Serial ignorants et lonesome prophètes

Hier en fin d'après-midi au Jardin des Plantes, après mes heures d'excellent travail, encore, à la bibliothèque, photo Alina Reyes

Hier en fin d’après-midi au Jardin des Plantes, après mes heures d’excellent travail, encore, à la bibliothèque, photo Alina Reyes

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Acharnement médiatique sur Game of Thrones, acharnement thérapeutique sur Vincent Lambert… Les obsessions maniaques, la démence de ce monde éclatent dans les faits insignifiants comme dans les très signifiants – pour Vincent Lambert, sur le cauchemar catholique et son adoration de la souffrance. Pour GoT, j’ai regardé il y a un ou deux ans quelques saisons de la série mais je ne sais plus à laquelle je m’étais arrêtée. J’ai avalé les épisodes les uns après les autres en quelques jours, puis quand j’ai arrêté, j’ai à peu près tout oublié et le désir de regarder la suite m’a complètement abandonnée. Ainsi va le divertissement (vanté par une ministre et commenté par un philosophe fascisant – je n’ai pas gaspillé mon temps à écouter les aventures de Schiappa ni à lire l’article de Zizek, les titres suffisent souvent à s’informer). Et j’ai lu que cette dernière saison était ratée, du fait que les producteurs n’ont pas attendu que l’auteur du livre l’écrive lui-même. N’est pas auteur qui veut. J’ai lu aussi que Virginie Despentes n’était pas contente du tout de l’adaptation en série qui a été faite de ses romans, dont j’ai oublié le titre. Les raisons pour lesquelles des producteurs choisissent de médiocres scénaristes plutôt que d’excellents scénaristes sont nécessairement mauvaises. Il en va de même pour les éditeurs qui choisissent des auteurs médiocres. La médiocrité est d’abord celle de ces décisionnaires, à la fois trop paresseux, trop malhonnêtes et trop avides pour choisir l’excellence.

Dans Voyage en 2013 j’avais prophétisé le clocher d’une église écroulé, des barricades de voitures brûlées et la destruction de la cité, tout cela dans Paris. La destruction en cours de la cité ne vient pas d’un jeu de trônes, contrairement à ce que voudrait faire croire le divertissement, mais de l’imbécillité ordinaire et de la mauvaiseté politique de décideurs que, dans un monde orwellien, on appelle souvent élites, alors qu’ils sont ignorants. À part eux, tout vivant est savant, donc règne. Je suis vivante, reine et prophète.

 

dessin 3-minDessin réalisé hier soir dans mon cahier-chantier, en rapport avec ma journée d’écriture

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alinareyes