Pandémie : renverser la table de la loi patriarcale

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Macron répond à la détresse des étudiants par de la charité, des actes de dame patronnesse. De l’humiliation. C’est une injustice criante que les jeunes, privés d’études, privés de travail, doivent porter le poids le plus lourd dans cette pandémie. Alors que si on adoptait des mesures spécifiques pour les populations à risque, si on leur demandait, en attendant d’être vaccinées, d’aller faire leurs courses à des horaires réservés et de ne pas sortir dans les autres lieux publics fermés, les jeunes, les travailleurs de la culture, les restaurateurs, les gérants de salles de sport, tous ceux qui sont asphyxiés depuis un an maintenant, pourraient retrouver un peu d’air, en s’adaptant bien sûr aux mesures sanitaires.

Cette crise sanitaire met en évidence la lourdeur et l’iniquité du patriarcat. Les jeunes sont sacrifiés. C’est Abraham, le couteau sur la gorge de son fils, mais aucune instance supérieure en lui ne l’empêche de commettre le crime. Il en va de même dans les affaires d’inceste et de pédophilie, et nous en sommes réduits à signer des pétitions pour qu’on cesse de demander aux enfants s’ils étaient consentants. Il y en a assez de cet esprit pourri, il est plus que temps de renverser la table de la loi patriarcale et gérontocrate.

Homère et Maïakovski

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"Maïakovski", collage sur papier 31x41 cm

« Maïakovski », collage sur papier 31×41 cm

« Il y a dans la mer fortement agitée,
En face de l’Égypte, une île appelée Phare »

Homère, Odyssée, chant IV, v.354-355 (ma traduction)

Un jour, inch’Allah, j’apprendrai assez de russe pour pouvoir traduire le grand Maïakovski. En attendant le grand Homère (dont je suis en train de traduire toute l’Odyssée) fait très bien l’affaire. J’aime les poètes qui se coltinent l’univers, et j’aime me coltiner l’univers des poètes.

La grande syntaxe de l’être, avec Ptolémée

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"Ways" Technique mixte sur papier 31x41 cm

« Ways »
Technique mixte sur papier 31×41 cm

« Je sais que moi je suis mortel, éphémère ; mais quand,
Des astres, je cherche le cours incessant, spiralant,
Mes pieds ne touchent plus terre mais c’est de l’ambroisie,
Nourri par Zeus lui-même, qu’alors je me rassasie. »

Ptolémée, Anthologie Palatine, IX.577 (ma traduction)

« Qu’on n’objecte pas à ces hypothèses, qu’elles sont trop difficiles à saisir, à cause de la complication des moyens que nous employons. Car quelle comparaison pourrait-on faire des choses célestes aux terrestres, et par quels exemples pourrait-on représenter des choses si différentes ? Et quel rapport peut-il y avoir entre la constance invariable et éternelle, et les changements continuels ? Ou quoi de plus différent des choses qui ne peuvent aucunement être altérées ni par elles-mêmes, ni par rien d’extérieur à elles, que celles qui sont sujettes à des variations qui proviennent de toutes sortes de causes ? Il faut, autant qu’on le peut, adopter les hypothèses les plus simples aux mouvements célestes ; mais si elles ne suffisent pas, il faut en choisir d’autres qui les expliquent mieux. Car si après avoir établi des suppositions, on en déduit aisément tous les phénomènes comme autant de conséquences, quelle raison aura-t-on de s’étonner d’une si grande complication dans les mouvements des corps célestes ? »

Ptolémée, Almageste (ou la Grande syntaxe), XII, 2, trad. Halma, 1813

L’auteur selon Peter Brook

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"Théâtre" Technique mixte sur bois 45x30 cm Ces vers de Paul Valéry sont gravés au fronton du théâtre de Chaillot à Paris

« Théâtre »
Technique mixte sur bois 45×30 cm
Ces vers de Paul Valéry sont gravés au fronton du théâtre de Chaillot à Paris

