« Lucy in the sky » et « Origine du monde »

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"Lucy in the Sky", acrylique sur papier, 31x41 cm

« Lucy in the Sky », acrylique sur papier, 31×41 cm

"Origine du monde", technique mixte sur papier, 32x24 cm

« Origine du monde », technique mixte sur papier, 32×24 cm

Et quand je ne pérégrine pas à pied ou à vélo, toute à mon féroce désir de mouvement et d’exploration, je peins, plus exactement je repeins d’anciennes peintures. Aujourd’hui j’ai terminé « Origine du monde », après « Lucy in the sky ».

Puis je les vernis, comme celles-ci, peintes ces jours derniers (sur toile, bois ou papier) :

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Christ aux cheveux verts

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"Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang" Acrylique sur bois (isorel) 74x42 cm

« Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang » Acrylique sur bois (isorel) 74×42 cm


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En écrivant cette icône, j’ai songé que le maintien de la fermeture des parcs et jardins en Ile-de-France, malgré les demandes d’ouverture d’Anne Hidalgo et de Valérie Pécresse, et alors que rouvrent centres commerciaux, écoles, bureaux, chantiers, transports en commun, lieux de culte avec autorisation de cérémonies…, et alors que les études montrent que la pandémie se transmet essentiellement dans les lieux clos, est une mesure de coercition de type fasciste, totalitaire : une mesure contre la vie, contre la liberté, contre le bonheur.

J’aurais pu intituler cette icône « la multiplication des pains », avec cette chair du Christ changée en myriades d’hosties. Mais ce qui est essentiel, c’est que cette figure soit encadrée de vert et d’or. En ce jour d’Ascension, une façon de s’élever pour voir d’en haut que la vie et la lumière sont nos véritables trésors, avec l’amour rendu par la libéralité du don de soi, un soi aux mesures de l’univers et en communion avec lui.

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« Le visage tourné »

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"Le visage tourné", acrylique sur toile 46x37 cm

« Le visage tourné », acrylique sur toile 46×37 cm

Par la fenêtre ouverte la lumière, la douce chaleur, les couleurs des briques et des fleurs, les senteurs de la verdure montant de la cour, avec les voix du voisinage qui composent une musique du quotidien, et de temps en temps celle d’un proche ou d’un autre qui interpellent d’en bas : « Regarde, j’ai ramené le vélo », « lance-moi la clé », « L. est là, on va se promener », etc. Avec le réchauffement climatique, une ambiance de Sud à Paris. En attendant la réouverture des jardins, je me balade à vélo ou à pied dans la ville, et en attendant la réouverture des bibliothèques où travailler, je peins. Bienheureuse.

« Au bois, il y a un oiseau ». Avec Rimbaud, Debussy, Grimaud

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"Au bois, il y a un oiseau", acrylique sur bois 75x40 cm. J'ai laissé nus les nœuds du bois

« Au bois, il y a un oiseau », acrylique sur bois 75×40 cm. J’ai laissé nus les nœuds du bois


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Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

Il y a une horloge qui ne sonne pas.

Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.

Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

Arthur Rimbaud, Illuminations

« Quatre vents », avec Orhan Pamuk. Le déconfinement révélateur

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"Quatre vents", acrylique sur bois (isorel) 75x51 cm

« Quatre vents », acrylique sur bois (isorel) 75×51 cm

Je ne sais pas pourquoi, mais le fait est que nous soyons là tous les quatre à regarder me procurait un apaisement.

« Qu’y a-t-il de commun entre l’aveugle et le voyant ? » a récité Le Noir après un long silence. Faisait-il allusion, en dépit du caractère obscène de l’image, à la noblesse de cette jouissance visuelle que Dieu nous a donnée ? Cigogne, pour son compte, ne captait rien à ces choses-là, vu qu’il ne lit jamais le Coran. Je savais que ce verset était de ceux que les anciens Maîtres de Hérat citaient le plus souvent, en particulier pour répondre aux imprécations des détracteurs de la peinture, ceux qui prétendent qu’elle est contraire à notre foi et que les peintres iront en Enfer, au jour du Jugement dernier. Pourtant, avant ce jour magique, je n’avais jamais entendu Papillon parler comme il l’a fait alors, l’air de rien :

« Je voudrais peindre quelque chose qui montre que l’aveugle n’a rien de commun avec le voyant.

– Qui est aveugle ? Et qui est voyant ? a demandé Le Noir avec naïveté.

