Macron

French Psycho. Images extrêmement dures mais il faut les voir pour savoir ce que masque la façade policée de la macronie, de la bourgeoisie qui l’a portée au pouvoir et qui continue de la soutenir. Ces gens veulent tuer celles et ceux qui leur résistent, les tuer au moins symboliquement, socialement, psychologiquement, et mutiler, quand ils ne peuvent pas tuer physiquement. Comme d’autres, j’ai dû résister à leur violence, leur folie, leur mensonge, leurs manipulations, et à la complicité qui se noue autour des notables. Honneur à toutes celles et à tous ceux qui n’ont pas cédé. Et que le sang de toutes leurs victimes retombe sur ces salopards.

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Tags, clip, couleur au plein air vs le ventre des Mimis

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ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Les secrets qui scellent les pouvoirs sont de misérables secrets – c’est parce qu’ils sont misérables qu’ils sont secrets, et c’est parce qu’ils servent à sceller qu’ils sont de si mauvais secrets, aussi infectés que des kleenex partagés par des bandes de pestiférés. Dans leur livre Mimi, sur Mimi Marchand, « papesse des paparazzis, gardienne des rumeurs », qui se fit photographier faisant le V de la victoire derrière le bureau présidentiel au lendemain de l’élection de Macron, les auteurs évoquent ces « rouages obscurs où se terrent les secrets et où se négocient les alliances qui les préservent. Dans le ventre cliquetant de la machine ».

C’est dans ce ventre cliquetant que se trament les récupérations de certain·e·s Gilets jaunes. Et personne n’est dupe. Qu’importe, ce ne sont là qu’épiphénomènes, capables tout au plus de retarder de quelques instants le flux de l’Histoire, qui va et ira toujours son cours, infiniment plus puissant que les petites affaires des petits humains occupés à tenter de détourner, à l’aide d’instruments aussi malins et dérisoires que toutes les Mimi du monde, ce qui les emporte et les emportera, inexorablement.

Les mouvements populaires ont leurs traits au grand air et leurs airs aux paroles publiquement chantées. Un autre rap (après celui-ci) de la « canaille » (« eh bien j’en suis ») a fleuri :

 

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Révolution : le ciel reconnaît les siens

à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

à Paris ces jours-ci, photo Alina Reyes

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Les violences des polices de la pensée peuvent s’acharner, elles ne font pas plier le peuple juste : les pouvoirs abusifs veulent à tout prix se faire reconnaître de lui mais, lui, tel Dieu, reconnaît les siens, laisse les faux.

Je lis ou relis les Contes cruels de Villiers de l’Isle Adam et Le meilleur des mondes d’Huxley. Les deux textes peuvent être téléchargés en ligne gratuitement ici et ici. Pour ma part j’ai emprunté le premier en bibliothèque, et trouvé dans la rue, sur un banc, une belle édition du second. J’ai l’intention d’en parler bientôt, car ces textes éclairent singulièrement les temps que nous vivons. Nous sommes au départ d’un long périple, il fait nuit encore, nous avons besoin de lampes frontales pour y voir. Nous atteindrons là-haut les splendides sommets, là-bas les rivages enchanteurs. Voyons-les, nous y sommes à chaque pas.

Deux cairns musicaux pour danser et sourire toute la journée :

 

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Gilets jaunes acte 10, mon reportage photo à Paris

Heureuse d’être allée aujourd’hui défiler en famille, parmi au moins dix mille manifestants (d’après mon expérience des manifs, je disais entre 10 et 15 000 ; je vois que Reuters, une agence sérieuse, les estime aussi à plus de dix mille). Un cortège long et calme, d’autant plus calme qu’on n’y voyait pas la police, concentrée en tête (où elle a fait comme d’habitude à l’arrivée un comité d’accueil aux canons à eau, grenades et flashball – je n’y étais plus). Quand je vais seule en manif j’arpente le cortège du début à la fin et dans tous les sens, là je suis restée avec mes compagnons mais j’ai quand même pu faire des images, les voici :

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gilets jaunes acte x paris 32-minAujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

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Gilets jaunes : peuple et police, deux forts témoignages

Le documentaire de Taranis News présente, après des images de manifestations plongées dans la violence, le témoignage d’une Gilet jaune sexagénaire qui a été matraquée et sérieusement blessée à la tête. Suit le témoignage extrêmement courageux d’un policier du syndicat Vigi, recueilli par Le Média, sur les conditions de travail indignes et l’instrumentalisation des forces de l’ordre par le pouvoir. Les deux sont à voir pour mieux comprendre ce qui se passe actuellement et que les médias mainstream ne permettent pas d’appréhender.

