Christ aux cheveux verts

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"Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang" Acrylique sur bois (isorel) 74x42 cm

« Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang » Acrylique sur bois (isorel) 74×42 cm


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En écrivant cette icône, j’ai songé que le maintien de la fermeture des parcs et jardins en Ile-de-France, malgré les demandes d’ouverture d’Anne Hidalgo et de Valérie Pécresse, et alors que rouvrent centres commerciaux, écoles, bureaux, chantiers, transports en commun, lieux de culte avec autorisation de cérémonies…, et alors que les études montrent que la pandémie se transmet essentiellement dans les lieux clos, est une mesure de coercition de type fasciste, totalitaire : une mesure contre la vie, contre la liberté, contre le bonheur.

J’aurais pu intituler cette icône « la multiplication des pains », avec cette chair du Christ changée en myriades d’hosties. Mais ce qui est essentiel, c’est que cette figure soit encadrée de vert et d’or. En ce jour d’Ascension, une façon de s’élever pour voir d’en haut que la vie et la lumière sont nos véritables trésors, avec l’amour rendu par la libéralité du don de soi, un soi aux mesures de l’univers et en communion avec lui.

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Barakatou et la police de Macron. Ceux qui font bien et ceux qui font mal

Barakatou,

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Ces deux brèves vidéos ont été tournées à quatre jours d’intervalle. Rappelons que les masques sont vendus jusqu’à dix fois leur prix d’avant la crise et sont obligatoires dans les transports en commun, sous peine d’une amende de 135 euros ; et qu’un amendement présenté par Alexis Corbière pour demander la gratuité des masques a été rejeté la nuit dernière en deux secondes à l’Assemblée nationale.
On voit dans la deuxième vidéo que les gens respectent de leur mieux la distanciation dans la file d’attente. Peut-être y avait-il des encombrements à certains endroits ? Dans ce cas, pourquoi la police n’aurait-elle pas aidé à mieux organiser la file, plutôt que, armée jusqu’aux dents comme face à des ennemis, de chasser les gens ?
Cette boutique de tissus africains a organisé déjà plusieurs distributions de beaux masques qu’elle fabrique bénévolement, tandis que la grande distribution vend très cher des masques de mauvaise qualité.
Sans autre commentaire.

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Sexisme à L’Obs, laxisme dans l’épidémie. Et bonheurs du jour

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Détail de ma peinture en cours (acrylique sur bois)

Détail de ma peinture en cours (acrylique sur bois)

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sexisme lobsS’inspirant de l’article de Forbes (que j’avais évoqué ici sur la réussite remarquable des cheffes d’État dans le monde face à la crise du coronavirus), L’Obs a publié il y a quelque temps un article sur le même thème, titré avec une condescendance ridicule : « Les femmes aussi savent gérer la crise ». Devant le tollé suscité par ce titre puant, le magazine retirait carrément l’article de son site quelques heures plus tard.

sexisme lobs 2Aujourd’hui, le même média en ligne publie un article sur les malheurs d’un duc et d’une duchesse privés de domesticité par le confinement. Et que croyez-vous qu’il se passe ? La femme du couple est renvoyée à l’état de domestique de l’homme, sans que cela n’émeuve personne. « La duchesse passe la serpillière » dans les pièces innombrables de la demeure. J’ai laissé très exactement ce commentaire : « Je ne suis pas duchesse mais chez moi, dans le partage des tâches, c’est l’homme qui lave le sol. Pauvres gens, grand château, tête étroite. » C’est à peine croyable mais mon commentaire a été censuré ! Ai-je froissé l’ego si fragile de certains messieurs, qui s’estiment indignes de participer aux tâches ménagères ? Que ce petit monde est vieux, décidément.

Je suis allée faire un tour aujourd’hui, avant de continuer à peindre. J’ai grand bonheur à peindre, plus qu’à écrire.

Je n’écris pas depuis des jours et des jours, à part quelques commentaires que je laisse ici ou là en ligne, comme Neruda va au bordel dans le film (mal plagié des histoires de Cortazar, nécessitant le recours à une voix off, made in simili-surréalisme – bref, mauvais) que j’ai vu hier soir sur Arte. Sauf que moi je n’achète personne – ceux qui en achètent d’autres se vendent aussi eux-mêmes, tout au long de leur vie. J’ignore si ce fut le cas de Neruda ou s’il s’agit d’une diffamation portée par ce film sans génie aucun et, logiquement, aussi condescendant envers le peuple que L’Obs envers les femmes.

