Mort sur pieds. Arlequin. Et « Crépuscule » d’Apollinaire

Le bout de bois (56x28 cm) trouvé dans la rue, une fois repeint à l'acrylique, est devenu "Arlequin"

Le thème pictural de la jeune fille et la mort, dans lequel un squelette enlace une jeune fille joliment en chair, me vient à l’esprit quand je vois dans les médias de vieilles célébrités délibérément squelettiques, dans leur désir de ressembler à de minces filles prébubères. Je dis filles car je ne vois pas d’hommes s’affamer à ce point par coquetterie. Peut-être y en a-t-il, mais ce sont essentiellement des femmes qui s’affichent en cet état morbide. On peut dire que le squelette qui enlaçait les jeunes filles dans la peinture les a soumises : comme on vend son âme au diable, elles vendent leur chair à la mort – et les deux ventes, les deux marchés, vont de pair. Faust et Dorian Gray forment couple (Macron-Trogneux, BHL-Dombasle, etc.). Ils sont deux faces d’une même médaille, comme boulimie et anorexie. Tristes modèles promus par les médias, si dommageables pour la condition des femmes, et pour la condition humaine. J’en entends un écho dans le « Crépuscule » de Guillaume Apollinaire, que voici.

Crépuscule

À Mademoiselle Marie Laurencin.

Frôlée par les ombres des morts
Sur l’herbe où le jour s’exténue
L’arlequine s’est mise nue
Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l’on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D’astres pâles comme du lait

Sur les tréteaux l’arlequin blême
Salue d’abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs

Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales

L’aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d’un air triste
Grandir l’arlequin trismégiste

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
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J'avais trouvé ce bout de bois peint jeté dans la rue, je l'ai récupéré, repeint

J’avais trouvé ce bout de bois peint jeté dans la rue, je l’ai récupéré, repeint


Le bout de bois (56x28 cm) trouvé dans la rue, une fois repeint à l'acrylique, est devenu "Arlequin"

Le bout de bois (56×28 cm) trouvé dans la rue, une fois repeint à l’acrylique, est devenu « Arlequin »


arlequin 2-min

Littéralement physique : Point Reyes Ligthhouse, work in progress et work in promesse

work in progress-min
"Point Reyes Lighthouse", acrylique sur bois, 46x30 cm (d'après le phare du même nom)

« Point Reyes Lighthouse », acrylique sur bois, 46×30 cm (d’après le phare du même nom)

Excellente annonce hier, que j’attendais ardemment : la Bibliothèque nationale va rouvrir. Le 6 juillet pour les chercheur·e·s, dont je suis, le 15 pour tout le monde. Car le travail d’écriture m’appelle de plus en plus fort. Je ne peux pas écrire à la maison – pas assez d’isolement – et toutes les bibliothèques, publiques, universitaires… sont fermées depuis mars. J’en ai d’autant plus désir, un désir littéralement physique, que je vois O écrire nuit et jour depuis le déconfinement, dans un formidable élan créateur. Moi je peins sans me lasser, avec grand bonheur. En attendant donc le 6 juillet j’ai ressorti hier soir ma plus grande peinture, que j’ai commencé à repeindre, après avoir repeint toutes les autres. Je l’ai mise sur un vieux drap pour ne pas tacher le sol et voilà, réinventons ! Quand je serai de retour à mes manuscrits et recherches, je vais faire des étincelles !

work in progress-min Aussitôt fini de repeindre « Point Reyes Ligthhouse », je m’installe pour repeindre « Apocalypse » et termine « Z », petite peinture carrée réalisée avec les restes de peinture de ma palette, comme précédemment « Clock » (et j’ai couvert de Gesso un calendrier dépassé pour utiliser à mesure les restes de peinture de mon nouveau work in progress).

"Z", gouache et acrylique sur papier, 21x21 cm

« Z », gouache et acrylique sur papier, 21×21 cm

Œuf cosmique et quelques sutras de Patanjali

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Je l’ai terminée aujourd’hui, c’est celle de mes peintures que jusque là je préfère. Je l’accompagne de quelques sutras de Patanjali – de ses Yoga-Sutras, dont j’ai déjà donné quelques-uns dans quelques autres notes, ici.

