« Fertilité ». Fougère. Maranta Fascinator

fertility,-min
"Fertilité", acrylique sur bois, 42 x 50 cm

« Fertilité », acrylique sur bois, 42 x 50 cm

fertilité 1-min
fertilité 2-min
fertilité 3-min
fertilité 4-min
Maranta leuconora Fascinator. Aussi appelée « plante prieuse » parce qu’elle étend ses feuilles le jour (et les bouge) et les redresse la nuit, comme en prière dans l’ombre. Ce phénomène et la beauté de ses feuilles lui valent le nom de Fascinator.

Trajets de déconfinement dans Paris

paris 13e-12e 2-min

Je continue ce « journal de déconfinement » initié en plein confinement, quand personne encore n’avait parlé, du moins publiquement, de déconfinement (mot qui n’existait pas jusque là). J’ignore jusqu’à quand et peu importe. Dépasser les confins, c’est mon truc. Briser les barreaux, que passe qui veut passer.

Hier, ayant à transporter des choses lourdes, nous avons pris le métro (nos masques maison sans couture sur la figure) plutôt que le vélo pour nous rendre du 13e au 12e arrondissement. J’en ai profité pour photographier les œuvres de street art visibles de la ligne 6, entre Italie et Austerlitz. Je les ai déjà photographiées plusieurs fois à pied, mais je leur trouve un charme particulier photographiées d’en haut et d’en mouvement.
Au retour, débarrassés de notre charge, nous sommes rentrés à pied, quelques bons kilomètres avec un détour par l’est de la BnF (nous avions un achat à faire dans un magasin de sport mais devant la file d’attente sur le trottoir nous y avons renoncé) et sur la fin une traversée de la Pitié-Salpêtrière. Voici les images.

*

paris 13e-12e 1-min

paris 13e-12e 2-min

paris 13e-12e 3-min

paris 13e-12e 4-min

paris 13e-12e 5-min

paris 13e-12e 6-min

paris 13e-12e 7-min

paris 13e-12e 8-min

paris 13e-12e 9-min

paris 13e-12e 10-min

paris 13e-12e 11-min

paris 13e-12e 12-min

paris 13e-12e 13-min

paris 13e-12e 14-min

paris 13e-12e 15-min

paris 13e-12e 16-min

Hier après-midi à Paris, photos Alina Reyes
*

Christ aux cheveux verts

christ aux cheveux verts 2-min

"Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang" Acrylique sur bois (isorel) 74x42 cm

« Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang » Acrylique sur bois (isorel) 74×42 cm


*
En écrivant cette icône, j’ai songé que le maintien de la fermeture des parcs et jardins en Ile-de-France, malgré les demandes d’ouverture d’Anne Hidalgo et de Valérie Pécresse, et alors que rouvrent centres commerciaux, écoles, bureaux, chantiers, transports en commun, lieux de culte avec autorisation de cérémonies…, et alors que les études montrent que la pandémie se transmet essentiellement dans les lieux clos, est une mesure de coercition de type fasciste, totalitaire : une mesure contre la vie, contre la liberté, contre le bonheur.

J’aurais pu intituler cette icône « la multiplication des pains », avec cette chair du Christ changée en myriades d’hosties. Mais ce qui est essentiel, c’est que cette figure soit encadrée de vert et d’or. En ce jour d’Ascension, une façon de s’élever pour voir d’en haut que la vie et la lumière sont nos véritables trésors, avec l’amour rendu par la libéralité du don de soi, un soi aux mesures de l’univers et en communion avec lui.

*

« Le visage tourné »

le visage tourné,-min
"Le visage tourné", acrylique sur toile 46x37 cm

« Le visage tourné », acrylique sur toile 46×37 cm

Par la fenêtre ouverte la lumière, la douce chaleur, les couleurs des briques et des fleurs, les senteurs de la verdure montant de la cour, avec les voix du voisinage qui composent une musique du quotidien, et de temps en temps celle d’un proche ou d’un autre qui interpellent d’en bas : « Regarde, j’ai ramené le vélo », « lance-moi la clé », « L. est là, on va se promener », etc. Avec le réchauffement climatique, une ambiance de Sud à Paris. En attendant la réouverture des jardins, je me balade à vélo ou à pied dans la ville, et en attendant la réouverture des bibliothèques où travailler, je peins. Bienheureuse.

