Violences policières : L’INACCEPTABLE (actualisé)

29 mai 2016. Depuis la dernière fois que j’ai actualisé cette note (le 5 mai), les violences policières et les témoignages se sont multipliés dans toutes les villes de France, à tel point que j’ai renoncé à intégrer les nouvelles vidéos, trop nombreuses. Agressions brutales de manifestants pacifiques, usage systématique et démesuré des gaz, grenades (j’en ai fait l’expérience directe lors de la manif du 19 mai, voir mes photos), flashballs, matraques… Depuis la manifestation de jeudi dernier, il y a quatre jours, un jeune photographe, Romain D., touché à la tête par un éclat de grenade désencerclante lancée sans nécessité, est toujours dans le coma à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et risque de graves séquelles neurologiques. Nous sommes nombreux à penser à lui, mais la plupart des médias n’en parlent pas.

Je vais cette fois ajouter seulement ces trois vidéos récentes de « violence ordinaire », parmi bien d’autres, puis donner en lien quelques articles qu’il faut garder en mémoire.

 

Un splendide isolement : Les politiques françaises du maintien de l’ordre (La vie des idées)

Violences policières : “L’objectif n’est plus de repousser un groupe, mais de blesser des individus” (Les Inrocks)

Sans Pitié. Evacuation violente de la Basilique de St-Denis (avec l’autorisation de l’évêque) (Révolution permanente, avec vidéo)

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5 mai 2016. Les vidéos et les témoignages de violences policières ne cessent de s’accumuler. Je continue à actualiser la note (voir aussi vers la fin de la note), à la documenter au fur et à mesure avec tous les témoignages qui viennent.
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Un article dans Rebellyon info cartographiant et répertoriant les très nombreuses et souvent graves violences policières de ces derniers jours.

« La volonté de marquer les chairs de la jeunesse » (l’Humanité)

Violences dans les manifs : mais que fait la police ? (Télérama)

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Une vidéo où l’on voit des policiers de Nantes agresser et blesser à la tête un homme parfaitement pacifique (récit ici)

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Une vidéo faite après que des policiers sur un quai de RER ont contrôlé un innocent, un innocent mutilé, l’ont humilié et refusent de se retourner sur ce qu’ils ont fait (explications ici) Ajout du 12-5-16 : les policiers se défendent en donnant leur version surréaliste des faits, concernant un homme sans jambes : « l’homme retire lui-même ses prothèses puis, passablement énervé, avance de manière agressive vers les policiers »

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3 mai 2016
 
Capture du 2016-05-02 14:33:49
Capture du 2016-05-02 15:37:18
Suite notamment au nassage scandaleux d’une centaine de personnes (pacifiques, pas des casseurs – on les voit en marche vers où elles ne savent pas encore sur la capture de vidéo ci-dessus) sur la place de la République, encerclement par lequel les CRS les ont poussées jusqu’au métro Jacques Bonsergent, puis précipitées brutalement dans l’escalier du métro avec leurs boucliers, action provoquant bousculade et piétinements (un jeune homme est tombé inanimé sans aucun secours des policiers présents), puis les ont enfermées et gazées dans le métro qui ne circulait plus,
je remets cette note du 30 avril en haut de cette page et j’y ajoute la première vidéo ci-dessous, captation d’un périscope de Gaby Dumas Delage.
Puis je continue de jour en jour à documenter la note en articles et en vidéos à mesure que je les trouve.

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Sur « la fabrique de la violence », lire ce texte de Pascal Maillard et écouter le cours d’Alexandre Duclos en fin de note.

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Et le témoignage d’une street medic : « Nos interventions tiennent de plus en plus de la médecine de guerre ».

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Celui de médecins contre les conséquences parfois très graves de l’utilisation de flash-balls.

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Un article sur la dangerosité des lacrymogènes, qui peuvent être mortels.

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Ici un article sur les violences policières délibérées envers les journalistes, avec d’autres vidéos et photos extrêmement choquantes.

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30 avril 2016. J’ajoute des vidéos quand j’en vois d’autres. Tristes spectacles, mais s’ils n’étaient pas filmés ce serait sûrement encore pire, et il faut savoir comment ça se passe.
 

