Je me trouvais de passage chez les Obama. Par courtoisie, Barack Obama essayait de me faire la conversation et j’essayais d’y répondre, mais en fait ce que nous disions ne m’intéressait pas et il y avait de larges plages de silence gêné. Puis, par courtoisie aussi, j’essayais de faire la conversation à Michelle Obama, mais nous n’avions rien à nous dire, c’était pire. Finalement je m’éclipsais pour descendre dans la partie sauvage du parc, et là, entre les arbres, les mousses et le chant des oiseaux, je retrouvais ma joie.
Évidemment dans ce rêve les Obama ne représentent pas leur propre personne mais un certain monde apparemment intéressant et bien intentionné mais qui est mortellement ennuyeux à mes yeux.
Ajout du 2 mai : la falsification éhontée des faits par le ministère de l’Intérieur à propos d’une prétendue intrusion violente de manifestants à la Pitié-Salpêtrière est démontée par le récit qu’en font les personnels soignants de l’hôpital et nombre de vidéos et de témoignages établissant que des manifestants nassés et asphyxiés par les gaz se sont réfugiés dans l’enceinte de l’hôpital, n’ayant aucune autre échappatoire. Ils y ont été poursuivis et violentés par des policiers à pied et à moto. Cela se passait à l’heure où j’ai moi-même quitté la manif parce que nous étions nassés, entassés sans aucune sortie possible – j’avais le code d’entrée de l’un des immeubles du boulevard, c’est pourquoi j’ai pu en sortir, alors que la tension montait et que de cette situation ne pouvaient sortir que des gazages et des affrontements, comme d’habitude depuis un certain temps où il s’agit de dégoûter les citoyens de venir manifester.
Je suis allée l’attendre au carrefour des Gobelins. Avant son arrivée, il y a eu un déploiement de police impressionnant. (Et les flics m’ont demandé de me pousser, poliment mais fermement)
Et toutes les rues adjacentes ont été bloquées (d’où la nasse où nous avons plus tard été pris)
Les médias étaient là aussi
…dont Taranis News (suivi depuis longtemps sur ce blog), avec un souriant Gaspard Glanz !
Et d’autres gentils
Voilà la manif. Cette fois je ne l’ai pas arpentée d’un bout à l’autre, j’ai choisi de la photographier en restant à peu près au même endroit (souvent juchée sur un banc). Je l’ai ainsi vue défiler pendant une heure et demie, avant le nassage. Ça fait du monde.
Il y avait pas mal de Gilets jaunes
et des masques de Benalla
Ce qui me plaît beaucoup c’est de photographier les gens qui défilent
Le cygne noir des black blocs, qui a ensuite été détruit par la police
Dans le coin en bas à gauche de l’image il me regarde pas content, mais le suivant au même endroit est content, lui
Les street medics sont là
Un peu plus loin, ça gaze. Je me suis déjà trouvée au milieu des gaz dans une autre manif, je préfère éviter.
Voici la fanfare. J’ai fait une petite vidéo, je la mets à la fin de la note.
Voici la CGT, avec son cordon de sécurité, que des manifestantes à côté de moi critiquaient vivement (service d’ordre qui ne leur a pas évité d’être agressés par la police à coups de grenades lacrymogènes)
Et voilà, on est bloqués, nassés. Des manifestants empêchés d’avancer reviennent dans l’autre sens. Il va y avoir des affrontements jusqu’à la fin de la manif, j’arrête là mon reportage, laissant à des reporters comme Gaspard Glanz et d’autres, plus pros et plus équipés que moi, la tâche nécessaire de montrer aussi les violences, notamment policières.
Cet après-midi à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes
J’irai peut-être photographier la manif tout à l’heure. J’ai d’abord voulu photographier le quartier claquemuré, sur ordre des autorités, en attendant son passage : signe d’une tension sociale inhabituelle.
Interdiction de laisser des voitures garées
Tous les magasins ont obligation d’être fermés et protégés
Idem pour les banques
et les cafés, les restaurants, hôtels et autres
Les vélibs ont été retirés des stations, mais des véhicules de police attendent sur le boulevard désert
Les colleurs d’affiches sont passés
Seule la librairie ne semble pas craindre d’être pillée
Ce matin à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes
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Plus tard dans la journée : je suis allée photographier la manif, les photos sont là