Prieindre

Comme j’ai repris un peu Apesanteur Home, j’ai changé la photo postée cet après-midi, il y est maintenant dans sa version finale. Chaque fois que je lave mes pinceaux et ma palette, bien plus de cinq fois par jour, j’ai l’impression de faire mes ablutions pour la prière. Aussi, je pense au Chant de la Flamme, dans Voyage, qui au début parle de peinture. Je ne m’arrête jamais, je suis une vraie Pèlerine d’Amour !

Non classé

Toits mouillés

1

*

En accompagnant deux Anglais qui espéraient le soleil pour leur week-end à Paris, j’ai pris cette photo des toits mouillés, avec l’envie d’aller m’y promener. En redescendant, je suis allée chez le marchand de couleurs, acheter deux pinceaux et deux tubes de peinture supplémentaires. J’avais oublié mon parapluie chez les Anglais, j’ai marché heureuse de me mouiller, comme une peinture se promenant sur la toile.

Avant de partir de chez moi, j’avais eu envie de peindre un accordéon rouge, aujourd’hui. Avant de rentrer, je suis allée à la boulangerie, il était 13 h et j’avais à prendre des baguettes pour le casse-croûte des uns et des autres à la maison. Or justement il y avait devant la boulangerie un homme que je n’avais jamais vu, un homme au beau visage, clair et lavé comme la pluie, en train de jouer d’un accordéon rouge.

Maintenant je vais vernir le tableau d’hier, Faire-part, puis j’essaierai de peindre cet accordéon. Je débute juste, et j’adore peindre.

Non classé

Haïkus de l’espace-temps

Clarté matinale,

on ne voit pas les étoiles.

Des vivants y vivent.

*

Milliards de planètes

Des êtres y comptent peut-être

les années-lumière.

*

La nuit, pupille

de quel œil ? Qui là respire,

cela nous regarde.

Non classé

Justice

Les saints modernes, ce sont les lanceurs d’alerte. Ceux qui, de leurs seules faibles forces, tirent ce monde des ténèbres où il s’enfonce, et sont persécutés en retour par ceux qui veulent garder la loi des ténèbres.

Ce monde est plein de morts-vivants, mais ses jeunes sont vivants, ses jeunes eux aussi si souvent sacrifiés, massivement sacrifiés, dont le sang crie justice. Chaque instant vécu en juste vaut infiniment mieux que les existences entières des goinfres du monde.

La punition des goinfres, des iniques, c’est d’avoir le cœur sec, le sang caillé, gâté, et d’aller vers la mort sans avoir connu la vie, ou en l’ayant perdue.

L’amour, celui qui rend libre et vrai, le seul qui soit, est l’unique gloire.

Non classé

Haïkus du jardin en automne

Au creux du jardin

parsemé de feuilles mortes

une rose fraîche.

*

Le vent vient et vaque

où les seuls bras nus qu’il reste

sont ceux des statues.

*

Le cuivre verdit

La verdure devient rouge

autour des sculptures

Non classé