Trek en Lozère. Bonus : l’art urbain à Quézac

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Que faire en ville par temps de canicule ? Tranquillement je lis, j’écris, je peins, je joue du piano. Et je prépare, comme prévu depuis longtemps, une rentrée littéraire à ma façon, haha. Tandis que mes muscles se reposent de ces deux semaines de trek, voici un bonus à mes notes précédentes avec les ornements charmants du village de Quézac, celui où l’on produit l’eau pétillante du même nom.
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Photos Alina Reyes. La première œuvre se trouve à Molines, autre beau village proche de Quézac, la dernière entre Quézac et Ispagnac

Voir aussi :
les ciels du causse Méjean
le bestiaire du causse Méjean
l’architecture traditionnelle de Lozère
notre trek pas à pas

Trek en Lozère. 4) Pas à pas, le chemin

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Nous avons évoqué dans les notes précédentes les ciels du causse Méjean ; puis son bestiaire ; puis l’architecture et l’habitat traditionnels de la Lozère. Voici pour finir un retracé de notre parcours, commencé par un grand V du nord-est au sud et du sud ou nord-ouest sur le causse au départ de Florac la première semaine, et continué du nord-ouest au nord-est le long des gorges du Tarn. Au total 100 km à pied, plus 12 km en canoë-kayak (mine de rien, c’est sportif, avec de délicieux petits rapides), et à la fin des deux semaines, pour O. qui avait loué un vélo, deux grands tours en VTT. Voici les images, commentées :

trek lozere 1-minPremier soir à Florac-Trois-Rivières (voir la note sur l’architecture, comme pour tous les autres villages mentionnés), dans un petit camping au bord de la rivière, où nous nous sommes baignés après avoir planté la tente. Ça, c’était avant les coups de soleil sur les jambes (n’ayant pas pris de crème solaire) attrapés le lendemain en montant là-haut et au-delà, 500 mètres de dénivelé en plein cagnard :
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trek lozere 3-min Arrivés là-haut, quel plaisir de se détendre et de casser la croûte sous un (maigre et rare) arbre avant de reprendre la marche !
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trek lozere 5-minLe soir venu, nous plantons notre tente sous ce beau pin et nous admirons le coucher de soleil, puis le ciel nocturne splendidement déployé, comme le jour, sur 360° d’horizon dégagé. La Voie lactée, les constellations, les étoiles filantes sont au rendez-vous, le premier croissant de lune aussi, et Vénus, et sans doute la comète Néowise mais sa chevelure n’étant plus visible nous ne pouvons que la supposer, à tel point brillant où elle est dite se trouver.
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trek lozere 7-minReprise du chemin le lendemain matin, d’abord le long de champs de blé puis à travers monts et vaux, sans suivre le GR, par de splendides paysages.
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trek lozere 9-min Nous faisons une longue halte à midi sur un col. Nous sommes les seuls sur le terrain, depuis le matin.
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trek lozere 10-minLe soir, nous arrivons en vue du chaos de Nîmes. Nous allons jusqu’au Veygalier, où la fermière nous autorise à camper dans son champ, et nous dînons à la ferme. Cette famille habite seule tout le hameau et possède 700 brebis, des vaches, des cochons, et bien sûr des poules et un potager, et cultive aussi le blé.
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trek lozere 11-minLe lendemain nous allons visiter le chaos de Nîmes, avec ses dolomies fantastiques (voir la note sur le bestiaire). Nous nous y reposons à l’ombre d’un rocher aux heures les plus chaudes du jour puis nous repartons et marchons encore quelques heures jusqu’à trouver un endroit où bivouaquer. C’est là que nous nous faisons agresser par des patous (voir également la note sur le bestiaire).
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trek lozere 12-minLe lendemain, après 20 km de marche dans la chaleur à travers des paysages époustouflants, avec une boucle passant par la Bégude blanche et le hameau Marcel, où nous nous réapprovisionnons en eau (pas d’eau sur le causse, nous devons toujours consulter la carte IGN pour repérer les rares fermes où remplir nos gourdes, car les 5 litres que nous transportons ne suffisent pas pour deux jours), nous prenons un peu de repos à Nivoliers, où nous dormons et dînons au gîte.
trek lozere 13-minLe lendemain matin, nous partons voir les chevaux de Przewalski (voir note sur le bestiaire), dont nous avons la veille traversé le vaste enclos de steppes, en escaladant les barrières.
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trek lozere 14-minAprès une deuxième nuit au gîte, nous repartons pour 15 km. Dès qu’un arbre se présente, nous profitons de son ombre pour boire ou manger. La dernière partie du trajet est une longue et très raide descente dans les gorges, par un étroit chemin dans la forêt, sur Sainte-Enimie.
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trek lozere 18-minNous nous installons dans un petit camping au bord de la rivière, où nous nous baignons, et le lendemain nous partons visiter Saint-Chély (voir la note sur l’architecture de la Lozère). Le surlendemain, en descendant le Tarn en canoë, nous passons nous tremper sous sa cascade. En attendant, nouveau bain dans la rivière.
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trek lozere 21-minLa descente en canoë se fait par des gorges somptueuses. Je fais une photo à l’arrivée, à Hauterives, et O m’y photographie dans l’eau.
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trek lozere 23-minLe lendemain, nous repartons vers l’est en longeant la rivière, tantôt au bord, tantôt dans les hauteurs. Arrivés au très beau village de Castelbouc (voir la note sur l’architecture), quel bonheur de se reposer sous les arbres dans le petit camping !
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trek lozere 25-minLe lendemain, O loue un VTT et part en faire pendant que je vais me balader à pied. Et le surlendemain, nous revoici en chemin le long de la rivière, jusqu’à Montbrun (voir la note sur l’architecture). De là nous trouvons un endroit où pique-niquer et O remonte à VTT sur le causse, à l’endroit d’où nous sommes partis voici une dizaine de jours.
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En fin d’après-midi la loueuse de VTT vient récupérer son vélo et nous avance en voiture (la seule fois où nous serons montés en voiture) jusque là où nous voulons dormir, non loin de là, au camping utopique « Le petit monde ».
trek lozere 27-minLa soirée y est toute joyeuse des chants de marins de nos voisins campeurs bretons, dont une accordéoniste, et d’autres musiciens, accordéoniste et violoniste, qui font aussi résonner la buvette proche tard dans la nuit de musique et de chansons, dont Bella ciao.
trek lozere 28-min Thibaut a conçu son éco-camping au bord de la rivière dans un esprit d’harmonie, entre les gens et entre les gens et la nature – avec zones humides, zone de compost, et tarifs doux et constants. Exactement le sens dans lequel le monde aspire à aller, loin de l’esprit « start-up nation » et envie de devenir milliardaire.
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Le lendemain nous partons pour Quézac et Ispagnac, deux villages proches que nous visitons dans la journée (voir la note sur l’architecture). Nous passons la dernière nuit de ce trek dans un petit hôtel.
trek lozere 29-min Un selfie dans l’abribus avant de prendre la navette pour Florac, puis le car pour Alès, puis le train pour Nîmes où nous passons l’après-midi en attendant la correspondance pour Paris.
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Voilà, le Ouigo nous ramène à la maison, heureux comme roi et reine !
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photos Alina Reyes