– L’aveugle et le voyant n’ont rien en commun, c’est ce que veut dire wa mâ yastawi-l’âmâ wa-l-bâsirûn, a dit Papillon, avant de réciter :

Il n’y a rien de commun
Entre lumière et ténèbres
Entre la chaleur et le frais
Entre les morts et les vivants.

Orhan Pamuk, Mon nom est Rouge, traduit du turc par Gilles Authier

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Poisson d’amour et monde d’après, maintenant

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"Poisson d'amour", acrylique sur bois, 50x50 cm

« Poisson d’amour », acrylique sur bois, 50×50 cm


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Peignant ce matin mon « Poisson d’amour » à la peinture dorée, la capuche sur la tête (il faisait frais), après mon yoga et dans la paix de ma musique de méditation, j’ai songé que j’étais comme un moine en train de peindre une icône, c’est-à-dire d’écrire, les icônes étant considérées comme une forme d’écriture. En tout cas la peinture est un exercice spirituel. Plus elle l’est, plus elle peut atteindre la grandeur. Il y a de grandes peintures qui sont peu spirituelles, comme celles de Picasso, que j’aime moins depuis que j’aime mieux la grande peinture spirituelle, comme celle de Jean-Michel Basquiat. Le vingtième siècle a mieux compris l’art peu spirituel, ou n’a pas bien compris l’art spirituel, mais le vingtième siècle est derrière nous et nous pouvons le relire autrement qu’il ne l’a été par ses contemporains.

Il y a aussi des peintures spirituelles qui ne sont pas grandes d’un point de vue artistique, peut-être parce qu’elles sont comme la poésie, qui, comme le dit Yves Bonnefoy en parlant de Rimbaud, n’est pas de l’art, mais autre chose. Il est temps de passer à autre chose. J’écoute de la musique nuit et jour.

Un très beau texte de Bonnefoy sur Rimbaud, qui parle aussi bien d’aujourd’hui :

« Trou blanc, troublant ? » Déconfinement, jour de fête

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"Trou blanc, troublant ?" Acrylique sur bois, 40x69 cm

« Trou blanc, troublant ? » Acrylique sur bois, 40×69 cm

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C’est un cosmos, et je l’ai appelé « Trou blanc, troublant ? » parce qu’il s’articule autour d’un trou, un vrai trou naturel dans le bois, que j’ai peint en blanc – plutôt qu’à partir d’un trou noir. Et justement ce jour de déconfinement qui vient est un peu un trou blanc de sortie du trou noir du confinement – vous me suivez ? Un trou blanc qui engendre mille autres trous blancs, et toutes les couleurs.

Bon, je sais bien que ce n’est pas vraiment la fête, ça va être encore dur, pour ceux qui travaillent et pour ceux qui ont perdu leur travail. Mais j’aime tant la fête, je la trouve même dans des choses minuscules, j’ai bien l’intention de l’éprouver pour ma première sortie, sans doute en amoureux, à plus d’un kilomètre de la maison. Loin de moi ce qu’on a appelé la « romantisation du confinement ». À la maison tout s’est passé dans une paix et une entente parfaites, mais n’empêche, quelle lourdeur, ce confinement forcé, et quelle libération, de pouvoir en sortir ! Revoir le monde, et revoir certains proches qu’on n’a pas vus depuis deux mois !

Après avoir fini mon « Trou blanc, troublant ? » aujourd’hui, j’ai vernis mes deux précédentes toiles (celle-ci et celle-là), puis j’ai commencé un autre tableau, de nouveau une reprise d’une ancienne peinture sur bois. J’aime peindre sur bois, mieux que sur toile. Les bouts de bois sur lesquels je peins ne sont pas destinés normalement à être peints, ce sont des rebuts de coupe que j’achète au magasin de bricolage ou que je récupère dans la rue au gré de mes déambulations – ça fait partie de la philosophie de ma pratique. Oh, je vais pouvoir recommencer ! Je travaille avec la nature du bois tel qu’il se présente, ici j’ai utilisé le trou et les nœuds. Je trouve que la peinture est plus belle sur le bois, même si le bois que j’utilise a des irrégularités il y a plus de lisse que la toile, le travail des différentes couches rend mieux même s’il est peut-être plus délicat à discerner à première vue. Pour l’instant je reprends d’anciennes peintures avec la technique des points, c’est une façon de l’explorer. Ça ne veut pas dire que je m’y limiterai désormais, tout est possible, tout est ouvert, j’ai de bonnes chances d’avoir encore quelques décennies devant moi pour travailler et inventer, c’est la joie !