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Ces médias indépendants peuvent être soutenus : ici pour Taranis News, pour Le Média

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Macron-les-colons

Macron et ses camarades de la promotion Senghor de l’ENA ont pris le pouvoir dans les conditions qu’on connaît, mis en place par les milliardaires qui possèdent les médias français. Le poète et homme politique dont le nom a été donné à cette promotion est aussi celui qui a donné son nom à la passerelle désormais fameuse sur laquelle le boxeur français yéniche Christophe Dettinger s’est illustré – et je pèse mon verbe. Façon boomerang dans la gueule à Macron & co.

De quoi Senghor est-il le nom, politiquement ? De la colonisation. Or c’est une situation de colonisation que nous vivons dans ce pays – comme ailleurs dans le monde. Colonisation des humains par les financiers. De l’espèce humaine par une caste déshumanisée dont le dieu est l’argent. Ceux qui exploitent, ceux qui taxent, sont les mêmes que ceux qui sur les réseaux sociaux demandent que la cagnotte réunie pour payer les frais de justice de Christophe Dettinger (qui contrairement à Benalla est en prison) soit confisquée. La caste des avides, des voleurs, qui fait main basse sur tout ce que le travail, l’inventivité, la créativité, la bonté, le courage, la solidarité humaines produisent.

La police du régime inflige des blessures de guerre aux manifestants, au peuple traité avec le même mépris que des colonisés. Il s’en est fallu de peu qu’elle ne les jette à la Seine, sur cette passerelle Senghor, comme elle le fit aux manifestants pacifiques algériens le 17 octobre 1961. C’est qu’il s’agit bien d’une guerre : une guerre de décolonisation que nous menons. Nos idées, nos sensibilités passent nécessairement au second plan. Il faut se débarrasser du parasitisme, voilà l’étape indispensable à franchir avant toute chose. Cela ne sera pas facile, mais cela réussira, parce que nous sommes assez nombreux à être inflexibles, incorruptibles, quoi qu’il en coûte. Boxons !

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Gilets jaunes, acte 8

D’abord hommage et respect à Christophe Dettinger, dit le Gitan de Massy, champion de boxe qui s’est illustré vaillamment et en grand style sur la passerelle Léopold Sedar Senghor (du nom d’un très grand poète) face à la machine des forces de l’ordre qui ne cessent de mutiler et violenter. J’ai trouvé ce commentaire parfait sur un compte twitter intitulé Macron démission à propos de cet homme : « Je le connais, il fait partie de mon club de poésie ». C’était avant que son identité soit connue, et bien sûr c’était de l’humour. Mais je reprends la phrase à mon compte et au sérieux. Oui, c’est ce que j’appelle un poète, et son acte, de la poésie.

 

Et parce que les Gilets jaunes savent être vivants et joyeux, se rassemblant dans le désir de justice, de vérité, de dignité, de fraternité, faisant passer au second plan leurs diverses opinions (tout en veillant, souhaitons-le, à ne pas se laisser récupérer par des idéologues et religieux de toutes sortes), hommage à eux aussi :

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Macron le minus

N'ayant pas de calendrier tout fait à afficher devant mon bureau, j'en ai fait un moi-même

N’ayant pas de calendrier tout fait à afficher devant mon bureau, j’en ai fait un moi-même

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Ma première chronique de l’année laissera la parole à Victor Hugo, dont le pamphlet sur Napoléon III, après la révolution de 1848 et le coup d’État de 1851 – pamphlet qui lui valut, non une légion d’honneur mais l’exil à Jersey – résonne de façon particulièrement adaptée à la situation d’aujourd’hui.

