Voici la présentation de mon travail en cours, avec quelques dizaines de vers traduits des deux textes, telle que je l’ai envoyée pour une bourse de poésie de la Société des Gens de Lettres. Je n’ai pas eu la bourse – sans doute le jury a-t-il trouvé meilleur candidat* que le divin Homère et plus important projet que la traduction en vers de ces 28 000 vers, dont il me reste à faire environ un tiers, ayant repris entièrement, alors que j’en étais au chant XVI de l’Iliade, ma première traduction de l’Odyssée.
La SGDL m’ayant envoyé l’appel à candidature pour cette bourse de poésie, j’y ai répondu en ce début d’année 2026 parce que j’aurais apprécié de savoir que ce projet intéressait. Je serai curieuse de voir qui sera le ou la lauréate mais je ne suis guère étonnée du manque d’intérêt du jury pour mon travail. Lorsque j’ai soutenu ma thèse, en 2018, un autre jury m’a posé des questions assez insignifiantes sur mon travail, sans jamais avoir l’air de comprendre sa nouveauté et ses révélations. Même phénomène : il faudra attendre que le temps fasse son œuvre, ouvre les yeux d’autres générations. Je ne serai plus de ce monde, mais je n’en suis déjà plus, peu importe. Ce qui importe, c’est l’œuvre, et elle continue son chemin.
projet*
actualisation 7 juillet 2026
Me rappelant soudain cette histoire de prix littéraire auquel j’ai postulé en vain avec mes 27 000 vers homériques, j’ai la curiosité de regarder à qui il a été attribué : une « poétesse » dont je n’ai pu trouver d’autres textes que ce poème qu’elle affiche sur son site :
Le long des routes où les chaussures se logent dans les cailloux
je te parle du scorbut
de cette maladie rare qu’on attrape
en se nourrissant de sandwichs triangles
en marchant les chaussettes mouillées
en longeant le vide de trop près
en parlant d’un nous
pour tuer le chemin
Margaux Lallemant
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No comment !
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Et voici pour la route quelques vers encore de ma traduction :
Comme une nuée venue de l’Olympe entre dans le ciel
365 Depuis l’éther divin, quand Zeus déchaîne l’ouragan,
Ainsi depuis les nefs viennent clameur et épouvante,
Et ce n’est pas en ordre qu’ils retraversent ; ses coursiers
Rapides emportent Hector en armes, laissant l’armée
Des Troyens, retenus de force par la tranchée béante.
370 Nombre de vifs chevaux, en traînant leur char au fossé,
Cassent le bout du timon et laissent là les chars des rois.
Patrocle suit, exhortant avec force les Danaens,
Voulant porter le mal chez les Troyens ; eux, dans l’effroi
Et les cris, en se dispersant remplissent tous les chemins ;
375 Là-haut sous les nuages la tempête tourbillonne,
Tandis qu’allongent le pas les coursiers aux sabots d’un bloc,
Vers la ville, loin des nefs et des tentes. Quant à Patrocle,
Il va, tout en criant, là où il voit le plus de pagaille ;
Des hommes tombent tête en avant sous les essieux des chars,
380 Qui culbutent en cliquetant. Ses vifs immortels coursiers,
Superbes dons des dieux à Pélée, sautent droit le fossé,
Brûlant d’avancer ; c’est sur Hector que son cœur l’appelle,
Brûlant de le frapper ; mais ses prompts coursiers au loin l’entraînent.
Comme sur toute la terre enténébrée l’ouragan pèse,
385 Un jour de fin d’été où Zeus furieusement déverse
Son eau, quand, courroucé, il se fâche contre les gens,
Les abuseurs qui sur la place émettent des jugements
Tordus, qui sans souci de la vengeance des dieux bannissent
La justice ; et qu’alors tous les cours, les fleuves se remplissent,
390 Les torrents coupent, ravinent les pentes des collines,
Et coulent en gémissant fort, se précipitant des cimes
Dans la mer pourprée et dévastant les travaux des humains…
Ainsi courent et gémissent fort les chevaux des Troyens.
Homère, Iliade, chant 16
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