Le corps, le sport

À la salle de sport, j’ai pu mesurer pour la première fois ma fréquence cardiaque, et constater que ma FCM, fréquence cardiaque maximum, était beaucoup plus élevée que normalement à mon âge : mon cœur a encore la force de la jeunesse ! Ce qui n’empêche pas que je dois apprendre à mieux gérer la respiration pendant la course, afin de progresser – et je suppose que de toute façon la FCM ne fait pas tout, même si elle est haute. Il est évident que je courrais mieux et plus longtemps si j’avais commencé jeune, et il est reconnu aussi qu’en commençant tard on peut progresser mais pas rejoindre le niveau des personnes qui courent depuis longtemps. Peu importe, c’est toujours un bonheur.

Courir sur tapis est différent de courir sur bitume et au jardin, mais je pense que cela se complète bien, et je verrai dans quelque temps si j’aurai progressé en extérieur, grâce à l’entraînement sur tapis.

À Bruges, les vieilles rues pavées tantôt n’ont pas de trottoir, et tantôt en ont un. Le dernier jour, n’ayant pas vu l’un de ces trottoirs aléatoires, j’ai trébuché dessus et je suis tombée. Je dois éviter de tomber, mes os étant fragilisés par le traitement anticancer qui donne de l’ostéoporose. Mais j’ai eu le réflexe de tomber quasiment en posture de planche, comme j’en fais tant au yoga et en gym, je ne me suis pas du tout fait mal et je me suis relevée d’un coup. Le lendemain mes paumes étaient très légèrement enflées, mais cela a passé en une ou deux heures. Normalement j’aurais dû me fracturer les petits os à cet endroit. Comme j’ai refusé les injections contre l’ostéoporose, j’ai été contente de voir que la pratique sportive était efficace pour protéger les os, en les renforçant par les muscles notamment. C’est le pari que j’ai fait, et je m’y tiens.

Je suis restée une heure et demie aujourd’hui à la salle, et j’ai juste hâte d’y retourner. J’ai fait du tapis de course, du rameur, et ensuite ma séance de yoga, toute seule dans un coin tranquille. Peu à peu j’essaierai d’autres machines, pour augmenter mon endurance et entretenir ma musculation. Le yoga à la fin est précieux, car après l’effort les muscles sont durs et raides. Et je tiens à ma souplesse, et à la développer, même. Pour le mental aussi, l’effort puis le yoga, c’est excellent.

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Traverser

yogini;Et voici mon nouveau livre, un tout petit vademecum de méditation associée au yoga, écrit sur le ton du quotidien mais avec des références sérieuses aux textes de la tradition yogique et une réflexion personnelle appuyée sur ma pratique, mes lectures, mon expérience. Un vrai bonheur de le publier en autoédition, en fait – en toute liberté, et enfin débarrassée des pesanteurs multiples et variées de l’édition classique. Allez le découvrir sur Amazon.

Continuant à repérer maintes manifestations de sexisme de la part des traducteurs de l’Odyssée, qui qualifient les femmes de chastes quand Homère les dit sages, avisées, ou de sages quand, clairement, il les dit intelligentes, ou de bonnes quand il les dit courageuses, etc. (alors que lorsque les mêmes adjectifs sont appliqués à des hommes, ils les traduisent correctement). On finirait par penser que les activistes qui veulent que les traductions soient faites par des personnes culturellement proches n’ont pas complètement tort. Pas complètement parce qu’il est clair là que les traducteurs hommes, du fait d’être des hommes sexistes, ont tous eu une vision faussée des femmes dans l’Odyssée.
Mais ces activistes ont grandement tort quand même car moi qui suis une femme je traduis un poète dont j’ignore s’il était homme ou femme mais qui était plus probablement homme, et très éloigné de moi dans le temps – ce qui ne m’empêche pas de le comprendre, de comprendre chez lui des choses que d’autres n’ont pas vues, comme son absence de sexisme malgré la culture patriarcale dans laquelle il écrit et dans laquelle ses héros et héroïnes sont plongées. L’esprit n’a pas de frontières – même si beaucoup l’ont borné. Et il faut savoir regarder un texte de très près, mais aussi de très loin, pour pouvoir y discerner ce qui y est ; comme il faut savoir regarder, pour comprendre le vivant et ses lois, vers l’infiniment petit et vers l’infiniment grand.