Je recopie la note que j’avais postée sur mon blog de secours le 16 mai 2017 (alors qu’ici était momentanément inaccessible), au lendemain de l’élection de Macron. Mon intuition n’a fait que se confirmer. La voici donc :

Monsieur Macron a déclaré vouloir être un président jupitérien. Il s’est fait passer le pouvoir avec une propagande et une emphase napoléoniennes. Mais s’il rappelle un Napoléon, pour l’instant, c’est celui que Victor Hugo dans un pamphlet célèbre appela « le petit » : Louis-Napoléon Bonaparte, jusque là plus jeune président d’une république française, élu à ce poste en 1848 à l’âge de quarante ans – avant de s’imposer au pouvoir par le coup d’État du 2 décembre 1851. Dans une semblable démangeaison d’autoritarisme à la romaine, où monsieur Macron parle de président jupitérien, monsieur Louis-Napoléon parlait de « démocratie césarienne ».

« Le citoyen Louis-Napoléon Bonaparte, écrit Victor Hugo, déplia un papier et lut un discours. Dans ce discours il annonçait et il installait le ministère nommé par lui, et il disait : « Je veux, comme vous, citoyens représentants, rasseoir la société sur ses bases, raffermir les institutions démocratiques, et rechercher tous les moyens propres à soulager les maux de ce peuple généreux et intelligent qui vient de me donner un témoignage si éclatant de sa confiance. »

Puis il y eut la suite. Il semble que Victor Hugo décrive les dirigeants d’aujourd’hui, qu’ils se nomment Macron ou autres, interchangeables qu’ils sont dans leur répétition d’une très vieille politique, comme on peut le voir :

« M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent.

(…) Dans ses entreprises il a besoin d’aides et de collaborateurs ; il lui faut ce qu’il appelle lui-même « des hommes ». Diogène les cherchait tenant une lanterne, lui il les cherche un billet de banque à la main. Il les trouve. (…)

M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte.

(…) Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon.

(…) Il a fallu la lier, cette forcenée, cette France, et c’est M. Bonaparte Louis qui lui a mis les poucettes. Maintenant elle est au cachot, à la diète, au pain et à l’eau, punie, humiliée, garrottée, sous bonne garde ; soyez tranquilles, le sieur Bonaparte, gendarme à la résidence de l’Élysée, en répond à l’Europe »

en lire plus : le texte entier ; des extraits

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Gilets jaunes (3) : acte 5 (note actualisée au fil de la journée)

Lendemain, 16 décembre 2018, 11h40
Et pour terminer cette note, je propose la lecture de cette enquête sauvage sur, notamment, le rapport des Gilets jaunes à l’Europe, réalisée par Gilles Gressani et Carlo De Nuzzo au cœur des manifestations : ici.

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21h
Les Gilets jaunes vont de conquête en conquête. Le pouvoir a peur, leur parole compte, leur action continue à captiver les esprits, et ils continuent à mener leurs manifestations non autorisées, malgré la répression. Ce dernier point est au moins l’un des plus forts. Comme je l’ai écrit dans Forêt profonde, ce qu’il faut, ce n’est pas demander, c’est prendre. Prenons-en de la graine.
Merci à eux pour ce grand vent de fraîcheur, salvateur.

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19h50
Grâce à Déborah de Robertis, qui avec quatre autres femmes a fait une performance en Marianne aujourd’hui face aux forces de l’ordre, beaucoup de visiteurs nouveaux aujourd’hui ici, sur cette note.

18h
À l’instant, je lis ce tweet de France Bleu Occitanie :
« Toulouse Capitole : les CRS se dirigent vers des Gilets jaunes retranchés éclairés par l’hélicoptère »,
illustré par une petite vidéo de la place plongée dans la nuit, la pluie qu’on sait glaciale, sous les projecteurs.
Une phrase et une image illustrant la tentative de terrorisation et d’immobilisation du peuple que les pouvoirs politique et médiatique ont faite pour empêcher ou entraver ce cinquième acte du mouvement, qui a pourtant eu lieu.
Un mouvement de fond, appelé à s’approfondir et à se répandre encore, beaucoup, longtemps.

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14 h 45
Manifestants : se mobiliser, mobiliser, être mobile
Pouvoir politique, via sa police : immobiliser (nasser, parquer, enfermer…)
La vie est mobile, ce qui est mobile finit toujours par l’emporter

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11 h 45
L’intelligence des Gilets jaunes est phénoménale. Spontanée, vivante, se passant de ces calculs machiavéliques dont les pouvoirs se plombent, faute d’imagination et de vitalité. Utiliser Facebook et se servir des ronds-points qui ont couvert tout le territoire à grands frais des contribuables parce que les commissions versées par les entreprises finançaient les politiciens, c’est retourner les armes de l’ennemi contre lui avec une formidable efficacité, digne des spiritualités orientales, chinoise et autres, de la Voie.