voir aussi :

les ciels du causse Méjean
le bestiaire du causse Méjean
l’architecture traditionnelle en Lozère
l’art urbain à Quézac

Trek en Lozère. 3) Architecture, habitats

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Après une première note sur les ciels du causse Méjean, une deuxième sur son bestiaire naturel ou fantastique, voici, en une cinquantaine d’images, un aperçu de l’architecture traditionnelle de ce pays, la Lozère, dont je songe, comme le disait Jacques Lacarrière de la Crète, qu’il est un continent. Un continent tout entier de beauté, dans sa diversité naturelle et dans les marques de sa culture. J’ai souvent pensé à Jacques Lacarrière et à son livre Chemin faisant, relatant son voyage à pied à travers la France. Au cours de ce trek de 100 km nous avons traversé bien des paysages désertiques, nous avons communié avec la nature en marchant des heures durant, sacs au dos (lourds, notamment d’eau, absente sur le causse), en mangeant et en dormant par terre sous les ciels étincelants du jour ou sous les étoiles mouvantes ou filantes, soit en camping sauvage soit dans des petits campings (où j’ai remarqué que nous étions les seuls, même parmi les randonneurs, à dormir à même le sol, sans matelas gonflable). Mais ce fut un grand bonheur aussi d’arriver dans des villages, d’y voir la vie des gens, de parler avec certaines personnes, de goûter les produits de la ferme, etc.

