George Pell, n°3 du Vatican, condamné : l’Apocalypse continue

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Comme on le sait, apocalypse signifie révélation. Il est indéniable que nous vivons un temps de révélations sur toutes les institutions dominantes et leurs représentants. Qu’ils aient ou non été décrétés sacrés, les livres contiennent la littérature qui nous permet de mieux comprendre et imager les événements que nous vivons, c’est pourquoi j’emploie ici – sans religiosité – le terme littéraire (grec) d’apocalypse pour mettre en évidence ce qui se passe.

 

 

George Pell, n°3 du Vatican, reconnu coupable de viol et abus sexuels sur mineurs, encourt jusqu’à cinquante ans de réclusion criminelle. Il ne manque plus qu’à trouver des preuves que Jorge Bergoglio, le pape actuel, a bel et bien dénoncé de jeunes prêtres et les a envoyés à la torture sous la dictature, pour achever le tableau d’une église catholique comme gigantesque imposture et empire du mal, heureusement en train de s’effondrer.

C’est en connaissance de cause que le pape François avait promu George Pell grand trésorier et n°3 du Vatican. Il y avait longtemps qu’il était dénoncé en Australie pour avoir couvert des prêtres pédocriminels et avoir lui-même violé des enfants. Il l’a protégé à Rome aussi longtemps que possible, lui évitant de se rendre en Australie où la justice le convoquait. Le scandale était immense en Australie, où de nombreuses victimes témoignaient des sévices subis, tandis que d’autres n’y avaient pas survécu, finissant suicidées ou mortes par overdose.

Tout en protégeant son immonde collaborateur, qui déclarait avec cynisme que les affaires de pédophilie n’avaient selon lui « pas grand intérêt », le pape multipliait, jusqu’à ces jours derniers, les discours de condamnation des abus sexuels – sans jamais rien faire de concret contre les violeurs et pour les victimes, comme elles l’ont déploré encore cette semaine au terme d’un « sommet sur la pédophilie » qui s’est conclu par… une accusation contre Satan et le paganisme, et le reste de la société.

Ce jésuite, comme Macron éduqué par les jésuites, pratique l’en-même-temps de tous les hypocrites. Belles paroles, actes criminels. La même politique est pratiquée par nos élites formatées par la culture catholique. Dernier exemple en date : Macron se faisant photographier accroupi devant la tente d’un SDF alors qu’il a programmé un plan d’économie de 57 millions d’euros sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale. Macron comme Bergoglio sont des illusionnistes, jouant le « que tout change pour que rien ne change » (selon la fameuse formule du personnage opportuniste dans le roman préféré du pape, roman prisé aussi de Macron, Le Guépard) : il s’agit de donner l’impression par le discours qu’on promeut le changement, alors qu’on fait tout pour que rien ne change, ou même pour que tout empire, en renforçant toutes les dictatures, internes et externes.

Rappelons que, dans les faits, le pape est de tous les combats contre la liberté. Il a reçu Constanza Miriano, auteure d’un livre on ne peut plus misogyne, Marie-toi et sois soumise, publié par l’archevêché de Grenade. Il refuse de répondre aux associations qui aident quelque 300 000 ex-bébés volés par le biais de l’église espagnole, sous le franquisme et plus tard, à retrouver leur mère qui les cherche. Des cas similaires existent ailleurs dans le monde, où l’église a été l’instrument des dictatures (notamment argentine) pour enlever des bébés à leurs parents opposants au régime ou dans des pays où l’évangélisation s’est faite sous acculturation forcée et vols d’enfants. En 2015, il a rejeté le nouvel ambassadeur français pour cause d’homosexualité (pourtant vécue discrètement, sans militantisme) – ce qui est assez comique à l’heure de la sortie du livre Sodoma, sur « l’omniprésence d’homosexuels » au Vatican et dans l’église.

Jusqu’à ces jours derniers, George Pell était toujours n°3 du Vatican. Le pape n’avait prononcé aucune sanction contre lui, pas plus que contre Barbarin, honteusement protégé en France par un Parquet aux ordres de l’État. La blancheur dont l’église et ses disciples, dont Macron et son monde font partie, aiment se parer, fond plus vite que les glaces du Pôle Nord en ce moment. Le mouvement MeToo, celui des Gilets jaunes et d’autres activistes révèle la corruption aux multiples têtes hideuses des élites de ce monde. Cette fonte de façade charrie des torrents de boues toxiques, dont il nous faut nettoyer nos pays, nos terres, comme de la pollution chimique afin d’y restaurer une possibilité de vie pour l’humanité.