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10 heures
La semaine dernière Macron a passé la journée barricadé dans l’Élysée, à grands renforts de police, avec un hélicoptère prêt pour sa fuite si le peuple entrait au palais. Il a gagné dans cette épreuve un autre nom, son nom révélé : Poltron – de même que dans la Bible le nom des personnages change selon la façon dont ils se révèlent dans les épreuves (Jacob devenant par exemple « Combattant divin » après son combat avec une figure humaine non identifiée, souvent appelée ange parce qu’elle fait appel à quelque chose de plus fort que soi).
Une autre image biblique me vient en lisant que de nouveau les blindés déployés aujourd’hui dans Paris sont équipés de stocks de poudre lacrymogène (un concentré équivalent à celui de 200 grenades, capable d’invalider une foule sur 4 hectares). Voilà, c’est la poudre aux yeux avec laquelle Macron s’est fait élire, et qui lui revient dans la figure pour le détruire. Sa police avec ses lacrymogènes à profusion fait pleurer le peuple comme Agar, révoltée par l’injustice qui lui était faite, pleura au puits de Laaï Roï, du « Vivant qui la voit » : et ses larmes se transformeront en une immense descendance, une immense postérité.

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15 décembre 2018, 9 heures
J’ouvre cette note que j’actualiserai au fil de la journée par ce reportage vidéo, en français sous-titré en anglais, de l’excellent magazine The Intercept. Un reportage sans condescendance, contrairement à ceux qu’on peut voir ou lire dans les grands médias français, marqués par cette culture du népotisme et de l’exclusion, cette culture des milieux fermés, de l’entre-soi bourgeois, qui continue de paralyser la France, d’en faire un pays de plus en plus vieillissant, un vieux monde auquel Macron donne encore un sale coup de vieux.

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Danser. Sur les cendres et sur l’herbe verte

Le terroriste de Strasbourg a été abattu par les forces de l’ordre. Tous les scénarios possibles de son acte devaient aboutir à cette conclusion, tôt ou tard.

Le ministre de l’Éducation nationale veut interdire aux enseignants de critiquer l’Éducation nationale sur les réseaux sociaux. Prochaine étape : le Premier ministre voudra interdire aux citoyens de critiquer le gouvernement. Tout va très bien, madame la marquise.

La seule façon de soutenir ceux qui luttent contre le monde inique c’est d’être soi-même en lutte, réellement, par toute sa vie, tout son corps, pas seulement en discours et autres divertissements (au sens pascalien) militants.

Je suis retournée danser avec un appétit féroce, cet après-midi, après le cours de danse de mardi et avant le cours de yoga de demain. Le corps exulte, il le faut ! pour la paix de l’esprit.

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paris 13e 10-mincet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Pas un jour sans danser

Hier matin dans la salle de danse, photo Alina Reyes

Hier matin dans la salle de danse, photo Alina Reyes

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Effet du hasard ou d’une communication des âmes ? Sans nous être concertées, nous sommes arrivées toutes les trois vêtues de rose vif et de noir pour le cours de danse. La prof nous a fait répéter la chorégraphie en nous tenant les unes les autres par l’épaule, afin que nous dansions vraiment ensemble, que nous sentions physiquement les vibrations et les mouvements d’un corps à l’autre, que nous les accordions ainsi plus finement, avant de danser à la fois individuellement et ensemble. Avec nos morphologies différentes, nos peaux de couleurs différentes, nos âges différents, nos personnalités différentes, nous avons été, chacune et ensemble, heureuses.

Il faut savoir danser seul·e pour pouvoir danser ensemble, et réciproquement. L’une des plus belles inventions des Gilets Jaunes est cette façon de faire mouvement ensemble, en réunissant différentes sensibilités sans pour autant se ranger rigidement derrière une idéologie directrice. Jusqu’ici, ils ont réussi cette chose difficile sans se laisser défaire par les tensions qu’une telle composition génère, et cette réussite est ce qui stupéfie le plus les classes représentantes et garantes de l’ordre social institué, de plus en plus raide à mesure qu’il vieillit. Cette souplesse du mouvement, qui évoluera, s’effacera peut-être mais pour réapparaître plus forte, est un signe de jeunesse à venir pour notre monde.

