Les gilets jaunes font la police, et qui les a vus de près en action constate quel plaisir ils tirent du fait de jouer aux flics, arrêter la circulation, imposer leur loi, réguler la circulation selon leur volonté, user de brutalités langagières voire physiques. Leurs agressions, notamment racistes et homophobes, se multiplient. Voitures secouées ou cassées, automobilistes et travailleurs forcés de mettre leur gilet jaune ou empêchés de repartir, injures et violences là sur une femme noire, ailleurs sur une musulmane forcée à retirer son voile, ailleurs encore sur des homosexuels ou sur des journalistes.
Il faut croire que ces néoflics, aussi faux que Benalla et entretenant le même climat de guerre civile que les flics aux ordres du pouvoir, ne dérangent pas en haut lieu, là où on a gagné ses costards en manipulant de l’argent, puisque le premier ministre, pour toute réponse, déclare « ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap ». Une façon de les encourager à continuer ? D’attiser le feu avec l’une de ces innombrables petites phrases dénuées de sens par lesquelles on tente de distraire le public (comme on appelle aujourd’hui les lecteurs de « poésie ») des politiques aussi stupides qu’iniques de technocrates dénués de courage, d’imagination et d’humanité ? Pour défendre Macron et le gouvernement, de vieilles starlettes telles que BHL et Dombasle, qu’on peut voir à Paris circuler seuls à bord de luxueuses limousines avec chauffeur, comme chaque riche plus pollueurs que cinquante automobilistes se rendant à leur travail. Caste des engendreurs de populismes en tous genres, qui n’ont même pas la décence de fermer leurs gueules.
« Qui s’oriente sur l’étoile ne se retourne pas » Léonard de Vinci
Attention, splendeurs ! Visiter les bords de Loire, c’est aller aux noces de la nature et de la culture. La puissante rivière sauvage, indomptable, nourrit un paysage plein de verdure et de douceur, où les châteaux ont poussé comme des fleurs, notamment à la Renaissance. O et moi sommes allés hier au château de Chambord, puis, après avoir longé la Loire, à Amboise dans le beau castelet avec parc et jardin où la vie et l’œuvre de Léonard de Vinci ont été magnifiquement reconstitués par la famille Saint Bris, propriétaire de l’extraordinairement émouvante maison où, sur l’invitation de François 1er, le génie des arts et des sciences a passé les trois dernières années de sa vie, après avoir traversé les Alpes, à l’âge de 64 ans, avec La Joconde, La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne, Saint Jean Baptiste, ainsi que ses carnets, croquis, dessins, et manuscrits.
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Dans la brume matinale, apparition féérique du château de Chambord
Un poêle immense, où l’on pourrait brûler un arbre entier !
Le lettre de François 1er et son emblème, la salamandre
Je trouve à ce roi une riante allure de Gascon, qui rappelle l’esprit de Montaigne
L’escalier à double révolution inspiré de Léonard de Vinci : deux hélices entrecroisées qui ne se rencontrent jamais : à gauche sur l’image, l’arrivée de l’un, à droite, celle de l’autre
la couronne
et la fleur de lys
Beaucoup de murs du château sont couverts de graffiti, souvent anciens ou très anciens. Jean de La Fontaine et Victor Hugo feraient partie de ces centaines de tagueurs. « J’ai visité Chambord. Vous ne pouvez-vous figurer comme c’est singulièrement beau. Toutes les magies, toutes les poésies, toutes les folies même sont représentées dans l’admirable bizarrerie de ce palais de fées et de chevaliers. J’ai gravé mon nom sur le faîte de la plus haute tourelle. », écrivit en 1825 Hugo à son ami, le poète Saint-Valry.
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Puis, traversant de somptueuses forêts, nous avons rejoint et longé la Loire, splendide et souveraine même dans ses voiles de brume, avec ses îles et ses oiseaux :
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Enfin nous avons visité le bouleversant Clos Lucé :
la chambre de Léonard
son atelier
son cabinet de travail
avec son cabinet de curiosités
la salle à manger
la cuisine
toute une partie du castelet est dédiée à la reconstitution de ses multiples inventions scientifiques et technologiques époustouflantes
La silhouette de Léonard dans le souterrain de 700 mètres que François 1er avait fait creuser entre le château royal d’Amboise et le Clos Lucé, et par où il rendait visite chaque jour au génie
Puis nous descendons au jardin et dans le parc, où ont été également reconstituées, et intégrées harmonieusement dans la nature, plusieurs de ses machines fantastiques. Leonard est clairement le génie du mouvement.