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Capture du 2016-05-09 11:37:36
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Sur d’autres vidéos, ailleurs en France, on voit par exemple un homme à scooter renversé par une voiture de police qui poursuit sa route, puis d’autres policiers le traîner à terre comme un paquet alors que blessé, il ne peut bouger, et le laisser là sur le goudron ; un policier viser longuement de son flash-ball, en souriant, un manifestant qu’il tient à bout portant ; fréquemment, un manifestant en train de s’écarter de la scène de violence saisi par plusieurs policiers, jeté au sol et violemment tabassé par plusieurs flics, etc. etc. Tous ces manifestants étant pacifiques (comme les intermittents violemment attaqués sans sommation devant l’Odéon), non des « casseurs ». Sans oublier le jeune homme qui a perdu un œil à Nantes suite à un tir de flash-ball. Et les citoyens Nuit Debout qui hier ont voulu s’inviter au conseil municipal de Clermont-Ferrand et en ont été chassés à coups de matraque et de gaz lacrymogènes – l’un d’eux a ensuite été menotté et arrêté. Les gens ne vont-ils pas avoir envie de se défendre contre cette violence prétendument légale ? Le gouvernement veut-il déclencher une guerre civile ou simplement écraser toute velléité de contestation par la terreur ?
Voici un cours d’Alexandre Duclos sur la violence policière.

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Actualité des « Grands cimetières sous la lune » de Bernanos (extraits)

violences policieres*

Deux des arrière-petit-fils de Bernanos, antifas, ayant été arrêtés l’autre jour dans l’affaire de la voiture de police brûlée, j’ai eu envie d’aller regarder de nouveau son pamphlet autour de la guerre d’Espagne, dont pas mal d’observations peuvent se lire en regard de la situation d’aujourd’hui, en les adaptant à notre société et à ses « clergés », notamment intellectuels et médiatiques, alors que dans le contexte et sous le prétexte d’un état d’urgence encore renouvelé (avec la présence de soldats armés de mitraillettes dans certaines rues de Paris), le mouvement Nuit Debout et les manifestations syndicales contre la loi travail sont réprimées avec une violence démesurée, sans discernement et inquiétante par la police et la gendarmerie – matraquages, tirs de flash-ball au niveau des visages, utilisation massive et systématique de gaz lacrymogènes, tirs de grenades de désencerclement à hauteur d’homme, tout cela y compris sur des manifestants tout à fait pacifiques, parmi lesquels les blessés se comptent par dizaines.

« La colère des imbéciles remplit le monde. » Telle est l’antienne de ce texte, que je lis en toute liberté, comme tous les livres, y laissant ce que je préfère y laisser, y prenant ce que j’y prends, en l’occurrence les extraits que voici :

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« Le premier prêtre venu, s’il est sincère, vous dira que nulle espèce n’est plus éloignée que la leur de l’esprit d’enfance, de sa clairvoyance surnaturelle, de sa générosité. Ce sont des combinards de la dévotion, et les gras chanoines littéraires qui entonnent à ces larves le miel butiné sur les bouquets spirituels ne sont pas non plus des ingénus. »

« Ne touchez pas aux imbéciles ! Voilà ce que l’Ange eût pu écrire en lettres d’or au fronton du Monde moderne, si ce monde avait un ange. »

« L’idée de grandeur n’a jamais rassuré la conscience des imbéciles. La grandeur est un perpétuel dépassement et les médiocres ne disposent probablement d’aucune image qui leur permette de se représenter son irrésistible élan (c’est qu’ils ne la conçoivent que morte et pétrifiée, dans l’immobilité de l’Histoire). »

« Comment lui ferez-vous entendre [à l’imbécile] qu’il y a un peuple des Pauvres, et que la tradition de ce peuple-là est la plus ancienne de toutes les traditions du monde ? Un peuple de pauvres, non moins sans doute irréductible que le peuple juif ? On peut traiter avec ce peuple, on ne le fondra pas dans la masse. Vaille que vaille il faudra lui laisser ses lois, ses usages et cette expérience si originale de la vie dont vous ne pouvez rien faire, vous autres. Une expérience qui ressemble à celle de l’enfance, à la fois naïve et compliquée, une sagesse maladroite et aussi pure que l’art des vieux imagiers. »

« J’admire les idiots cultivés, enflés de culture, dévorés par les livres comme par les poux, et qui affirment, le petit doigt en l’air, qu’il ne se passe rien de nouveau, que tout s’est vu. Qu’en savent-ils ? »

« On ne refera pas la France par les élites, on la refera par la base. Cela coûtera plus cher, tant pis ! Cela coûtera ce qu’il faudra. »

« Quel anarchiste, ce Bernanos ! direz-vous. »

« Nous n’espérions rien des militaires, et des cléricaux pas davantage. (…) Je voudrais tenir devant moi l’un de ces innocents Machiavels en soutane qui ont l’air de croire qu’on manœuvre un grand peuple ainsi qu’une classe de sixième et prennent, en face de la catastrophe, l’air de dignité offensée du maître d’étude chahuté par ses élèves. »

« Oh ! bien sûr, M. Paul Claudel, par exemple, jugera que ces vérités ne sont pas bonnes à dire, qu’elles risquent de faire du tort aux honnêtes gens. Je crois que le suprême service que je puisse rendre à ces derniers serait précisément de les mettre en garde contre les imbéciles ou les canailles qui exploitent aujourd’hui, avec cynisme, leur grande peur, la Grande Peur des Bien-Pensants. »