Ne pas travailler à mes manuscrits ne me manque pas, ce sont plutôt les salles d’étude des bibliothèques qui me manquent. Et puis j’écris aussi ce journal bien sûr, lui fait partie de ma respiration et de mon ascèse comme mon yoga du matin.

sqaure rene le gall-minJe suis allée voir le jardin partagé du square René Le Gall derrière les grilles, avec sa végétation odorante et luxuriante, poussant toute seule bien joyeusement.

En passant devant un magasin, j’ai vu qu’il y avait du gel hydroalcoolique à l’entrée pour que les clients puissent se désinfecter les mains en entrant et en sortant. Bien. Mais dans un autre, les employés ne portaient pas de masque. L’épidémie étant loin d’être finie en Île-de-France, il me semble que le port du masque devrait être obligatoire dans les commerces (pour les clients et pour les employés) comme dans les transports en commun. Mesure essentielle de respect d’autrui. Si nous ajoutons au retard pris par les pouvoirs publics dans la gestion de la crise, combien de temps encore allons-nous devoir supporter de rester sans jardins, combien de temps les cafés, les restaurants, les théâtres… devront-ils rester fermés, combien de temps encore les hôpitaux seront-ils saturés, combien de temps comptera-t-on les morts ?

moto brulee-minSexisme et laxisme sont le fait d’une paresse de la pensée, comme le racisme. Du refus de voir le réel et d’en prendre ses responsabilités. Ce que les hommes aux paupières collées veulent de toi, ne le leur donne pas : comme à leur habitude de commerce des âmes, ils ne veulent pas ton bien, dont ils ne savent rien, ils ne cherchent -sans jamais la trouver- que leur satisfaction.

Moto brûlée et jardin partagé : aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

« Ce sont des villes ! C’est un peuple »

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Work in progress, détail de ma peinture en cours (sur bois)

Work in progress, détail de ma peinture en cours (sur bois)


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Screenshot_2020-05-08 gaccio bruno ( GaccioB) TwitterMacron a dit hier aux gens de la culture qu’il fallait « chevaucher le tigre ». Expression signifiant en anglais « s’injecter de l’héroïne » – ce qui fait étrangement écho à l’état halluciné dans lequel il parlait. Chevaucher le tigre est aussi le titre d’un livre du fasciste Julius Evola, qui a employé pour les besoins de son idéologie cette expression chinoise signifiant combattre l’autre avec les armes de l’autre. Macron employant une telle expression me rappelle Yannick Haenel titrant l’un de ses livres Évoluer parmi les avalanches, d’après une formule de Rimbaud. Imaginer Macron chevauchant un tigre ou Haenel évoluant parmi les avalanches… Des petits garçons qui se rêvent grands, c’est charmant quand ils ont cinq ans. À quarante ans passés, se fantasmer encore en héros, serait-ce en s’injectant de l’héroïne, alors que la réalité prouve à chaque instant qu’on n’est même pas un anti-héros, tout au plus un « homme sans qualités », un onaniste incapable d’invention ni d’action réelles (mais capable de se vendre), c’est seulement très triste.

Pour ne pas rester sur cette tristesse, donnons la parole à Rimbaud : « Villes », dit par un homme.

Ce sont des villes ! C’est un peuple pour qui se sont montés ces Alleghanys et ces Libans de rêve ! Des chalets de cristal et de bois qui se meuvent sur des rails et des poulies invisibles. Les vieux cratères ceints de colosses et de palmiers de cuivre rugissent mélodieusement dans les feux. Des fêtes amoureuses sonnent sur les canaux pendus derrière les chalets. La chasse des carillons crie dans les gorges. Des corporations de chanteurs géants accourent dans des vêtements et des oriflammes éclatants comme la lumière des cimes. Sur les plates-formes au milieu des gouffres les Rolands sonnent leur bravoure. Sur les passerelles de l’abîme et les toits des auberges l’ardeur du ciel pavoise les mâts. L’écroulement des apothéoses rejoint les champs des hauteurs où les centauresses séraphiques évoluent parmi les avalanches. Au-dessus du niveau des plus hautes crêtes une mer troublée par la naissance éternelle de Vénus, chargée de flottes orphéoniques et de la rumeur des perles et des conques précieuses, — la mer s’assombrit parfois avec des éclats mortels. Sur les versants des moissons de fleurs grandes comme nos armes et nos coupes, mugissent. Des cortèges de Mabs en robes rousses, opalines, montent des ravines. Là-haut, les pieds dans la cascade et les ronces, les cerfs tètent Diane. Les Bacchantes des banlieues sanglotent et la lune brûle et hurle. Vénus entre dans les cavernes des forgerons et des ermites. Des groupes de beffrois chantent les idées des peuples. Des châteaux bâtis en os sort la musique inconnue. Toutes les légendes évoluent et les élans se ruent dans les bourgs. Le paradis des orages s’effondre. Les sauvages dansent sans cesse la fête de la nuit. Et une heure je suis descendu dans le mouvement d’un boulevard de Bagdad où des compagnies ont chanté la joie du travail nouveau, sous une brise épaisse, circulant sans pouvoir éluder les fabuleux fantômes des monts où l’on a dû se retrouver.
   Quels bons bras, quelle belle heure me rendront cette région d’où viennent mes sommeils et mes moindres mouvements ?

