Tempête d’automne
En plein milieu de la nuit
Les vieux os tremblent
*
Les morts qui reposent
au cimetière trempé
écoutent la pluie
*
Vivante je dors
dans les entrailles du vent
et je me réveille.
Tempête d’automne
En plein milieu de la nuit
Les vieux os tremblent
*
Les morts qui reposent
au cimetière trempé
écoutent la pluie
*
Vivante je dors
dans les entrailles du vent
et je me réveille.
Le vent léger bruisse,
la pluie glisse sur les plumes,
boucle les cheveux
*
Les feuilles descendent,
les pages des livres tournent,
tout se déshabille
*
Dans l’ombre l’esprit
projeté par la fenêtre
fait lever le corps.
L’espérance de vie, ce n’est pas le nombre des années, c’est la grâce du présent.
Le sommet de ma vie, c’est la vie à la grange.
Pèlerine d’Amour, Pèlerin d’Amour, voici ma religion : la religion qui relie les hommes de toutes religions, même de celles qui s’ignorent.
Cette nuit j’ai prié avec la Fatiha. À l’instant je viens de prononcer dans mon cœur : Qui pourra me séparer de l’amour de Dieu ? Et aussitôt je suis allée voir la Lecture du jour, ce que je ne fais plus depuis des mois. Elle dit, reprenant les mots de Paul : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?»
Femme nue au lit.
Jupe rose sur la chaise.
Le sommeil attend.
*
Bien après minuit,
la peau douce des bouleaux,
blanche sous la lune.
*
La chouette respire.
Son plumage sous la brise.
Ses petits poumons.





ces trois derniers jours à Paris, photos Alina Reyes
*
Il suffit de contempler la partition : Bach doit se jouer comme il s’écrit, implacable, sans jeux de pédale ou de rubato. Avec lui nous ne sommes pas dans le sentiment, nous sommes dans l’être. Dans l’essence, dans l’os, comme dit l’hébreu dans la Bible – « dans l’os du jour », comme je l’ai traduit dans Voyage. La radicalité est ce qui donne la joie très profonde, la béatitude, le salut.
http://youtu.be/XGtVmlyNNMs
Très tôt le soir tombe.
Passants enveloppés d’ombre
allant vers la nuit.
*
Dans la nuit précoce
la lumière des bars sort
les gens de leur veste
*
À l’heure d’hiver
des glaçons trinquent à la mort
dans l’or de l’alcool.
http://youtu.be/FgqnzNE4Jtw
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Le Clavier bien tempéré par Joachim, à l’instant à la maison
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Lou Reed a inspiré la révolution de velours à Prague. Sans argent, sans argent sale, sans combines, seulement par la vérité et la liberté de son art.
Des draps sur un fil
près de la forêt en feu
abandonnés claquent
*
Au bois des chevreuils
aux couleurs de feuilles mortes
s’assemblent invisibles.
*
Passage de l’ours
entre les arbres griffés
bientôt la tanière.
Les gens face au vent
leur parapluie en avant
pauvre bouclier.
*
Flèches des antennes
twistant sur les toits avec
une feuille rousse
*
Au loin la sirène
d’une voiture d’urgence
lutte avec le vent.