« Pour moi, j’appelle Terreur tout régime où les citoyens, soustraits à la protection de la loi, n’attendent plus la vie ou la mort que du bon plaisir de la police d’État. »

« Je m’excuse de remuer ces cendres. Elles sont déjà si froides qu’on ne pourrait se coucher dessus sans mourir. »

« En 1207, par exemple, un petit homme commençait à courir les routes de l’Ombrie. Il annonçait aux hommes une nouvelles très surprenante, l’avènement de la Pauvreté. (…) Les dévôts sont des gens malins (…) le Saint une fois mort, que voulez-vous ? Ils se sont trouvés tellement occupés à l’honorer que la Pauvreté s’est perdue dans la foule en fête (…) aux applaudissements des riches, stupéfaits de s’en tirer à si bon compte. Ouf !… Après quoi ce fut, comme on dit, une fameuse reprise des affaires ! Jamais la vente des indulgences n’avait rapporté aussi gros. Vraiment, ça ne retient pas votre attention, cette bacchanale de la Renaissance, les ruffians bariolés, princes, ministres, astrologues, cardinaux, peintres et poètes, drapés d’or ou bardés de fer, tous mangés par le mal napolitain, menant leur ronde infernale, avec des hennissements, autour de la tombe du pauvre des pauvres, découvreur d’Amériques invisibles, mourant au seuil de ces jardins enchantés ?
(Il est vrai que par une délicate attention le supérieur des Franciscains, fait Grand d’Espagne par les Rois Catholiques, recevait pour asile l’un des plus magnifiques palais de Madrid). »

« Il y a un moyen de tout arranger : organisez le culte du Pauvre Inconnu. Vous l’enterrerez place de la bourse et désormais on ne verra plus à Paris un roi de l’acier, de la houille ou du pétrole qui ne considère comme un devoir de venir déposer une couronne sur la dalle sacrée. »

« Le monde va être jugé par les enfants. L’esprit d’enfance va juger le monde. »

« La vie n’apporte aucune désillusion, la vie n’a qu’une parole, elle la tient. Tant pis pour ceux qui disent le contraire. Ce sont des imposteurs ou des lâches. »

« Il n’est rien de plus haïssable en l’homme que sa prétendue sagesse, le germe stérile, l’œuf de pierre que les vieillards se passent de génération en génération et qu’ils essaient d’échauffer tour à tour entre leurs cuisses glacées. (…) Je ne me sens pas né pour couver un œuf dur. »

« Que peuvent avoir de commun avec un vieux paysan de l’ancienne France ces septuagénaires demeurés aussi ignorants des valeurs de la vie qu’un polytechnicien de vingt ans, ces bêtes à formules et à systèmes qui, même pris dans les rets de la paralysie sénile, restent aussi turbulents sur leurs pots qu’au temps où ils présidaient des conférences économiques ? Cet ordre est le leur. On souhaiterait qu’ils crevassent ensemble, tous les deux, très tranquilles. Mais voilà où nous commençons à ne plus nous entendre, eux, et nous. Ils ne veulent pas. »

« jeunes gens (…) c’est votre pensée, mes amis, qui sent la tisane et l’urine, comme un dortoir d’hospice. Plus précisément vous n’avez pas de pensée, vous vivez dans celle de vos aînés, sans jamais ouvrir les fenêtres. »

« J’ai toujours pensé que le monde moderne péchait contre l’esprit de jeunesse, et que ce crime le ferait mourir. »

« Ce n’est pas le désordre qu’ils réprouvent, c’est le bruit que fait le désordre, et ils crient : Silence ! Silence ! de leurs pauvres voix tantôt plaintives et tantôt menaçantes. Si les revendications ouvrières les jettent hors d’eux-mêmes, c’est parce qu’elles agacent leurs nerfs. »

« Hommes d’ordre, le peuple n’est pas si facile à séduire que les innocents paroissiens de vos Ligues. Lorsque vous parlez d’ordre aux classe moyennes, elles comprennent de suite, car depuis cent cinquante ans, sous n’importe quel régime bourgeois, ce mot a toujours signifié pour elles prospérité du commerce et de l’industrie. Mais il ne sonne pas de même aux oreilles populaires. »

« Jeunes gens qui lisez ce livre, que vous l’aimiez ou non, regardez-le avec curiosité. Car ce livre est le témoignage d’un homme libre. »

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Paroles de la rue du jour

street art street art 2 street art 3debouthistoire vivantesur mon chemin aujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

en attendant une note d’extraits de circonstance d’un livre (Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos) que je suis allée copier à la main comme autrefois à la bibliothèque, et que je dois maintenant réécrire à l’ordinateur

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