les hommes.

Non une pensée qui décide par exemple de supprimer les départements sans aucune consultation préalable de l’Assemblée des Départements de France, choquée par la « brutalité » de l’annonce.

Non une pensée qui fait des exceptions parmi les hommes – toujours dénonçant l’antisémitisme à part des autres formes de stigmatisation, toujours ignorant les souffrances des Roms, toujours mentionnant les difficultés de certaines banlieues pour condamner les hommes qui y vivent dans la dérive mais sans apporter le moindre début de réponse concrète à l’exclusion, toujours justifiant la réforme des rythmes scolaires ou de l’éducation sexuelle sans évoquer la question de fond de l’échec scolaire grandissant parmi les défavorisés, toujours ignorant les dérives des puissants, toujours appelant le peuple à sortir du portrait qu’il en fait alors que ce portrait est d’abord celui du ministre de l’Intérieur que nous avons connu, et du nouveau Premier ministre qui prétend nous « rendre la confiance » que lui-même, tendu, criard, allergique et maniaque, n’incarne absolument pas.

Vestes jetées, vestes endossées, vestes tournées

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photo extraite de l’exposition « Regards sur les ghettos », en ce moment au  Mémorial de la Shoah

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Messieurs Hollande et Valls ou la politique du chacun pour soi. De femme en femme, le président de la République fuit. Il s’occupe de lui. Son ministre de l’Intérieur, lui, occupe le devant de la scène. L’ordre qu’il fait régner n’est pas celui de la res publica, au service de tous, mais celui de ses propres penchants. Voir des basanés dans sa ville le dépite. Quant aux Roms, dans leur misère, ils le hérissent. Des enfants déshérités comme ceux des ghettos juifs au siècle dernier sont chassés de leurs camps et mis à la rue par ses services de police. Il n’en veut pas. Mais « lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël », il endosse la veste de ministre de la protection des juifs. Un jour il leur déclare qu’ils peuvent être fiers de porter la kippa, un autre jour il déclare digne d’intérêt l’idée d’interdire le foulard islamique à l’université. Quand des chrétiens, deux ans plus tôt, manifestaient contre un spectacle anti-chrétiens, Golgotha Picnic, lui manifestait pour défendre ce spectacle grossier. Quand des musulmans poseront une demande pour manifester suite aux caricatures ordurières que Charlie Hebdo multiplie contre eux, fait rarissime, il interdit la manifestation. Enfin il livre son combat personnel contre un humoriste antisémite à qui il aurait suffi de faire payer ses amendes, n’hésitant pas, pour satisfaire sa rage personnelle, à se substituer à la Justice et à compromettre la démocratie. Triste spectacle, aussi triste que celui de Dieudonné, aussi triste que celui de ceux qui s’empressent de filer dans le sens du vent, tel Nicolas Bedos dont on peut se rappeler son sketch de 2010, à écouter ici (à partir d’1mn 50).