Je photographie mon reflet dans le panneau qui protège son moulin à eau
Mes danseurs et danseuses préférées, mon danseur préféré (en gros plan puis sur les épaules de son partenaire) sont jeunes, sont la vie qui a la vie devant soi, sont les vivants, les vivantes qui feront et vivront le monde qui vient, avec le courage qu’il faudra, avec la joie, le cœur et l’intelligence que j’ai aimés chez mes élèves comme Nadia Vadori doit les aimer chez les sien·ne·s. Nous, les générations précédentes, qui avons joui d’un monde encore vivable, devons tout donner pour les aider à sauver ce même monde que l’espèce humaine a abîmé, abîme. C’est vers elles, c’est vers eux que je me tourne.
J’ai fait ce dessin hier soir dans mon cahier en écoutant Claudine Tiercelin. J’ai vu sur mon bureau trois poussières disposées obliquement en triangle dans un arc de cercle formé par un cheveu, et j’ai reproduit l’image en visage au stylo, le reste a suivi. J’ai l’impression que le mot oblique est formé en latin à partir du verbe liqueo, « être liquide » et de la préposition ob qui marque un versement ou un renversement. Il y a ce beau vers au Livre V, 16 de L’Énéide:
obliquatque sinus in uentum ac talia fatur
« il obliqua les plis de la voile dans le vent et parla ainsi »
Quand je vais à la Pitié-Salpêtrière, je me dis qu’il faudrait une structure comparable pour soigner le monde, une organisation mondiale dont la tâche serait de travailler à soigner les maux du monde, d’où qu’ils viennent, et de pratiquer une recherche intensive pour améliorer toujours son efficacité. Un hôpital pour la survie de l’humanité qui aurait aussi les moyens juridiques d’attaquer les fauteurs de mort, de désastre écologique, de guerre, de scandale économique et financier, de toute atteinte directe ou indirecte, d’où qu’elle vienne, des États ou des industriels, au corps des personnes et à la santé du vivant. Voilà ce qu’il faut construire.
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ce matin dans les coulisses de la Pitié-Salpêtrière, photos Alina Reyes
Sous le regard de nos ancêtres préhistoriques et historiques, d’Arthur Rimbaud, de Germain Nouveau, de Franz Kafka, d’Edgar Allan Poe et de bien d’autres de mes compagnons, j’ai soutenu ma thèse devant un jury de quatre professeur·e·s le 24 septembre dernier à l’Université de Cergy-Pontoise, université que j’avais choisie pour son ouverture à la modernité. Après avoir délivré mon discours de soutenance (qu’il vaut mieux lire avant de voir le rapport), j’ai écouté les remarques de chaque membre du jury puis taché de répondre à leurs questions. Ce fut un exercice soutenu, qui dura environ trois heures et qui me plut. Ayant été opérée deux semaines plus tôt pour la deuxième fois de l’été, je n’étais pas au mieux de ma forme et mon expression orale put s’en ressentir, mais je défendis vaillamment mon travail, que par ailleurs on me dit fort apprécié, même si l’exercice de la soutenance impliquait de la part des jurés de relever les points qui posaient problème.
Malheureusement les vraies questions de fond ne furent jamais posées, sur le sens général de ma thèse et sur les analyses par lesquelles j’ai apporté un éclairage entièrement nouveau sur des œuvres particulières et sur la littérature. Mais il est très compréhensible et significatif que les jurés aient été d’abord inquiétés par la forme peu académique de ma recherche, et que ce fut le principal sujet de leur questionnement. En quelque sorte, la forme est l’arbre qui cache la forêt du sens, mais comment faire une forêt sans arbre ? J’ai l’habitude d’une telle réception de mon travail, c’est la même chose pour mes romans : les lecteurs voient l’érotisme, la violence, le désordre… et évitent de pénétrer au fond des choses, au sens (préférant ne pas l’affronter, par peur ou par paresse, la littérature étant trop souvent vécue comme une fuite hors de la vie, plutôt que comme une arme à vivre pleinement le réel).