Le jeûne facilité

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J'ai fini aujourd'hui cette peinture, intitulée "Oreille de lièvre" (acrylique sur toile 40x50 cm)

J’ai fini aujourd’hui cette peinture, intitulée « Oreille de lièvre » (acrylique sur toile 40×50 cm)


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Je ne ferai pas ici une note sur les vertus du jeûne, de plus en plus étudiées et reconnues – on trouve maints articles sur le sujet en ligne. Je veux juste témoigner de la façon dont on peut le rendre très accessible.

Je jeûne quotidiennement entre douze et quinze heures, parfois seize. Le plus facilement du monde, puisque sept à huit de ces heures sont occupées à dormir. J’ai jeûné une fois pendant tout un Ramadan, en été donc par des journées longues et chaudes. Je n’en ai pas souffert parce que je n’avais alors rien d’autre à faire que me promener et travailler à mon rythme la maison. Mais c’était fatigant. Et Ramadan est une célébration spéciale, qui ne dure qu’un mois.

Mon compagnon jeûne souvent plusieurs fois par semaine au travail. Bien que son travail soit très fatigant, commence très tôt le matin, finisse tard le soir et comprenne une part assez conséquente d’exercice physique, ne rien manger de la journée ne le fatigue pas, c’est au contraire une façon de se détoxifier qu’il recherche naturellement. Chaque personne étant différente, pour ma part je ressens de la fatigue quand je jeûne dans la journée. J’ai donc choisi de jeûner la nuit.

Il suffit de dîner tôt le soir et de prendre son petit déjeuner au minimum douze heures après, sans rien prendre entre-temps (seules l’eau ou les boissons à l’eau, thé, tisane, café… sans sucre ni calories, n’entament pas l’efficacité du jeûne). On peut aussi sauter son petit déjeuner. Les effets bénéfiques de ce jeûne sont les mêmes que ceux d’un jeûne effectué en journée mais il est beaucoup plus facile à suivre. Pour ma part, comme je suis à la maison, je le fais durer le plus souvent au moins quatorze heures : je me couche plusieurs heures après le dîner, puis une fois réveillée je prends un peu mon temps, puis je fais ma séance de yoga quotidienne (en moyenne 45 à 50 minutes), avant de prendre mon petit déjeuner. Faire de l’exercice pendant la fin du jeûne est particulièrement bénéfique pour le renouvellement de l’organisme. Mieux vaut ensuite limiter la journée à trois repas (petit déjeuner, déjeuner, dîner), voire deux, et, sans se gaver de n’importe quoi bien sûr, manger selon ses goûts et ses choix.

Depuis que je suis ce rythme de vie, je me sens bien plus légère et tonique. Il n’est pas indispensable de pratiquer ce jeûne tous les jours, on peut commencer en le faisant deux fois par semaine par exemple, c’est bénéfique aussi. Mais quand on a goûté à cette pratique, on a juste envie de la garder, tant elle fait de bien.

L’unité de l’être dans la Bhagavad-Gita, hymne révélé de l’hindouisme

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J'ai terminé ma peinture (acrylique sur toile 40x50 cm), et je l'ai intitulée "Oreille interne". Puis j'en ai commencé une autre

J’ai terminé ma peinture (acrylique sur toile 40×50 cm), et je l’ai intitulée « Oreille interne ». Puis j’en ai commencé une autre


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« La connaissance grâce à laquelle on ne voit qu’un être unique, indivisible et impérissable en tous les êtres, aussi distincts soient-ils les uns des autres, sache qu’elle est pure et clairvoyante. » (20)

« Les humains touchent au but suprême lorsque, par leurs actes, ils honorent celui qui engendre les vivants et qui sous-tend le monde. » (46)

« Car le Seigneur, ô Arjuna, présent au cœur de tous les êtres, les anime par sa puissance, comme s’ils étaient mus par un mécanisme. » (61)

« Prends refuge en lui seul, ô descendant des Bharata, de tout ton être.
Par sa grâce, tu éprouveras la grâce infinie du séjour éternel. » (62)

