Les voies étonnantes de l’esprit

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Square René Le Gall à Paris 13e aujourd'hui, photo Alina Reyes

Square René Le Gall à Paris 13e aujourd’hui, photo Alina Reyes

Je rêve en grec homérique maintenant la nuit, comme si Homère parlait à même mon esprit (alors que moi je suis incapable, le jour, de parler en grec). Ce matin me réveille le verbe grec, bien conjugué et prononcé dans ma tête, signifiant : lève-toi. Je me lève et quand je reprends ma traduction, soudain je reçois les paroles de Tirésias en plein cœur, son oracle s’éclaire, c’est à moi qu’il parle, qu’il indique ce que je dois faire, bien clairement et fortement, ce qui s’est passé et ce qui se passera, et comment arrivera ce qui arrivera.

C’est si fantastique, la façon dont l’esprit travaille. Quand je traduisais de longs passages de la Bible, toute seule là-haut dans ma montagne, il m’est arrivé d’entendre, éveillée, de l’hébreu, comme prononcé par l’invisible. Et quand je travaillais sur le Coran, dictionnaire d’arabe en mains, j’ai eu le sentiment, devant les lettres alignées sans signification connue au début de certaines sourates, qu’elles devenaient soudain des clés, à la fois des clés, des serrures et des portes que je pouvais ouvrir. Quand j’ai lu le Kalevala, en français sauf quelques vers que j’ai tenté de traduire du finnois, pour sentir quand même la langue, vers la fin j’ai eu la sensation d’un retournement, comme si le texte était un gant que j’avais retourné.

Ce que nous traduisons par « élever un tombeau » se dit dans l’Odyssée « verser un signe ». Ma traduction de l’Odyssée avec mon commentaire, ça va être de la bombe.

Toute à ma traduction, mais n’oubliant pas mes exercices physiques, yoga, gym et course (je progresse).

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Des rêves, des oiseaux et des ouvriers

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au Jardin des plantes ces jours-ci, photo Alina Reyes

au Jardin des plantes ces jours-ci, photo Alina Reyes

Beaucoup de rêves d’eaux et de traversées en ce moment. Avec des ciels couchants et levants. De l’amour et de l’esprit. D’excellents rêves, de ceux qui vous habitent ensuite au long des heures et des jours, dans la veille.

De ma fenêtre, je vois ce qui se passe avec les oiseaux dans la cour. Des palombes, des pies, des merles, des corneilles, des martinets, des mouettes. Pas tous là en même temps, mais parfois deux espèces en même temps, qui parfois se chamaillent. Comme chez les humains, il y a du bon temps et des drames dans leur vie. Je vois leurs histoires.

Dans la cour, il y a aussi des ouvriers qui font des travaux. J’en vois aussi dans bien d’autres endroits dans Paris. C’est le moment où les propriétaires ravalent les façades, entre autres. Les travaux sont durs et bruyants. On entend peu les travailleurs parler français, et ils ont tous la peau foncée ou très foncée. Les jours où je ne me réveille pas avant leur arrivée, ce sont eux qui me sortent de mes rêves. À moins qu’ils ne me les fassent faire, à arpenter ainsi leurs échafaudages, entre terre et ciel.

De la couleur avant toute chose

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couleurs 1-minLe pied d’O sur la table et les tournesols qu’il m’a offerts en me disant : que vas-tu en faire, Vincent ?

couleurs 2-minLes roses de la roseraie, hier au Jardin des Plantes, si belles, si odorantes, si sensuelles

couleurs 3-minLes oiseaux du paradis, si éclatants qu’on les entendrait chanter, dans le même jardin
Et les arbres, la lavande, les pavots…

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Et puis les masques que je continue à fabriquer pour tout le monde autour de moi, dans des t-shirts colorés ou à motifs devenus sans usage, des leggings, des jeans (super-protection), etc. Avec un minimum de couture, ou sans couture. En avoir suffisamment permet de ne pas toujours les laver : il suffit, s’ils ne sont pas sales, de les laisser à l’air libre deux ou trois jours pour qu’ils se désinfectent d’eux-mêmes. (J’en ai acheté un à 5 euros pour voir si c’était plus confortable : pas du tout, et il n’est pas plus sûr non plus, et j’aime mieux le style de mes propres masques fantaisie, souvent hauts en couleurs. En voici quelques-uns (non repassés mais une fois sur le visage ils se défroissent d’eux-mêmes) :

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Voir aussi : ma thèse en couleurs et bien sûr mes peintures

« Fertilité ». Fougère. Maranta Fascinator

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"Fertilité", acrylique sur bois, 42 x 50 cm

« Fertilité », acrylique sur bois, 42 x 50 cm

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Maranta leuconora Fascinator. Aussi appelée « plante prieuse » parce qu’elle étend ses feuilles le jour (et les bouge) et les redresse la nuit, comme en prière dans l’ombre. Ce phénomène et la beauté de ses feuilles lui valent le nom de Fascinator.

Puzzle

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Aujourd’hui je vous propose un puzzle avec les images prises ce samedi, ce dimanche et ce lundi. Une « maquette à monter », comme dirait Cortazar. Les légendes peuvent aider, pour inventer une histoire.