Mon âme est en parfaite paix.

Notre plus grande force : un point spirituel

"Time", réalisé sur un calendrier de l'année dernière avec des fonds de palette appliqués ou collés

« Time », réalisé sur un calendrier de l’année dernière avec des fonds de palette appliqués ou collés

Emmanuel Macron s’en va au Panthéon déclarer que la République n’accepte « aucune aventure séparatiste » de ceux qui « au nom d’un Dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe ». Je vois tout de suite de qui il parle : de ces riches qui, au nom du dieu Argent, et toujours alliés à n’importe quelle puissance étrangère pourvu que ça rapporte, entendent imposer leur loi au monde. Ces riches qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir et dont il est tenu de préserver les intérêts, contre la République. En désignant au peuple mécontent un bouc émissaire : le musulman. Emmanuel Macron devrait réfléchir avant de parler : il fournit les verges pour se faire battre. Mais peut-être, en bon chrétien, aime-t-il ça.

Il y a le Poète à travers les âges, et les Max Brod du Poète, qui font connaître son œuvre, si nécessaire en trahissant la volonté du Poète. Le Poète doit-il se soucier d’être trahi ? Non. Si, contrairement à Kafka, il est après sa mort toujours vivant en chair et en os, le Poète doit seulement veiller à ne pas trahir son œuvre. Cela clarifié, le Poète remercie le ciel de lui avoir épargné toute traîtrise. Quant au tueur qui pense se racheter en se faisant promoteur : il n’en est rien.

Je suis entrée en christianisme pour pouvoir lutter contre la folie d’un homme possédé par les forces du mal. Une part de la religion m’a secourue, une autre m’a enfoncée : les catholiques m’ont trahie et maltraitée comme si j’étais le Christ en personne, qu’il leur fallait envoyer au calvaire. Comme le Christ en effet je suis sortie de leur tombeau (car l’islam a raison, ils n’avaient pas pu me tuer) et je me suis tournée vers l’Est. La puissante prière musulmane m’a permis de lutter pas à pas contre le mal qui, n’ayant rien d’autre à faire, toujours se répète et cherche à gagner les âmes qu’il ne peut gagner. Ce pas franchi, j’ai continué mon chemin de paix vers l’Est et je suis arrivée au Yoga. Pour autant, les enseignements de mon parcours, les livres, le monastère et la mosquée, sont toujours vivants et efficaces en moi.

« Cet homme étrange était habité par des forces gigantesques », dit Jules Verne du capitaine Nemo. Nous sommes tous des hommes étranges habités par des forces gigantesques. Et notre plus grande force c’est la plus petite, celle qui nous permet de choisir quelles forces nous neutralisons en nous, et quelles forces nous développons et faisons vivre.

Kundalini, tigre et coquille du verbe

Dans le mot tigre il y a le tigre, « l’autre tigre », « celui qui n’est pas dans le poème », comme dit Borges, qui le craint et le désire. Quand nous étions enfants, mes frères m’appelaient la tigresse. Étaient-ils eux-mêmes des tigres ? Une tigresse n’est-elle pas « l’autre tigre » ? Dans le mot tigresse, il y avait bien sûr aussi « l’autre tigresse ». J’y songe en lisant la fin de la préface de Tara Michaël à la Hatha-Yoga-Pradîpikâ (éd. Fayard), sur le mouvement de descente et de remontée de l’acte créateur :

« Chez l’homme ordinaire, Sakti, la force cosmique, ayant accompli son travail de création, est représentée comme assoupie au niveau le plus bas, dans le mulhadara-cakra à la base du tronc, où elle demeure immobile, comme base et support de la manifestation individuelle.
Comparée à un serpent endormi, elle est appelée Kundalini, « la lovée ». Le but des exercices yogiques est d’éveiller cette énergie, qui alors se déroule et commence à se mouvoir dans la direction ascendante, suivant un mouvement de retour à sa Source, inverse du mouvement créateur. (…)
Au terme de cette résorption (laya), Sakti s’unit à Siva, la Conscience transcendante, dans le « lotus aux mille pétales », qui est la demeure du Brahman (Brahma-sthana) où le Soi est réalisé. Le yogin est alors totalement libéré de tous les liens qui l’attachent au samsara, et il atteint l’état de jivanmukta, libéré vivant. »