Dans ces passages de L’Espace vide (livre important dont j’ai déjà donné d’autres extraits), Peter Brook parle de l’auteur de théâtre (et je me sens concernée, me considérant moi-même comme une auteure de théâtre même si mes textes n’ont pas l’apparence de textes de théâtre – en particulier mes textes de non-fiction, comme mes livres Voyage ou Une chasse spirituelle, pour l’instant hors circuit, dont la scène est l’espace mental de qui lit).
*
« En théorie, peu d’hommes ont autant de liberté qu’un auteur de théâtre. Il peut évoquer l’univers entier sur la scène. Mais (…) il est malheureusement rare que l’auteur de théâtre se donne la peine de relier le détail qu’il a choisi à une structure plus large.
(…)
Qu’un auteur explore la profondeur et les ombres de sa propre existence ou qu’il explore le monde extérieur, dans les deux cas, il croit son univers complet. Si Shakespeare n’avait pas existé, il serait tout à fait compréhensible que nous établissions une théorie selon laquelle les deux genres d’auteurs ne peuvent en aucun cas cohabiter. Il y a quatre cents ans, il était donc possible à un dramaturge de présenter dans une même situation conflictuelle des événements du monde extérieur et les sentiments intérieurs d’hommes complexes, isolés en tant qu’individus, l’immense tension de leurs craintes et de leurs aspirations. Le drame élisabéthain, c’était la révélation, c’était la confrontation, c’était la contradiction, et cela conduisait à l’analyse, à l’engagement, à la reconnaissance et, en fin de compte, à l’éveil de la compréhension.
(…)
Pourtant, un nouveau théâtre élisabéthain, fait de poésie et de rhétorique, serait une monstruosité.
(…)
L’auteur contemporain est encore prisonnier de l’anecdote, de la cohérence et du style. Il est également conditionné par les valeurs qui subsistent du XIXe siècle, à tel point qu’il trouve inconvenant le mot d’ « ambition ». Et pourtant, il en a infiniment besoin. Si seulement il était ambitieux ! Si seulement il voulait décrocher la lune !
(…)
Bien que l’auteur nourrisse son œuvre de sa propre existence et de la vie qui l’entoure – le théâtre n’est pas une tour d’ivoire -, le choix qu’il fait et les valeurs qu’il exalte n’ont de force qu’en fonction de leur théâtralité. (…) Même l’auteur qui ne s’intéresse pas au théâtre en tant que tel mais seulement à ce que lui, l’auteur, essaie de dire, se trouve forcé de commencer par le commencement : s’attaquer à la nature même de l’expression théâtrale. Il n’y a pas moyen d’y échapper, à moins que l’auteur n’accepte d’enfourcher un véhicule d’occasion, hors d’état depuis longtemps, et vraisemblablement incapable de le mener où il veut aller. Le problème essentiel de l’auteur et le problème essentiel du metteur en scène vont de pair. (…) Si l’on veut que la pièce soit entendue, alors il faut savoir la faire chanter. »

Peter Brook, L’Espace vide, Points Seuil (Londres 1968, éd du Seuil 1977 pour la traduction française, par Christine Estienne et Franck Fayolle)
Autres extraits du livre ici

L’œil en éveil. L’oreille, la corde vocale, le corps entier aussi (note actualisée)

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Samedi après-midi : j’actualise la note avec quelques images du jardin des Plantes enneigé aujourd’hui

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J’ai dit, en regardant par la fenêtre : « bon, on attend la neige », et quelques secondes après la neige s’est mise à tomber. Rien de magique, c’est juste que la couleur de l’air m’avait prévenue. Nous avons si souvent le nez sur nos smartphones ou nos écrans que nous ne regardons pas beaucoup vers le haut. Ni vers ailleurs. Parfois des gens s’arrêtent un instant, surpris, quand ils me voient prendre une photo. Surpris parce qu’ils se demandent ce que je peux bien être en train de photographier. Eux n’avaient rien vu. Ils me le disent, parfois. Et parfois en profitent pour entamer une petite conversation.

Notre rapport au monde a bien changé avec la technologie, nous le savons tous mais n’y faisons pas toujours attention. Je pense aussi à la musique. Avant les enregistrements, il n’y avait que le concert comme moyen d’entendre la musique savante. On l’écoutait une fois, et puis c’était fini, ou il fallait attendre un autre concert pour la réentendre. D’un autre côté, la musique populaire était sans doute plus vivante, dans la mesure où les gens chantaient beaucoup dans leur vie quotidienne.

Exercer ses sens et son corps, voilà le secret de la joie et de la pensée fraîche. Je me suis procuré de petits haltères et de temps en temps je fais un peu de musculation et de barre au sol pour changer du yoga quotidien. Je marche pas mal et je cours un peu, quoique moins par ces temps gris. La médecin à l’hôpital (visite de routine) m’a demandé si j’avais une bonne alimentation et sans attendre ma réponse a dit : « Oui, et je vois que vous faites de l’exercice ». Je referais bien de la danse, je referais bien du chant choral, on verra ça quand la pandémie sera finie. Je traduis, je peins, je lis, j’écris. Je cantille le Om chaque matin après l’exercice, en tenant la note le plus longtemps possible. Je vais bientôt faire tatouer mon sein reconstruit, avec un tatouage d’art jusqu’à l’épaule. Il faut sans cesse rendre à la vie les couleurs qu’essaient d’effacer les voleurs. Le blanc est l’une des plus belles.
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Hier (le store) et aujourd’hui (la neige) à Paris, photos Alina Reyes