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paris 1Passant rue Croulebarbe, j’ai vu cet artiste en train de peindre au rouleau, entre deux fresques que j’ai déjà photographiées. paris 2J’y suis repassée environ une heure plus tard, voir où c’en était, mais il était encore au travail. J’y suis retournée le lendemain, dimanche, et j’ai découvert ce personnage façon puzzle, féminin peut-être d’après son sexe, en train de faire le pont, ou de danser, ou de tomber ? signé Jibé

paris 3Puis je suis allée au Jardin des Plantes où j’ai vu des corneilles pas timides – un fléau en fait que ces légions de corneilles, pour les petits oiseaux et les plantations, entre autres. paris 4Un enfant dessinait sur le sol, comme depuis quelques centaines de milliers d’années.

paris 5Dans une rue sur le chemin du retour j’ai vu ces étranges affiches. paris 6

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Le lendemain, aujourd’hui lundi, j’ai encore photographié ce que j’ai vu sur les murs de la ville (dont deux inscriptions que je n’avais pas encore vues sur les féminicides).

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paris 12à Paris, photos Alina Reyes

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Jardin

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cet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

cet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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« Qui aime le travail a assez de soi-même » La Bruyère

Depuis que j’ai une appli podomètre, c’est-à-dire depuis trois mois, j’ai marché environ 140 kilomètres par mois. Mon corps exulte par la marche, par le yoga (une heure ou plus chaque jour, de différents yogas), par tout le bon que captent mes sens : comme, cet après-midi, en passant par le Jardin des Plantes, l’odeur irrésistible des grands conifères. Du coup, au lieu d’aller directement à la bibliothèque, je me suis assise sur de vieux bancs de fer, je me suis déchaussée comme je le fais toujours dans les bibliothèques, et je suis restée aussi longuement qu’il m’a plu à lire sous les pins, puis sous un palmier – chaque fois que je m’assois sous un palmier je pense à Marie, dans le Coran, en asana sous un palmier pour accoucher, seule, de Jésus. Puis finalement je suis allée m’installer à la médiathèque du Muséum, où je me suis documentée et où j’ai écrit. Vers la fin il s’est mis à tomber d’un coup des trombes d’eau, c’était beau.

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Poésie urbaine (et selfie)

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Ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

Et un selfie d’après yoga. Chaque matin une heure ou plus de yoga (hatha yoga, vinyasa, yin yoga, kundalini… je goûte à tous, avec les enseignantes et enseignants les meilleurs que je trouve en ligne, indiens, américains, français, allemands, canadiens…), chaque après-midi une heure de marche ou plus, et chaque jour un peu plus de force, de souplesse et de joie.

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Pensées ailées, et esprit zen avec Shunryu Suzuki

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Le yoga a transformé ta vie, ton mental et ton corps (en « corps de rêve »), me dit O ce matin. C’est vrai. Mental enraciné et corps ailé font voyager sans encombres la vie. Ce mental, ce corps, cette vie se sont transformés en ce qu’ils étaient déjà et en quoi il faut toujours que de nouveau ils se retransforment, pour ne pas s’abîmer. Les méthodes sont variables, mais seules sont valables celles qui engagent à la fois le mental, le corps et la vie.

 

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Enseignante est mon premier métier – j’avais dix ou onze ans, j’ai été embauchée pour enseigner l’orthographe à un enfant, jour après jour. Qui veut enseigner doit constamment se renseigner. Ici j’enseigne ce que je sais à qui veut l’apprendre (je sais que comme en classe il y en a qui s’agitent ou qui dorment, peu importe), comme j’apprends d’autres enseignants, humains ou autres. Au jardin, j’ai contemplé les animaux et les végétaux, et j’ai encore lu Esprit zen esprit neuf, de Shunryu Suzuki, dont voici quelques autres passages :

 

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p. 86-87 : « Quand nous sommes assis en zazen, nous reprenons notre activité fondamentale de création. On peut dire qu’il y a trois formes de création. La première, c’est être conscient de nous-mêmes après zazen. Quand nous sommes assis en zazen, nous ne sommes rien, nous ne nous rendons même pas compte que nous existons ; nous sommes simplement assis en zazen. Mais quand nous nous levons, nous sommes là ! C’est la première étape de la création. Quand vous êtes là, tout le reste est là ; tout est créé instantanément. Lorsque nous émergeons de rien, lorsque tout émerge de rien, tout nous apparaît comme une création neuve. C’est le non-attachement. La seconde forme de création a lieu quand vous agissez, ou quand vous produisez ou préparez par exemple de la nourriture, du thé. La troisième forme est la création de quelque chose en vous-même, comme l’éducation, l’art, ou un système pour notre société. Il y a donc trois formes de création. Mais si vous oubliez la première, la plus importante, les deux autres seront pareilles à des enfants qui ont perdu leurs parents : leur création n’aura aucun sens. »

 

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p. 110 : « Nous devrions toujours vivre dans la vacuité du ciel obscur. Le ciel est toujours le ciel. Même si viennent nuages et foudre, le ciel n’en est pas gêné. Même si vient l’éclair de l’illumination, notre pratique l’oublie complètement. Elle est alors prête pour une autre illumination. Il nous est nécessaire d’avoir des illuminations les unes après les autres, et, si possible, d’instant en instant. C’est ce qu’on appelle illumination avant de l’avoir et après. »

p. 150 : « Dogen-zenji dit : « Même à minuit, l’aube est là ; même à l’aube naissante, c’est la nuit. » »

p. 154 : « Quand vous faites zazen, (…) quelle que soit votre activité, la vie devient un art. »

p. 180 (dernière page) : « Nous devons avoir l’esprit neuf d’un débutant, affranchi de toute possession, un esprit qui sait que tout est en changement continuel. Rien n’existe si ce n’est dans sa forme et sa couleur actuelles. Une chose coule en une autre sans pouvoir être saisie. Avant la fin de la pluie, nous entendons un chant d’oiseau. »