Arthur Rimbaud, « Villes »

Mauvaises et bonnes comédies du jour

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Work in progress, détail de ma nouvelle repeinture en cours

Work in progress, détail de ma nouvelle repeinture en cours

Les théâtres sont fermés, allons au spectacle quand même.

Des stars lancent un appel pour la bonne cause. Leur mode de vie des plus pollueurs ne les empêche pas d’avoir l’impudeur de réclamer des actions pour la planète. Il y a quand même quelque chose d’indigent chez ces riches, c’est leur texte. Huées !

Macron histrionne en ligne devant les gens de la culture, le bras de chemise en goguette et le cerveau avec, autre chose que le coronavirus lui étant probablement passé par le nez. Doubles huées !

Le traducteur et auteur Claro fait savoir qu’il refuse d’être sélectionné pour le prix Renaudot. Bravo ! Si tous les auteurs en faisaient autant, et pour tous les prix dits littéraires, ils feraient plus pour la littérature qu’ils n’ont probablement jamais fait jusqu’ici.

Vincent Lindon a eu envie de faire un acte citoyen, le voilà : un beau texte qui peut se résumer à ce constat sur le pouvoir en place : « Une seule stratégie : mentir », et à une réclamation : la taxe Jean Valjean. Double bravo !

Notre capacité à garder le cap

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Work in progress, détail de ma nouvelle peinture en cours

Work in progress, détail de ma nouvelle peinture en cours


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Aujourd’hui les martinets sont revenus dans le ciel de Paris. De ma fenêtre, j’ai vu des palombes transporter de longues brindilles dans leur bec. Saison des nids. La nature suit son cours. La culture aussi, puisqu’elle en fait partie. Comme j’écoute de la musique douce (de méditation) tout en en peignant, fenêtre ouverte, un merle se pose en face sur une antenne et chante de concert, en virtuose.

Mes bibliothèques me manquent, celles où j’allais travailler. Je ne travaille pas bien à la maison. J’ai besoin de me dépayser pour écrire, il en a toujours été ainsi.
De temps en temps je passe la tête par la fenêtre, pour prendre l’air et un peu de vitamine D. Je n’ai pas envie de me promener dans une ville où presque tout est fermé et où il faut faire attention à ne pas dépasser un petit kilomètre de chez soi. Toujours par la fenêtre, je regarde mon vélo, en bas dans la cour, au moins bientôt je pourrai en faire.

Le confinement est dur pour les citadins qui n’ont ni nature ni même balcon pour s’aérer. Si on s’y était pris plus tôt et plus intelligemment nous serions sortis d’affaire plus vite et avec moins de morts et de dégâts. Le confinement est sûrement encore plus dur pour les jeunes, si pleins de vitalité, et qui doivent le supporter alors qu’eux ne sont quasiment pas menacés par le virus. Et les conditions de travail pour ceux qui doivent continuer à travailler sont encore plus dures que le confinement. Une période traumatisante pour le pays, d’autant que les décisions politiques continuent d’être chaotiques et souvent incohérentes. Il est aisé de déprimer et de prophétiser comme Houellebecq que le monde d’après sera encore pire, mais rien n’est joué, en fait. Nous ne sommes pas emportés par un destin aveugle, nous gardons notre libre arbitre et notre capacité d’agir. C’est en les exerçant que nous faisons l’histoire, au lieu de la subir. Même dans les temps de contraintes et de menaces, notre capacité à garder notre esprit souple et vivant peut nous sortir d’affaire. Comme dans les livres d’aventures et les contes pour enfants, oui.

Politique de la charité

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Dès leur création, j’ai détesté les Restos du cœur. Je déteste la charité. J’ai grandi dans une famille très pauvre et une fois adulte j’ai été très pauvre, longtemps, à être démunie de tout, à ne manger que des pâtes ou du riz. J’ai connu d’autres gens dans le même cas. Nous ne risquions pas de faire du gras. Ils ne se plaignaient pas, moi non plus. Je ne serais jamais allée aux Restos du cœur ni à un truc de ce genre. On a enlevé leur dignité aux pauvres. Beaucoup se surnourrissent de cochonneries. Dans cette société de consommation, il n’y a pas d’autre but que de consommer, pour les pauvres comme pour ceux qui ont de l’argent. Ce qui est à portée de consommation des pauvres, c’est la nourriture, la mauvaise nourriture qui fait les corps en surpoids et paralyse les esprits. Et la maladie de l’obésité s’étend, elle touche de plus en plus de monde dans toutes les classes, elle tue elle aussi, par l’addiction dont elle est le signe, notre capacité à nous tenir debout.