Le rapport de soutenance de thèse se constitue traditionnellement d’un document tronqué, puisqu’il ne rapporte que les interventions du jury, sans les réponses de l’auteur·e de la thèse. Il s’agit d’un procès souvent bienveillant mais sans avocat de la défense. Il est tout de même mentionné que mes réponses ont été satisfaisantes, et le jury m’a accordé le titre de docteure.
J’ai grandi au bord de l’océan, j’aime me promener sous la pluie. Je mets ma capuche comme Forest Whitaker dans Ghost Dog : la Voie du samouraï, de Jim Jarmusch, et j’y vais. Toute sourire à l’intérieur, en ce moment songeant à l’action excellente du kundalini yoga en moi, à mon travail en cours, et contemplant, photographiant, rendant grâce pour la vie douce qui nous est chaque jour gracieusement offerte.
En marge de la terrible guerre des tranchées qui faisait rage à une centaine de kilomètres de là, le soir du 29 janvier 1916, deux zeppelins furent envoyés en raid sur Paris. L’un dut faire demi-tour pour avarie, l’autre, à la faveur des nuages qui le dissimulaient, largua rapidement ses bombes sur Belleville et Ménilmontant, faisant 26 morts et 32 blessés.
Voici le compte-rendu de l’évènement dans L’Humanité du lendemain :
DES ZEPPELINS SUR PARIS
DES BOMBES TOMBENT
boulevard de Belleville, rue de Ménilmontant et rue Haxo. Un immeuble détruit. Il y a des victimes.
À vingt-deux heures moins un quart, alors que comme les jours précédents, Paris était dans le calme le plus complet, les pompiers sortaient de leurs casernes, parcouraient les rues à toute vitesse, en cornant, tandis que les clairons sonnaient le « Garde à vous ». Des zeppelins ou des aéroplanes allemands étaient signalés comme ayant franchi les lignes du camp retranché de Paris.
En effet, à vingt-et-une heures vingt, le gouvernement militaire était informé que des zeppelins étaient passés au-dessus de la Ferté-Milon, à 30 kilomètres de Château-Thierry et à 80 kilomètres de Paris.
La nouvelle fut accueillie avec une placidité parfaite. Loin de se cacher dans les caves, les habitants se précipitèrent vers les places et surtout vers la butte Montmartre. Ceux qui étaient chez eux sortirent sur les trottoirs, scrutant le ciel qu’éclairaient les projecteurs.
Tout à coup, à vingt-deux heures dix, trois détonations qui furent entendues d’un bout à l’autre de Paris et même en banlieue, ébranlèrent les maisons.
Sans doute des coups de canon à blanc destinés à effrayer les mécaniciens des aéronefs pour leur faire rebrousser chemin, pensa-t-on aussitôt, tant les coups avaient suivi de près l’alerte.
Telle n’était point, hélas ! la vérité, c’était bien des bombes et des obus qui venaient d’être lancés d’une grande hauteur, car on ne vit rien, absolument rien, dans le ciel.
Un premier projectile était tombé boulevard de Belleville, près de la rue Risson. Deux arbres furent déracinés, une excavation d’un diamètre de six mètres fut creusée mais il n’y eut là aucun accident de personne.
Une seconde bombe tomba près du 88 de la rue de Ménilmontant. Il y aurait eu là plusieurs blessés.
La plus violente explosion se produisit rue Haxo. Un obus tomba sur l’immeuble du numéro 86, qui fut en grande partie démoli et on en eut à déplorer la mort de plusieurs personnes.
La parole du jour est au poète belge Émile Verhaeren, sur un précédent raid des zeppelins :
LES ZEPPELINS SUR PARIS
21 Mars 1915.
Sous les étoiles d’or d’un ciel ornemental
Glissent les Zeppelins dans la clarté hardie
Et le vent assaillant leurs parois de métal
En fait luire et siffler l’armature arrondie.