 

jardin des plantes 5-minAujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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La femme qui donnait des plumes de couleur aux corneilles

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Je dédie cette note au journaliste Gaspard Glanz, qui avec son agence Taranis News accomplit un travail important, et qui est harcelé et empêché de travailler par cet État policier. Je sais ce que c’est. Je pense aussi à tous les journalistes brutalisés par la police – le premier geste de Macron fut de supprimer la salle de presse de l’Élysée, visiblement ce pouvoir est trop faible pour pouvoir se maintenir sous le regard des journalistes, et il le savait depuis le début.

Et maintenant, la petite histoire du jour.

 

square rene le gall 1-minEn arrivant au square René-Le-Gall, j’ai vu une femme qui tendait quelque chose à une corneille, tout en lui parlant. L’oiseau l’écoutait, puis il s’est envolé.

square rene le gall 2-minAlors la femme a déposé ce qu’elle avait dans les mains, des plumes multicolores, par terre.

square rene le gall 3-minJe lui ai demandé pourquoi, et elle m’a expliqué : elle avait remarqué que les corneilles aimaient bien les emporter, pour fabriquer leur nid.

Cela m’a rappelé l’histoire de l’homme aux oiseaux.

Un peu plus loin, ce jeune homme avec son skate sous le bras portait avec élégance un sweat jaune avec l’inscription « Unicorn » dans le dos

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J’ai continué à marcher dans le square, puis je me suis assise un moment pour lire, prendre des notes et dessiner dans mon carnet

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En repartant, j’ai laissé un post-it

square rene le gall 7-minCet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

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La vie de poète, vue par Goethe. Et des arbres, vus par moi

J'ai pris cette photo le 31 mars 2019 au Jardin des Plantes, où les cerisiers sont sans doute en fleur aussi ces jours-ci

arbre 1-minEn tournant autour du métaséquoia du Sechuan, « arbre historique » du Jardin alpin du Jardin des plantes

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« Comme tu te trompes, cher ami, si tu crois qu’une œuvre, dont la première conception doit occuper notre âme tout entière, puisse s’accomplir à des heures dérobées de-ci de-là, et sans continuité ! Non, le poète doit être tout à lui-même, vivre tout entier dans ses chères créations. Lui que le Ciel a comblé de ce don intérieur le plus précieux, qui garde dans son sein un trésor sans cesse accru de sa propre substance, il doit vivre avec ses trésors, à l’abri des troubles extérieurs, dans cette calme félicité dont le riche cherche vainement à s’entourer à force d’entasser de l’or. Regarde les hommes : quelle course au bonheur et au plaisir ! Leurs désirs, leurs efforts, leur argent mènent une chasse éperdue, et que veulent-ils ? Ce que le poète a reçu de la nature, la jouissance de l’univers, le pouvoir de se retrouver soi-même dans les autres, une communion harmonieuse avec tant de choses souvent inconciliables.

D’où vient que les hommes s’agitent et s’inquiètent, sinon de ce qu’ils ne peuvent mettre en accord leurs idées avec les faits, que la jouissance se dérobe sous leurs mains, que l’accomplissement de nos destins arrive trop tard, et que tout ce qu’ils détiennent et acquièrent ne touche plus leur cœur avec le même effet que leur attente faisait de loin pressentir. Le destin a élevé le poète comme un dieu au-dessus de tout cela. Il voit s’agiter vainement le tumulte des passions, des familles et des empires, il voit les énigmes insolubles des malentendus déchaîner des désordres sans nom et sans remèdes, quand il suffirait bien souvent d’un seul mot, d’une syllabe pour tout dénouer. Il éprouve en lui-même les tristesses et les joies de chaque destinée humaine. Tandis que l’homme de ce monde, dévoré de mélancolie à la suite d’un grand malheur, traîne ses jours ou, dans un transport de joie, s’élance au-devant de son destin, l’âme perméable et sensible du poète s’avance de la nuit vers le jour, tel le soleil dans sa course, et par de subtiles modulations, il accorde sa lyre au diapason de la joie et de la douleur. Éclose dans son cœur, la pure fleur de la sagesse s’épanouit, et tandis que le reste des hommes rêvent éveillés et que, terrorisés, ils sont la proie des monstrueuses illusions de leurs sens, lui vit tout éveillé le rêve de la vie, et l’événement le plus singulier est à ses yeux tout ensemble passé et avenir. Et c’est ainsi que le poète est à la fois maître, prophète, ami des dieux et des hommes. Comment veux-tu qu’il s’abaisse aux mesquineries d’un métier de rapport ? Lui qui est fait comme l’oiseau pour planer au-dessus du monde, pour bâtir son nid sur les cimes, pour demander sa nourriture aux bourgeons et aux fruits, passant, agile, de branche en branche (…)

Je te le demande, qui donc a donné forme aux dieux, nous élevant jusqu’à eux, les abaissant jusqu’à nous, qui donc, si ce n’est le poète ? »

Goethe, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister, traduction de Blaise Briod revue par Bernard Lortholary

 

arbre 5-minUne jeune Asiatique se fait photographier sous le tulipier

arbre 6-minDes ballons dans les branches verdissantes

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Les cerisiers sont aussi en fleur

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arbre 12-minHier au Jardin des plantes, où je passai l’après-midi dans l’herbe sous un palmier, avec livre et carnet, photos Alina Reyes

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Planter

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Après le rendez-vous à l’hôpital je suis allée voir la Seine puis j’ai traversé le jardin des Plantes où les jardiniers s’activaient, puis je me suis installée à la bibliothèque et là j’ai travaillé comme une reine, si bien qu’à la fin, de bonheur, j’en avais la tête qui tournait et les oreilles qui bourdonnaient. Voici mes images du jour, pour fêter le printemps.