Bien entendu je ne prends pas au pied de la lettre cette histoire de kundalini (ce qu’on a trop tendance à faire dans le yoga kundalini en pratiquant la contraction du périnée pour faire remonter l’énergie vers les chakras supérieurs). Mais elle m’intéresse comme m’intéresse le tigre « qui est dans le poème ». Le tigre est lové dans le verbe comme la kundalini est lovée dans le corps, par la grâce d’un acte créateur qui les a placés là comme dans un œuf. Ce que nous avons à faire est de nous développer suffisamment pour pouvoir briser la coquille et en sortir, « autre », « libéré vivant ». Cela vaut pour les individus, et pour l’humanité entière. Briser la coquille du verbe.

lotus
photos Alina Reyes

Définition du yoga dans trois dictionnaires de français

Krishna enseignant le Yoga à l'archer Arjuna, en pleine bataille

Krishna enseignant le Yoga à l’archer Arjuna, en pleine bataille


CNRTL : Discipline hindoue visant, par des exercices corporels, la méditation et l’ascèse morale, à réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel (dont la dissociation ou le déséquilibre caractérisent les états névrotiques ou psychotiques).

Larousse : Très ancienne méthode d’obtention de l’illumination, systématisée dans le texte des Yogasutra. Discipline spirituelle et corporelle issue de cette méthode et qui vise à libérer l’esprit des contraintes du corps par la maîtrise de son mouvement, de son rythme et du souffle.

Petit Robert : Discipline traditionnelle indienne visant à libérer l’âme de sa condition existentielle, dans l’union à l’absolu, par un ensemble de pratiques psychiques et corporelles.
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Statue de Shiva à Bangalore

Statue de Shiva à Bangalore


source des images : wikimedia : ici et

« La méditation », l’élégance et la paix

Vegeta, de Dragon Ball Z, photo Alina Reyes

Vegeta, de Dragon Ball Z, photo Alina Reyes


Quand nous disons « la méditation », quand nous définissons la méditation, quand nous expliquons ce qu’est la méditation, nous ne faisons que prouver que nous ne savons pas de quoi nous parlons, ou que nous l’oublions. Car « la méditation » n’existe pas. Quels que soient les noms qu’on lui donne, dans diverses langues ou dans la nôtre, « la méditation », au singulier, n’est qu’un cache-sexe de la réalité, faite d’une pluralité de formes de méditations. Les grands méditants le savent d’expérience autant que de science apprise. Les grands méditants sont sans doute au moins aussi rares que les grands mathématiciens mais tout le monde peut faire des mathématiques, en s’y appliquant et en y travaillant, et de la même façon tout le monde peut faire des méditations, pratiquer telle ou telle forme des méditations connues et enseignées. Comme en mathématiques, il est important, selon ma vision de la chose, de rechercher l’élégance dans le processus des méditations, quelles qu’elles soient. La poussivité, si je puis dire, peut donner quelques résultats mais ne va pas bien loin ; la paresse est dangereuse, pour soi et pour autrui, car elle égare et conduit aux impasses ; quant à l’élégance, elle franchit obstacles et barrières, abolit les limites, ouvre des voies, donne la joie parfaite, qui est la paix.

Le yoga fut aussi un art de la guerre, et le reste d’une certaine façon. C’est ainsi qu’il accomplit la paix. Sans être une promesse de paix : il ne l’accomplit pas seulement, il la manifeste, déjà-accomplie. Il est la paix, en train d’avoir lieu, constamment.