Un but sûr, mais lointain, les hèle et les conduit ;
Et tandis qu’ils ne sont encor qu’ombre et mystère
Leur vol énorme et lourd s’avance dans la nuit,
Et passe on ne sait où, au-dessus de la terre.
Les plaines et les bois se dérobent sous eux
Et les coteaux avec leurs fermes suspendues
Et le bourg et la ville aux étages nombreux
D’où leur présence proche est soudain entendue.
Aussitôt jusqu’au Sud, et de l’Est et du Nord,
S’émeut et retentit le télégraphe immense ;
La menace est criée et la vie et la mort
Organisent partout l’attaque ou la défense.
De toutes parts est perforé l’espace gris ;
Des foyers de lumière en tous coins se dévoilent
Et leurs barres de feu vont ramant sur Paris
Avant de remonter se cogner aux étoiles.
Ceux qui guident le vol des navires, là-haut,
Voient luire à leurs côtés la grande Ourse et les flammes
D’Hercule et d’Orion, d’Hélène et des Gémeaux,
Et s’estomper au loin le Louvre et Notre-Dame.
La ville est à leurs pieds et se tasse en sa nuit
Et se range et s’allonge aux deux bords de la Seine ;
Voici ses palais d’or et ses quais de granit
Et sa gloire pareille à la gloire romaine.
L’ivresse monte en eux et leur orgueil est tel
Que rien jusqu’à leur mort ne le pourra dissoudre.
Ne sont-ils pas à cet instant les rois du ciel
Et les dieux orageux qui promènent la foudre ?
Ils bondissent dans l’air lucide ; ils vont et vont,
Évoquant on ne sait quel mythe en leur mémoire
Et creusent plus avant un chemin plus profond,
Dites, vers quel destin de chute ou de victoire.
Les projecteurs géants croisent si fort leurs feux
Qu’on dirait une lutte immense entre les astres
Et que les Zeppelins se décident entre eux
À déclencher soudain la mort et les désastres.
Pourtant jusqu’à Paris aucun n’est parvenu.
Avant qu’un monument ne devienne ruine
Ils s’en sont allés tous, comme ils étaient venus
Avec le coup de l’échec dur en leur poitrine.
Ils n’ont semé que ci et là, de coins en coins,
La mitraille qu’ils destinaient au dôme unique
Où dort celui qui les ployait sous ses deux poings
Et les dominait tous, de son front titanique.
Et, peut-être, est-ce lui qui les a rejetés
Du côté des chemins où la fuite s’accoude,
Rien qu’à se soulever, lentement, sur son coude
Tel que pour le réveil Rude l’avait sculpté.
J’ai fait ce dessin hier soir aux crayons d’aquarelle, légèrement surligné de feutre doré et argenté. Je l’accompagne de ce passage de ma thèse :
…
Ainsi l’amoureux du sonnet 51 du même Shakespeare parle-t-il de la course de feu (fiery race) de son désir, plus vif encore que la vitesse ailée (winged speed) que pourrait avoir son cheval pour aller à la rencontre de son aimé, comme Parménide porté à toute vitesse par les juments à la rencontre du « cœur de la vérité », passant les portes du royaume de la déesse comme Héraclite est entré dans son temple avec son texte. Si, une fois franchie la sortie, il ne reste plus personne sur scène, que reste-t-il ? La trace de l’humain : la scène, la forme du poème.
L’être s’en est allé habiter ailleurs, mais où ? Dans l’enthousiasme du public, des lecteurs, des contempleurs, qui l’ont reçu. En sortant de scène, l’homme, cette construction culturelle, s’intériorise, augmentée, divinisée, roi et reine à la fois, à la fois maison et habitant.
…
Ma thèse entière est disponible gracieusement ici.
À Charleville-Mézières, chez Rimbaud, à Marseille, chez Artaud, des immeubles s’effondrent sur les vivants empêchés d’habiter poétiquement le monde.
À Paris le président après avoir salué Thiers le versaillais salue Pétain, autre assassin de peuple.
À Paris le jardin des Plantes dans un temps d’extinction des vivants sur Terre organise son arche de Noé. De grands animaux de tissu coloré finissent d’être installés en vue d’être illuminés ces soirs d’hiver. Une si triste féerie.