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jardin 3-minLe grand cerisier commence à fleurir, bientôt, sauf à passer dessous, on ne distinguera plus ses branches

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Aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Art du jardin partagé et Art Brut politique

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C’est toujours un bonheur de se promener dans les jardins partagés, d’y contempler la végétation et les petites œuvres d’art bricolées par les jardinières et jardiniers pour en faire des lieux doucement festifs. Le mouvement des Gilets jaunes me fait penser à l’Art Brut. Rappelons la définition qu’en donnait son concepteur, Jean Dubuffet, en 1949 :

 

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« Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquelles donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe».

 

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Sachant que l’humain a la politique en partage avec les grands primates – signe que la politique ne nécessite pas, pour être conduite, d’intelligences supérieures – il est rafraîchissant et bienfaisant d’assister à des manifestations politiques réinventées, qui apportent de l’art dans cette discipline sinon simiesque, trop simiesque.

 

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art du jardin partagé 9-minAujourd’hui au jardin partagé du square René Le Gall, à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Une si triste féerie

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La maison s’effondre.

La maison s’effondre sur le peuple.

Le peuple des vivants.

À Charleville-Mézières, chez Rimbaud, à Marseille, chez Artaud, des immeubles s’effondrent sur les vivants empêchés d’habiter poétiquement le monde.

À Paris le président après avoir salué Thiers le versaillais salue Pétain, autre assassin de peuple.

À Paris le jardin des Plantes dans un temps d’extinction des vivants sur Terre organise son arche de Noé. De grands animaux de tissu coloré finissent d’être installés en vue d’être illuminés ces soirs d’hiver. Une si triste féerie.

Qui sait ? La colombe finira peut-être par revenir, dans le bec un rameau d’olivier.

Il dépend de l’animal manquant dans cet exposition : nous.

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Hier au jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Espèces en voie d’illumination et couleurs du bonheur

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À partir du 16 novembre et jusqu’au 15 janvier, le Jardin des Plantes offrira une « promenade nocturne » pleine d’animaux et de plantes illuminées : « Espèces en voie d’illumination ». Pour l’instant, les espèces en question, tout juste déballées et pas encore en place, attendent leur heure sur les pelouses, telles un manuscrit en cours. Voici les couleurs de ma promenade du jour, couleurs du bonheur.

 

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Je me suis assise en face de la grenouille et je l’ai dessinée dans mon carnet, puis je l’ai coloriée une fois de retour à la maison, en ajoutant en grec le mot bios, vie

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Mais avant de repartir du jardin, j’ai contemplé une fois de plus le beau manège des animaux disparus

manege des animaux disparusAujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Animaux du jour

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J’ai ma pierre au jardin alpin, comme j’avais ma pierre à la montagne. Sous un pin où je m’assois, très longtemps parfois, miraculeusement à l’écart dans un jardin public. En ce beau dimanche ensoleillé il y avait du monde au jardin des Plantes et souvent les gens, soudain m’apercevant là dans mon bel isolement (une seule personne peut pénétrer dans cet endroit), Ici le chemin se perd sur mes genoux, élevaient leur portable et photographiaient la scène. Je les comprends, c’est si paisible.

De ma place j’ai vu une corneille effleurer en vol la tête d’une femme, qui a poussé un cri de surprise et de frayeur. Quand j’ai repris mon chemin, un peu plus tard, une palombe m’a fait la même chose. J’ai senti le souffle de ses plumes sur mes cheveux, j’ai légèrement sursauté, j’ai souri. Les oiseaux avaient envie de parler, aujourd’hui.

Les arbres aussi, et j’ai parlé avec eux, sans paroles. Je suis la chamane éternelle, la poussière tourbillonnant dans la lumière, la joie incarnée.

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En reprenant mon chemin dans le jardin, j’ai vu ce nid posé entre les jambes de la nymphe chevauchant un poisson (Joseph Félon a appelé sa statue « Nymphe tourmentant un dauphin », mais l’animal ne ressemble pas beaucoup à un dauphin). Le nid de l’oiseau invisible, descendu de quel ciel ?

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J’ai contemplé un panda roux endormi puis réveillé à plusieurs mètres du sol sur ses bambous, et un wallaby pensif dans les roseaux ; puis je suis allée continuer à lire sous un autre arbre.

panda roux

panda roux,

wallabyaujourd’hui au jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Vie douce, parfums

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Je suis allée marcher dans des jardins, respirer les odeurs des plantes et des arbres.

bob le flamant roseSur un mur dans la rue, j’ai vu une série de photos de Bob le flamant rose.

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postit ancienDans un jardin, j’ai eu le plaisir de revoir ce PostIt  que j’avais placé là en juin, toujours là, avec quelques feuilles qui ont poussé devant.