Depuis le confinement, les files d’attente s’allongent de plus en plus aux distributions de nourriture. Il s’y trouve des gens qui ont véritablement faim, des sans-abri privés des revenus de la manche depuis que les rues sont désertées, et des travailleurs privés de travail. Leur distribuer de la nourriture est utile, mais n’en reste pas moins révoltant. Ce monde est indigne. La solidarité y est devenue, par force, de la charité. Une manifestation éclatante de l’injustice sociale. Et de sa pérennisation. Si je me souviens bien, les Restos du cœur devaient être provisoires. Ils ont instauré un système. Même effet pervers que celui d’une certaine aide humanitaire, quand elle n’est pas coopération avec les gens à qui elle s’adresse. La charité, c’est le non-partage. Il y a l’indigent, et il y a le citoyen. Le citoyen agit, l’indigent est dépendant. La bonne idée d’Emmaüs, c’était de refuser ce système ; c’était un progrès certain, même s’il n’est pas allé assez loin. Et ce qui se développe maintenant et depuis les Restos du cœur, continue, pour la bonne cause, à entériner l’exclusion, participe même à l’augmenter.

On parle de solidarité, et sans doute un esprit de solidarité anime-t-il la plupart de ceux qui organisent ces distributions, mais le système, lui, est celui de la charité. Mon sens de la dignité est blessé devant ce spectacle répugnant. Qui est devenu une politique. L’hôpital se fout de la charité mais il lui a fallu la subir, il lui a fallu accepter des dons de sacs poubelles transformés en blouses et de casques de plongée pour se protéger d’un virus. Comme on parle de culture du viol, on peut parler de culture de la charité, et de politique de la charité. La Commission européenne elle-même envisage de lancer un crowdfunding pour faire face à la crise économique due au coronavirus. L’Europe faisant la manche. La boucle est bouclée.
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Des chercheurs salvateurs, des vendeurs de livres, et de la santé de tous

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Work in progress, un détail de ma peinture toujours en cours

Work in progress, un détail de ma peinture toujours en cours

De bonnes nouvelles arrivent d’Asie. La première vient du laboratoire chinois qui a développé un vaccin qui s’est avéré efficace sur des singes ; travaillant 24 heures sur 24, ils sont en train de le produire par dizaines de milliers d’exemplaires pour vérifier qu’il supporte la production de masse, tout en commençant à le tester sur des humains volontaires. D’autre part, des scientifiques coréens affirment que les personnes qui ont été contaminées par le coronavirus ne peuvent plus l’être. Une affirmation étayée par une étude bien sûr, et qui paraît vraisemblable : les cas présumés de recontamination au bout de trois semaines n’étaient-ils pas tout simplement des suites de la maladie pas encore guérie ? Un hashtag sur Twitter rassemble ainsi des gens qui continuent à traîner certains symptômes après plus de vingt jours, parfois après plus d’un mois. Heureusement les chercheurs cherchent, et sont capables de changer des situations.

Les éditeurs déplorent de n’avoir pas vendu de livres depuis le confinement, et prévoient que les livres publiés pendant cette période ne pourront plus être écoulés. Les livres qu’ils publient sont donc si importants que si les librairies ferment pendant quelques semaines, ils deviennent invendables ! Quel produit est plus vite périssable que le livre aujourd’hui ? L’édition est devenue l’illustration la plus sordide de la société de consommation. « Société de consommation, j’écris ton nom », voilà son credo.

profil,-min(Autoportrait en Janvier 2020 en Crète, en posture de l’arbre) (J’ai 64 ans, j’ai eu 4 enfants). Je disais hier que j’avais ces derniers mois retrouvé la souplesse de ma jeunesse grâce au yoga. Mais ce n’est pas tout. Yoga et exercice physique en général, ainsi qu’attention à l’alimentation, m’ont aussi gardée dans une forme physiologique exprimée en valeurs qui seraient tout aussi bonnes si j’avais vingt ou trente ans : 11,7 de tension, pouls à 61 au repos, rythme respiratoire de 12 (ou moins au repos) par minute. C’est ainsi sans doute que mon corps, pourtant éprouvé par deux cancers ces dernières années, des opérations et un traitement fatigants, a su se défendre contre le coronavirus, qui ne m’a causé que de légers symptômes. Sans doute ai-je eu aussi de la chance, mais du moins je l’ai aidée. La pandémie révèle quels sont les pays modernes d’aujourd’hui : ceux qui ont su réagir efficacement. Et quels sont les pays dépassés, notamment la France, le Royaume Uni et les États-Unis. Qu’elle nous incite aussi à être absolument modernes, comme disait Rimbaud, mais de façon libre, en commençant par être agissant sur notre propre condition physique et mentale. « Dieu ne change pas l’état d’un peuple tant que les gens ne changent pas d’eux-mêmes », dit le Coran (13-11). Voilà qui est tout aussi valable pour l’édition. Tant qu’elle ne changera pas, elle continuera à sombrer.
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J’ai trouvé ce graphique sur Twitter :
Screenshot_2020-05-01 Groupe J -P Vernant ( Gjpvernant) Twitter