En face, du côté de l’ennemi (ce n’est pas le peuple qui en fait son ennemi mais lui qui se prouve chaque jour ennemi du peuple), rigidité des genoux et vieilles ficelles machiavéliques. Un attentat tombant à point pour alimenter les « théories du complot », cela prouve seulement que le peuple ne peut avoir confiance en un président et un pouvoir utilisant obscènement au 20 h à la télé le drame des migrants et la question pourrie de l’identité nationale pour détourner des exigences de justice sociale, des exigences de justice. La justice demande la justesse, et pour trouver la justesse, il faut apprendre à danser.

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détail d'une de mes anciennes peintures

détail d’une de mes anciennes peintures

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Voir aussi le mot-clé Danse

et notamment ces vidéos de marches et danses

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Gilets jaunes (2). Acte 4 : le fraudeur démasqué

20h25
Un fraudeur, disais-je ce matin de Macron. On pourrait en dire autant de beaucoup d’autres.
Fin de la note.

17h25
Il y a quelque chose de gênant à voir des politiques, des intellectuels, des journalistes, des universitaires, des auteurs, etc., hommes et femmes, parfaitement voire royalement intégrés à la société, soutenir la révolution ou même prétendre la faire. Cette chose gênante, c’est qu’il a fallu qu’ils et elles se soumettent à tous les compromis qu’exige la société pour y gagner une place privilégiée. Croyez-en les personnes marginales, la société rejette toutes celles et tous ceux qui ne se plient pas à ses codes, ses mécanismes, son système. Seules celles et ceux qui y résistent ou qui les refusent par leur vie même sont en mesure de révolutionner la société – et c’est ce qu’ils font, par le seul fait d’être autrement. Les gens bien intégrés dans la société ne font, ne feraient jamais que la répéter.

14h55-15h45
En début d’après-midi des Gilets jaunes tournaient pacifiquement autour de l’ange de la Bastille en se donnant la main. Je vois aussi des images de manifestants pacifiques à Pau, par exemple. Beaucoup de manifestants pacifiques partout en France, mais seule la violence semble se faire entendre un peu d’un pouvoir sourd, paralysé.
Des voitures brûlent dans le 8e à Paris. Affrontements ailleurs dans le pays, notamment à Marseille, à Lyon.
« Laissez-nous passer », scandent les gilets jaunes. Les CRS bloquent toujours mais certains montrent des signes de désapprobation des consignes reçues. » twitter Là-bas si j’y suis @LabasOfficiel @T_Bouhafs
Des manifestants, malgré les violences policières, continuent à essayer de raisonner les policiers : « enlevez votre casque et votre cagoule ; on est comme vous ; vous êtes du côté des riches »…
« Une trottinette brûle avenue de Friedland. » Le Point, tweet (texte intégral) avec photo de la trottinette en feu

13h40-14h40
Finalement des manifestants empêchés d’avancer commencent à lancer des pavés sur des vitrines.
Des gens témoignent être empêchés d’entrer à Paris par la route ou le train, retenus plusieurs heures pour contrôle par la police.
Cet usage disproportionné de la force, cet usage abusif de la force (pas de casseurs aujourd’hui) en dit long sur l’état de faiblesse de Macron et du gouvernement.
Ridicule d’assister à l’écrasage d’une simple petite poubelle de fer en feu par un blindé.
Les blindés avancent sur les Grands boulevards où les manifestants, coincés, ont monté une barricade.
Jusque là les violences policières consistaient en gazages (de gens pacifiques, voulant seulement continuer à manifester). Maintenant s’y ajoutent des tirs de canon à eau et de flashball, en plein visage ou en plein ventre, sur des manifestants mains en l’air, et autres charges contre des manifestants agenouillés ou grenades envoyées sur la presse pourtant clairement identifiée.

