Voyage a traversé l’Atlantique

Montreal _ Student Rack Card

 

Des nouvelles du voyage de Voyage. Le livre est désormais en rayon à la bibliothèque Plateau Mont-Royal de Montréal (dans le quartier où j’habitais).

Et toujours, par ordre d’apparition, à la bibliothèque Mohammed Arkoun (Paris 5e), à la réserve centrale des bibliothèques de Paris, à celle de Lyon Part-Dieu, à celle des Pays de Lourdes. Ainsi que dans diverses bibliothèques d’institutions privées, en France ou ailleurs.

L’espérance de vie

L’espérance de vie, ce n’est pas le nombre des années, c’est la grâce du présent.

Le sommet de ma vie, c’est la vie à la grange.

Pèlerine d’Amour, Pèlerin d’Amour, voici ma religion : la religion qui relie les hommes de toutes religions, même de celles qui s’ignorent.

Cette nuit j’ai prié avec la Fatiha. À l’instant je viens de prononcer dans mon cœur : Qui pourra me séparer de l’amour de Dieu ? Et aussitôt je suis allée voir la Lecture du jour, ce que je ne fais plus depuis des mois. Elle dit, reprenant les mots de Paul : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?»

Voyage en bibliothèques

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Voyage sera très bientôt « mis en bonne place sur les rayonnages de la Médiathèque de la Communauté de Communes du Pays de Lourdes ». Ah çà,  je suis vraiment contente. J’y ai passé du temps, dans cette médiathèque ! J’y ai emprunté ou consulté des ouvrages sur Bernadette et sur Lourdes, spécialement l’énorme travail de René Laurentin, que j’eus plus tard le bonheur de rencontrer. Et quand j’étais toute seule, là haut dans ma montagne, à près d’une heure de Lourdes, il m’est arrivé aussi de rapporter des livres de la bibliothèque à la grange la nuit l’hiver, dans la luge avec les courses, la tirant et avançant dans la forêt à la lumière de la neige et des étoiles. Alors je suis vraiment heureuse que d’autres puissent lire maintenant ce Voyage, là-haut, là où ils vivent.

La bibliothèque de Fels (Institut Catholique, 21 rue d’Assas à Paris) m’informe aussi que Voyage enrichit son fonds, mais comme il n’apparaît pas dans leur catalogue j’ignore s’il y est disponible. En tout cas il est toujours à Paris, à la bibliothèque Mohammed Arkoun, rue Mouffetard, et à la Réserve centrale des bibliothèques de la Ville de Paris (et donc à disposition de toutes les bibliothèques du réseau, sur demande), ainsi qu’à la bibliothèque centrale de Lyon Part-Dieu. Et peut-être dans d’autres bibliothèques prochainement, je le dirai.

Implacable Bach

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ces trois derniers jours à Paris, photos Alina Reyes

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Il suffit de contempler la partition : Bach doit se jouer comme il s’écrit, implacable, sans jeux de pédale ou de rubato. Avec lui nous ne sommes pas dans le sentiment, nous sommes dans l’être. Dans l’essence, dans l’os, comme dit l’hébreu dans la Bible – « dans l’os du jour », comme je l’ai traduit dans Voyage. La radicalité est ce qui donne la joie très profonde, la béatitude, le salut.

Marie, Kristina, Yael

J’ai deux ou trois fois côtoyé Bertrand Cantat, dans notre jeunesse bordelaise. Solaire et charismatique. J’aimais bien les chansons de Noir Désir. Comme beaucoup, je ne peux plus les écouter. D’outre-tombe, je lui ai envoyé mon livre Forêt profonde quand il était en prison. Je ne sais s’il l’a reçu. Je ne pense pas que quiconque ait envie d’accabler Bertrand Cantat. Il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de ne pas oublier les victimes. De respecter leur mémoire. De ne pas ignorer les messages désespérés de Kristina Rady. Fabrice Hadjadj a écrit un jour – sans que nul journal chrétien n’y trouve rien à redire -, à propos de l’épisode évangélique où Jésus sauve une femme de la lapidation, que lui ne la défendrait pas : « Je la lapiderais plutôt, en bon chrétien. Oh, pas avec des cailloux ! Des mots et des regards bien sentis peuvent cribler beaucoup mieux et sans laisser de trace. La fille pourrait se suicider, après ça : on dira qu’on l’avait prévu. » Ils sont nombreux, ceux qui ne veulent pas voir.

Les faux sous les eaux, les vrais marchant dessus

Le 5 novembre prochain, à la Maison de l’Amérique Latine, François Noudelmann donnera une conférence intitulée : Simone de Beauvoir : écrire le contraire de ce qu’on vit, ou vivre le contraire de ce qu’on écrit. D’après l’opposition entre son féminisme et sa relation avec Nelson Algren. Il faudrait aussi évoquer la contradiction entre sa pose de liberté guidant le peuple et son utilisation d’étudiantes (l’une d’elles finira par se suicider), pour elle-même et pour Sartre.

Jean-Claude Guillebaud, journaliste catholique, déclare dans le magazine protestant Réforme que l’affaire Leonarda est un « déluge ». Non parce qu’elle révèle l’ampleur de l’injustice de ce monde, notamment envers les Roms et les sans-papiers, ce qui donne au déluge tout son sens à la fois chrétien et biblique. Mais parce que les médias peuvent « monter en neige » un événement, créer « une forte émotion, en grande partie abusive et artificielle ». Et de résumer ce déluge par une expression de Martin Heidegger : processus sans sujet. Ici nous sommes en plein dans le confesser le contraire de ce qu’on vit, vivre le contraire de ce que l’on confesse. Car un cœur croyant sait que le déluge de l’affaire Leonarda est le signe d’un immense malheur dont Leonarda est le symbole, le signe, la parabole. Et que ce déluge, loin d’être sans sujet, a pour sujet une jeune fille pleine de vie et de vérité, d’une vérité plus grande que celle de tout un pays, représenté par son président, qu’elle affronte (horreur pour les tenants de l’ordre !) d’égale à égal, bien plus libre, pauvresse opprimée, et bien plus vraie, fraudeuse, que Mme de Beauvoir ou que Herr Führer Heidegger en leurs fausses paroles et vies. Ce déluge, ce processus, Leonarda et sa famille, Leonarda telle qu’elle est, avec son être si apte à traverser les écrans, en est bien le sujet – le sujet habité par l’unique Sujet capable de provoquer un déluge, dans son processus de vérité.

J’écris ce que je vis, je vis ce que j’écris, les premiers Pèlerins d’Amour furent, sont et seront O et A. Les Pèlerins d’Amour sont et seront fondés dans le Chemin, la Vérité et la Vie. Suivront ceux qui voudront, libres de toute institution, libres.