Vivre au temps du coronavirus

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Ce petit signe, le coronavirus, que nous devons craindre parce qu’il peut nous tuer, est aussi un outil, une sorte de décapsuleur, qui peut nous déconditionner du système dans lequel nous sommes enfermés.

Le coronavirus a poussé le monde dans un jeûne de lui-même. De son ego, de son anthropocentrisme, de son idolâtrie des puissances de l’argent. Oui, il y a plus important, c’est la vie. Et elle ne dépend pas que de nous. Bien entendu les forces funestes de l’ancien monde s’emploient déjà à se rétablir.

Nos châteaux, nos palais, nos temples, nos jardins les plus beaux sont les édifices mentaux que nous construisons au long de notre existence, en tant qu’individus et en tant qu’espèce. Ceux-là sont invisibles mais ils se traduisent dans les livres et les œuvres d’art. C’est pourquoi tant d’œuvres aujourd’hui ressemblent à des immeubles impersonnels, des maisons préfabriquées, des amas de béton qui ne dureront pas. La politique de la domination et des profits instaure des systèmes où elle tâche de nous enfermer, physiquement et mentalement. Mais l’humain a la capacité d’être plus puissant que les systèmes qui l’entravent. Des femmes, des hommes peuvent vivre dans des HLM promis à une prochaine destruction et lire de grands livres indestructibles ; alors que d’autres, dans leurs demeures luxueuses, peuvent se contenter d’ersatz de culture, ou de culture comme objet de consommation et outil de prestige et de domination. Ce qui détermine notre vie ou notre mort après notre mort (notamment après la mort que nous impose le coronavirus), c’est la qualité des habitations mentales dans lesquelles nous aurons su, ou non, vivre.

Par ma fenêtre à Paris, photos Alina Reyes

Par ma fenêtre à Paris, photos Alina Reyes

Rendre justice. Et « La Dameuse » en ebook offert

"La dameuse", 2008, éd Zulma

foret-profondeIl y a dans mon roman Forêt profonde (2007) un passage où la narratrice raconte que la pièce où elle dort, dans Notre-Dame de Paris abandonnée, est hantée par une chauve-souris. La langue, quand elle n’est pas trafiquée pour le commerce, comme dans la littérature industrielle, précède la réalité. La crée-t-elle ? Je pense plutôt qu’elle sait avant, parce qu’elle démêle les apparences, en enquêtrice de la vérité.

Depuis le confinement, je lis des Sherlock Holmes et je regarde des Maigret. Démêler l’affaire, trouver l’assassin, rétablir la justice. Les humains vivent les pandémies, avec leur cortège de mort venue on ne sait d’où (alors que dans les guerres, par exemple, l’exposition à la mort s’explique par l’action volontaire des hommes), comme des temps de remise en question. Même une société sans dieu est obligée de se demander quelles fautes ou quelles erreurs elle a commise pour ne pas avoir su éviter ce qui lui arrive.

"La dameuse", 2008, éd Zulma

« La dameuse », 2008, éd Zulma

La pandémie agit comme signe, un signe qui peut, comme dans l’espace de l’infiniment petit que j’évoquais hier, prendre diverses valeurs. Il induit une instabilité et une incertitude. C’est aussi ce qui se produit dans mon tout petit roman La Dameuse, paru en 2008 chez Zulma (puis vendu sur mon site désormais fermé) et que j’offre maintenant ici en ebook. Bonne lecture !