Marcher dans les airs, Capitole et #MeToo : journal intime et chronique publique

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Technique mixte sur panneau 50x65 cm, réalisé à partir de quelques-unes de mes photos peintes

Technique mixte sur panneau 50×65 cm, réalisé à partir de quelques-unes de mes photos peintes

Refait cette nuit ce rêve très ancien et récurrent où je marche en lévitation à plusieurs mètres au-dessus du sol, m’élevant à volonté au-dessus de la ville et du paysage, goûtant la caresse des feuillages bruissants. Cependant le vent soufflait de plus en plus fort et malgré ma joie je veillais à ne pas me laisser emporter, à tenir fermement ancrée dans les airs comme sur terre.

Je continue à actualiser la note sur l’affaire du Capitole, en espérant une destitution de Trump, qui est d’autant plus dangereux qu’il est loin d’être seul. Très soutenu par une large partie de la population et par des groupes d’extrême-droite violents – suprémacistes, néonazis, etc. – dont le but déclaré est de déclencher une guerre civile. Ceux qui, ici en France, pleurnichent parce que les réseaux sociaux ont enfin pris leurs responsabilités en fermant les comptes de Trump sont très inquiétants eux aussi. C’est avec ce genre de faiblesse face aux forces de mort, de complaisance avec les semeurs de mensonge, et de déni des libertés et responsabilités individuelles (en l’occurrence celle de ces réseaux sociaux privés) qu’on laisse monter et s’installer les fascismes.

« «Toujours nier» : c’est la réponse de Donald Trump lorsqu’on l’a interrogé sur les accusations de harcèlement sexuel. » Nécessaire tribune de l’historienne Laure Murat dans Libé aujourd’hui : La sinistre exception culturelle du #MeToo à la française (en accès libre). Elle note que « Si les cas de pédocriminalité ne sont pas les seuls du #MeToo à la française, loin s’en faut, ils ont été, et de loin, les plus médiatisés, les seuls à vraiment retenir l’attention et à être pris au sérieux » et que « Ces affaires, portées par la presse, écœurent le public mais n’ébranlent pas les institutions. Comme si l’essai n’était jamais transformé, ni l’événement suivi d’une réforme de fond ». La marque d’une vieillesse délétère du pays, qui n’a élu un président jeune que parce qu’il était porté par des vieux, étant lui-même vieux dans sa tête depuis son enfance, et resté à la fois immature et vieux, parfait représentant de la caste intellectuelle qui se tient au pouvoir et empêche les réformes de fond des mentalités et la libération des vieilles dominations.

"Good Play" Collage sur papier A4

« Good Play »
Collage sur papier A4


"Dans la rue" Collage sur papier A4

« Dans la rue »
Collage sur papier A4

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Du racisme et de l’obscurantisme linguistiques

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ces jours-ci à Paris, photo Alina Reyes

ces jours-ci à Paris, photo Alina Reyes

Un jour, l’auteur catholique et occitan Bernard Manciet, à qui je venais d’être présentée alors que je me trouvais là avec mon bébé, m’agressa verbalement avec beaucoup de grossièreté en apprenant le prénom de ce dernier, qui ne sonnait pas suffisamment français, ni sans doute suffisamment chrétien, à son oreille. Puis il s’esquiva aussitôt, comme font ces gens qui veulent dominer sans prendre de risque – comme font aussi les hypocrites. Je n’eus pas le temps de le rembarrer ni de lui dire que ce prénom à consonance anglaise venait du grec, du nom Dionysos (un dieu qui, il est vrai, n’est pas en odeur de sainteté chez les cathos, mais fait de beaux hommes et de belles femmes de théâtre). Marie-Joseph, Jean-Romain, Marc, Anne et Claire, tels étaient les prénoms corrects de ses enfants à lui. Et son racisme linguistique était de la même trempe que celui de Zemmour reprochant à Hapsatou Sy son prénom. Un racisme de religion, mais aussi de sexe et de caste – auquel bien sûr il faut ajouter un racisme fondé sur la couleur de peau pour Hapsatou Sy – car ce bourgeois avait comme ceux de sa classe un sentiment de supériorité qui trouvait particulièrement à s’exprimer dans le mépris de la femme, et qui plus est de la femme du peuple.