"Cosmic Egg", acrylique sur bois 56x74cm

« Cosmic Egg », acrylique sur bois 56x74cm

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cosmic egg 3-min
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« Le Yoga de l’action se pratique selon trois modalités inséparables : un effort soutenu, la conscience intérieure de soi et l’abandon au Seigneur. » (II, 1)

« Le discernement, pratiqué de façon ininterrompue, est le moyen de mettre fin à l’inconnaissance du réel. » (II, 26)

« Le fait d’être pur engendre la bonne humeur, la concentration d’esprit, la maîtrise des sens et la faculté d’être en relation avec la conscience profonde. » (II, 41)

« Toute chose porte en soi le principe unique, en raison de l’unicité du changement. » (IV, 14)

« Le mental coloré par le Soi devient conscience totale. » (IV, 23)

Patanjali, Yoga-Sutras, trad. du sanscrit par Françoise Mazet

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Depuis bientôt un an, sauf très rares exceptions, je pratique le yoga tous les matins au lever – et parfois à d’autres moments dans la journée. Une pratique qui allie le physique et le psychique et donne une grande paix, même dans les tribulations. Une pratique qui, si elle est correctement menée, clarifie l’esprit et aide au discernement, notamment avant d’agir. Évidemment ce n’est pas garanti : j’ai vu des yogis et des yoginis manquer de discernement et gober comme tant d’autres ce qu’on leur racontait pour justifier le passage à un acte trompeur. Sans doute n’étaient-ce pas des yogis assez accomplis. Le voyage est incertain mais le chemin arrive à bon port, si on le suit, si on ne renonce pas à la pureté. Le diable guette au coin des routes quand elles sont prises dans le brouillard, et l’issue peut être fatale pour les égarés qui ne reviennent pas sur leurs pas. Trêve de leçons et autres paraboles : à la pratique !

« Morning River » et « Voyage au centre de la terre »

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J’accompagne ma nouvelle (re)peinture (un retour très agréable à la gouache) d’un passage de Jules Verne, dont je commence à relire le merveilleux Voyage au centre de la Terre.
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"Morning River", gouache sur papier 24x32 cm

« Morning River », gouache sur papier 24×32 cm


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« La lave, à la dernière éruption de 1229, s’était frayé un passage à travers ce tunnel. Elle tapissait l’intérieur d’un enduit épais et brillant ; la lumière électrique s’y réfléchissait en centuplant son intensité.

Toute la difficulté de la route consistait à ne pas glisser trop rapidement sur une pente inclinée à quarante-cinq degrés environ ; heureusement certaines érosions, quelques boursouflures tenaient lieu de marches, et nous n’avions qu’à descendre en laissant filer nos bagages retenus par une longue corde.

Mais ce qui se faisait marche sous nos pieds devenait stalactites sur les autres parois. La lave, poreuse en de certains endroits, présentait de petites ampoules arrondies ; des cristaux de quartz opaque, ornés de limpides gouttes de verre et suspendus à la voûte comme des lustres, semblaient s’allumer à notre passage. On eût dit que les génies du gouffre illuminaient leur palais pour recevoir les hôtes de la terre.

« C’est magnifique ! m’écriai-je involontairement. Quel spectacle, mon oncle ! Admirez-vous ces nuances de la lave qui vont du rouge brun au jaune éclatant par dégradations insensibles ? Et ces cristaux qui nous apparaissent comme des globes lumineux ? »

(…)

Le soir, vers huit heures, il donna le signal d’arrêt. Hans aussitôt s’assit. Les lampes furent accrochées à une saillie de lave. Nous étions dans une sorte de caverne où l’air ne manquait pas. Au contraire. Certains souffles arrivaient jusqu’à nous. Quelle cause les produisait ? À quelle agitation atmosphérique attribuer leur origine ? C’est une question que je ne cherchai pas à résoudre en ce moment. La faim et la fatigue me rendaient incapable de raisonner. Une descente de sept heures consécutives ne se fait pas sans une grande dépense de forces. J’étais épuisé. Le mot « halte » me fit donc plaisir à entendre. Hans étala quelques provisions sur un bloc de lave, et chacun mangea avec appétit. »

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre

Se déboulonner

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"Clock", acrylique sur bout de carton récupéré 27×20 cm (j’ai réalisé cette peinture ces jours-ci pour utiliser mes fonds de palette en peignant d’autres tableaux)

« Clock », acrylique sur bout de carton récupéré 27×20 cm (j’ai réalisé cette peinture ces jours-ci pour utiliser mes fonds de palette en peignant d’autres tableaux)

Ceux qui s’indignent vivement d’un déboulonnage ou éventuel déboulonnage de quelques statues et n’ont pas un mot pour les humains tués ou mutilés par la police : voilà ce qu’est l’idolâtrie. Un aveuglement. On ne voit pas l’être humain, on voit l’idée qu’on se fait du monde. Et à cette idée on veut plier l’humain, l’obliger à plier devant les statues de pierre et surtout les statues sociales, les statuts sociaux devant lesquels deviennent invisibles les personnes racisées, les femmes, les personnes en situation de faiblesse.
Déboulonner, voilà pourtant un bon mot pour libérer une société de ses systèmes infernaux. Il suffit parfois qu’un seul boulon saute pour que la machine devienne inutilisable. Chacune, chacun peut l’être, boulon qui saute.