*square rene le gall jardin partagé 1Le jardin partagé du square René Le Gall est arrangé avec joliesse et grâce, pour la vie douce

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Et dans un coin sauvage du jardin, poussent quelques fraises des bois

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tag benallaDans la rue, j’ai photographié des tags

tag désert

street artet une œuvre de street art toute fraîche.

sethJ’ai aussi rephotographié cette œuvre de Seth et Kislow déjà ancienne.

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conifereDans une miniforêt, j’ai ramassé quelques branchages de conifères coupés et je les ai mis dans un pot sur mon bureau, pour la bonne odeur vivifiante

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Puis j’ai pris mes crayons et mes feutres, dont le doré et l’argenté que je venais d’acheter, et j’ai colorié une carte postale publicitaire. Voici l’image d’origine :

parfums de chineEt la voici, récupérée elle aussi comme les branchages odoriférants, et transformée :

parfum*

hier et aujourd’hui à Paris, photos et coloriage Alina Reyes,

entre pages d’écriture

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Pommes, poires, figues, jardinière, jardinier et autres merveilles des jardins et des rues

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jardin collaboratifDans la rue, un potager collaboratif, avec invitation à se servir (j’ai pris une petite branche de basilic) et à arroser à l’occasion

jardin des plantes 1 grenouilleAu Jardin des Plantes, une grenouille verte dans les roseaux renversés par la tempête

jardin des plantes 2 roseaux

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jardin des plantes 4 cabane

jardin des plantes 5 bassin

jardin des plantes 6 lotusEt toujours les lotus

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jardin des plantes 8 lotus

jardin des plantes 9 mere et enfantAvoir quelques mois et découvrir les merveilles de la vie sur terre et dans les eaux

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Les jardinières et les jardiniers sont au travail pour entretenir ce fantastique jardin

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Fruits de la saison qui vient, des pommes et des poires

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mosquee figueset à côté, à la mosquée, des figues

Les herbes sauvages des rues ne sont pas les moins belles

rue herbe sauvage

Ce matin à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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Grothendieck : « faire des « maisons » (comme on « ferait » l’amour…) » (Récoltes et semailles, 2)

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Lire Grothendieck est une merveille pour tout·e chercheur·e, pour comprendre ce que nous faisons quand nous cherchons et découvrons. Voici une deuxième salve d’extraits que j’ai sélectionnés, assise sur ma pierre dans un recoin du jardin alpin, après avoir longuement contemplé la vie dans les bassins.

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bassin et carpe 2*

« Ce qui fait la qualité de l’inventivité et de l’imagination du chercheur, c’est la qualité de son attention, à l’écoute de la voix des choses. Car les choses de l’ Univers ne se lassent jamais de parler d’elles-mêmes et de se révéler, à celui qui se soucie d’entendre. Et la maison la plus belle, celle en laquelle apparaît l’amour de l’ouvrier, n’est pas celle qui est plus grande ou plus haute que d’autres. La belle maison est celle qui reflète fidèlement la structure et la beauté cachées des choses.

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grenouille 2*

Mais la réalité (qu’un rêve hardi parfois fait pressentir ou entrevoir, et qu’il nous encourage à découvrir…) dépasse à chaque fois en richesse et en résonance le rêve même le plus téméraire ou le plus profond.

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goutte lotus*

Plutôt que de me laisser distraire par les consensus qui faisaient loi autour de moi, sur ce qui est « sérieux » et ce qui ne l’est pas, j’ai fait confiance simplement, comme par le passé, à l’humble voix des choses, et à cela en moi qui sait écouter. La récompense a été immédiate, et au delà de toute attente. En l’espace de ces quelques mois, sans même « faire exprès », j’avais mis le doigt sur des outils puissants et insoupçonnés. Ils m’ont permis, non seulement de retrouver (comme en jouant) des résultats anciens, réputés ardus, dans une lumière plus pénétrante et de les dépasser, mais aussi d’aborder enfin et de résoudre des problèmes de « géométrie de caractéristique p » qui jusque là étaient apparus comme hors d’atteinte par tous les moyens alors connus.

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nymphea*

Dans notre connaissance des choses de l’Univers (qu’elles soient mathématiques ou autres), le pouvoir rénovateur en nous n’est autre que l’innocence. C’est l’innocence originelle que nous avons tous reçue en partage à notre naissance et qui repose en chacun de nous, objet souvent de notre mépris, et de nos peurs les plus secrètes. Elle seule unit l’humilité et la hardiesse qui nous font pénétrer au cœur des choses, et qui nous permettent de laisser les choses pénétrer en nous et de nous en imprégner.

Ce pouvoir-là n’est nullement le privilège de « dons » extraordinaires – d’une puissance cérébrale (disons) hors du commun pour assimiler et pour manier, avec dextérité et avec aisance, une masse impressionnante de faits, d’idées et de techniques connus. De tels dons sont certes précieux, dignes d’envie sûrement pour celui qui (comme moi) n’a pas été comblé ainsi à sa naissance, « au delà de toute mesure ».

Ce ne sont pas ces dons-là, pourtant, ni l’ambition même la plus ardente, servie par une volonté sans failles, qui font franchir ces « cercles invisibles et impérieux » qui enferment notre Univers. Seule l’innocence les franchit, sans le savoir ni s’en soucier, en les instants où nous nous retrouvons seul à l’écoute des choses, intensément absorbé dans un jeu d’enfant…

je ne vois personne d’autre sur la scène mathématique, au cours des trois décennies écoulées, qui aurait pu avoir cette naïveté, ou cette innocence, de faire (à ma place) cet autre pas crucial entre tous, introduisant l’idée si enfantine des topos.