Aux reines de l’entropie et de la néguentropie

selfie,-min

tag 7-min

Hier à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

Hier à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes


*

La « parole du jour » sera donnée à ce beau lapsus orthographique trouvé dans un article sur les bienfaits des psychédéliques, à partir du livre Voyage aux confins de l’esprit de Michael Pollan. Après avoir expliqué que « sous psilocybine votre cerveau augmente son entropie : vos réseaux cérébraux perdent de leur spécificité et se mettent à communiquer entre eux de façon anarchique, faisant apparaître de nouvelles connexions. Ce chaos cognitif débloquerait vos schémas de pensée embourbés dans une rigidité pathologique. Et expliquerait par conséquent votre plus grande flexibilité comportementale », l’auteur de l’article, Jérôme Lichtlé, écrit :

« Si les psychédéliques lâchent les reines de l’entropie, c’est parce qu’ils inhibent la région de votre cerveau dédiée justement au maintien de l’ordre cognitif ».

Ô mes juments, reines de l’entropie et de la néguentropie, emportez-moi toujours plus loin, démultipliez pour moi l’espace infiniment grand et infiniment petit !
*
Voir aussi ici mot-clé psychédélisme, avec une journée d’étude au Muséum et une exposition à la Halle Saint-Pierre

« Au bois, il y a un oiseau ». Avec Rimbaud, Debussy, Grimaud

au bois 3-min

"Au bois, il y a un oiseau", acrylique sur bois 75x40 cm. J'ai laissé nus les nœuds du bois

« Au bois, il y a un oiseau », acrylique sur bois 75×40 cm. J’ai laissé nus les nœuds du bois


*

Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

Il y a une horloge qui ne sonne pas.

Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.

Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

Arthur Rimbaud, Illuminations

« Quatre vents », avec Orhan Pamuk. Le déconfinement révélateur

quatre vents,-min
"Quatre vents", acrylique sur bois (isorel) 75x51 cm

« Quatre vents », acrylique sur bois (isorel) 75×51 cm

Je ne sais pas pourquoi, mais le fait est que nous soyons là tous les quatre à regarder me procurait un apaisement.

« Qu’y a-t-il de commun entre l’aveugle et le voyant ? » a récité Le Noir après un long silence. Faisait-il allusion, en dépit du caractère obscène de l’image, à la noblesse de cette jouissance visuelle que Dieu nous a donnée ? Cigogne, pour son compte, ne captait rien à ces choses-là, vu qu’il ne lit jamais le Coran. Je savais que ce verset était de ceux que les anciens Maîtres de Hérat citaient le plus souvent, en particulier pour répondre aux imprécations des détracteurs de la peinture, ceux qui prétendent qu’elle est contraire à notre foi et que les peintres iront en Enfer, au jour du Jugement dernier. Pourtant, avant ce jour magique, je n’avais jamais entendu Papillon parler comme il l’a fait alors, l’air de rien :

« Je voudrais peindre quelque chose qui montre que l’aveugle n’a rien de commun avec le voyant.

– Qui est aveugle ? Et qui est voyant ? a demandé Le Noir avec naïveté.

– L’aveugle et le voyant n’ont rien en commun, c’est ce que veut dire wa mâ yastawi-l’âmâ wa-l-bâsirûn, a dit Papillon, avant de réciter :

Il n’y a rien de commun
Entre lumière et ténèbres
Entre la chaleur et le frais
Entre les morts et les vivants.

Orhan Pamuk, Mon nom est Rouge, traduit du turc par Gilles Authier

quatre vents,-min

*

Poisson d’amour et monde d’après, maintenant

poisson d'amour 2-min

"Poisson d'amour", acrylique sur bois, 50x50 cm

« Poisson d’amour », acrylique sur bois, 50×50 cm


poisson d'amour 2-min
poisson d'amour 3-min
*

Peignant ce matin mon « Poisson d’amour » à la peinture dorée, la capuche sur la tête (il faisait frais), après mon yoga et dans la paix de ma musique de méditation, j’ai songé que j’étais comme un moine en train de peindre une icône, c’est-à-dire d’écrire, les icônes étant considérées comme une forme d’écriture. En tout cas la peinture est un exercice spirituel. Plus elle l’est, plus elle peut atteindre la grandeur. Il y a de grandes peintures qui sont peu spirituelles, comme celles de Picasso, que j’aime moins depuis que j’aime mieux la grande peinture spirituelle, comme celle de Jean-Michel Basquiat. Le vingtième siècle a mieux compris l’art peu spirituel, ou n’a pas bien compris l’art spirituel, mais le vingtième siècle est derrière nous et nous pouvons le relire autrement qu’il ne l’a été par ses contemporains.