Le racisme linguistique est très répandu sous ces formes évidentes de dévalorisation de différentes expressions linguistiques. Le dénigrement de certains prénoms, mais aussi de certaines langues à l’intérieur de la langue, sont une arme capitale de la domination bourgeoise, qui ne veut et ne peut reconnaître que ce qui appartient à sa propre norme. Il ne s’agit pas seulement de noms, de vocabulaire. Les plus ringards n’acceptent pas la langue des rappeurs, par exemple. « On ne comprend rien à ce qu’ils disent », me dit un jour l’un d’eux. Les mêmes qui ne comprennent rien non plus à ce que Rimbaud ou d’autres poètes disent trouvent pourtant admirable la langue de Rimbaud et de tout autre poète passé dans la culture bourgeoise, récupéré, intégré à cette culture sans qu’il soit besoin d’y comprendre quelque chose. Les bourgeois les plus futés, eux, font en sorte de récupérer ceux qui parlent une autre langue que la leur, toujours afin de la dominer mais d’une autre façon que par le mépris direct.

Le racisme linguistique est à l’œuvre aussi dans le jugement porté non seulement sur les tournures de phrases mais aussi sur les tournures de textes entiers. Le meilleur exemple qu’on puisse en donner est sans doute celui du Coran, auquel tant d’intellectuels reprochent sa construction qu’ils jugent, parce qu’ils n’y comprennent rien, anarchique, désordonnée, donc dangereuse. BHL aussi bien que Salman Rushdie rêvent de le démolir, de le réécrire à leur façon, selon les classifications et le bon ordre bourgeois, dûment chapitré, par lesquels ils règnent. Les mêmes qui admireront les rêveries de « livre de sable » de Borges, auteur convenable, détesteront un livre de sable s’il s’en présente un ; comme admirant un Rimbaud mort, ils détesteront un Rimbaud vivant s’il s’en présente un.

Leur volonté normative est politique mais aussi religieuse dans le sens où elle s’oppose à toute réelle spiritualité comme à tout réel travail de la raison. Plutôt que d’essayer de comprendre le sens des langues étranges, comme la science essaie de comprendre toute étrangeté, soit paresse intellectuelle, soit peur d’un autre pouvoir que le leur, soit les deux à la fois, ils s’en tiennent au dénigrement ou à la récupération. Ils se sentent investis du pouvoir de dire ce qui est la norme, de rejeter ce qui est hors normes, ou de le faire entrer dans leur norme comme on jette une couverture sur un corps, pour ne pas avoir à l’étudier, ne pas avoir à en être instruits, ne pas avoir à en changer. Ce faisant, tout en prétendant œuvrer pour les lumières, ils œuvrent contre elles, contre leur avancée, dans un obscurantisme aussi inconscient que sot.

« Very weird situation » in Washington (ré-actualisé)

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15-1-2021,23h55 Je continue à actualiser la note, par le bas.
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6-1-2021, 21h24 « Very weird situation ». c’est ce que vient de tweeter, à 21h20 heure française, le journaliste du HuffPost américain Matt Fuller. Ça se passe à Washington, mais ça pourrait aussi bien être à Hollywood, à lire le tweet suivant du même journaliste, qui rappelle tous ces films catastrophes où les personnages se révèlent dans la survenue de la crise :

« There are moments when you can tell a lot about a person.
Ruben Gallego was instructing members on how to use a gas mask. Markwayne Mullin tried to reason with protestors, putting his safety at direct risk. And Jason Crow didn’t leave the chamber until everyone else was out. »

Grand succès de sa remarque, aussitôt des milliers de retweets. L’Amérique en train de se confronter à ses pires fantasmes.
J’écris cela très vite à mesure que je regarde ce qui se passe, j’actualiserai sans doute.
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21h49
Screenshot_2021-01-06 Rep David Trone ( RepDavidTrone) Twitter
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22h07
Screenshot_2021-01-06 Washington - Recherche sur Twitter Twitter
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22h24
Screenshot_2021-01-06 Donald J Trump ( realDonaldTrump) Twitter
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22h48
Screenshot_2021-01-06 Washington - Recherche sur Twitter Twitter(1)
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23h
Screenshot_2021-01-06 Photos Scenes from U S Capitol as rioters storm building
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23h40
Screenshot_2021-01-06 Washington - Recherche sur Twitter Twitter(3)
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7-1-21, 00h03
Screenshot_2021-01-07 Sandra Muller ( LettreAudio) Twitter
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7-1-2021, 00h30
Screenshot_2021-01-07 Ellie Hall ( ellievhall) Twitter
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7-1-2021, 01h35
Screenshot_2021-01-07 Washington - Recherche sur Twitter Twitter
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7-1-2021, 01h40
Screenshot_2021-01-07 Capitole - Recherche sur Twitter Twitter
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Screenshot_2021-01-07 Capitole - Recherche sur Twitter Twitter(1)
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7-1-2021, 02h00
Screenshot_2021-01-07 Capitole - Recherche sur Twitter Twitter(2)
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Screenshot_2021-01-07 Capitole - Recherche sur Twitter Twitter(3)
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7-1-2021, 03h20
Screenshot_2021-01-07 Washington - Recherche sur Twitter Twitter(1)
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Screenshot_2021-01-07 Washington - Recherche sur Twitter Twitter(2)
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Screenshot_2021-01-07 Washington - Recherche sur Twitter Twitter(3)
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7-1-2021, midi
Biden confirmé par le Congrès.