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(J’ai complété ma note sur les masques avec un tutoriel et les images et l’explication d’un nouveau masque que j’ai réalisé)

Questions pour un coronaviré. Et mon quartier confiné en images

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Il y a longtemps j’avais (j’ignore ce qu’il est devenu) un coffret dans lequel je mettais les choses minuscules que je trouvais ou que je fabriquais (comme des cocottes en papier dans un carré d’un millimètre de côté). Ma mère s’en moquait comme elle moquait le goût de mon père pour les mots, pour la lecture du dictionnaire : j’y vois un indice d’un lien entre l’infiniment petit et le signe. Le signe a la subtilité de l’infiniment petit. Que l’intérêt pour l’infiniment petit ou pour les racines de la langue puisse provoquer l’ironie m’apparaît comme une peur du signe, une peur de la remise en question qu’il ordonne, une peur du vertige comparable à celle de Pascal devant l’infiniment grand. Une peur de ce qui nous dépasse, et une peur d’être dépassé quand on veut tout dominer. N’est-ce pas ce qui arrive au monde en ce moment, face au minuscule coronavirus ?
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dans l'étroite rue Mouffetard, les gens font leurs courses dans les petits commerces de qualité (et pour portefeuilles bien garnis) comme si de rien n'était

dans l’étroite rue Mouffetard, les gens font leurs courses dans les petits commerces de qualité (et pour portefeuilles bien garnis) comme si de rien n’était


Librairie fermée ?

Librairie fermée ?


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Une équipe de télévision ?

Une équipe de télévision ?

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Aujourd’hui à Paris 13e et 5e, dans la limite d’un km de rayon et d’une heure, photos Alina Reyes

Sortez couverts ! Masques maison sans couture (actualisé avec tutos et exemples de réalisation)

Screenshot_2020-05-01 Covid 19 comment fabriquer et décorer son masque alternatif inspiré de l'art du monde arabe

Les grandes surfaces et bureaux de tabac vendent des masques souvent chers et/ou qui ne respectent pas les normes de sécurité (plusieurs couches de tissu ou filtre). Il reste intéressant d’en fabriquer soi-même, même si on n’a pas les moyens d’en coudre.

J'ai plié mon bandana (que m'avaient offert des Japonais), il est devenu un masque

J’ai plié mon bandana (que m’avaient offert des Japonais), il est devenu un masque


Je l’ai réalisé selon ce style de pliage, possible aussi avec d’autres tissus :

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Au tout début de l’épidémie de sida, j’étais jeune et insouciante, j’ai mis un certain temps à réaliser qu’il ne fallait plus faire l’amour avec de nouveaux partenaires sans préservatif. L’épidémie de coronavirus nous demande aussi un temps d’adaptation à la nouvelle situation. L’une des raisons pour lesquelles les pays asiatiques s’en sont bien mieux sortis que nous tient au fait que les populations étaient déjà accoutumées au port du masque. Il est grand temps de nous y accoutumer aussi, cette pandémie n’étant pas du tout terminée, et pouvant être suivie d’autres à l’avenir.

Il va sans doute falloir sortir masqué pendant de longs mois, et plus nous serons nombreux à le faire dès tout de suite, plus nous aurons de chances d’éviter de nouveaux confinements. La macronie s’avérant incapable, depuis maintenant des mois, de fournir des masques à la population – et plus généralement, la macronie s’avérant incapable -, en attendant nous pouvons tout de même sortir couverts en nous bricolant quelque chose. On trouve des tutoriels à foison en vidéo ou autre pour réaliser soi-même différentes sortes de masques ; je m’en suis inspirée pour réaliser des masques sans couture. (Je sais coudre, on apprenait ça aux filles quand j’étais au collège, alors que les garçons apprenaient un tas de trucs de bricolage qui m’auraient beaucoup plus intéressée… bref, je n’ai pas gardé un grand goût de la couture mais il peut valoir la peine de réaliser des masques cousus, peut-être plus confortables).

masque 3-minAprès, donc, mon masque en kippa (celui-là, c’est moi qui l’ai inventé), je me suis aussi fait un masque avec mon bandana, avec en guise d’élastiques deux bandes découpées dans un vieux t-shirt, le tissu des t-shirts étant élastique aussi. Et pour O, un masque découpé dans un bas de vieux legging, selon le principe du masque en chaussette que j’ai vu présenté par Yannick Noah (deux coups de ciseaux jusqu’à mi-hauteur de chaque côté de la bande faisant office d’élastiques). Dans les deux cas zéro couture, quelques secondes de fabrication. Et on peut glisser à l’intérieur un mouchoir en papier pour plus de sécurité (sans oublier de continuer à respecter distanciation et gestes barrières, avec ou sans masque). Pour un masque en bandana, nombreux tutos sur Youtube, par exemple celui-ci ; idem pour les masques en chaussette, par exemple ici, adaptable donc en jambe de leggings ou manche longue de t-shirt. Voici aussi un masque en tissu de t-shirt sans couture et à orner :

Allez, une ville où chacun porte un masque pour protéger les autres autant que pour se protéger soi-même est une ville civilisée. Et une société qui refuse de laisser mourir les plus fragiles en n’agissant pas, mais trouve d’autres moyens que de longs confinements pour protéger tout le monde, est une société plus responsable et plus libre. Le monde d’après, c’est tout de suite qu’il faut le faire et le vivre, à tous les niveaux, selon toutes les possibilités. Ah comme j’aime la vie !