12h20-12h40
« Infirmiers, nous participons aux #GiletsJaunes à Paris. Les CRS nous ont dépouillé de notre matériel de 1er secours ( sérum phy, compresses) » twitter @aaron_lili
Gazages de nouveau dans le quartier des Champs ; manifestants (avec la « fanfare invisible ») nassés aussi autour de la rue Caumartin

11h30-12h
Des rassemblements dans toute la France, et aussi à Bruxelles.
Il y a d’autres rassemblements dans Paris (à Bastille, place de la République, Saint-Lazare, le Marais…), mais la circulation est difficile voire impossible de l’un à l’autre, à cause des barrages de police et de la fermeture de 45 stations de métro.
« Une fanfare parmi les #GiletsJaunes boulevard Haussmann à Paris alors qu’un hélicoptère fait du surplace dans le ciel » Frédéric Gouis sur twitter @FredGouis
« La rue saint lazare noire de Monde à #Paris #giletsjaunes #LIVE » Arsène Lupin twitter @ArseneFlipo
À plusieurs endroits de Paris et dans plusieurs villes de France, les manifestants s’agenouillent mains derrière la tête en référence à l’arrestation des lycéens de Mantes-la-Jolie.
Pas de violences de la part des manifestants, mais certains invectivent les journalistes. « Nique ta mère, BFM »
Édouard Philippe a annoncé à 11h 481 interpellations.

11h
Dans cette confrontation immobile, de nombreux manifestants parlent aux CRS qui leur font face : « on est dans la même merde, les gars ; vous êtes comme nous ; ils nous divisent ». « Qu’est-ce qu’on a fait de mal ? Pourquoi vous nous agressez ? » « CRS avec nous » etc. Régulièrement la Marseillaise est entonnée.

10h40
Malgré un vent contre eux, les gendarmes multiplient les tirs de lacrymo sur les manifestants pacifiques priés de se disperser alors que les issues sont bloquées.
« Les voltigeurs sont de retour. 2 policiers par moto, autour des Champs-Elysées » (twitter Alexis Kraland @akraland)
« La photojournaliste Véronique de Viguerie a vu son matériel de protection saisi par la police (Visa d’or 2018 Paris Match + Visa d’or humanitaire du #CICR) » Stéphane Burlot twitter @Stef_Burlot

10h25
Les manifestants bloqués suffoquent sous les lacrymogènes.

10h20
Les manifestants sont nassés dans le secteur des Champs-Élysées, toutes les issues bloquées. Tensions.
Des contrôles sur les routes qui vont à Paris, jusqu’à 80 km avant. Le pouvoir essaie de transformer la ville en prison. La Marseillaise résonne derrière les barrières.

9h40
Des manifestants arrêtés par centaines avant même le commencement des manifestations. Mais les manifestations commencent : on peut les suivre ici en direct sur RT

9 heures
Le petit roi est mort.
Ce n’était rien qu’un fraudeur.
Ceux qu’ils croyait n’être rien ne sont pas ce qu’il croyait. Celui qu’il croyait être n’était pas, n’est pas, ne sera jamais.
Ceux qu’il croyait être ceux qui réussissent s’avèrent échouer.

8 décembre 2018, 7h40 à 8h
De chez moi, j’entends les sinistres sirènes des voitures de police. Des blindés sont sur les places et dans les rues de Paris. La police procède à des fouilles systématiques des manifestants qui arrivent à pied, confisque lunettes et masques de protection contre les lacrymogènes. La police est partout, les Parisiens forcés de quitter le métro, il est quasiment impossible de circuler dans la ville. Une journée de dictature commence, au bout de dix-huit mois d’un pouvoir mis en place par la finance.
Bus et voitures fouillés. Les internautes qui essaient de circuler dans Paris parlent d’une ville en état de siège.
Déjà 121 personnes arrêtées dans la ville, 34 sont en garde à vue, 65 emmenés pour vérification d’identité.

8 décembre 2018, 1h20 du matin
Paris est une fête.
Grosse fiesta de mes voisins toute la soirée, puis soudain la musique et les cris s’arrêtent. Quelqu’un aurait-il prévenu la police ? Déjà ?
Ah non, ça repart.