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mare*

Oui, la rivière est profonde, et vastes et paisibles sont les eaux de mon enfance, dans un royaume que j’ai cru quitter il y a longtemps. Tous les chevaux du roi y pourraient boire ensemble à l’aise et tout leur saoul, sans les épuiser! Elles viennent des glaciers, ardentes comme ces neiges lointaines, et elles ont la douceur de la glaise des plaines. Je viens de parler d’un de ces chevaux, qu’un enfant avait amené boire et qui a bu son content, longuement. Et j’en ai vu un autre venant boire un moment, sur les traces du même gamin si ça se trouve – mais là ça n’a pas traîné. Quelqu’un a dû le chasser. Et c’est tout, autant dire. Je vois pourtant des troupeaux innombrables de chevaux assoiffés qui errent dans la plaine – et pas plus tard que ce matin même leurs hennissements m’ont tiré du lit, à une heure indue, moi qui vais sur mes soixante ans et qui aime la tranquillité. Il n’y a rien eu à faire, il a fallu que je me lève. Ça me fait peine de les voir, à l’état de rosses efflanquées, alors que la bonne eau pourtant ne manque pas, ni les verts pâturages. Mais on dirait qu’un sortilège malveillant a été jeté sur cette contrée que j’avais connue accueillante, et condamné l’accès à ces eaux généreuses. Ou peut-être est-ce un coup monté par les maquignons du pays, pour faire tomber les prix qui sait? Ou c’est un pays peut-être où il n’y a plus d’enfants pour mener boire les chevaux, et où les chevaux ont soif, faute d’un gamin qui retrouve le chemin qui mène à la rivière…

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mare aux nympheas*

Sans avoir eu à me le dire jamais, je me savais le serviteur désormais d’une grande tâche : explorer ce monde immense et inconnu, appréhender ses contours jusqu’aux frontières les plus lointaines; et aussi, parcourir en tous sens et inventorier avec un soin tenace et méthodique les provinces les plus proches et les plus accessibles, et en dresser des cartes d’une fidélité et d’une précision scrupuleuse, où le moindre hameau et la moindre chaumière auraient leur place… C’est ce dernier travail surtout qui absorbait le plus gros de mon énergie – un patient et vaste travail de fondements que j’étais le seul à voir clairement et, surtout, à « sentir par les tripes ». C’est lui qui a pris, et de loin, la plus grosse part de mon temps, entre 1958 (l’année où sont apparus, coup sur coup, le thème schématique et celui des topos) et 1970 (l’année de mon départ de la scène mathématique).

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chemin fougeres*

La « création » dans mon travail de mathématicien, c’était avant tout là qu’elle se plaçait : dans cette attention intense pour appréhender, dans les replis obscurs, informes et moites d’une chaude et inépuisable matrice nourricière, les premières traces de forme et de contours de ce qui n’était pas né encore et qui semblait m’appeler, pour prendre forme et s’incarner et naître… Dans le travail de découverte, cette attention intense, cette sollicitude ardente sont une force essentielle, tout comme la chaleur du soleil pour l’obscure gestation des semences enfouies dans la terre nourricière, et pour leur humble et miraculeuse éclosion à la lumière du jour. »

aujourd’hui au jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Voir d’autres extraits de Récoltes et semailles ou de La Clef des songes : mot-clé Alexander Grothendieck

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Lotus, méthode et position

vignette lotus

« Comme un lotus pur, admirable, par les eaux n’est point souillé, je ne suis pas souillé par le monde. » Anguttaranikâya, 2, 39

L’eau et les poussières sont en suspension sur la feuille de lotus comme le fakir sur la planche à clous (voir l’excellent documentaire après les images), jusqu’au moment où la goutte glisse au sol, entraînant avec elle les poussières, sans avoir touché la plante.

« Fleur, pourrait-on dire, première et qui éclot, sur des eaux généralement stagnantes et troubles, avec une si sensuelle et souveraine perfection, qu’on l’imagine aisément, in illo tempore, comme la toute première apparition de la vie, sur l’immensité neutre des eaux primordiales », écrit le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, en préambule au long article Lotus.

Les lotus du jardin des Plantes commencent à feuiller. Pour les fleurs et les graines, et aussi et d’autres éléments de la symbolique de la plante, voir mes notes des années précédentes, mot-clé lotus.

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feuille de lotus 1

feuille de lotus 2

feuille de lotus 3

feuille de lotus 4

feuille de lotus 5

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lotus et canards

canard

caneces jours-ci au jardin des Plantes à Paris, photos Alina Reyes

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Merveilleux jardin des fleurs

coccinelle

Il est merveilleux, ce jardin des fleurs, a dit quelqu’un avec un accent d’ailleurs. Le jardin des Plantes, explosion de couleurs en ces jours, était arpenté par des gens, dont des étrangers, émerveillés. Voici les photos que j’ai faites dans son jardin alpin, où j’étais allée me détendre des dizaines d’heures passées devant mon ordinateur à établir l’appareil de notes et bibliographique de ma thèse – je suis loin d’avoir terminé, mais c’est un beau travail, partir à la recherche des premières ou de différentes éditions d’un texte donne le sentiment de se promener dans une profusion de fleurs, justement, et trouver celle qu’on cherche est très gratifiant, un peu comme si vous entendiez un enfant vous appeler dans la forêt et que finalement vous arriviez jusqu’à lui.