à Florac-Trois-Rivières et dans les environs :

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sur le causse Méjean, quelques fermes, hameaux paysans, abris, fours à pain communaux :

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à Nivoliers, une auberge dans une ancienne bergerie :
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à Saint-Chély, avec sa chapelle dans la roche et sa cascade dans une maison :

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à Sainte-Enimie :

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à Castelbouc :

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à Montbrun, village extrêmement pentu, le jour du marché paysan :

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à Quézac, avec sa Notre Dame de Quézac, Vierge noire :

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à Ispagnac :

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photos Alina Reyes

voir aussi :

les ciels du causse Méjean
le bestiaire du causse Méjean
notre trek, pas à pas

l’art urbain à Quézac

Trek en Lozère. 2) Loups, patous, papillons, chevaux préhistoriques, dolmens et autres créatures animales, végétales ou minérales du causse Méjean

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C’est le pays de la bête du Gévaudan. Le vivant s’y présente fantasmatique aussi bien que réel, surnaturel comme naturel. Aujourd’hui c’est un pays de loups, raison pour laquelle, sur nos chemins souvent buissonniers, nous avons dû passer par-dessus je ne sais combien de barrières, clôturant d’immenses pâturages.

Mais les barrières ne suffisent pas à protéger les brebis contre les attaques de loups : des patous accompagnent les troupeaux dans leurs déplacements. Un jour que nous bivouaquions dans ce désert, nous avons eu l’occasion de les voir à l’œuvre. Avant l’arrivée du troupeau, ils inspectent le territoire minutieusement, le flairent à des centaines de mètres à la ronde, pour chasser tout intrus du large périmètre de sécurité qu’ils instaurent autour des ovins. Sentinelles remarquables, qui bien sûr nous ont remarqués aussi. Et nous ont infligé un quart d’heure d’intimidation féroce. Le réflexe d’O fut de m’entourer de ses bras pour me protéger et me rassurer. Le mien, bravade en réalité révélatrice de l’intensité de ma peur, fut de saisir l’opinel à portée de main et de l’ouvrir pour nous défendre, au cas où ils passeraient à l’attaque. Finalement nous nous sommes réfugiés dans la tente, que nous avions plantée avant d’avoir entendu ni vu venir les bêtes. Ils ont fini par partir, le troupeau est passé et s’est éloigné. Mais le lendemain matin, tôt, alors que nous nous apprêtions à replier la tente, le troupeau est réapparu loin à l’horizon et les chiens ont déboulé vers nous, réitérant leurs menaces. De nouveau nous avons attendu dans la tente qu’ils soient assurés que nous resterions inoffensifs et que le troupeau repasse et s’éloigne en faisant sonner ses clochettes.

Je n’ai photographié ni loups ni patous, et j’ai eu du mal à saisir avec mon téléphone quelques-uns des milliers de papillons qui virevoltent partout, y compris sur vous, et des vautours fauves qui évoluent dans les ciels fantastiques du causse (cf note précédente). Mais voici les images que j’ai pu faire des présences vivantes, réelles ou imaginaires, d’un bestiaire comprenant aussi bien des animaux comme les chevaux préhistoriques (chevaux de Przewalski, espèce éteinte dans la nature qui fut, à partir des 14 spécimens ayant survécu dans des zoos, réhabituée à la vie sauvage dans les steppes du causse avant d’être réintroduite dans celles de la Mongolie) que des créatures minérales dressées par l’homme (dolmens, menhirs) ou naturelles (dolomies du chaos de Nîmes-le-Vieux), des vivants végétaux ou une représentation légendaire dans une église de Sainte-Énimie.
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photos Alina Reyes

voir aussi :

les ciels du causse Méjean

l’architecture traditionnelle en Lozère

notre trek, pas à pas

l’art urbain à Quézac

Trek en Lozère. 1) Les ciels somptueux du Causse Méjean

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En deux semaines, O et moi avons marché cent kilomètres en Lozère, sacs au dos par monts et par vaux, souvent hors du GR et autres sentiers battus. En voici, en plusieurs étapes, le récit en images.

Aujourd’hui les ciels du causse Méjean, vaste plateau (33000 ha à une altitude variant de 800 à 1247 mètres) entouré de gorges profondes, constituant une « île en plein ciel » presque déserte. L’horizon y est couramment dégagé loin sur 360 degrés et les nuages y évoluent rapidement, sous l’effet de vents puissants et bienfaisants. Divers oiseaux, rapaces et vautours, y sont aussi à leur bonheur. Un festival de lumière.

