Glanées dans les rues
feuilles mortes dans un sac
leur odeur sauvage
*
Fin du générique
Le héros mort sort vivant
en nous dans la nuit.
*
Les cris d’une fête.
Le silence des oiseaux.
La lune brillante.
Glanées dans les rues
feuilles mortes dans un sac
leur odeur sauvage
*
Fin du générique
Le héros mort sort vivant
en nous dans la nuit.
*
Les cris d’une fête.
Le silence des oiseaux.
La lune brillante.






ce soir à Paris 5e, photos Alina Reyes
*

*
En accompagnant deux Anglais qui espéraient le soleil pour leur week-end à Paris, j’ai pris cette photo des toits mouillés, avec l’envie d’aller m’y promener. En redescendant, je suis allée chez le marchand de couleurs, acheter deux pinceaux et deux tubes de peinture supplémentaires. J’avais oublié mon parapluie chez les Anglais, j’ai marché heureuse de me mouiller, comme une peinture se promenant sur la toile.
Avant de partir de chez moi, j’avais eu envie de peindre un accordéon rouge, aujourd’hui. Avant de rentrer, je suis allée à la boulangerie, il était 13 h et j’avais à prendre des baguettes pour le casse-croûte des uns et des autres à la maison. Or justement il y avait devant la boulangerie un homme que je n’avais jamais vu, un homme au beau visage, clair et lavé comme la pluie, en train de jouer d’un accordéon rouge.
Maintenant je vais vernir le tableau d’hier, Faire-part, puis j’essaierai de peindre cet accordéon. Je débute juste, et j’adore peindre.
Je ne cesse de le chanter depuis hier !
Clarté matinale,
on ne voit pas les étoiles.
Des vivants y vivent.
*
Milliards de planètes
Des êtres y comptent peut-être
les années-lumière.
*
La nuit, pupille
de quel œil ? Qui là respire,
cela nous regarde.
Une à une, gouttes
de pluie sur le pavé gris
mouillent les chaussures.
*
J’entends les nuages
leurs chapelets de mots d’eau
culbutant la terre.
*
Si c’est le vent ou
le lointain bruit de la ville,
qui sait ? Cela chante.
Les saints modernes, ce sont les lanceurs d’alerte. Ceux qui, de leurs seules faibles forces, tirent ce monde des ténèbres où il s’enfonce, et sont persécutés en retour par ceux qui veulent garder la loi des ténèbres.
Ce monde est plein de morts-vivants, mais ses jeunes sont vivants, ses jeunes eux aussi si souvent sacrifiés, massivement sacrifiés, dont le sang crie justice. Chaque instant vécu en juste vaut infiniment mieux que les existences entières des goinfres du monde.
La punition des goinfres, des iniques, c’est d’avoir le cœur sec, le sang caillé, gâté, et d’aller vers la mort sans avoir connu la vie, ou en l’ayant perdue.
L’amour, celui qui rend libre et vrai, le seul qui soit, est l’unique gloire.