Simorgh et autres oiseaux

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"Oiseaux", acrylique sur toile 30x30 cm

« Oiseaux », acrylique sur toile 30×30 cm


"Hirondelles", acrylique sur toile 30x30 cm

« Hirondelles », acrylique sur toile 30×30 cm


"Simorgh", technique mixte sur papier, 41x31 cm

« Simorgh », technique mixte sur papier, 41×31 cm

« Lorsque tous les oiseaux eurent compris ce dont il s’agissait, ils s’adressèrent encore à la huppe en ces termes : « Toi qui te charges de nous conduire dans le chemin, toi qui es le meilleur et le plus puissant des oiseaux, sache que nous sommes tous faibles et sans force, sans duvet ni plumes, sans corps ni énergie ; comment pourrons-nous enfin arriver au sublime Simorg ? Notre arrivée auprès de lui serait un miracle. Dis-nous avec qui cet être merveilleux a de l’analogie ; car sans cela des aveugles comme nous ne sauraient chercher ce mystère. S’il y avait quelque rapport entre cet être et nous, nous éprouverions de l’inclination à aller vers lui ; mais nous voyons en lui Salomon, et nous sommes la fourmi mendiante. Vois ce qu’il est et ce que nous sommes : comment l’insecte qui est retenu au fond du puits pourra-t-il s’élever jusqu’au grand Simorg ? La royauté sera-t-elle le partage du mendiant ? Cela pourra-t-il avoir lieu avec le peu de force que nous avons ? »

La huppe répondit : « O oiseaux sans ambition ! comment un généreux amour pourrait-il surgir d’un cœur dépourvu de sensibilité ? Cette sorte de mendicité, dans laquelle vous semblez vous complaire, est pour vous sans résultat. L’amour ne s’accorde pas avec le manque de sensibilité. Celui qui aime les yeux ouverts marche à son but en jouant avec sa vie. Sache que quand le Simorg manifeste hors du voile sa face aussi brillante que le soleil, il produit des milliers d’ombres sur la terre ; puis il jette son regard sur ces ombres pures. Il déploie donc son ombre dans le monde, et alors paraissent à chaque instant de nombreux oiseaux. Les différentes espèces d’oiseaux qu’on voit dans le monde ne sont donc tous que l’ombre du Simorg. Sachez bien cela, ô ignorants ! Dès que vous le saurez, vous comprendrez exactement le rapport que vous avez avec le Simorg. Admirez ce mystère avec intelligence, mais ne le divulguez pas. Celui qui a acquis cette science est submergé dans l’immensité du Simorg ; mais, gardons-nous de dire qu’il est Dieu pour cela. Si vous devenez ce que j’ai dit, vous ne serez pas Dieu, mais vous serez à jamais submergés en Dieu. Un homme ainsi submergé est-il pour cela une transsubstantiation ? et ce que je dis à ce sujet peut-il être considéré comme superflu ? Puisque vous savez de qui vous êtes l’ombre, vous devez être indifférents à vivre ou à mourir. Si le Simorg n’eût pas voulu se manifester au dehors, il n’aurait pas projeté son ombre ; s’il eût voulu rester caché, jamais son ombre n’eût paru dans le monde. Tout ce qui se manifeste par son ombre se produit ainsi visiblement. Si tu n’as pas un œil propre à voir le Simorg, tu n’auras pas non plus un cœur brillant comme un miroir propre à le réfléchir. Il est vrai qu’il n’y a pas d’œil susceptible d’admirer cette beauté, ni de la comprendre ; on ne peut aimer le Simorg comme les beautés temporelles ; mais, par excès de bonté, il a fait un miroir pour s’y réfléchir. Le miroir, c’est le cœur. Regarde dans le cœur, et tu y verras son image. »

Farīd al-Dīn ‘Attār, MANTIC UTTAÏR ou LE LANGAGE DES OISEAUX, chap. 13, trad. du persan par J. H. Garcin de Tassy

Le texte de ce fabuleux poème contant le voyage des oiseaux vers le Simorg se trouve ici
*
Ma toile « Oiseaux » est inspirée d’un dessin d’Audubon. « Hirondelles » fait référence à la symbolique de bonheur et de résurrection portée par l’hirondelle, tant dans l’Egypte antique où elle figure l’âme en cours de transformation, que dans le christianisme médiéval, notamment quand elle est représentée tête en bas. Le Simorgh, quintessence de l’esprit oiseau, est parfois associée à la végétation.