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photos Alina Reyes

la suite :
le bestiaire du causse Méjean

l’architecture traditionnelle de Lozère

notre trek, pas à pas

l’art urbain à Quézac

Ready for the country. Prêt·e·s pour la lecture ?

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ready-minDemain à l’aube, nous partirons, à pied et sac au dos : car pour un billet de train à 30 euros il faut se lever très tôt, avant les premiers bus. Jusqu’à la gare, une première demi-heure de marche dans Paris pour entamer nos deux semaines de trek en Lozère, notamment sur le Causse Méjean, qu’on dit semblable à la Mongolie, et dans les gorges du Tarn. O et moi avons l’intention de bien marcher (une bonne centaine de kilomètres) mais aussi de bien prendre le temps de nous poser et de nous baigner dans la splendeur.

Nous avons préparé les sacs – c’est un art d’emporter le nécessaire et rien d’autre. Quand on voyage à pied, il faut voyager léger, c’est toujours assez lourd ! Une savonnette pour laver à la fois le corps, les cheveux et le linge suffira, mais nous emportons un carnet, un stylo, et nos liseuses.
Pour vos lectures, de vacances ou non, je vous repropose mes livres téléchargeables gratuitement ici :

Nus devant les fantômes, Franz Kafka et Milena Jesenska, mon roman-essai sur ce qu’ont traversé ces deux êtres broyés par l’histoire et courageux.

La Dameuse, mon microroman en trois v : viol, vengeance, vie… dans la nature et à la fin la Mongolie

La chute de la Maison Usher, la nouvelle fantastique d’Edgar Poe, dans ma traduction

Pendant ces deux semaines, vous pourrez sans doute me retrouver de temps en temps sur mon compte Instagram @alinareyes_authorandartist
À bientôt !

« Naked Athena » : face aux violences policières, des femmes nues

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Suite à l’assassinat de George Floyd, les protestations contre le racisme et les violences policières continuent à Portland. Et les violences policières continuent aussi. J’ai lu quelques articles et regardé un reportage américains sur cette nuit où une jeune femme, dans le chaos des violences et des gaz lacrymogènes, s’est avancée nue face aux forces de l’ordre, adoptant des postures de yoga et s’asseyant sur le sol jambes grand écartées face aux policiers. Avant cela, je les ai vus dans un autre reportage agresser notamment un vétéran de la guerre du Vietnam, qu’ils ont frappé et gazé à bout portant alors qu’il se tenait immobile, parfaitement pacifique.

Cette jeune femme est arrivée samedi à 1h45 du matin et a fait ce geste salué sur les réseaux sociaux. Sur Twitter j’ai vu aussi qu’une autre jeune femme, lors d’une autre manifestation, il y a un mois, une Noire seulement vêtue d’un string rouge et d’un t-shirt noir Black Lives Matter, s’était elle aussi exposée face aux policiers, avec des mouvements à la fois provocants et de danseuse accomplie. Son geste au moins tout aussi courageux, plus virtuose et plus énergique, a rencontré peu d’échos mais il est à saluer en premier.

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Le geste de l' »Athéna nue » (ainsi surnommée parce qu’Athéna est la déesse de la sagesse, j’imagine) a duré quinze minutes, pendant lesquelles les policiers ont continué à tirer au LBD. Après quoi ils sont partis, et elle-même, toujours seulement vêtue d’un masque et d’un couvre-chef, s’est éclipsée.

Je vois ainsi la ressemblance avec mes autoportraits en yogini nue, ici, ces jours derniers : si ma façon de faire, par mes écrits, ressemble à celle de ces jeunes femmes, c’est plutôt à celle dont on ne parle pas, celle de la Noire, pleine d’énergie, d’impolitesse et de vérité. C’est elle qui mène le combat. Et c’est bien pourquoi on met plutôt l’autre en avant.

Autoportrait verso d’une yogini en pied(s)

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Après l’autoportrait de face l’autre jour, voici l’autoportrait de dos, toujours en pied, toujours photographié rapidement dans le miroir avant ma séance de yoga. En témoignage des bienfaits du yoga, qui même commencé tard (à la soixantaine pour moi, ainsi que je l’ai un peu mieux expliqué avec mon autoportrait de face), peut vous sculpter, vous assouplir, vous fortifier à merveille (dans le ressenti) le corps comme l’esprit.
Je n’ai pas fini de muscler mes jambes et mes fessiers : O et moi partons dans quelques jours pour notre trek en France, nous prévoyons de faire, sac au dos, une boucle de plus de cent kilomètres, et après ça, s’il nous reste du temps, une randonnée supplémentaire. Avec pas mal de dénivelés et beaucoup de beautés à contempler, les jours et les nuits quand nous bivouaquerons sous un ciel très pur.