Ces versets du Chant XVIII de la Bhagavad-Gita comptent parmi ceux qui indiquent que l’hindouisme est loin d’être le polythéisme qu’on croit trop souvent, faute de l’avoir étudié avec intelligence, et surtout, de l’avoir pratiqué d’une façon ou d’une autre. Ce texte fonde ma pratique du yoga, tout autant que ma pratique du yoga me conduit à l’intelligence de ce texte.
Le savoir sans la pratique est un faux savoir. Ou, pour le dire de façon imagée : le savoir sans la pratique est une charrue sans bœufs. Quelle sorte de savoir peut avoir celui ou celle qui regarde une charrue sans avoir jamais vu ni senti labourer la terre ? La même sorte que celui ou celle qui prend des vessies pour des lanternes. Où peut aller celui ou celle qui prend place dans une voiture à cheval sans cheval ni chevaux, ou attelée à un cheval mort ? Pas plus loin que l’intelligence sans la pratique, le moteur pour apprendre à savoir et pouvoir s’en servir.
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Pour d’autres extraits de ce texte splendide, ci-dessous mot-clé Bhagavad-Gita
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Lézarder

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 collage-minCoronavirus quand tu nous fais rester à la maison… c’est bon de s’amuser pour lézarder sans ennui. Là j’ai fait un petit collage-coloriage

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Lézards sur les pierres, l’un traînait sa queue fourchue, du fait d’une mue non décrochée. Je les imaginais grands comme des dinosaures : je ne pouvais plus exister. Retour à leur taille réelle : je respirais. (extrait de mon roman Forêt profonde)

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La Joyeuse

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la joyeuse-min*

J’appellerais bien cette « Flamme de lettres », dessinée hier dans mon gros cahier-chantier d’écriture, la Joyeuse, en référence à la Joconde.  Je regarde un documentaire d’Arte sur Einstein et Hawking. Mon travail aussi va changer la vision du monde. Tout le travail produit au cours des quinze dernières années, appuyé sur le travail produit pendant les décennies précédentes, depuis l’enfance à vrai dire, et qui continue, alors que je me sens, vraiment, plus légère que jamais.

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Bonheur

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"Bonheur", mon nouveau dessin

« Bonheur », mon nouveau dessin

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La nuit est ronde comme une orange.
Vertes, ses feuilles étincellent.

 

Dans ses feuilles étincelantes jaillit le jour.
Sèves.

 

Mes doigts qui tracez,
mes pieds qui martelez,
et vous mon cœur, mon cerveau, mon sang,
faites advenir le printemps !

 

Vous mes neurones, mes narines, mes nerfs.
Vous mes trois yeux, vous mes dix bras.
Vous mes mille et une joies, vous mes milliards d’années
riant dans l’univers à ma gorge déployée.
Vous mes rimes cryptées, mes mesures secrètes,
vous mes orteils, toi ma tête,
vous mes chevilles, toi ma lymphe,
vous mes eaux, mes feux, mes chairs, mes airs,
qui n’êtes ni moi ni autre,
moi l’autre, là même,
bonheur.

 

Le jour naît vert de mon sang chlorophile
ma caverne enphyllée tisse
poèmes nervurés autour des fleurs,
des fruits.

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De l’art de mettre Paris en bouteille

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"Songe d'un jour de pluie", mon dessin du jour

« Songe d’un jour de pluie », mon dessin du jour

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Près de Beaubourg, l’excellent Banksy est allé récupérer son Rat au cutter, on l’a pris pour un voleur. Tout est bien qui finit bien et personne n’y comprend rien. Cheese !

En France un directeur de casting menace Adèle Haenel de briser sa carrière ; aux États-Unis, où le film Portrait de la jeune fille en feu a un beau succès, elle vient de signer avec la plus grosse agence d’artistes d’Hollywood. Magnifique actrice, magnifique tempérament, qui nous rajeunit le pays.

Quelque part une blogueuse féministe fait la critique de la tribune de Virginie Despentes. C’est tout à fait son droit, même si je trouve que lui reprocher de ne pas assez s’en prendre aux hommes, c’est retomber dans ce qui empêche les femmes de se libérer, à savoir toujours, d’une manière ou d’une autre, se déterminer par rapport aux hommes. Et quand elle dit que si le même texte avait été écrit par une inconnue sur un blog ordinaire, personne n’en aurait parlé… comment dire ? Avec des si on mettrait Paris en bouteille. Mais s’il existait une blogueuse inconnue capable d’écrire avec la puissance de feu de Despentes, elle ne serait pas une blogueuse inconnue. Écrire, ce n’est pas rien.

On ne s’improvise pas artiste non plus, et ça n’empêche que c’est bon d’écrire ou de pratiquer des arts en amateur·e. Du moment qu’on ne pense pas que tout se vaut. Rat au cutter moins Rat au cutter = zéro.