Quatre morts finalement, et des dizaines de blessés dans les hôpitaux de la ville.

Ici, le discours de Macron rappelle douloureusement son attitude indigne avec Trump, qu’il a essayé si longtemps de séduire, alors que l’autre le tirait par la main comme un enfant et lui époussetait les pellicules. Merkel, elle, a toujours su se tenir face à Trump. Ce sont les actes et les comportements qui font l’histoire, pas les bonnes paroles faciles, surtout celles des résistants de la dernière heure.

Maintenant la question est : Trump sera-t-il démis, ou va-t-il rester en place encore deux semaines dans ce contexte de folie ?
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Screenshot_2021-01-07 Donald Trump – Alina Reyes
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7-1-2021
Screenshot_2021-01-07 DIRECT Etats-Unis la présidente de la Chambre des représentants appelle à destituer Donald Trump
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8-1-21,23h50
Screenshot_2021-01-08 #TrumpCoupAttempt - Recherche sur Twitter Twitter
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9-1-21, 00h10
Screenshot_2021-01-09 #TrumpCoupAttempt - Recherche sur Twitter Twitter
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00h30
Screenshot_2021-01-09 Permanent suspension of realDonaldTrump
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21h
Où l’on voit la grande violence à l’œuvre et où l’on entend que le policier mort a été tué à coups d’extincteur, que les émeutiers voulaient pendre Mike Pence, et que les menottes rapides en lot qu’ils avaient apportées étaient probablement destinées à faire des otages :

Et dire que Ruffin et Mélenchon, comme Le Pen, trouvent scandaleux que Twitter ait bloqué le compte de Trump ! Soit ils n’ont aucun instinct, soit ils ont un instinct de mort. Je ne confierai rien à ces gens.
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23h
Screenshot_2021-01-09 France TV Washington ( F2Washington) Twitter
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11-1-20, 0h20
« Le FBI et d’autres agences de sécurité se préparent à une période de troubles insurrectionnels qui pourrait durer des semaines. Des milices bien armées avec de nombreux anciens membres de l’armée et de la police se préparent à participer à ces soulèvements pour protester contre l’entrée en fonction de l’administration démocrate.
On trouve, en première ligne des insurgés, les Proud Boys, les Three Percenters, les Oath Keepers et les Boogaloos. Incarnation émergente de l’extrême droite américaine, ces derniers se donnent pour objectif de provoquer une guerre civile. »
L’article entier de Normand Lester est à lire sur son blog du Journal de Montréal
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midi
« Franceinfo : Pouvez-vous nous décrire ce que vous avez vu dans l’enceinte du Capitole mercredi, lors de cette violente intrusion ?
Hank Johnson : J’ai vu un échec en matière de sécurité, ce qui laisse à penser qu’il y a eu une forme de collusion entre de hauts responsables des forces de l’ordre et l’administration Trump. Ce n’était pas de la négligence, c’était un délit. Et par conséquent, des membres du Congrès ont été mis en danger. Ils ont failli être blessés ou tués.
Le témoignage entier est à lire ici : « Il faut le faire pour l’Histoire » : un représentant américain, témoin des violences au Capitole, défend la procédure de destitution visant Donald Trump
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17h30
« Sur ces images, cet agent de la police du Capitole américain (USCP) intime à plusieurs reprises aux manifestants de reculer. L’un d’eux, revêtu d’un T-shirt à la gloire de la mouvance conspirationniste QAnon, revient plusieurs fois à la charge, et Eugene Goodman doit rapidement battre en retraite. Il parvient malgré tout à renseigner ses collègues sur l’avancée des manifestants. «Deuxième étage», avertit-il une fois arrivé en haut des escaliers. À cet instant, le policier jette un coup d’œil à droite, détourne l’attention de son vis-à-vis et l’attire ensuite dans la direction opposée car, à quelques pas de là, se trouve l’entrée principale du Sénat. Selon le Washington Post , la ruse a permis à ses collègues de sécuriser l’accès, et peut-être éviter un bain de sang. » Article entier à lire, et images à voir, dans Le Figaro (en accès libre)

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12-1-21, 0h40
On apprend la démission du secrétaire d’État à la Sécurité intérieure, Chad Wolf. Au lendemain de l’attaque contre le Capitole, il avait demandé à Trump de condamner fermement ces violences. Il disait aussi qu’il resterait en place jusqu’au 20 janvier pour assurer un transfert pacifique du pouvoir. Finalement donc, il démissionne, sans donner de raison. Et alors que le FBI dit redouter des manifestations armées dans les capitales des 50 États du pays, à partir du 16 janvier et au moins jusqu’au 20.