Le sang des femmes assassinées. Avec des collages féministes, du street art et une peinture

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"City, with a woman corpse, a subway and some rats". Acrylique sur papier et collage (de tickets de métro), 41x31 cm

« City, with a woman corpse, a subway and some rats ». Acrylique sur papier et collage (de tickets de métro), 41×31 cm

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à Paris ces jours-ci, photos Alina Reyes

« …le coquelicot dresse dans les champs sa fleur sauvage et frêle, résistante et singulière, que personne n’a plantée, dont la flamme parcourt les champs comme un message. » Marcel Proust, Jean Santeuil

Le coquelicot essaime des milliers de graines.

Cinq animaux métaphysiques

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"Tirésias"

« Tirésias »


"Le chameau de la prophétesse"

« Le chameau de la prophétesse »


"Le papillon de la dernière heure"

« Le papillon de la dernière heure »


"Phénix"

« Phénix »


"Grenouille de longue vie"

« Grenouille de longue vie »


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Les cinq sont peints en technique mixte (acrylique, gouache, feutre) sur papier 24×32 cm.

« Tirésias », muni des deux sexes, est aussi muni de deux regards, deux paires d’yeux, ceux de l’homme et ceux de la femme, donc voyant.

« Le chameau de la prophétesse » fait référence à l’histoire de la chamelle du prophète Mohammed, à qui il laissa le soin de déterminer l’endroit où construire la mosquée de Médine.

« Le papillon de la dernière heure » fait référence, entre autres, à la magnifique sourate 101 du Coran

« Phénix », comme il se doit, brûle et renaît de ses cendres

« Grenouille de longue vie » fait référence à nombre de mythologies dans le monde, dans lesquelles la grenouille est symbole de résurrection, comme dans le christianisme, et de longue vie. Par exemple à la fin de l’hymne aux grenouilles du Rig-Veda :

« Plaise aux grenouilles, lors du multiple pressurage
nous gratifiant de vaches par centaines,
de prolonger le temps de notre vie ! »

« Danse des couleurs » et balade autour du parc de Choisy

autour du parc choisy 1-min
"Danse des couleurs", gouache et acrylique sur deux cartons collés, 23x33cm

« Danse des couleurs », gouache et acrylique sur deux cartons collés, 23x33cm

J’ai seulement ajouté quelques points-lignes blanches sur ce petit effet de couleurs peint naguère sur un carton ondulé, collé sur un autre carton d’emballage récupéré.

Je fais partie, physiquement, des poètes estropiés comme Rimbaud, Apollinaire, Cendrars, Van Gogh. Mon intérêt pour la dissymétrie dans la symétrie s’est révélé dès l’enfance, le jour où, lors de l’élection de la miss du village, j’ai éprouvé avec force que la beauté de telle belle brune avait un relief tout particulier du fait qu’elle était boiteuse (elle avait eu la polio, voilà ce qui arrivait quand les enfants n’étaient pas vaccinés). Ce détail la rendait plus belle que toutes les autres à mes yeux.
L’une des toutes premières nouvelles que j’ai écrites, bien avant de publier un roman, contait l’histoire d’un homme qui courait avec un pied chaussé, l’autre nu.
Une règle qui ne supporte pas d’exception est une règle triste. La règle de la symétrie supporte l’exception, elle est même tout entière exception, me semble-t-il. La plupart du temps notre regard trop superficiel ne discerne pas le dissymétrique dans la symétrie, mais n’y est-il pas toujours, ne serait-ce que de façon infime ? Ce qui le révèle pleinement agit comme une épiphanie, un renversement, une preuve éclatante de vie, d’interrogation, de pensée.

J’ai marché longuement aujourd’hui, voici quelques images prises au parc de Choisy et dans le quartier alentour.