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jardin 1

jardin 2

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jardin 9l’arbre penché à l’arrière-plan est un pistachier femelle de 316 ans, son histoire est ici

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jardin 13la coccinelle a des cœurs sur les ailes

jardin 14après le rapprochement, l’accouplement

jardin 15voilà un panneau d’Izumi que je n’avais pas vu, je vais l’ajouter aux autres de son si gracieux bestiaire botanique

jardin 16

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transport du pollen, l’amour partout

jardin 21hier après-midi au jardin des Plantes à Paris, photos Alina Reyes

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Les fantastiques roses de la roseraie du Jardin des Plantes. Et un début d’index

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Environ 300 noms dans l’index des noms de personnes présents dans ma thèse. Les voici, dans l’ordre où je les ai relevés dans le texte (après les photos des roses). Il me reste à les classer par ordre alphabétique, éventuellement à les compléter (j’ai pu en oublier). Reste aussi à faire un index des personnages, et un autre des thèmes. Ces index sont au moins aussi importants que la bibliographie, car ils participent à multiplier les possibilités de lecture de la thèse.

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roses 1

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roses 21Ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Breton, André

Crevel, René

Kafka, Franz

Platon

Husserl, Edmund

Jakobson, Roman

Mallarmé, Stéphane

Lévi-Strauss, Claude

Rimbaud, Arthur

Poe, Edgar

Luminet, Jean-Pierre

Démocrite

Rûmî

Cortazar, Julio

Van Gogh, Vincent

Descola, Philippe

Héraclite

Bouvier, Nicolas

Foucault, Michel

Chomsky, Noam

Grothendieck, Alexandre

Humboldt, Wilhem von

Benjamin, Walter

Chatwin, Bruce

Ferry, Jean-Marc

Nietzsche, Friedrich

Hugo, Victor

Berger, John

Hegel, Georg Wilhelm Friedrich

Carroll, Lewis

Rousseau, Jean-Jacques

Flaubert, Gustave

Baudelaire, Charles

Molière

Camus, Albert

Sophocle

Torga, Miguel

Proust, Marcel

Magritte, René

Tardi, Jacques

Dostoïevski, Fiodor

Macaigne, Vincent

Vermeer, Johannes

Ésope

La Fontaine, Jean de

Perrault, Charles

Nerval, Gérard de

Giraudoux, Jean

Freud, Sigmund

Marie de France

Dürer, Albrecht

Picasso, Pablo

Warhol, Andy

Ronsard, Pierre de

Michaux, Henri

Xinjiang, Gao

Einstein, Albert

Artaud, Antonin

Bachelard, Gaston

Valéry, Paul-André

Dhainaut, Pierre-Edmond

Hölderlin, Friedrich

Woolf, Virginia

Stefánsson, Jón Kalman

Borges, Jorge Luis

Finkel, Irving

Lorblanchet, Michel

Coelho, Paulo

Rûmî, Djalâl-od-Dîn

Jasniewiecz, Gérard

Païni, Lotus de

Curie, Marie

Bonnefoy, Yves

Simon, Claude

Michel-Ange

Kubrick, Stanley

Lichtenberg, Hans Georg

Harrison, Jim

Claudel, Paul

Ginzburg, Carlo

Homère

Shirow, Masamune

Durand, Gilbert

Benveniste, Émile

Vernant, Jean-Pierre

Palissy, Bernard

Gomez, Sergio

Parménide

Shakespeare, William

Plutarque

Pascal, Blaise

Wilde, Oscar

Leopardi, Giacomo

Garcia Lorca, Federico

Ellis, Bret Easton

Hyverneaud, Georges

Tomasi di Lampedusa, Giuseppe

Rilke, Rainer Maria

Basile de Césarée

Reyes, Alina

Lynch, David

Clottes, Jean

Cendrars, Blaise

Mankell, Henning

Rigaut, Jacques

Térence

Traoré, Oumou

Thérèse d’Avila

Galien, Claude

Sextus Empiricus

Simon, Claude

Socrate

Hadot, Pierre

Huxley, Aldous

Toral, Cristobal

Matisse, Isabella

Struth, Thomas

Faulkner, William

Brueghel l’Ancien

Didi-Huberman, Georges

Annaud, Jean-Jacques

Giono, Jean

Chrétien de Troyes

Vitray-Meyerovitch, Eva de

Pernoud, Régine

Bingen, Hildegarde de

Christine de Pizan

Tolkien, John Ronald Reuel

Corneille, Pierre

Kubrick, Stanley

Cervantes, Miguel de

Brunel, Pierre

Ovide

Horace

Montaigne, Michel de

Angelus Silesius

Leroi-Gourhan, Émile

Patrikios, Titos

Zénon d’Élée

Barthes, Roland

Dumézil, René

Grégoire de Naziance

Jouffroy, Alain

Ramuz, Charles-Ferdinand

Char, René

Eco, Umberto

Latour, Georges de

Claudel, Camille

Paris, Reine-Marie

Rodin, Auguste

Curie, Pierre

Beauvoir, Simone de

Sartre, Jean-Paul

Lamblin, Bianca

Onfray, Michel

Sand, Shlomo

Copernic, Nicolas

Luther, Martin

Calvin, Jean

Lacan, Jacques

Debord, Guy

Heidegger, Martin

Chouraqui, André

Mohammed (Prophète)