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13-1-2021, 23h
Ils l’ont fait !
Impeachment de Donald Trump EN DIRECT : La Chambre vote la mise en accusation du président pour «incitation à l’insurrection»…
par 232 voix (dont 10 républicains) contre 197. Trump, premier président « impeached » 2 fois pendant son mandat. Prochaine étape : procès en destitution au Sénat

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23h13
Trump diviseur : comme dans l’histoire racontée par cette jeune Américaine dont la mère, auparavant démocrate, est devenue d’extrême-droite depuis Trump, de nombreux Américains voient leurs familles ou leur entourage profondément divisés désormais. Phénomène typique de la séduction malsaine opérée par les pervers narcissiques/fascistes. Certains la subissent sans en prendre conscience ni pouvoir s’en libérer, d’autres se battent contre. Phénomène dévastateur aussi bien à l’échelle d’un peuple qu’à celle d’un petit groupe.

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23h40
Images, ces dernières heures, de Washington bouclée, de dizaines de soldats dormant à même le sol dans les couloirs du Capitole. Toutes les réservations Airbnb bloquées et annulées dans la ville. Un pays plus divisé que jamais, une démocratie en alerte, voilà le résultat de la politique du mensonge. Qu’on y songe aussi en France.

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14-1-2021, 11h40
En lisant Le monde selon Trump, de Nicole Bacharan, je trouve cette phrase de Tony Schwartz, ghostwriter de Trump :

« L’univers de Trump est un gouffre de vanité qui donne le vertige »

Screenshot_2021-01-14 Tony Schwartz ( tonyschwartz) Twitter

18h35
Toujours dans le même livre:
« Certains disent de Trump : « Il corrompt tout ce qu’il touche. »

23h40
« plusieurs représentants républicains étaient «paralysés par la peur» à l’approche du vote de mise en accusation. Deux d’entre eux auraient même éclaté en larmes devant lui en parlant des menaces de mort qu’ils avaient reçues »
Article de Richard Hétu, « Le parti mafieux », à lire ici

15-1-2021,23h50
Screenshot_2021-01-15 Trump - Recherche sur Twitter Twitter
Screenshot_2021-01-15 Corentin Sellin ( CorentinSellin) Twitter

Journal du jour

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"Piano", technique mixte sur papier A4

« Piano », technique mixte sur papier A4


"Human Being", technique mixte sur papier A4

« Human Being », technique mixte sur papier A4

J’avais demandé pour Noël un CD du Sacre du Printemps, j’ai eu un coffret collector de 38 enregistrements de l’œuvre par autant de chefs et d’orchestres différents sur plus de soixante ans. Bel exercice d’écoute pour quelqu’un qui comme moi pratique la traduction. Magnifique à écouter tout en peignant, ce que je fais depuis Noël donc, et qui n’est peut-être pas sans influence sur mon inspiration. Le coffret est sorti en 2012 pour le centième anniversaire du Sacre (1913) et il est devenu une rareté : O a fait plus de quarante kilomètres à vélo dans le froid et la pluie pour aller le chercher là où il l’avait repéré en ligne. Voilà un cadeau !

M’étant un peu blessée au yoga (petite chute sur le coccyx) puis en courant et en marchant (syndrome du piriforme), j’ai fait des exercices à la maison pour guérir tout ça et j’ai évité de sortir pendant quelques jours. C’était aujourd’hui ma première promenade de l’année, je l’ai faite avec O, nous sommes allés voir les canards au jardin des Plantes, c’était de circonstance, par ce froid du même nom. J’adore les canards. Et tous les oiseaux. Et tous les animaux. Toutes les plantes, toutes les pierres, tout.