Il y a aussi des peintures spirituelles qui ne sont pas grandes d’un point de vue artistique, peut-être parce qu’elles sont comme la poésie, qui, comme le dit Yves Bonnefoy en parlant de Rimbaud, n’est pas de l’art, mais autre chose. Il est temps de passer à autre chose. J’écoute de la musique nuit et jour.

Un très beau texte de Bonnefoy sur Rimbaud, qui parle aussi bien d’aujourd’hui :

Tags de déconfinement

tag 6-min

Ma « parole du jour » est à ces quelques tags que j’ai photographiés dans Paris depuis avant-hier, jour du déconfinement, et qui sont en effet à méditer pour déconfiner le vieux monde. (Le correcteur souligne en rouge déconfiner chaque fois que je l’écris, il ne connaît pas encore le mot, un néologisme que j’ai d’ailleurs inventé la première le 22 mars dernier – invention bien simple et qui tombait à point.
*
tag 1-min

tag 2-min

tag 3-min

tag 4-min

tag 5-min

tag 6-min

« Trou blanc, troublant ? » Déconfinement, jour de fête

trou blanc 5-min
"Trou blanc, troublant ?" Acrylique sur bois, 40x69 cm

« Trou blanc, troublant ? » Acrylique sur bois, 40×69 cm

trou blanc 2-min

trou blanc 3-min

trou blanc 4-min

*

C’est un cosmos, et je l’ai appelé « Trou blanc, troublant ? » parce qu’il s’articule autour d’un trou, un vrai trou naturel dans le bois, que j’ai peint en blanc – plutôt qu’à partir d’un trou noir. Et justement ce jour de déconfinement qui vient est un peu un trou blanc de sortie du trou noir du confinement – vous me suivez ? Un trou blanc qui engendre mille autres trous blancs, et toutes les couleurs.

Bon, je sais bien que ce n’est pas vraiment la fête, ça va être encore dur, pour ceux qui travaillent et pour ceux qui ont perdu leur travail. Mais j’aime tant la fête, je la trouve même dans des choses minuscules, j’ai bien l’intention de l’éprouver pour ma première sortie, sans doute en amoureux, à plus d’un kilomètre de la maison. Loin de moi ce qu’on a appelé la « romantisation du confinement ». À la maison tout s’est passé dans une paix et une entente parfaites, mais n’empêche, quelle lourdeur, ce confinement forcé, et quelle libération, de pouvoir en sortir ! Revoir le monde, et revoir certains proches qu’on n’a pas vus depuis deux mois !

Après avoir fini mon « Trou blanc, troublant ? » aujourd’hui, j’ai vernis mes deux précédentes toiles (celle-ci et celle-là), puis j’ai commencé un autre tableau, de nouveau une reprise d’une ancienne peinture sur bois. J’aime peindre sur bois, mieux que sur toile. Les bouts de bois sur lesquels je peins ne sont pas destinés normalement à être peints, ce sont des rebuts de coupe que j’achète au magasin de bricolage ou que je récupère dans la rue au gré de mes déambulations – ça fait partie de la philosophie de ma pratique. Oh, je vais pouvoir recommencer ! Je travaille avec la nature du bois tel qu’il se présente, ici j’ai utilisé le trou et les nœuds. Je trouve que la peinture est plus belle sur le bois, même si le bois que j’utilise a des irrégularités il y a plus de lisse que la toile, le travail des différentes couches rend mieux même s’il est peut-être plus délicat à discerner à première vue. Pour l’instant je reprends d’anciennes peintures avec la technique des points, c’est une façon de l’explorer. Ça ne veut pas dire que je m’y limiterai désormais, tout est possible, tout est ouvert, j’ai de bonnes chances d’avoir encore quelques décennies devant moi pour travailler et inventer, c’est la joie !

