Coaching et auto-coaching

Ma montre cardio, qui ignore les bienfaits des soirées festives et des nuits d’amour, la pauvre, trouvait ce matin que ma nuit ne m’avait pas permis de récupérer suffisamment pour que je puisse faire de l’exercice aujourd’hui. Ayant couru hier, je suis simplement allée à la salle faire vingt-cinq minutes de rameur à rythme modéré, puis du saut à la corde, quelques exercices de gainage et de renforcement musculaire des jambes, une centaine de squats simples, dont quelques-uns avec une kettelbels de 6 kg, et vingt-cinq minutes de yoga pour finir. Rien de trop fatigant, j’écoute quand même les conseils de ma coach au poignet, et aussi ceux du « meilleur coach du monde », Jack Daniels, dont j’ai reçu le précieux livre en cadeau hier pour mon anniversaire. J’ai inauguré un autre de mes cadeaux, le casque à conduction osseuse, en écoutant du rap français pendant toute ma séance de rameur. Et là, de retour à la maison, j’écoute un autre de mes cadeaux, le CD de la B.O. du film Himalaya, l’enfance d’un chef, merveilleuse musique d’un film qui nous a laissé, en famille, un merveilleux souvenir d’enfance.

Ne laissez pas les mauvais coachs ni les faux coachs en tous genres entraver votre génie, qui est unique, votre joie, qui est innée, ni déformer les savoirs que vous avez acquis, ni s’immiscer de force où ils sont indésirés. Leur monde est laid, mais c’est leur monde. Faites toute chose belle en votre monde, afin que toujours l’emportent les mondes de beauté.

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Récupération : la chair, les os, les fringues et l’art

Encore deux bonnes heures à la salle aujourd’hui. Je m’y sens tellement bien. Je commence toujours par le tapis de course, qui demande le plus d’effort, puis je travaille sur deux ou trois autres machines, puis à la fin gainage et yoga. La sensation merveilleuse de légèreté en sortant, elle est fondée sur quelque chose de réel, le fait d’avoir bien éliminé. Ce qui était à éliminer dans le corps, et ce qui était à éliminer dans la tête. J’ai le choix entre plusieurs salles, je peux en changer, mais celle où je me suis inscrite au départ occupe les locaux précédemment occupés par une maison d’édition – qui me refusa un manuscrit. Tout un symbole, et même plus d’un. Les machines de sport occupent très avantageusement, à mon sens, le lieu : voilà de la belle et bonne récup.

Ce matin j’ai commandé un jeans et une jupe sur un site de vente en seconde main. Presque tous mes vêtements sont des vêtements de seconde main, soit achetés en friperie, soit trouvés (quelqu’un qui les dépose quelque part pour les donner à qui veut), soit donc achetés en ligne ; ou bien des vêtements que j’ai depuis très longtemps, parfois depuis vingt ans, et qui sont toujours en bon état – c’est l’avantage de garder les mêmes mensurations au fil des ans, en vieillissant pas besoin d’acheter du vintage. Je fais toujours du 36, même si j’ai porté aussi, jadis, du 34 (je suis petite) que je ne peux plus porter ; ceux qui étaient en 36 continuent d’aller. La preuve que j’ai gagné en force, et non en gras, c’est que certains bracelets que je mettais me serrent maintenant trop au poignet, là où il n’y a pas du tout de gras. Et puis les muscles je les sens très bien ; pour les os et les articulations ça ne se voit pas mais je pense que ça s’est amélioré aussi, à la fois grâce à l’entraînement qui leur apporte renouveau et vitalité, et grâce à la musculation qui les soulage et les protège. Je me récupère moi-même. La recette du bonheur est bien simple.

J’aime beaucoup le fait de porter des vêtements récupérés, non seulement parce que c’est plus écologique, mais aussi parce que c’est plus original et, souvent, plus élégant que d’être fringué de neuf. Les dandys n’aiment pas porter du neuf, ou bien ils font en sorte qu’il n’ait pas l’air d’être porté pour la première fois. Et puis on peut aussi faire des associations plus inventives avec des vêtements trouvés çà et là, comme on peut lire des livres plus originaux en se fournissant çà et là chez les bouquinistes, dans les bibliothèques, les boîtes à livres… La mode, il faut l’inventer et non la suivre. Comme le reste. La circulation des vêtements déjà portés, comme celle des livres déjà lus, a la grâce de l’amour, de l’échange, de l’humain.

S me dit que des amis, de jeunes intellectuels, qui ont vu Illusions perdues, lui ont dit que le film était habile mais plutôt foutage de gueule par rapport au roman (voir ce que j’en disais hier). La récup d’œuvres (dont la traduction fait partie), en art, est aussi un art. À pratiquer avec élégance. Le manque d’élégance, c’est de transformer une œuvre ancienne en œuvre clinquante, flambant neuf. Si l’on habille de neuf une œuvre qu’on a décharnée et désossée, au premier coup d’œil ça peut en jeter, mais au deuxième on voit tout s’effondrer. Ne reste plus que le commerce. Préférons la chair, le vivant, l’humain.

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quintessence de l’esprit et terrain

« L’artiste et son œuvre », collage et peinture sur papier A4, réalisé ces jours-ci

J’ai décidé de reprendre une activité professionnelle. D’en chercher une, pour commencer. J’en ai le droit, ayant travaillé assez, et même plus qu’il ne fallait, pour une retraite « à taux plein ». Maintenant que je me suis refait un corps en pleine forme, et une tête idem, j’ai envie de retourner sur le terrain. Pas tous les jours de la semaine, en gardant aussi du temps pour mes autres travaux. Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de désir. Mon projet de « Pèlerins d’amour » existe toujours, quoique débarrassé de sa dimension religieuse et tout changé dans ses détails concrets, il existe dans la quintessence de son esprit, qui me pousse à faire quelque chose dans le sens de l’universelle communauté humaine.

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La belle et bonne Bourgogne, en 30 images

O et moi sortons de Paris vers 7 heures du matin
et admirons l’aurore en chemin


Premier arrêt à Saint-Bris-le-Vineux, où nous visitons la fantastique cave du domaine P-L et J-F Bersan
le pressoir du XIIe siècle



et du vin qui vieillit dans ce qui fut le fond de la mer, il y a 150 millions d’années
les plus anciennes bouteilles que nous ayons vues dataient de 1960

une ancienne cuve
Puis nous allons visiter le village de Noyers-sur-Serein, cité médiévale








Sur la D956, en route pour Chablis, cette inscription violente rappelant des temps de violence



Et voici Chablis, où nous déjeunons… dans une cave

Avant de reprendre la route pour, un peu plus loin, le domaine J-M Brocard et ses chais avec des foudres de 10 000 et 15 000 litres, et l’une des ces ammonites partout présentes, souvenir du Jurassique et de sa mer chaude qui s’est retirée


De nouveau sur la route, un arrêt pour contempler le paysage, ses vignes, ses vastes ciels, et ici, à l’arrière-plan, dans un creux du vallonnement, Irancy, le village où naquit l’architecte Soufflot, auteur notamment du Panthéon

Les éoliennes que j’évoquais dans ma précédente note, et comme en écho, au retour à Paris, la tour Eiffel dorée par la lumière de la fin de la journée

le 13 octobre 2021, photos Alina Reyes
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