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Aujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

« Tournoi, tournoiement » et « Au milieu du chemin de notre vie »

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"Tournoi, tournoiement", acrylique et photomaton sur bois, 35×39 cm

« Tournoi, tournoiement », acrylique et photomaton sur bois, 35×39 cm


"Au milieu du chemin de notre vie", acrylique sur bois, 46x46cm

« Au milieu du chemin de notre vie », acrylique sur bois, 46x46cm

Peindre, c’est penser en couleurs. Les ennemis des humains « de couleur » sont des ennemis de la poésie et de la pensée.
Il faut apprendre à penser autrement qu’avec des mots. Il est possible de penser par la langue, mais aussi sans la langue, autrement. Je l’ai rappelé dans ma thèse, Einstein disait penser sans mots.
Il est dangereux de ne savoir penser que d’une seule façon, par un seul moyen.

Je continue à repeindre mes anciennes peintures, avec la technique des points. « Tournoi, tournoiement », peut être vue dans sa première forme ici dans les notes consacrées à Paolo Uccello.
J’ai l’intention de repeindre à la fin, quand j’aurai fait tout le reste, mon plus grand panneau, qui fait près d’un mètre quarante de longueur. Un panneau de bois encadré de fer que j’avais trouvé dans la rue.

« Fertilité ». Fougère. Maranta Fascinator

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"Fertilité", acrylique sur bois, 42 x 50 cm

« Fertilité », acrylique sur bois, 42 x 50 cm

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Maranta leuconora Fascinator. Aussi appelée « plante prieuse » parce qu’elle étend ses feuilles le jour (et les bouge) et les redresse la nuit, comme en prière dans l’ombre. Ce phénomène et la beauté de ses feuilles lui valent le nom de Fascinator.

« Lucy in the sky » et « Origine du monde »

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"Lucy in the Sky", acrylique sur papier, 31x41 cm

« Lucy in the Sky », acrylique sur papier, 31×41 cm

"Origine du monde", technique mixte sur papier, 32x24 cm

« Origine du monde », technique mixte sur papier, 32×24 cm

Et quand je ne pérégrine pas à pied ou à vélo, toute à mon féroce désir de mouvement et d’exploration, je peins, plus exactement je repeins d’anciennes peintures. Aujourd’hui j’ai terminé « Origine du monde », après « Lucy in the sky ».

Puis je les vernis, comme celles-ci, peintes ces jours derniers (sur toile, bois ou papier) :

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Christ aux cheveux verts

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"Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang" Acrylique sur bois (isorel) 74x42 cm

« Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang » Acrylique sur bois (isorel) 74×42 cm


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En écrivant cette icône, j’ai songé que le maintien de la fermeture des parcs et jardins en Ile-de-France, malgré les demandes d’ouverture d’Anne Hidalgo et de Valérie Pécresse, et alors que rouvrent centres commerciaux, écoles, bureaux, chantiers, transports en commun, lieux de culte avec autorisation de cérémonies…, et alors que les études montrent que la pandémie se transmet essentiellement dans les lieux clos, est une mesure de coercition de type fasciste, totalitaire : une mesure contre la vie, contre la liberté, contre le bonheur.

J’aurais pu intituler cette icône « la multiplication des pains », avec cette chair du Christ changée en myriades d’hosties. Mais ce qui est essentiel, c’est que cette figure soit encadrée de vert et d’or. En ce jour d’Ascension, une façon de s’élever pour voir d’en haut que la vie et la lumière sont nos véritables trésors, avec l’amour rendu par la libéralité du don de soi, un soi aux mesures de l’univers et en communion avec lui.

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« Le visage tourné »

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"Le visage tourné", acrylique sur toile 46x37 cm

« Le visage tourné », acrylique sur toile 46×37 cm

Par la fenêtre ouverte la lumière, la douce chaleur, les couleurs des briques et des fleurs, les senteurs de la verdure montant de la cour, avec les voix du voisinage qui composent une musique du quotidien, et de temps en temps celle d’un proche ou d’un autre qui interpellent d’en bas : « Regarde, j’ai ramené le vélo », « lance-moi la clé », « L. est là, on va se promener », etc. Avec le réchauffement climatique, une ambiance de Sud à Paris. En attendant la réouverture des jardins, je me balade à vélo ou à pied dans la ville, et en attendant la réouverture des bibliothèques où travailler, je peins. Bienheureuse.

« Au bois, il y a un oiseau ». Avec Rimbaud, Debussy, Grimaud

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"Au bois, il y a un oiseau", acrylique sur bois 75x40 cm. J'ai laissé nus les nœuds du bois

« Au bois, il y a un oiseau », acrylique sur bois 75×40 cm. J’ai laissé nus les nœuds du bois


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Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

Il y a une horloge qui ne sonne pas.

Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.

Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

Arthur Rimbaud, Illuminations