Sexisme à L’Obs, laxisme dans l’épidémie. Et bonheurs du jour

square rene le gall 2-min
Détail de ma peinture en cours (acrylique sur bois)

Détail de ma peinture en cours (acrylique sur bois)

*
sexisme lobsS’inspirant de l’article de Forbes (que j’avais évoqué ici sur la réussite remarquable des cheffes d’État dans le monde face à la crise du coronavirus), L’Obs a publié il y a quelque temps un article sur le même thème, titré avec une condescendance ridicule : « Les femmes aussi savent gérer la crise ». Devant le tollé suscité par ce titre puant, le magazine retirait carrément l’article de son site quelques heures plus tard.

sexisme lobs 2Aujourd’hui, le même média en ligne publie un article sur les malheurs d’un duc et d’une duchesse privés de domesticité par le confinement. Et que croyez-vous qu’il se passe ? La femme du couple est renvoyée à l’état de domestique de l’homme, sans que cela n’émeuve personne. « La duchesse passe la serpillière » dans les pièces innombrables de la demeure. J’ai laissé très exactement ce commentaire : « Je ne suis pas duchesse mais chez moi, dans le partage des tâches, c’est l’homme qui lave le sol. Pauvres gens, grand château, tête étroite. » C’est à peine croyable mais mon commentaire a été censuré ! Ai-je froissé l’ego si fragile de certains messieurs, qui s’estiment indignes de participer aux tâches ménagères ? Que ce petit monde est vieux, décidément.

Je suis allée faire un tour aujourd’hui, avant de continuer à peindre. J’ai grand bonheur à peindre, plus qu’à écrire.

Je n’écris pas depuis des jours et des jours, à part quelques commentaires que je laisse ici ou là en ligne, comme Neruda va au bordel dans le film (mal plagié des histoires de Cortazar, nécessitant le recours à une voix off, made in simili-surréalisme – bref, mauvais) que j’ai vu hier soir sur Arte. Sauf que moi je n’achète personne – ceux qui en achètent d’autres se vendent aussi eux-mêmes, tout au long de leur vie. J’ignore si ce fut le cas de Neruda ou s’il s’agit d’une diffamation portée par ce film sans génie aucun et, logiquement, aussi condescendant envers le peuple que L’Obs envers les femmes.

Ne pas travailler à mes manuscrits ne me manque pas, ce sont plutôt les salles d’étude des bibliothèques qui me manquent. Et puis j’écris aussi ce journal bien sûr, lui fait partie de ma respiration et de mon ascèse comme mon yoga du matin.

sqaure rene le gall-minJe suis allée voir le jardin partagé du square René Le Gall derrière les grilles, avec sa végétation odorante et luxuriante, poussant toute seule bien joyeusement.

En passant devant un magasin, j’ai vu qu’il y avait du gel hydroalcoolique à l’entrée pour que les clients puissent se désinfecter les mains en entrant et en sortant. Bien. Mais dans un autre, les employés ne portaient pas de masque. L’épidémie étant loin d’être finie en Île-de-France, il me semble que le port du masque devrait être obligatoire dans les commerces (pour les clients et pour les employés) comme dans les transports en commun. Mesure essentielle de respect d’autrui. Si nous ajoutons au retard pris par les pouvoirs publics dans la gestion de la crise, combien de temps encore allons-nous devoir supporter de rester sans jardins, combien de temps les cafés, les restaurants, les théâtres… devront-ils rester fermés, combien de temps encore les hôpitaux seront-ils saturés, combien de temps comptera-t-on les morts ?

moto brulee-minSexisme et laxisme sont le fait d’une paresse de la pensée, comme le racisme. Du refus de voir le réel et d’en prendre ses responsabilités. Ce que les hommes aux paupières collées veulent de toi, ne le leur donne pas : comme à leur habitude de commerce des âmes, ils ne veulent pas ton bien, dont ils ne savent rien, ils ne cherchent -sans jamais la trouver- que leur satisfaction.

Moto brûlée et jardin partagé : aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

Notre capacité à garder le cap

work in progress 2-min

Work in progress, détail de ma nouvelle peinture en cours

Work in progress, détail de ma nouvelle peinture en cours


*
Aujourd’hui les martinets sont revenus dans le ciel de Paris. De ma fenêtre, j’ai vu des palombes transporter de longues brindilles dans leur bec. Saison des nids. La nature suit son cours. La culture aussi, puisqu’elle en fait partie. Comme j’écoute de la musique douce (de méditation) tout en en peignant, fenêtre ouverte, un merle se pose en face sur une antenne et chante de concert, en virtuose.