 

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Au fait, à qui, à quoi il vous fait penser, ce Rat au cutter ? Banksy a le sens du timing

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« Le Champ et son connaisseur ». Méditation

"Méditation", acrylique sur toile 30x30 cm, ma dernière repeinture (cf notes précédentes), avec humble hommage à Rembrandt et à son "Philosophe en méditation"

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Hier à Paris 5e, à la mosquée et tout près, photos Alina Reyes

Hier à Paris 5e, à la mosquée et tout près, photos Alina Reyes

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Dans notre lecture de la Bhagavad-Gita, nous arrivons aujourd’hui au Chant XIII, « Le Champ et son connaisseur ». Voici un passage du discours de Krishna, le « Seigneur Bienheureux », continuant à livrer son enseignement à Arjuna :

« Surtout, faire preuve envers moi
D’une inflexible dévotion,
D’un amour de la solitude,
Rejeter les choses mondaines,

Chercher à connaître le Soi,
Comprendre la fin du savoir,
Voici ce qu’est la connaissance ;
Tout le reste n’est qu’ignorance.

Apprends l’essence du savoir
Qui mène à l’immortalité :
C’est la Réalité suprême,
Qui est et n’est pas à la fois.

Partout sont ses pieds et ses mains,
Partout ses yeux, têtes, oreilles
Partout ses bouches ; elle habite
Ce monde, et contient toutes choses.

Elle ne possède aucun sens
Mais brille à travers eux ; soutient
Tout, bien qu’elle en soit détachée ;
Goûte aux gunas, mais les transcende ;

Extérieure, et pourtant en nous,
Immobile, toujours mouvante,
Subtile au point d’être impensable,
Lointaine, et cependant si proche,

Indivisible, mais semblant
Divisée en milliers de corps,
C’est ce qui nourrit tous les êtres,
Ce qui les broie, ce qui les crée.

C’est la lumière des lumières
Par-delà toutes les ténèbres ;
Le savoir, son objet, sa fin ;
Elle est sise au cœur de tout être.

Tel est, en quelques mots, le Champ,
Le savoir, l’objet du savoir ;
L’ascète qui comprend cela
Est prêt à partager mon être.

(…)

Comme l’espace, si subtil
Qu’il est partout sans se corrompre,
Le Soi n’est jamais corrompu
Par le fait de s’être incarné. »

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Remonter à la première note de la série de lectures pour trouver les références de cette édition de la Baghavad-Gita

 

"Méditation", acrylique sur toile 30x30 cm, ma dernière repeinture (cf notes précédentes), avec humble hommage à Rembrandt et à son "Philosophe en méditation"

« Méditation », acrylique sur toile 30×30 cm, ma dernière repeinture (cf notes précédentes), avec humble hommage à Rembrandt et à son « Philosophe en méditation »

« La vision cosmique »

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Nous continuons notre lecture par passages de la Bhagavad-Gita. Aujourd’hui un passage du début du Chant XI, « La vision cosmique ».

« LE SEIGNEUR BIENHEUREUX DIT :

Admire, Arjuna, par milliers,
Par millions, mes formes divines :
Tous les êtres – ces corps, ces formes,
Ces couleurs, ces aspects sans nombre.

Vois : les dieux solaires, les dieux
Du feu, du ciel, du vent, de l’aube,
Des merveilles qu’aucun mortel
N’a jamais vues. Vois, Arjuna !

L’univers entier, tous les êtres
Animés ou inanimés
Rassemblés ici – vois ! -, unis
Au sein de mon corps infini.

Mais puisque tes yeux de mortel
Ne te permettent de me voir,
Je t’offre le regard d’un dieu :
Vois l’étendue de mon pouvoir !

Après avoir ainsi parlé,
Krishna, le Seigneur du Yoga,
Lui montra sa forme sans fin,
Transcendante et majestueuse ;

Ses yeux et bouches innombrables,
Tous ses visages merveilleux,
Ses ornements éblouissants
Et ses armes de feu brandies.

Couronné de flammes, drapé
Dans la lumière et les parfums,
Le Dieu infini apparut,
Paré de toutes les merveilles.

Si mille soleils se levaient
Et resplendissaient dans l’azur,
Leur éclat aurait la féroce
Splendeur de ce tout-puissant Soi.

Arjuna vit tout l’univers,
Avec ses milliards de milliards
D’êtres vivants ne faisant qu’un
Avec le corps du Dieu des dieux.
 »

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Références de l’édition en première note au mot-clé Bhagavad-Gita

 

caverne-min« Caverne », ma nouvelle repeinture (cf notes précédentes), acrylique sur toile 30×30 cm

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