Un autre tuto pour réaliser un masque très simplement, juste avec du tissu de t-shirt et des ciseaux. Petite erreur dans la vidéo : 6 pouces = 15 cm (et en fait il faut adapter les mesures, éventuellement les augmenter).

J’ai réalisé un masque en m’inspirant de cette méthode, que j’ai juste un peu améliorée parce que je trouvais le masque un peu mince. J’ai donc ajouté à l’intérieur un autre tissu, molletonné (cousu par un point au milieu) et il y a un espace pour y passer aussi du papier, genre mouchoir. L’attache se fait seulement par le haut des oreilles et c’est suffisant mais si on veut prendre toute l’oreille il faut découper plus large qu’indiqué sur le tuto. J’ai décoré mon tissu blanc plus très beau au stylo. Le masque tient très bien et il reste léger à porter.

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Pour l’entretien des masques en tissu, beaucoup préconisent un lavage à 60° mais j’ai lu aussi des conseils de scientifiques américains préconisant tout simplement un lavage à au moins 30°. Une autre méthode consiste à passer les masques au four à 70° pendant une trentaine de minutes pour les désinfecter (mon four ne commence pas si bas, alors j’y mets les masques dès le préchauffage puis je l’éteins avant qu’il ne devienne trop chaud et j’y laisse les masques vingt autres minutes). Le passage au micro-ondes est déconseillé. Si le masque n’est pas sale, on peut aussi tout simplement, après usage, le laisser à l’air libre dans un endroit où il ne sera pas touché pendant deux ou trois jours, le temps que bactéries et virus se désactivent d’eux-mêmes (en se faisant plusieurs masques, on permet un roulement).

L’heureux et bienvenu sens des réalités

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Enfin une lueur dans cette crise du coronavirus. Anne Hidalgo, contrairement à Macron, prend des mesures. D’ici un mois, des masques pour tous les habitants de sa ville, des tests ciblés, des hôtels pour la mise en quatorzaine des contaminés. Que d’autres villes, d’autres régions prennent aussi les dispositions que l’État est incapable de prendre ! C’est difficile car Macron dans son délire jupitérien les a privés de beaucoup de moyens, mais il ne semble pas y avoir d’autres voies de salut que de passer outre son pouvoir et régler ce qui doit être réglé selon les endroits, pas tous touchés de la même façon par la pandémie.

J’évoquais l’autre jour l’article de Forbes montrant que bien des cheffes d’État dans le monde (Angela Merkel, Jacinda Ardern, etc.) avaient beaucoup, beaucoup mieux géré la crise que beaucoup de leurs homologues masculins. Il ne s’agit pas d’estimer que les femmes sont meilleures par essence. Nous avons assez d’exemples contraires en France, de certaines femmes politiques aussi nulles ou nuisibles que certains de leurs confrères – et Dieu sait si en macronie la stupidité sert de norme-, pour savoir la fausseté d’une telle théorie. Seulement, là où le patriarcat baisse un peu la garde, là où les gens sont assez éclairés pour élire des femmes, et des femmes qui ne soient pas de ces caricatures créées par le patriarcat ou son déchet l’illusionnisme, eh bien le sens des réalités se retrouve aussi bien chez les responsables politiques que chez les citoyens qui les ont élu·e·s.

Vivement la fin du jacobinisme, de la Ve République et de l’imposture macroniste. Espérons que cela attendra 2022, afin de donner du temps à la préparation de la suite et afin que cela puisse se dérouler au mieux. La vie nous attend, ne la décevons pas.
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ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

Lumière et cinéma du jour

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« Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat ; son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient. » Coran 24-35, verset dit de la Lumière, traduit par Muhammad Hamidullah

Au bout d’un mois ou deux, le milieu de l’édition s’alarme des lourdes conséquences de la pandémie pour les auteurs, les éditeurs, les libraires. Qu’on imagine les conséquences pour un auteur empêché de publier depuis plus de dix ans, après avoir vécu de ses droits d’auteur pendant vingt ans. C’est mon cas, pour avoir, notamment en arrachant son masque à l’un de ses parrains, déplu à ce même « milieu » qui pleure maintenant. J’ai vécu dans la plus grande pauvreté jusqu’à mes 33 ans, au point d’avoir souvent faim malgré mes 43 ou 44 kilos qui ne demandaient pas beaucoup de nourriture ; puis je m’en suis sortie par mon travail mais en refusant de me soumettre au système, raison pour laquelle il a fini par m’éliminer – tant pis pour lui, il a perdu une littérature hors normes et qui pourtant se vendait bien, en France et dans le monde.