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Ce matin à Paris, photos Alina Reyes

De l’aristocratie et de la médiocratie en France

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Tag à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

Tag à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

Je suis contente d’avoir finalement fait ma thèse, comme je le souhaitais trente ans plus tôt. Mon projet avait été interrompu par le succès de mon premier roman, comme mes études avaient été interrompues en terminale par l’incapacité de mes parents à me permettre de faire des études (ils étaient pauvres) et par leur refus de laisser ma prof de lettres et de grec, qui l’avait généreusement offert, se charger de me loger et de s’occuper de moi afin que je puisse continuer mon parcours. J’avais repris mes études dès que possible, dix ans plus tard et mère de deux enfants. Et voilà qu’au niveau du DEA (Master 2) ce « succès » me tombait dessus : je l’ai fui en quittant le pays. Je n’aime pas les paillettes, j’aime la liberté, la paix, l’amour et le travail. Et j’ai enfin pu retrouver le chemin de la fac trente ans après l’avoir quittée, j’ai mené cette thèse à bien, je l’ai soutenue il y a deux ans.

J’aurais aimé pouvoir enseigner en fac, transmettre les fruits de mon travail, mais c’était apparemment impossible. En France être l’auteure d’une trentaine de livres et d’une thèse de doctorat, qui plus est admissible à l’agrégation et titulaire du CAPES, vaut moins pour enseigner que d’avoir un parcours ordinaire et surtout des copains dans la place. Cela ne concerne pas que l’université. Nous vivons dans une république de copains, où le copinage, le réseautage et les renvois d’ascenseur tiennent lieu de compétences. C’est ainsi que la médiocratie s’est installée un peu partout, à commencer par le sommet de l’État. Les gens qui désirent vraiment se consacrer à leur travail, quel que soit ce travail, n’ont pas envie de « succès », et encore moins de perdre leur temps à manœuvrer pour obtenir ce que le vulgaire appelle le succès. Alors ils quittent le pays ou bien ils s’en isolent. L’aristocratie de l’esprit en France se tient nécessairement à l’écart, tandis que le vulgaire siège dans la petite masse malodorante des élites.
N’entrez pas sans masque dans les commerces !

La grande vie

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Hier soir nous sommes montés sur des toits pour regarder le feu d’artifice. Et aujourd’hui nous nous sommes occupés de consulter les cartes et de nous procurer le matériel nécessaire pour notre prochain départ en randonnées. Acheté des billets de train très bon marché, et, à petit prix aussi, de quoi bivouaquer. Je me sens extrêmement joyeuse et revigorée à la pensée de cette aventure, toute humble et dépouillée : là est justement le luxe, le vrai grand luxe selon mon goût : liberté, légèreté, comme aux jours de nos adolescences. Pas besoin d’argent pour de telles vacances, où se rendre vacant des contraintes et des pesanteurs ordinaires, des habitudes et du confort. Il y faut juste l’amour de la vie. Nous sommes nombreux à l’avoir, et c’est nous qui sauvons et sauverons le monde, rien qu’en vivant dans l’amour de la vie, l’amour d’autrui, l’amour de la beauté et de la liberté.

L’expérience du temps et la fin des temps

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Work in progress, je continue à repeindre le grand panneau que j'avais trouvé dans la rue

Work in progress, je continue à repeindre le grand panneau que j’avais trouvé dans la rue

Pour la première fois, hier, j’ai vu un dinosaure en rêve. Je rêve fréquemment de toutes sortes d’animaux sauvages, mais cette fois il semble que je remonte le temps. J’ai vu aussi en rêve, cette nuit, des pousses de plantes bien vertes sortir d’entre les touches de mon clavier d’ordinateur, leurs racines sous les touches – la première pousse sous la touche « ctrl » de droite. Remontée plus en arrière encore dans le temps ou projection en avant ? Il est sans doute un point où les deux se rejoignent.