Comme je ne pouvais pas rester assise trop longtemps avec ma petite blessure, j’ai moins traduit ces jours derniers, mais ça va mieux et je m’y suis remise. Je m’amuse et je me désole tout à la fois de constater le sexisme de la plupart des traducteurs qui m’ont précédée. Quand Homère dit que Pénélope est sage, intelligente, eux traduisent « chaste » (même si l’adjectif grec n’a pas du tout ce sens ; du reste quand Homère l’applique à un homme, ils ne traduisent jamais par chaste mais bien par son sens réel). Quand Homère dit qu’Hélène « à la longue robe » va se coucher auprès de Ménélas la nuit venue, eux traduisent « aux longs voiles », la fantasmant sans doute comme une espèce de Salomé se livrant à une danse suggestive devant Hérode. Quand Hélène évoque son impudence passée, avec le mot grec qui signifie à la lettre « regard de chien », ils lui font dire « ma face de chienne », ce qui est comme si on faisait dire à un philosophe cynique qui parlerait de son cynisme « chien que je suis » parce que cynique, à la lettre, signifie « de chien ». Quand Homère dit qu’Hélène est semblable à Artémis aux flèches d’or, ils traduisent « à la quenouille d’or » – là aussi en dépit du fait que ce n’est pas du tout le sens du mot grec – d’ailleurs que ferait Artémis, déesse de la chasse, d’une quenouille ? Bref, contrairement à Homère, ils ramènent sans cesse les femmes du texte à la condition domestique et inférieure qu’ils ont intériorisée. Ne serait-ce que pour ça, ma traduction ne devrait pas être inutile.

"Human History", technique mixte sur papier 24x32 cm

« Human History », technique mixte sur papier 24×32 cm

La mort aboie, l’humanité passe

"Pomona, Goddess Of The Fruit, In The Snow", technique mixte sur papier A4. D'après la sculpture de Pomone par Maillol au jardin des Tuileries. Maillol a représenté la déesse avec un fruit dans chaque main. Moi j'ai intégré les fruits dans sa tête et son corps, et fait de ses mains des sortes de fruits, notamment par la couleur : même hors saison, elle fructifie

J’ai fêté le passage à l’année 2020 avec beaucoup de monde dans un vieux cimetière à Édimbourg. On ne parlait pas encore de pandémie mais ce lieu était en quelque sorte prémonitoire. Thomas de Quincey, qui y repose, songerait peut-être que le coronavirus a réveillé les humains de l’opium de l’existence moderne dans laquelle ils sont plongés et qui leur donne un sentiment de toute-puissance, presque d’immortalité. Non nous ne sommes pas tout-puissants, oui des forces nous dépassent, toutes microscopiques qu’elles puissent être. Oui l’humain a pourtant sa grandeur, notamment grâce à la science qui permet de réagir et de sauver souvent. Et non il n’aime pas être réveillé, et perdant un opium il en cherche un autre, qu’on l’appelle complotisme ou tout autre délire occultiste lui permettant de fuir le réel.

Cette fois nous avons célébré le passage à 2021 en amoureux, O et moi, à la maison, avec du champagne et en regardant le très excellent film Parasite, de Bong Joon Ho, que nous n’avions pas encore vu, parabole sur l’état du monde actuel. D’autres dangers nous guettent, l’art nous en prévient mais nous ne sommes pas obligés d’y sombrer. Et l’art, la littérature, comme la science, peuvent nous fournir aussi des contrepoisons et des vaccins.

Voici les dernières petites peintures que j’ai réalisées ces derniers jours, entre le 29 décembre et le 1er janvier.

"Dragon", technique mixte sur papier A4

« Dragon », technique mixte sur papier A4


"Underground River", technique mixte sur papier A4

« Underground River », technique mixte sur papier A4


"Bouquet final", technique mixte sur bois 48x33 cm. J'ai repeint la peinture ci-dessous, que quelqu'un avait jetée dehors et que j'ai récupérée

« Bouquet final », technique mixte sur bois 48×33 cm. J’ai repeint la peinture ci-dessous, que quelqu’un avait jetée dehors et que j’ai récupérée


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"Painting", technique mixte sur papier A4

« Painting », technique mixte sur papier A4


"Pomona, Goddess Of The Fruit, In The Snow", technique mixte sur papier A4. D'après la sculpture de Pomone par Maillol au jardin des Tuileries. Maillol a représenté la déesse avec un fruit dans chaque main. Moi j'ai intégré les fruits dans sa tête et son corps, et fait de ses mains des sortes de fruits, notamment par la couleur : même hors saison, elle fructifie

« Pomona, Goddess Of The Fruit, In The Snow », technique mixte sur papier A4. D’après la sculpture de Pomone par Maillol au jardin des Tuileries. Maillol a représenté la déesse avec un fruit dans chaque main. Moi j’ai intégré les fruits dans sa tête et son corps, et fait de ses mains des sortes de fruits, notamment par la couleur : même hors saison, elle fructifie

Bon passage à la nouvelle année ! avec les merveilleux Écossais

Screenshot_2020-12-31 Fare Well Part 1 - Edinburgh's Hogmanay 2020

Une poète, un styliste, des musiciens, des techniciens… Et beaucoup d’esprit. Avec des drones, on peut faire tout autre chose que de la police. Je rends grâce aux Écossais pour leur fantastique intelligence de la vie. Que ces merveilleuses images vous annoncent, malgré toutes les difficultés que nous traversons, une année pleine d’enchantements !