Resnais, Alain

Modiano, Patrick

Gombrowicz, Witold

Robin, Armand

Joyce, James

Beckett, Samuel

Brüder, Dora

Lampe, Friedo

Calderón, Pedro

Pauli, Wolfgang

Boudenot, Jean-Claude

Gamou, Georges

Franck, James

Jung, Carl Gustav

Schrödinger, Erwin

Charcot, Jean-Martin

Pinel, Philippe

Cabrol, Christian

Marie de Médicis

Guérin, Raymond

Boffrand, Germain

Kafka, Ottla

Agamben, Giorgio

Améry, Jean-Claude

Barth, Karl

Furet, François

Diogène

Alexandre le Grand

Vitez, Antoine

Diderot, Denis

Zweig, Stefan

Roth, Joseph

Greuze, Jean-Baptiste

Muray, Philippe

Aristophane

Ellis, Bret Easton

Houellebecq, Michel

Khadra, Yasmina

Sorokine, Vladimir

Laferrière, Dany

Ôé, Kenzaburo

Échenoz, Jean

Byatt, A.S.

Keaton, Buster

Riefenstahl, Leni

Sade, D.A.F.

Laclos, Pierre Choderlos de

Echenoz, Jean

Ravel, Maurice

Renard, Jules

Allen, Woody

Weinstein, Harvey

Vélasquez, Diego

Chamberlayne, William

Auster, Paul

Kerouac, Jack

Paul de Tarse

Ricardou, Jean

Breuil, Eddie

Nouveau, Germain

Cézanne, Paul

Durrell, Lawrence

Soupault, Philippe

Verlaine, Paul

Leconte de Lisle, Charles

Bonnet, Marguerite

Brod, Max

Calasso, Roberto

Schwob, Marcel

Stevenson, Robert Louis

Quincey, Thomas de

Dostoïevski, Fiodor

Dupront, Alphonse

Alphandéry, Paul

Munier, Roger

Banksy

Dumas, Alexandre

Jarry, Alfred

Daudet, Alphonse

Satie, Erik

Prévost, Antoine François, abbé

Baker, Joséphine

Léger, Fernand

Khrouchtchev, Nikita

Gagarine, Youri

Foujita, Tsuguharu

Christophe

Miller, Henry

Nin, Anaïs

Saint-Pierre, Bernardin de

Jacobs, Edgar P.

Curie, Pierre

Zola, Émile

Welles, Orson

Balzac, Honoré de

Viardot, Pauline

Tourgueniev, Ivan

Bizet, Georges

Blum, Léon

Blériot, Louis

Gambetta, Léon

Vian, Boris

David, Jacques-Louis

Astier de la Vigerie, Emmanuel d’

Debussy, Claude

Aragon, Louis

Triolet, Elsa

François 1er

Thalès

Épictète

Renart, Jean

Blake, William

Thoreau, William

Whitman, Walt

Henley, William Ernest

Plath, Sylvia

Ritsos, Iannis

Ramos Rosa, Antonio

Corso, Gregory

Orwell, George

Calvino, Italo

Koons, Jeff

Dôgen, Eihei

Hagège, Claude

Darwich, Mahmoud

Franck, Anne

Alexandrian, Sarane

Maurel, Jean

Chirico, Giorgio

Douanier Rousseau

Mosko

Suacha

Mann, Thomas

Reverdy, Paul

Hamsun, Knut

Nerval, Gérard de

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Des gens, des fleurs, des enfants, du street art… promenade du bonheur

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« Toute notre connaissance découle de notre sensibilité » Leonard de Vinci

 

bettyBetty en dessous, avec des timbres dessous

fleursbref pèlerinage sur le lieu de l’une de mes fictions, un petit tour et je repars

jem trop ma viemoi aussi

noonienoonienooniec’est donc ici qu’il habitait, l’anarchiste qui sème ses plaques d’habitations fantaisistes dans la ville !

pitie salpetriere 1je suis allée à l’hôpital pour prendre un rendez-vous, comme je dois le faire deux fois par an, mais personne, le service faisait le pont

pitie salpetriere 2je me suis installée un moment avec un livre dans le jardin donc, de la Pitié-Salpêtrière

pitie salpetriere 3il y avait des amoureux dans l’herbe

pitie salpetriere 4et des dessins à la craie dans l’allée

pitie salpetriere 5la vie dehors, c’est bon ! je ne me suis pas pressée de rentrer

rueune manif est passée devant la gare d’Austerlitz l’autre jour

jardin des plantesmoi je passe par le jardin des Plantes

jardin des plantes 2et par sa roseraie

jardin des plantes 3ce sont les toutes premières roses écloses, je hume leur parfum

jardin des plantes 4

de nouveau dans la rue, au dos d’un panneau, un Léo & Pipo à tête de fraise

leo&pipohier et aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Temps et essences

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cerisier rose

J’ai photographié des Japonaises qui photographiaient le cerisier rose,

cerisier rose,

je suis repassée par le cerisier blanc,

cerisier blanc

en vue du minaret, du ciel, des serres et du grand sapin,

serre

et j’ai été photographiée par une Japonaise alors que je lisais sous le pin à crochets, l’arbre de mon compagnon, qui porte un autre nom d’arbre – me rappelant qu’il y a longtemps, des journalistes japonais nous avaient photographiés ensemble dans la rue. Ainsi échangent et circulent les temps et les essences.

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aujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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