Qui sait ? La colombe finira peut-être par revenir, dans le bec un rameau d’olivier.
Il dépend de l’animal manquant dans cet exposition : nous.
J’ai fait ce dessin hier soir, sur un papier récupéré
*
Nous avons une seule maison commune, une seule habitation pour l’humanité : c’est la Terre. Quel genre de vivants rendent leur habitation inhabitable, pour eux et pour les autres vivants ? Les humains. Je ne vais pas me lancer dans un sermon, tout le monde sait ce qu’il en est. Simplement, il ne suffit pas de le savoir, il faut agir. Agir vraiment, ici et maintenant, jour après jour. Nous avons besoin de tous ceux qui s’organisent pour militer, informer, combattre. Mais cela ne peut suffire. Il nous faut militer, informer, combattre, chacun·e dans son quotidien, chez soi, dans son environnement. Consommer responsable et le faire savoir autour de soi, afin que les bonnes pratiques s’étendent toujours plus.
Il y a deux aspects au moins dans la consommation responsable. Celui qui vise à entretenir sa propre santé (et des applications comme Yuca peuvent aider à distinguer les produits alimentaires mauvais, contenant de mauvais additifs, trop de graisses ou de sucre, et nous inciter à mieux lire nous-mêmes les étiquettes). Et celui qui vise à entretenir la santé de la planète. Les deux coïncident souvent, mais pas toujours. L’huile de palme, par exemple, n’est pas réputée spécialement mauvaise pour la santé humaine, mais sa production induit une déforestation de masse absolument désastreuse pour l’écologie et le climat. Or l’huile de palme est extrêmement répandue, dans les biscuits, les pâtes à tartiner, les gâteaux, les biscottes et autres pains grillés industriels – j’en oublie sûrement. Il faut la boycotter, et pour cela lire les étiquettes des produits avant de les acheter ; on se rend alors compte que bien souvent les produits de marque, plus chers, sont moins écologiques que les produits de base du distributeur.
Le coût des produits est un facteur important. Se nourrir coûte cher, et on a rarement les moyens de n’acheter que du bio. Mais sans nécessairement aller jusqu’au véganisme ou au végétarisme, réduire significativement la consommation de viande est non seulement nécessaire pour la santé de la planète, mais aussi un moyen d’économiser afin de pouvoir consommer de meilleurs produits par ailleurs. Les produits bio ne sont d’ailleurs pas toujours plus chers. Ils sont meilleurs pour notre santé personnelle, mais aussi pour celle de la planète, puisqu’ils utilisent moins de poisons pour être produits. Le respect des animaux que nous mangeons, ou dont nous mangeons les produits (œufs, lait) doit aussi guider nos achats. À nous de repérer, là où nous vivons, comment nous pouvons nous fournir au mieux. La recherche de la nourriture doit redevenir un acte important et sérieux ; nous devons en être responsables comme lorsque nous vivions de nos cueillettes ou d’une agriculture non industrielle. Sinon, nous nous déshumanisons.
Nous devons être responsables aussi dans les autres domaines de la consommation. Marcher ou prendre le vélo plutôt que prendre la voiture quand on n’est pas à plus d’une demi-heure de marche ou de vélo (la marche est excellente pour tout le monde). Prendre le train plutôt que la voiture ou l’avion quand c’est possible. Utiliser un savon tout simple, sans additifs (et très bon marché) plutôt que les gels douche pleins de produits et emballés dans du plastique, et simplifier de même son utilisation de cosmétiques divers. Limiter le plus possible sa consommation de plastique, et sa consommation d’emballages. Ne pas changer de smartphone, d’ordinateur et d’autres matériels électroniques tant qu’ils peuvent encore fonctionner voire être réparés. Limiter ses achats de vêtements. De manière générale, récupérer (ou donner à récupérer) autant que possible ce qui peut être récupéré, chez soi ou en boutique (friperies, matériels d’occasion…).
J’en oublie sûrement, mais l’essentiel est d’acquérir et de développer cet esprit de responsabilité que nous devons exercer et mettre en pratique chaque jour. Nous avons le devoir de sauver la maison, et nous en avons le pouvoir. Ce n’est pas rien.