
en cette fin de belle journée à Paris, photos Alina Reyes

en cette fin de belle journée à Paris, photos Alina Reyes

Quelqu’un avait donné des Converse blanches à l’un de mes fils. Il les voulait noires, je les ai peintes à l’acrylique – je te demanderai peut-être d’y faire aussi un dessin, m’a-t-il dit.

J’avais peint aussi à l’acrylique mon sac, avec lequel je me suis promenée tout l’hiver par tous les temps sans parapluie – ça n’a pas bougé.

Quand mon compagnon est passé à la cigarette électronique, j’ai peint un pot d’épices fini à la peinture pour verre afin qu’il puisse s’en servir de reposoir, et il s’en sert.

Notre cuisine n’est pas aménagée, elle n’a pas de placard (j’ai reconverti en vaisselier un bureau en fer donné par une voisine), du coup les murs sont libres et j’y ai donc mis, comme dans tout l’appartement, des peintures et dessins faits maison (et aussi un dessin africain trouvé au rebut)
…
Il m’est arrivé aussi de transformer des vêtements, ou de changer leur usage (O rit toujours du jour où j’avais découpé dans l’une de mes culottes un bandeau à cheveux…) Bien entendu, tout ceci n’est rien par rapport à ce que font les fantastiques transformeurs comme le facteur Cheval (il y en a beaucoup d’autres, souvent classés dans « l’art brut »), mais c’est une réappropriation éminemment humaine, un réenchantement à la portée de chacun. Qui a également un sens politique fort, en des temps où nous vivons dans un univers tellement industrialisé, où nous ne sommes plus appelés à faire les choses nous-mêmes. Let’s do it !

aujourd’hui à Paris 13e est, photos Alina Reyes







Aujourd’hui et ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes
Cette nuit j’ai rencontré Christophe de Margerie lors de ses obsèques. C’était l’autre lui, l’anti-lui, le vivant. Nous nous éclipsions de la cérémonie. Nous marchions dans des paysages et des lumières sublimes, bordées de vastes prairies vallonnées où paissaient des taureaux clairs à grandes cornes. J’avais là ma maison, une humble maison de pierre dans laquelle nous nous étendions, à même le foin, car il voulait que je lui parle de poésie. Nous étions tantôt étendus tantôt marchant, et il y avait des enfants qui jouaient, couraient, des petites filles aux robes claires. Nous étions aussi attablés à une longue table avec de nombreux convives, proches à ne faire qu’un, et pleins d’amour. Tout était plein d’une grâce inouïe.
J’ai entendu le merle chanter à l’aube
longuement.
Mon cœur est un oiseau qui chante.
Goûte son être.
Encore un jour, nous sommes vivants !
*
I heard the blackbird singing in the dawn.
My heart is a bird, who sings.
Savouring his being.
One more day, we are alive !


tout à l’heure au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes


Aujourd’hui au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes


Je suis entrée ici ou là, conversant avec des inconnus charmants… Le surréalisme de la ville, toujours à portée de main !
aujourd’hui à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes

Ces jours derniers printemps, presque l’été. Grand soleil, marcher en ville bras nus. À l’aube entendre les oiseaux chanter. Croiser sur le trottoir quelqu’un qui éternue, éternue, éternue, sensible au pollen des bouleaux. Lire par lapsus, à la place de « Messe en ut », « Messe en rut ». Écrire. Lire. Écouter. Musique. Acheter pour presque rien du thé vert, des herbes, des feuilles de papier très fin et coloré chez Tang. Le corps plein d’idées, de désirs de beautés, qui courent. Travailler, bonheur de travailler. Marcher, avoir envie de ramasser dans les rues les plaques de bois jetées, pour y peindre. Être tout amour, paix, joie, sourire, chœur, plénitude. Bon printemps à vous !

cet après-midi au jardin partagé du boulevard de l’Hôpital, Paris 13e, photos Alina Reyes

Par cette belle journée à Paris 5e, photos Alina Reyes
*