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7 décembre 2018, 19h
Par un vent bien revigorant, je suis allée faire un tour dans mon quartier, qui fait partie de ceux qui pourraient être « sensibles » demain, pour voir comment il était préparé. Mes images, commentées :

paris 3,-minLa Sorbonne Nouvelle, comme les autres sites universitaires, est fermée
paris 3-min

paris 13e 1-minAvenue des Gobelins, les barrières des travaux ont toutes été retirées, et les trous rebouchés avec de grosses plaque de fonte et du goudron. Quand je suis ressortie en fin de journée, j’ai noté une fréquence assez élevée de passages de voitures de police, sirènes hurlantes.
paris 13e 2-minPlace d’Italie, tout le matériel et les engins de travaux ont été retirés aussi. Pendant que je faisais le tour de la place, un merle me chantait dans l’oreille gauche son chant ravissant, et le plus surprenant c’est qu’il me suivait. Je tournais fréquemment la tête pour le voir mais il restait invisible. Et puis, à la fin, il s’est montré, et je l’ai photographié

paris 13e 5-min

Sur le parvis de la mairie du 13e, à la station de métro, devant les sapins de Noël, une publicité assez de circonstance :

paris 13e 6-min

paris 13e 7-minaujourd’hui à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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7 décembre 2018, 9h45
Ce qu’ils font à cette « classe », comme dit le flic dans la vidéo, c’est ce qu’ils font ou veulent faire aux classes populaires. Les soumettre. Ils veulent une classe morte, comme le disait Kantor dans sa pièce éponyme, avec cette notation dans ses carnets de mise en scène :

« Il faut donc à nouveau les rendre ÉTRANGERS. Leur reprendre ces
apparences de fable et de vie.
Leur faire subir la honte. Les dénuder. Égaliser comme dans la scène
du Jugement dernier. Pire. Parvenir à cette sphère la plus
infamante. Comme les cadavres dans l’ossuaire. »

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7 décembre 2018, 2h du matin
Nous sommes tous et toutes, dans la tête de Macron, dans la tête malade des gens qui sont au pouvoir, ces enfants réduits à nous soumettre à eux.
Traiter des enfants et des adolescents comme des prisonniers de guerre, filmer leur humiliation et la diffuser, avec leurs visages, sur les réseaux sociaux : Macron, Castaner, Blanquer sont d’infects pervers. Cet acte lâche est particulièrement répugnant. Symboliquement, il rappelle beaucoup d’images d’horreur, de situations historiques et contemporaines que je préfère ne même pas nommer. Il est une grande violence faite aux enfants, mais aussi à tous les Français à qui sont délibérément diffusées ces images, et à qui elles disent : voilà comment on vous traite, à travers vos enfants.

Arrestation de Mantes-le-Jolie

Arrestation de Mantes-la-Jolie

J’ai reçu comme tous les profs un mail de Blanquer demandant d’appeler les élèves « à la sérénité, au calme et au respect des personnes et des biens », car « appeler des élèves à se mêler aux désordres urbains revient à leur faire courir un danger grave. »  Le danger d’être violenté, mutilé, humilié par la police à laquelle Macron, Castaner et lui les exposent, munie d’armes et aussi de leurs ordres criminels.
Quelque chose d’indicible sous-tend cette mise en scène d’une humiliation publique d’enfants. Quelque chose qui a à voir avec le fait que Blanquer est un prof, et que le couple Macron est constitué d’un élève et d’une prof. Quelque chose dont ils ne sont pas conscients, une scène originelle sur laquelle il faut absolument tenir un rideau fermé. Un sadisme caché, une pulsion d’abus de certains adultes en charge d’enfants. J’en ai parlé dans ma thèse, de cette pulsion de la nuit des temps qui consiste à vouloir tuer l’enfant, que ce soit par le meurtre, par le viol, par l’inceste réalisés ou fantasmés.
Cette image filmée et diffusée avec l’accord de la police, donc de ceux auxquels elle obéit, est un message envoyé avant ce samedi où les blindés entreront dans Paris et ailleurs en France, un message qui dit : nous n’hésiterons pas à vous écraser, à vous mettre à genoux. C’est un message subliminal de cette espèce, que, déjà, Macron avait envoyé en s’adressant aux citoyens protestataires en novembre depuis un porte-avion, depuis l’armée.
Seulement, il n’y arrivera pas, ils n’y arriveront pas. Leurs menaces sont autant d’aveux de leur faiblesse. Ils feraient mieux de réfléchir à ce qu’ils font et aux messages qu’ils envoient, car ils sont taillés en boomerangs qui leur reviendra dans la figure.
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Ma première note sur le mouvement des Gilets Jaunes est ici. J’actualiserai celle-ci de la même manière au fil des jours ou des heures.