Autoportrait verso d’une yogini en pied(s)

autoportrait de dos 2-min

Après l’autoportrait de face l’autre jour, voici l’autoportrait de dos, toujours en pied, toujours photographié rapidement dans le miroir avant ma séance de yoga. En témoignage des bienfaits du yoga, qui même commencé tard (à la soixantaine pour moi, ainsi que je l’ai un peu mieux expliqué avec mon autoportrait de face), peut vous sculpter, vous assouplir, vous fortifier à merveille (dans le ressenti) le corps comme l’esprit.
Je n’ai pas fini de muscler mes jambes et mes fessiers : O et moi partons dans quelques jours pour notre trek en France, nous prévoyons de faire, sac au dos, une boucle de plus de cent kilomètres, et après ça, s’il nous reste du temps, une randonnée supplémentaire. Avec pas mal de dénivelés et beaucoup de beautés à contempler, les jours et les nuits quand nous bivouaquerons sous un ciel très pur.

autoportrait de dos 1-min

Ce matin à Paris, photos Alina Reyes

Autoportrait d’une yogini au sein nu

ce matin à 7 heures chez moi, photo Alina Reyes

ce matin à 7 heures chez moi, photo Alina Reyes

Je célèbre avec gratitude mes un an de yoga quotidien. Ce matin au lever, avant d’enfiler ma tenue pour ma séance, j’ai photographié rapidement mon corps dans le miroir. Mon corps de 64 ans, qui a enfanté quatre fois, qui a lutté contre deux cancers, supporté plusieurs opérations dont une mastectomie, mon corps toujours bienheureux en train d’être redessiné par le yoga. Avec mon sein tout nu, celui qui a été reconstruit joliment, dont la cicatrice est devenue presque invisible, et pour lequel j’ai choisi, plutôt que d’y faire maintenant ajouter un faux téton, d’y faire faire, dans quelques mois, un grand tatouage floral qui remontera jusqu’à l’épaule.

J’ai commencé le yoga par du kundalini en salle, fin septembre 2018. Une heure et demie par semaine, mais je n’y allais pas toujours. Deux semaines après ma dernière opération, début juillet 2019, je me suis mise au hatha yoga à la maison, en m’aidant de livres, revues, vidéos et cours en ligne. Je me suis essayée – et je continue à le faire – à différentes sortes de yoga, et sauf rares exceptions je n’ai jamais dérogé à ma pratique quotidienne, d’une bonne quarantaine de minutes en moyenne. Je m’en porte magnifiquement bien, de corps et d’esprit.

mes notes sur le kundalini yoga : ici
mes notes sur le yoga dans tous ses états :

18-7-2020 : j’ai fait aussi mon autoportrait de dos, il est

Le métier de vivre, la science de vivre, l’art de vivre, avec B.K.S. Iyengar

Les réfractaires aux mots Dieu, Divin, Seigneur… peuvent comprendre le texte en remplaçant ces mots par l’un des noms de Dieu dans toutes les religions, comme Vérité.
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« Svadhyaya. Sva signifie soi et adhyaya signifie étude et éducation. Éduquer, c’est tirer d’une personne le meilleur d’elle-même. Svadhyaya est donc l’éducation du soi.
(…)
Pour avoir une vie saine, heureuse, et paisible, il est essentiel d’étudier régulièrement et en un lieu pur la littérature sacrée. Cette étude des livres sacrés de l’humanité permet au sadhaka de se concentrer et de résoudre les problèmes difficiles quand ils apparaissent dans la vie. Elle met fin à l’ignorance et apporte la connaissance. L’ignorance n’a pas de commencement, mais elle a une fin. Il y a un commencement mais pas de fin à la connaissance. Par la pratique de svadhyaya, le sadhaka comprend la nature de son âme et obtient la communion avec le Divin. Les livres sacrés de l’humanité sont à lire par tous. Ils ne sont pas destinés aux seuls membres d’une confession particulière. Comme les abeilles se délectent du nectar de différentes fleurs, ainsi le sadhaka prend dans les autres religions ce qui lui permettra de mieux comprendre la sienne.

La philologie n’est pas un langage mais la science du langage, dont l’étude permet de mieux connaître sa propre langue. Pareillement, le yoga n’est pas en lui-même une religion. C’est la science des religions, dont l’étude permet au sadhaka d’approfondir sa propre foi.