À force de postures sur les mains, j’ai un léger cal sur la partie charnue de la paume. Plus d’un mois de confinement, et je vois ce qui m’est le plus vital : non pas d’abord l’intellectuel, mais le physique et le spirituel : ce qui me permet de tenir dans cette privation de sortie ce n’est pas la lecture ni la culture, même si elles y ont leur place, très importante, mais le yoga (ou d’autres gymnastiques) et la méditation ou la contemplation, que je pratique de plus en plus assidûment à mesure que le temps passe. Et je ne dois pas être la seule à ressentir ces priorités : les exercices physiques et les exercices spirituels sont bien ce qui fonde l’humain. Là où ils manquent, manque l’humain. Dans beaucoup de sphères de notre monde, manque l’humain. Voilà ce qui est à corriger, si l’on veut bâtir un monde vivable – affirmation dangereuse parce qu’elle attire tous les charlatans et abuseurs, d’où la nécessité de faire soi-même un vrai travail sur le corps et l’esprit.

béjartMon cinéma du jour sera ce film de Marcel Schüpbach, B comme Béjart. On y suit son travail de création d’un spectacle dansé sur la Lumière, accompagné par Brel, Barbara, le Boléro de Ravel et la Messe en si de Bach, une œuvre que j’adore, ainsi que son Magnificat, que j’ai chanté dans des chœurs, adolescente et plus tard. Béjart était un amoureux de l’islam comme moi, d’où la référence implicite, dans la dernière image du spectacle, au verset coranique de la Lumière ; et peut-être ce B fait-il référence à la première lettre de la Genèse, qu’il cite aussi ? Bereshit, « Au commencement… Dieu dit : que la lumière soit ». Il n’est pas anodin non plus qu’au tout début du film il indique à une danseuse comment faire correctement la posture de la chandelle (posture que je tiens aussi tous les matins pendant plusieurs minutes). « Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe… »
J’ai trouvé le film sur la plateforme du cinéma MK2 mise en place pour présenter des films pendant le confinement, « Trois couleurs ». On ne peut pas le partager et je suppose qu’il ne restera pas en ligne longtemps, c’est donc qu’il faut aller le voir. Un moment plein de joie, de grâce et de beauté.

Journal du jour

mme terre hayden beckett

mme-terre-au-robin-des-bois,O avait pris cette photo du Robin des Bois, café-restaurant où paraît-il Christophe écrivit Aline, il y a trois ans à Jouy-en-Josas, lors de l’une de ses pérégrinations à vélo avec Madame Terre. En 2013 il m’avait aussi rapporté de son voyage chez les Massaï en Tanzanie un petit film où Salim, vendeur d’épices au marché de Dar es Salam, chantait cette même chanson – preuve qu’elle était connue loin. Quand nous habitions rue Saint-Jacques à Paris, il nous arrivait de croiser de temps en temps Christophe dans la rue, même dandy à la ville qu’à la scène. Sans être vraiment fans de sa musique, nous étions allés un soir avec grand plaisir à l’un de ses concerts, au Bataclan si je me souviens bien (avant l’attentat). Voilà pour mes souvenirs en guise d’hommage à ce chanteur dont on m’a seriné si souvent et si longtemps le refrain, « Et j’ai crié, crié Aline… » depuis mes neuf ans, quand elle est sortie. Bon voyage à lui parmi les anges, ses sœurs et frères en chant !

Il est possible que, après le confinement, Madame Terre reprenne ses escapades. O et moi parlons des changements de vie et de politiques que l’humanité devrait adopter, et aussi de nos prochains voyages, que nous ferons en train plutôt qu’en avion, autant que possible. D’ici là, je lutte contre le poids du confinement par des séances de yoga suivies de séances de méditation. Le résultat est proche de celui de courses en montagne. Le yoga peut être doux mais il peut aussi faire beaucoup transpirer. Dans tous les cas, il fait travailler les muscles profonds, fait travailler excellemment le souffle, travaille aussi sur les organes, la circulation lymphatique, la circulation sanguine. Il irrigue le cerveau, confère équilibre, force et souplesse. Il nettoie. Physiologiquement et psychiquement. Les séances de méditation complètent son œuvre, mais le yoga est en lui-même une méditation. Le yoga fut une méditation à l’origine et il le reste. Il a été aussi une discipline de guerriers et il garde ses vertus pour le combat, surtout physiologique et psychique. Je sens mon cerveau allégé, plein d’espace et de lumière, plein de paix.