Vivre : faire l’expérience du temps. Souvent nous la fuyons, et nous fuyons notre propre vie. Nous avons peur de l’ennui, ou du miroir que nous tend le temps. Pourtant l’expérience du temps est riche et c’est en ne la fuyant pas que nous nous préparons, sans doute, à l’Heure. L’Heure où le temps pour nous sera comme une montagne changée en papillons, où un instant, ce que nous appelons le dernier instant, comme au début du monde sera plein d’une éternité.

Quand nous avons un accident, nous pouvons expérimenter le ralentissement du temps, comme au cinéma. Quelques secondes s’étirent, ce qui se passe est décomposé en séquences longues. Quand nous rêvons la nuit, nous expérimentons la possibilité de vivre mentalement de longues séquences qui peuvent ne durer selon l’horloge qu’un court instant. C’est dans l’amour et aussi dans la solitude que nous pouvons apprendre à embrasser le temps sans crainte et sans désir de le contraindre. Il n’est pas déraisonnable de penser que notre dernier instant sera conditionné selon ce que nous aurons fait de notre mental dans notre vie. Qu’il pourra être, ou non, en fonction de cela, une éternité bienheureuse.

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Street Art, du canal Saint-Martin au canal de l’Ourcq en 38 images

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On a pris nos vélos, traversé Paris (vive la piste cyclable place de la Bastille, où l’on peut désormais rouler sans risquer sa vie à chaque croisement). Et j’ai mis pied à terre pour la photo chaque fois que j’ai rencontré une belle œuvre. Bien entendu j’en aurais photographié davantage à pied, mais à pied je n’aurais pas fait près de vingt kilomètres aller-retour. En voilà déjà une belle collection, avec des artistes souvent différents, comme Vinie ou Da Cruz, de ceux que je photographie régulièrement dans les 13e et 5e arrondissements.
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Hier à Paris 10e et 19e, photos Alina Reyes
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Mort sur pieds. Arlequin. Et « Crépuscule » d’Apollinaire

Le bout de bois (56x28 cm) trouvé dans la rue, une fois repeint à l'acrylique, est devenu "Arlequin"

Le thème pictural de la jeune fille et la mort, dans lequel un squelette enlace une jeune fille joliment en chair, me vient à l’esprit quand je vois dans les médias de vieilles célébrités délibérément squelettiques, dans leur désir de ressembler à de minces filles prébubères. Je dis filles car je ne vois pas d’hommes s’affamer à ce point par coquetterie. Peut-être y en a-t-il, mais ce sont essentiellement des femmes qui s’affichent en cet état morbide. On peut dire que le squelette qui enlaçait les jeunes filles dans la peinture les a soumises : comme on vend son âme au diable, elles vendent leur chair à la mort – et les deux ventes, les deux marchés, vont de pair. Faust et Dorian Gray forment couple (Macron-Trogneux, BHL-Dombasle, etc.). Ils sont deux faces d’une même médaille, comme boulimie et anorexie. Tristes modèles promus par les médias, si dommageables pour la condition des femmes, et pour la condition humaine. J’en entends un écho dans le « Crépuscule » de Guillaume Apollinaire, que voici.

Crépuscule

À Mademoiselle Marie Laurencin.

Frôlée par les ombres des morts
Sur l’herbe où le jour s’exténue
L’arlequine s’est mise nue
Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l’on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D’astres pâles comme du lait

Sur les tréteaux l’arlequin blême
Salue d’abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs

Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales

L’aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d’un air triste
Grandir l’arlequin trismégiste

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
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J'avais trouvé ce bout de bois peint jeté dans la rue, je l'ai récupéré, repeint

J’avais trouvé ce bout de bois peint jeté dans la rue, je l’ai récupéré, repeint


Le bout de bois (56x28 cm) trouvé dans la rue, une fois repeint à l'acrylique, est devenu "Arlequin"

Le bout de bois (56×28 cm) trouvé dans la rue, une fois repeint à l’acrylique, est devenu « Arlequin »


arlequin 2-min

Sainte-Sophie, Notre-Dame de Paris, Darmanin, Toni Morrison, etc.

poesie 3-min

Aujourd'hui à la bibliothèque Marina Tsvetaïeva à Paris

Aujourd’hui à la bibliothèque Marina Tsvetaïeva à Paris


Sainte-Sophie va redevenir une mosquée. Réaction lamentablement raciste des Grecs qui parlent d’une « provocation envers le monde civilisé ». Alors qu’eux-mêmes sont gouvernés par leur toute-puissante église, qui régente toute leur existence, que l’État paie, et qui a tellement contribué à leur ruine en leur barrant l’accès, intellectuel et concret, à une citoyenneté moderne. Tout le monde pourra continuer à visiter Sainte-Sophie, comme tout le monde visite la Mosquée bleue ou la Süleymaniye. Comme tout le monde visitait, et revisitera inch’Allah, Notre-Dame de Paris.