Mes bibliothèques me manquent, celles où j’allais travailler. Je ne travaille pas bien à la maison. J’ai besoin de me dépayser pour écrire, il en a toujours été ainsi.
De temps en temps je passe la tête par la fenêtre, pour prendre l’air et un peu de vitamine D. Je n’ai pas envie de me promener dans une ville où presque tout est fermé et où il faut faire attention à ne pas dépasser un petit kilomètre de chez soi. Toujours par la fenêtre, je regarde mon vélo, en bas dans la cour, au moins bientôt je pourrai en faire.

Le confinement est dur pour les citadins qui n’ont ni nature ni même balcon pour s’aérer. Si on s’y était pris plus tôt et plus intelligemment nous serions sortis d’affaire plus vite et avec moins de morts et de dégâts. Le confinement est sûrement encore plus dur pour les jeunes, si pleins de vitalité, et qui doivent le supporter alors qu’eux ne sont quasiment pas menacés par le virus. Et les conditions de travail pour ceux qui doivent continuer à travailler sont encore plus dures que le confinement. Une période traumatisante pour le pays, d’autant que les décisions politiques continuent d’être chaotiques et souvent incohérentes. Il est aisé de déprimer et de prophétiser comme Houellebecq que le monde d’après sera encore pire, mais rien n’est joué, en fait. Nous ne sommes pas emportés par un destin aveugle, nous gardons notre libre arbitre et notre capacité d’agir. C’est en les exerçant que nous faisons l’histoire, au lieu de la subir. Même dans les temps de contraintes et de menaces, notre capacité à garder notre esprit souple et vivant peut nous sortir d’affaire. Comme dans les livres d’aventures et les contes pour enfants, oui.

L’unité de l’être dans la Bhagavad-Gita, hymne révélé de l’hindouisme

oreille interne 2-min

J'ai terminé ma peinture (acrylique sur toile 40x50 cm), et je l'ai intitulée "Oreille interne". Puis j'en ai commencé une autre

J’ai terminé ma peinture (acrylique sur toile 40×50 cm), et je l’ai intitulée « Oreille interne ». Puis j’en ai commencé une autre


*
« La connaissance grâce à laquelle on ne voit qu’un être unique, indivisible et impérissable en tous les êtres, aussi distincts soient-ils les uns des autres, sache qu’elle est pure et clairvoyante. » (20)

« Les humains touchent au but suprême lorsque, par leurs actes, ils honorent celui qui engendre les vivants et qui sous-tend le monde. » (46)

« Car le Seigneur, ô Arjuna, présent au cœur de tous les êtres, les anime par sa puissance, comme s’ils étaient mus par un mécanisme. » (61)

« Prends refuge en lui seul, ô descendant des Bharata, de tout ton être.
Par sa grâce, tu éprouveras la grâce infinie du séjour éternel. » (62)

Ces versets du Chant XVIII de la Bhagavad-Gita comptent parmi ceux qui indiquent que l’hindouisme est loin d’être le polythéisme qu’on croit trop souvent, faute de l’avoir étudié avec intelligence, et surtout, de l’avoir pratiqué d’une façon ou d’une autre. Ce texte fonde ma pratique du yoga, tout autant que ma pratique du yoga me conduit à l’intelligence de ce texte.
Le savoir sans la pratique est un faux savoir. Ou, pour le dire de façon imagée : le savoir sans la pratique est une charrue sans bœufs. Quelle sorte de savoir peut avoir celui ou celle qui regarde une charrue sans avoir jamais vu ni senti labourer la terre ? La même sorte que celui ou celle qui prend des vessies pour des lanternes. Où peut aller celui ou celle qui prend place dans une voiture à cheval sans cheval ni chevaux, ou attelée à un cheval mort ? Pas plus loin que l’intelligence sans la pratique, le moteur pour apprendre à savoir et pouvoir s’en servir.
*
Pour d’autres extraits de ce texte splendide, ci-dessous mot-clé Bhagavad-Gita
*

Yoga, coronavirus… Et verdure des rues, avec aussi un peu de street art

verdure 1-min

verdure 2-min
verdure 3-min

Il pousse même des bettes sur les trottoirs

Il pousse même des bettes sur les trottoirs


et des chardons

et des chardons


street art 2-min
J'aime les animaux, mais militer contre la réduction des rats en ville, est-ce bien raisonnable ?

