Journal du jour

Je suis allée répéter avec le choeur à midi à la Sorbonne, puis je me suis mise au centre de l’horloge, place du Panthéon sous la pluie, et j’ai filmé.

*4Je suis rentrée à la maison, puis le soir je suis repartie répéter avec le choeur et l’orchestre, cette fois à Jussieu, et j’ai fait une photo du haut de l’amphi 25, alors que choristes et musiciens commençaient à arriver

3aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

*

Pacem summa tenent

1

Trois heures de répétition en choeur et avec orchestre à la Sorbonne. Vivaldi, Mozart, Puccini. Comme le dit l’inscription latine en frontiscipe du très bel amphithéâtre Richelieu, « les choses élevées maintiennent la paix » – c’est une citation de La guerre civile (ou Pharsale) de Lucain.

*2Nous avons terminé à 22 heures passées. Plus aucun Vélib aux deux bornes les plus proches, je suis rentrée à pied, en passant une fois de plus devant l’oeuvre de glace qui fond doucement sur le parvis du Panthéon, sous les yeux des quatre résistants qui y sont entrés dernièrement.

*

Journal du jour

1Neuf heures pile, j’arrive à la Sorbonne pour la deuxième journée d’un colloque sur La Fortune des Rougon, destiné aux agrégatifs, et où il a été question la veille, notamment, de l’influence de Hugo sur Zola

*2Vers treize heures, déjeuner de deux petits pains au lait au jardin du Luxembourg
3 4 5 6*

puis sur le chemin du retour, en allant chez Gibert trouver une grammaire d’occasion7* 814 heures, retour à l’amphi Guizot pour la suite du colloque, les étudiants et les professeurs arrivent9« La Grèce antique se dévoile à l’Archéologie »

*1017 heures passées, le colloque est terminé, le soir tombe. Je rentre à pied. Un ours blanc sur le mur de la mairie du 5e regarde les passants. En face, toujours la glace (voir note précédente). J’ai fait aussi des photos nettes, mais je préfère celle-ci, avec son flou.11aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

*

Ice Watch : douze photos des douze glaces du Panthéon, de jour et de nuit

1 2 3 4 5 0 6 7 8 9 10 11l’horloge de glace est une oeuvre éphémère d’Olafur Eliasson réalisée avec des morceaux d’iceberg du Groenland à l’occasion de la COP21

Chaque bloc de glace a une texture différente, c’est très beau

… et mouille les pavés

aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

*

4 jours plus tard, le 8 décembre, je suis repassée voir les glaces, elles fondent sous la pluie

S’instruire (l’antidote à la destruction)

9l’un de mes cahiers de notes, ce soir

*

Instruire et détruire ont la même racine, et des préfixes opposés. Cette racine est aussi celle de construire (préfixe cum, qui signifie avec, alors qu’in-struire est structurer l’intérieur). Également, d’instrument, celui de la structure – et de l’italien strada, de l’anglais street, de l’allemand strasse, car il est bon d’avoir des rues entre les constructions, elles en font partie. (Renseignements étymologiques que l’on peut trouver tout simplement dans un dictionnaire Petit Robert – le mien date de 2003).

Il est possible de suivre des cours et conférences de haut niveau et en toutes sortes de domaines en vidéo sur le site du Collège de France, sur celui de l’École Normale Supérieure, et sur Canal-U, la vidéothèque numérique de l’Enseignement supérieur. Le luxe est gratuit.

*

Journée d’accueil des doctorants à la Sorbonne

1

« Construire ensemble un espace commun qui transcende les disciplines », a dit Thierry Tuot, président de Sorbonnes Universités. « Nous sommes en train d’inventer une Université qui part des sciences académiques pour aller vers celles qui n’existent pas encore. »

5

Et aussi : « Nous contribuons au progrès social, nous essayons de rayonner dans le monde entier, d’être à l’avant-garde de l’innovation. »

2

Pierre Demeulenaere, directeur du collège doctoral, après avoir rapidement rappelé l’histoire de la Sorbonne, de ses origines médiévales à sa division actuelle en dix établissements différents, a souligné la nécessité de remédier à cette singularité négative française que le doctorat y est concurrencé par des diplômes de grandes écoles, alors que partout ailleurs dans le monde il est considéré comme le diplôme le plus important. Il a aussi insisté sur le désir du collège doctoral de favoriser la recherche interdisciplinaire – ce que je trouve très précieux et encourageant.

6

Bertrand Meyer, vice président délégué aux équipes de recherche, nous a répété : « Vous allez prendre beaucoup de plaisir à faire fonctionner votre cerveau pendant trois ans. »

7

Bien d’autres choses ont été dites, et je n’ai pas assisté aux interventions de l’après-midi, mais ce matin était un beau moment, avec bien sûr un hommage aux tués de vendredi dernier, que nous avons été chargés de porter collectivement en faisant, pour ceux d’entre eux qui étaient étudiants, ce qu’ils auraient pu faire. Comme l’a dit Barthélémy Jobert, président de la Sorbonne : « savoir, liberté de pensée, dialogue, ouverture aux autres, sont la réponse. »

8ce matin à la Sorbonne, Grand amphithéâtre et péristyle, photos Alina Reyes

*

Paris, midi

1Panthéon, les visages des résistants dernièrement entrés, et des étudiants et des gens prêts pour l’hommage aux victimes de vendredi soir

*2fac de droit place du Panthéon, les étudiants se réunissent

*3après l’hommage un côté de la Sorbonne, des caméras de télévision (la rue de la Sorbonne, perpendiculaire, était encore toute encombrée de camions de police)

*4impasse Chartière

*5au coin de Polytechnique

6

7

8rue Descartes

ce midi à Paris 5e, photos Alina Reyes

*