(Rien) à voir à l’hôpital Sainte-Anne

Guy Leroux

Guy Leroux

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« Rien à voir », c’est le titre de l’exposition, parce que la commissaire se propose de montrer ces œuvres de patients de l’hôpital « sans qu’il y ait rien à voir de l’ordre de la psychopathologie », en invitant à y voir de l’art avant tout. J’ai respecté la demande de ne pas faire de photo de l’exposition, mais j’ai trouvé cette image de visage aux quatre pupilles en ligne, avec d’autres des œuvres qu’on peut y voir.

Ce fut une visite très particulière et sensible. Art brut, art de fous ? Art d’humains tout simplement. Comme le disait Dubuffet, inventeur de l’art brut : « Un art où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. » Je suis repartie avec le catalogue d’une précédente exposition, « Du visible à l’illisible », comprenant des reproductions de manuscrits, écrits et parfois aussi dessinés, et d’œuvres utilisant une écriture rendue illisible, comme celles des prières de Jill Gallieni à sainte Rita, patronne des désespérés, qui me rappelle ce que fait maintenant Stéphane Zagdanski. Et avec le DVD d’un film sur une artiste qui fut aussi un temps à Sainte-Anne et dont je reparlerai.

J’ai pris quelques photos de l’hôpital, qui ressemble à un cimetière, et où C215 a laissé un dessin de papillon. Et en sortant, tout près, à un coin de rue, une jolie œuvre de Street Art jouant avec la verdure crevant le béton.

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sainte anne 6 sortie-minCet après-midi à Paris 14e, photos Alina Reyes

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Art du jardin partagé et Art Brut politique

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C’est toujours un bonheur de se promener dans les jardins partagés, d’y contempler la végétation et les petites œuvres d’art bricolées par les jardinières et jardiniers pour en faire des lieux doucement festifs. Le mouvement des Gilets jaunes me fait penser à l’Art Brut. Rappelons la définition qu’en donnait son concepteur, Jean Dubuffet, en 1949 :

 

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« Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquelles donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe».

 

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Sachant que l’humain a la politique en partage avec les grands primates – signe que la politique ne nécessite pas, pour être conduite, d’intelligences supérieures – il est rafraîchissant et bienfaisant d’assister à des manifestations politiques réinventées, qui apportent de l’art dans cette discipline sinon simiesque, trop simiesque.

 

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art du jardin partagé 9-minAujourd’hui au jardin partagé du square René Le Gall, à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Je suis une créatrice. Jean Dubuffet

Une présentation de la Closerie Falbala :

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Musique incarnée :
https://youtu.be/ROcH81WMOb0

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« J’éprouve une très grande inclination pour la sève ». Jean Dubuffet présente son Coucou Bazar :

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Peinthéâtre :

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Gros plans sur son oeuvre :

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De Dubuffet, lors d’une balade à vélo, j’ai photographié la Tour aux Figures, sur l’île Saint-Germain à Issy. Cette oeuvre inaugurée en 1988, après sa mort, doit être rénovée. En 2020, il devrait être possible d’entrer de nouveau à l’intérieur de cette « grotte extérieure », comme l’appelait Dubuffet, de monter dans son labyrinthe ascensionnel de 117 mètres de haut.
tour-aux-figures-dubuffetphoto Alina Reyes

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le site de la Fondation Jean Dubuffet

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E.T. & graffs & bâtisseurs de l’imaginaire

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ces jours-ci à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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J’avais l’intention d’aller cet après-midi à Montmartre, notamment à la Halle Saint Pierre voir les films sur les Bâtisseurs de l’imaginaire présentés par Claude et Clovis Prévost à l’occasion de la réédition de leur livre (pour le côté intérieur, peut-être faudrait-il y ajouter Nathalie Lopizzo ?). Mais hier soir, au retour de la Sorbonne, j’ai marché dans Paris et à cause de l’intense pollution je suis rentrée avec une migraine tenace, qui continuait ce matin. Je vais donc éviter de marcher aujourd’hui, d’autant que quand je suis à Montmartre il faut que je me balade, que je grimpe rues et escaliers… c’est le premier quartier où j’ai vécu à Paris, c’est aussi celui où, en rêve, je me suis baladée une fois morte, bienheureux fantôme ou esprit. Quand même, la pollution tue : si c’est bon d’avoir des fantômes en ville, il faudrait aussi y conserver des vivants, et qui ne soient pas empêchés d’y faire du sport sans sacrifier leurs poumons ! Vite, de plus en plus de transports en commun et non polluants, et de moins en moins de voitures !

« Quelque part entre les chênes à Beauregard, un homme a dés-
habillé le sol de sa terre. Dix-neuf années durant, Roger Rousseau
s’est laissé guider par les formes, la profondeur et le langage de la
roche. « 

Brut de pinsé « L’art singulier de Jean-Jacques PETTON »

un atelier fantastique, un travail de vrai vivant

voir aussi mes autres notes sur le mot clé art singulier, brut, ou quel que soit le nom qu’on lui donne, l’art qui sourd d’une communion avec le monde matériel et spirituel à la fois

voir aussi le mot-clé « atelier », où retrouver d’autres ateliers, en particulier celui de Billy Childish

et en clin d’œil ce petit tableau, L’Alpha et l’Oméga,  que j’ai réalisé il y a quelques années avec des coquillages, des galets, bout de verre poli et des duvets ramassés, et des petits objets récupérés, bouts de bijoux et fève.

alpha-omega

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