L’année dernière, j’ai eu la chance de fêter Hogmanay sur place, pour la deuxième fois : mes photos d’Edimbourg sont ici.

Lignes et points. Temps et supports pour méditer

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"Avenue", technique mixte sur carton entoilé 55x38 cm

« Avenue », technique mixte sur carton entoilé 55×38 cm

Sans méditation suffisamment profonde, nous sommes ballottés par la vie comme des jouets dans la tempête. Par manque de réflexion, nos actes nous entraînent sur des voies néfastes, produisent des effets néfastes. Les fins d’année, comme toutes les fins, sont propices à des méditations spéciales. On a l’habitude de considérer l’année écoulée, et de se projeter dans celle qui vient avec de bonnes résolutions, etc. Mais il est intéressant aussi de profiter des moments de congés que nous offrent un ou quelques jours fériés pour méditer sur le temps présent, sur l’éternel présent, d’ici, de maintenant et de tout le temps. Des très nombreuses formes et techniques de méditation que nous pouvons pratiquer, apprendre ou inventer – j’ai souvent ici parlé du yoga, notamment – le dessin, la peinture, le coloriage sont parmi les plus agréables et les plus efficaces pour « se vider la tête » des pensées parasites, y jouir de la paix et y laisser naître des pensées fraîches. Peinture et dessin sont des formes premières de l’écriture et sont bénéfiques au mieux lorsque lecture ou contemplation s’assortissent d’une pratique personnelle, si humble soit-elle.

J’ai écrit il y a quelques mois ceci, fruit d’une méditation qui me donne encore à méditer :

"Intérieur fourré", technique mixte sur papier A4

« Intérieur fourré », technique mixte sur papier A4

« Les hommes préhistoriques traçaient-ils dans les grottes des lignes superposées parce qu’ils avaient remarqué, ou senti, le phénomène de la superposition des phénomènes ? Quelque chose se passe dans tel espace, et se repasse, de façon décalée mais très comparable, dans tel autre espace, pour un même être situé dans les deux espaces. Si ce quelque chose est chargé de morbidité et si les deux espaces se rencontrent et se renforcent mutuellement, alors le risque mortel devient plus grand. Nos ancêtres préhistoriques, comme nous avaient besoin d’apprendre à réchapper des risques mortels, et la superposition des traits pouvait être, consciemment ou non, une expression conjuratoire du risque, parce qu’elle était d’abord le signe d’une connaissance. »

"Harmonic Attractor", technique mixte sur papier A4

« Harmonic Attractor », technique mixte sur papier A4

(Mes dernières repeintures d’anciens dessins)

Poème du jour

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Qu’importe le flacon dit le poète mais
Ce n’est pas l’ivresse c’est la dive bouteille
Qui m’a assassinée, amours illusoires et
Rêveries d’une enfant à tête sans pareille.

Et j’ai lu tous les livres dit un autre mais
Ce n’est pas le verbe c’est la bêtise humaine
Qui m’a assassinée, fausse intelligence et
Navrante inélégance des ombres malsaines.

Ô saisons, ô châteaux, caravanes, passez !
Ni la magique étude, ni votre passage
Ne m’ont assassinée, mais bien les vents mauvais,
Émanations des mares à équarrissages.

Calme orpheline, moi, j’ai cent fois traversé
L’Achéron et je sais par cœur toutes ses rives,
Entre lesquelles, vive, vainqueure, je vais,
Déshabillée du temps où sans cesse j’arrive.

Plus de gueules de bois ! Le sang tout pétillant,
Je bondis sur mes rimes. Les voici, fatales
Logiques de la vie qui voyage en mouillant
À tous les ports de joie sur ses mers aurorales,

Qui trace son chemin en cherchant constamment
À atteindre le bout de sa vibrante ligne
Pour revenir ensuite, attirée par l’aimant
De tout nouveau début, sa demande de signe

En réponse d’amour à l’éternel appel.
Qu’entendent à cela les âmes malsonnantes ?
Qu’importe, elles y vont, comme tous les mortels.
Où finissent nos peines, où nos joies éclatantes.

Beau solstice d’hiver, je salue le printemps
Que tu portes prégnant comme femmes et lunes.
L’antique poésie qui sait compter les temps
Avec ses balançoires, ses lyres, ses runes,

Je l’entends dans ton sein, loin d’aujourd’hui, tout près,
Rythmant de pas, de mots, l’aventure commune
De notre humanité, le fruit de ton retrait.
Eau-de-vie interdite, sans doute en suis-je une.