Isvara Pranidhana. Consacrer au Seigneur ses actions et sa volonté est isvara pranidhana. Celui qui a foi en Dieu ne connaît pas le désespoir. Il a l’illumination (tejas). Celui qui sait que toute création appartient au Seigneur ne sera pas gonflé d’orgueil ni ivre de pouvoir. Il ne se laissera pas aller à des desseins égoïstes. Il ne courbera la tête que pour rendre le culte divin. Quand les eaux de la bhakti (adoration) sont dirigées sur les turbines de l’esprit, elles produisent la puissance mentale et la lumière spirituelle. Alors que la force physique seule, sans bhakti, est mortelle, l’adoration seule, sans force de caractère, a l’effet d’un stupéfiant.

(…) Mieux que ses paroles, les actions d’un homme sont le miroir de sa personnalité. Le yogi a appris l’art de consacrer toutes ses actions au Seigneur, si bien qu’elles réfléchissent la divinité qui est en lui. »

B.K.S. Iyengar, Bible du Yoga, trad. de l’anglais par Georgia Berlanda et Philippe Leconte

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D’autres citations d’Iyengar dans différentes notes au mot-clé B.K.S. Iyengar. J’en profite pour rappeler que l’hindouisme n’est pas un polythéisme, contrairement à ce que croient, se fiant aux apparences, ceux qui étudient mal, c’est-à-dire sans pratiquer. Or mal étudier conduit à répandre le mal. L’ignorance conduit à faire le mal de façon involontaire, la fausse connaissance le fait faire volontairement. Là est le crime réel – illustré par l’histoire biblique du serpent distillant sa fausse connaissance dans l’esprit de la femme et, via la femme, dans celui de l’homme (le Coran, moins sexiste, voit l’homme et la femme se laissant également et en même temps tromper par le serpent).
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Ci-dessus, un tag sur un mur de l’École nationale de chimie, physique et biologie. En haut de la note : école des Arts et Métiers. Hier à Paris, photos Alina Reyes

Œuf cosmique et quelques sutras de Patanjali

Je l’ai terminée aujourd’hui, c’est celle de mes peintures que jusque là je préfère. Je l’accompagne de quelques sutras de Patanjali – de ses Yoga-Sutras, dont j’ai déjà donné quelques-uns dans quelques autres notes, ici.

"Cosmic Egg", acrylique sur bois 56x74cm

« Cosmic Egg », acrylique sur bois 56x74cm

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« Le Yoga de l’action se pratique selon trois modalités inséparables : un effort soutenu, la conscience intérieure de soi et l’abandon au Seigneur. » (II, 1)

« Le discernement, pratiqué de façon ininterrompue, est le moyen de mettre fin à l’inconnaissance du réel. » (II, 26)

« Le fait d’être pur engendre la bonne humeur, la concentration d’esprit, la maîtrise des sens et la faculté d’être en relation avec la conscience profonde. » (II, 41)

« Toute chose porte en soi le principe unique, en raison de l’unicité du changement. » (IV, 14)

« Le mental coloré par le Soi devient conscience totale. » (IV, 23)

Patanjali, Yoga-Sutras, trad. du sanscrit par Françoise Mazet

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Depuis bientôt un an, sauf très rares exceptions, je pratique le yoga tous les matins au lever – et parfois à d’autres moments dans la journée. Une pratique qui allie le physique et le psychique et donne une grande paix, même dans les tribulations. Une pratique qui, si elle est correctement menée, clarifie l’esprit et aide au discernement, notamment avant d’agir. Évidemment ce n’est pas garanti : j’ai vu des yogis et des yoginis manquer de discernement et gober comme tant d’autres ce qu’on leur racontait pour justifier le passage à un acte trompeur. Sans doute n’étaient-ce pas des yogis assez accomplis. Le voyage est incertain mais le chemin arrive à bon port, si on le suit, si on ne renonce pas à la pureté. Le diable guette au coin des routes quand elles sont prises dans le brouillard, et l’issue peut être fatale pour les égarés qui ne reviennent pas sur leurs pas. Trêve de leçons et autres paraboles : à la pratique !