C’est décidé, la flèche de Notre-Dame de Paris va être reconstruite comme elle était avant de brûler. Au XIXe siècle, on n’hésita pas à confier à un architecte de l’époque d’inventer et ajouter une flèche à sa façon sur le vieux bâtiment. Aujourd’hui, au XXIe siècle, nous voilà coincés deux siècles en arrière, réduits à répéter Viollet-le-Duc. Tel est le souhait des Français, paraît-il. C’est vraisemblable, tant ce pays a perdu toute imagination, tout élan créateur, toute lumière. On a beau jeu de parler de retour en arrière à propos de Sainte-Sophie. Quand on nomme ministres des Darmanin et des Dupond-Moretti (il y a dans l’histoire personnelle de Macron quelque chose qui l’aveugle et l’empêche de respecter les gens, les électeurs, les électrices. Le problème des violences sexuelles, on n’en voit que l’immonde partie émergée – les violences physiques et verbales – mais il s’étend et nuit encore bien plus profondément, bien plus largement). Bachelot au ministère de la culture parce que, nous dit-on, elle aime Verdi, est aussi symptomatique du retour aux XXe et XIXe siècles que constituent tout le gouvernement, son chef et le président.

poesie 1-minJ’ai commencé à lire Toni Morrison, que je n’avais jamais lue et dont on tresse tant les lauriers. Dès les premières pages, quel choc, quelle déception d’y trouver une sorte de copie de Faulkner. Je n’ose dire du sous-Faulkner car ce n’est pas mauvais. Mais ce n’est pas la grande auteure que j’attendais. Je suis allée chercher un autre livre d’elle à la bibliothèque, son chef-d’œuvre dit-on, voir si c’est la même chose. J’en reparlerai peut-être. Je dois reconnaître aussi que ces histoires de mères qui tuent leur enfant, si elles correspondent à la carrure physique voulue « toute-puissante » de l’auteure, me rebutent. Il n’y a pas de mauvais sujets, mais jusque là je trouve ses personnages caricaturaux, ça n’aide pas à trouver de l’humanité là-dedans. J’en arrive à me demander si elle ne bénéficie pas d’un racisme masqué : parce qu’elle est noire, on la jugerait avec un a priori favorable ? Mais elle n’est pas la seule à être mise sur un piédestal qui me semble bien trop haut – je pense à Philip Roth, par exemple, très bon auteur mais loin d’être aussi génial qu’on le dit, à mon sens. Les gens voient-ils ce qui est ?

poesie 3-minLe matin je peins en écoutant de la musique. L’après-midi je sors et j’écris. La nuit mon cerveau redistribue la sève dans mon arbre fruitier.

cette nuit et aujourd’hui, photos Alina Reyes

Des rêves, des oiseaux et des ouvriers

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au Jardin des plantes ces jours-ci, photo Alina Reyes

au Jardin des plantes ces jours-ci, photo Alina Reyes

Beaucoup de rêves d’eaux et de traversées en ce moment. Avec des ciels couchants et levants. De l’amour et de l’esprit. D’excellents rêves, de ceux qui vous habitent ensuite au long des heures et des jours, dans la veille.

De ma fenêtre, je vois ce qui se passe avec les oiseaux dans la cour. Des palombes, des pies, des merles, des corneilles, des martinets, des mouettes. Pas tous là en même temps, mais parfois deux espèces en même temps, qui parfois se chamaillent. Comme chez les humains, il y a du bon temps et des drames dans leur vie. Je vois leurs histoires.

Dans la cour, il y a aussi des ouvriers qui font des travaux. J’en vois aussi dans bien d’autres endroits dans Paris. C’est le moment où les propriétaires ravalent les façades, entre autres. Les travaux sont durs et bruyants. On entend peu les travailleurs parler français, et ils ont tous la peau foncée ou très foncée. Les jours où je ne me réveille pas avant leur arrivée, ce sont eux qui me sortent de mes rêves. À moins qu’ils ne me les fassent faire, à arpenter ainsi leurs échafaudages, entre terre et ciel.