J’aime les animaux, mais militer contre la réduction des rats en ville, est-ce bien raisonnable ?


street art 1-min

*
Hier je suis tombée sur la tête en faisant une posture de yoga sur les mains. J’ai ri du gag, et aussi du plaisir d’avoir réussi à tenir la posture au moins un instant, même si elle s’est terminée par terre. Il y a un côté très amusant dans le yoga. C’est un peu un jeu d’échecs avec soi-même, qui demande beaucoup de patience, de la science dans les déplacements, de la méditation, et qui donne la satisfaction, au fond, de n’être jamais perdant, même si ce n’est pas gagné. Quand j’ai commencé à pratiquer quotidiennement chez moi le hatha yoga, l’été dernier (après avoir suivi quelques cours de kundalini yoga), je me suis rendu compte que j’avais perdu beaucoup de la souplesse de ma jeunesse. Aujourd’hui je l’ai entièrement retrouvée, et je continue à progresser. La force augmente, aussi, grâce au travail sur les muscles profonds. À force d’entraînement, il y a de plus en plus de postures que j’arrive à faire, ou que j’arrive à faire de mieux en mieux, et en me fatiguant moins. La joie que cela apporte rayonne sur toute la vie.

C’est la dernière fois que je vais faire les courses au supermarché où j’allais d’habitude (un Carrefour). Au début du confinement, il y avait un filtrage conséquent, les clients étaient peu nombreux dans les rayons. Maintenant c’est comme avant le confinement, impossible de tenir les distances de sécurité, peu de gens portent des masques et parmi les inconscients et égoïstes une bonne bourgeoise quinquagénaire a toussé en venant vers moi, à cinquante centimètres. Macron et ses électeurs, même mépris des autres. Le gouvernement est très coupable d’avoir prétendu si longtemps que les masques étaient inutiles. Il est évident que le virus est présent dans un espace clos où évoluent en même temps des dizaines de gens, des centaines dans la journée (12 % de gens ont été contaminés en Île-de-France selon une estimation). Si on n’oblige pas les magasins un peu grands à distribuer des masques à l’entrée, et les clients à les porter au moins le temps des courses, l’épidémie va repartir. Idem pour les transports en commun, bien sûr.

Je me suis un peu baladée à pas vifs, toujours avec mon masque maison sur le nez, ce qui n’est pas agréable mais nécessaire : il faut que cela devienne une culture, comme en Asie. Et comme les jardins sont fermés, j’ai contemplé et photographié la verdure qui pousse dans les rues, et aussi quelques œuvres de Street Art nouvelles, rapidement réalisées. Ça m’a fait du bien de marcher, vivement le déconfinement. Pourvu que les responsables politiques et les gens soient assez responsables pour qu’on n’ait pas à de nouveau s’enfermer, et déplorer trop de morts, parmi les personnes fragiles et parmi les soignant·e·s et autres personnes travaillant au contact du public ! Dire que même les gens d’église râlent de ne pouvoir reprendre les messes avant juin… Eux aussi ont oublié l’universel commandement « Tu ne tueras point », qui comprend « Tu ne contamineras point ton prochain. »
*

Aujourd'hui à Paris, photos Alina Reyes

Aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

Sainteté des animaux sauvages

galets peints 6-min

*
Les animaux sauvages ne sont jamais en surpoids. Ils ne sont jamais négligés, ils sont toujours pleins de grâce. Certains se parent de couleurs magnifiques. Des oiseaux chantent splendidement aux heures de prière, à l’aube et au coucher du soleil ; et certains d’entre eux réalisent de véritables œuvres d’art en disposant plumes, brindilles, etc., pour faire la cour à l’oiselle. Beaucoup d’animaux forment des couples pour toute la vie. Beaucoup élèvent leurs petits avec la plus grande attention, sans violence et avec bienveillance. Ils vivent libres. Bref, les animaux peuvent être souvent des exemples de spiritualité pour nous, de plein accord avec leur Créateur, à l’image des plus grands saints parmi nous, de « l’élite de l’élite » spirituelle.
*