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Les vieux cons de Pinochet et de Videla font la morale

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Le pape, qui continue à protéger son n°3 au Vatican, chargé des finances, le cardinal George Pell qui a couvert une multitude de pédocrimes et est lui-même accusé d’abus sexuels sur de jeunes garçons, le pape qui a promu cet homme malgré tout cela et lui évite de se rendre en Australie faire face à la justice ;
le pape qui refuse de répondre aux associations espagnoles qui demandent l’ouverture des archives pour aider les ex-bébés volés par l’Église sous Franco et jusque dans les années 90 à retrouver leur mère qui les cherche aussi ;
le pape, alors que des lycées privés cathos français distribuent aux élèves des brochures criminalisant l’avortement et que la Pologne catho vote pour l’interdiction totale de l’avortement ;
et alors qu’une émanation de la Manif pour tous distribue des brochures puantes dans des écoles publiques en France ;
ce pape, donc, dénonce « une guerre mondiale contre le mariage » et accuse les manuels français de propager la « théorie du genre », parlant d’  « endoctrinement sournois » (une matière en laquelle il est roi) et de « colonisation intellectuelle » comparable à celle des Jeunesses hitlériennes (là aussi ce pape qui a laissé de si sombres souvenirs en Argentine, s’y connaît). Aussi bien NKM que NVB, femmes politiques de droite et de gauche, parmi tant d’autres récusent bien sûr son accusation à l’encontre des manuels français, mais le mal est fait. Comme toujours.

Regardant beaucoup de séries de différents pays européens, j’y note une présence significative de personnages, notamment féminins, soulagés et satisfaits de la mort de leur père – ou de leur mari, quand c’est aussi un vieux con qui a empesté leur existence. Vivement la disparition de cette espèce, le vieux con abusif, pilier du patriarcat.
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Le voyage du pape François en Terre Sainte : qu’en retenir ?

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Shimon Pérès, pape François et Netanyahou, photo Baz Ratner/Reuters

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Le voyage du pape en Terre Sainte s’est terminé hier soir. Qu’en retenir ? De façon très spectaculaire, le pape a fait halte « à l’improviste » pour prier contre le mur de séparation. Comme d’habitude, il a privilégié la com, par des petites phrases ou petits gestes non officiels destinés à faire illusion, pendant que rien de concret n’est fait. Il s’agissait là d’un geste, dûment photographié, destiné à toucher les cœurs des Palestiniens opprimés, à défaut de faire réellement quelque chose pour eux.

Faire quelque chose pour eux eût été d’abord ne pas apporter une justification à l’État juif en allant prier à Yad Vashem, au mémorial de l’Holocauste et déposer une gerbe de fleurs aux couleurs du Vatican sur la tombe de Herzl, l’inventeur du sionisme. Car Yad Vashem est utilisé pour justifier la colonisation et masquer l’iniquité d’Israël. Un État juif n’a pas plus de légitimité que n’en avait un État blanc en Afrique du Sud. Il est regrettable que le pape ait donné tant de gages à ces gens, comme si l’urgence n’était pas plutôt de leur montrer qu’on ne veut pas de leur politique qui opprime les Palestiniens, notamment chrétiens.

Selon ses propres mots, le pape François a « inventé une nouvelle Béatitude », celle de rendre visite au Président israélien, Shimon Pérès. On finirait par croire que le pape, et l’Église avec lui, se sentirait plus proche des juifs d’Israël que des chrétiens de Palestine. On finirait par croire que l’Église oublie que les chrétiens sont là-bas maltraités par le pouvoir juif – il faut bien l’appeler ainsi, puisque malheureusement il revendique lui-même cette aberration raciste d’être un État juif. Je sais bien que ces chrétiens sont arabes et ces juifs originaires d’Europe et de plus qu’ils ont de puissants alliés politiques… Ce qui n’était pas le cas au cours des vingt siècles d’antisémitisme féroce de l’Église. N’empêche, la politique qui consiste à préférer les puissants, comme il a été fait lors de ce voyage, n’est pas celle du Christ.

À Yad Vashem, le pape a prié pour avoir la grâce d’avoir honte (de l’Holocauste). Il aurait fallu demander aussi la grâce d’avoir honte de justifier les abus des puissants par le rappel des camps de concentration. Car c’est ce qui a été fait, symboliquement, d’autant qu’il y a eu un déséquilibre flagrant du voyage en faveur des juifs. Ils ne sont pas les seuls à habiter en Israël et en Palestine, qu’ils occupent illégalement. C’est faire trop d’honneur au gouvernement raciste et voyou de Netanyahu que d’aller prier au Mur des Lamentations et à Yad Vashem, alors qu’il n’y a eu aucune prière commune avec les musulmans, qui sont pourtant les spoliés, dans cette affaire, ainsi que les Palestiniens chrétiens.

Il ne suffit pas de faire un geste de com en s’arrêtant pour prier un instant au mur de séparation. Alors qu’on priera tout à fait officiellement au Mur des Lamentations et à Yad Vashem. Si l’on prétend vouloir la paix, il faut se montrer équitable et l’équité eût été de prier aussi au lieu saint de l’islam. Ou bien on se contente de prier dans les lieux saints du christianisme, ce qui serait tout à fait légitime. Un voyage manquant de vérité ne saurait contribuer à l’avènement de la paix.

Comme à son habitude, le pape François a fait passer la communication avant la vérité profonde. Annonçant un voyage seulement religieux alors qu’il fut politique. Faisant croire aux Palestiniens qu’il les soutenait, tout en justifiant par ses gestes l’État juif, un État d’apartheid, qui est une aberration comme l’était l’État blanc en Afrique du sud. Ce n’est pas ainsi que nous pourrons avancer vers la paix. La paix ne s’obtient que par la justice, et la justice par la vérité.