Edimbourg : National Museum of Scotland ; Hogmanay aux flambeaux

edinburgh 9

edinburgh 1

« Please touch ». Voilà une différence entre un pays comme l’Écosse (et d’autres) et la France. Ici il n’est pas sans cesse interdit. De marcher sur les pelouses. De toucher une météorite – au contraire, on vous prie de le faire. Voilà, on touche la terre et le ciel, en toute simplicité. C’est l’une des merveilles de ce merveilleux musée, tout à la fois de paléontologie, d’anthropologie, de zoologie, de sciences, d’histoire… Les collections y sont présentées de façon très attractive et accueillante, interactive, intelligente. L’entrée est gratuite et il contient assez de richesses pour y passer plusieurs journées entières.

edinburgh 2

La famille de Stevenson, sur cinq générations, a construit des phares dans toute l’Écosse.

edinburgh 3Il n’y a plus qu’à glisser la tête dans le casque, vous voilà immortalisé, ou presque, en astronaute

edinburgh 4

Dans la partie du musée consacrée à l’histoire de l’Écosse.

edinburgh 6On ignore le sens de ces gravures datant du 6e siècle

edinburgh 7

Bond dans le temps : un morceau de l’accélérateur de particules du CERN

edinburgh 8

edinburgh 9

Bonds dans l’espace et les civilisations aussi

En sortant, nous croisons un renard pas très en forme en pleine ville

edinburgh 10

À la nuit tombée, le château est illuminé

edinburgh 11

Puis c’est le défilé aux flambeaux traditionnel des festivités du jour de l’an (Hogmanay), comptant des dizaines de milliers de personnes. Les vikings ouvrent la marche :

edimbourgh 1

Puis viennent les cornemuses et les tambours, répartis à plusieurs endroits du défilé

edimbourgh 2

edimbourgh 1

edimbourgh 2aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

La soirée n’étant pas terminée…

*

Edimbourg de nuit, de jour, et de nuit

casse noisette

edinburgh by night 1Hier balade de nuit dans les cimetières anciens, dont celui-ci où est enterré Thomas de Quincey (cette ville est décidément tellement littéraire)

edinburgh by night 2

edinburgh by night 3

edinburgh by night 4Du fond d’un autre, réputé le plus hanté, apparition d’un lycée qui a inspiré Poudlard

Puis le matin suivant, ascension d’Arthur’s Seat, par la pierre et la neige verglacées, après passage devant le château de la reine et la licorne nationale

edimbourgh 1

edimbourgh 2

edimbourgh 3vues du sommet puis en redescendant par un autre versant

edimbourgh 4

edimbourgh 5

edimbourgh 6

edimbourgh 7

edimbourgh 8

edimbourgh 9

edimbourgh 10

edimbourgh 11

edimbourgh 12

Et le soir Casse-Noisette, deux heures d’enchantement et de grâce avec le Scottish Ballet

casse noisettela nuit dernière et aujourd’hui à Edimbourg, photos Alina Reyes

*

Edimbourg : une journée de marche au royaume de l’imaginaire

edinburgh 2

Un temps frais et radieux. Une lumière glorieuse, nette, colorée. Une architecture médiévale altière, aux allures de pont entre les mondes réel et surréel. Une nature totale, combinant paysages de montagne et d’eau, de verdure et de pierre. Splendeur omniprésente, témoin d’une haute civilisation et d’une géologie puissante. Edimbourgh est la ville qui me rend à la littérature, à tous les sens du verbe se rendre.

edinburgh 1

edinburgh 2

edinburgh 3

  edinburgh 4

edinburgh 5

edinburgh 6

  edinburgh 7une taverne au nom de la personne qui inspira le Dr Jekyll de Stevenson

edinburgh 8

  edinburgh 9

edinburgh 10il chante

edinburgh 11 edinburgh 12

edinburgh13

edinburgh14

edinburgh 15

edinburgh 16Scottish vegetarian breakfast dans un magnifique restaurant avec livres et hommages aux auteurs de la ville

edinburgh 17

edinburgh 18

edinburgh 19la compagnie de construction de phares de la famille de Stevenson

edinburgh 20

  edinburgh 22

edinburgh 23

edinburgh 25 edinburgh 26mes quatre compagnons de séjour

edinburgh 27au jardin botaniqueedinburgh 28

  edinburgh 29l’estuaire du Forth

edinburgh 30Arthur’s Seat

aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

*

Noël dans le ciel

noel dans le ciel

noel dans le ciel 2

noel dans le ciel 3

Là-haut, il fait toujours grand beau, et les nuages, au-dessous, sont un splendide troupeau.

 edinburgh

edimburgh 2

Un enchantement. Édimbourg est une ville tellement littéraire. La voir c’est déjà être projeté dans un univers romanesque. Présence de Walter Scott, Robert Louis Stevenson, Conan Doyle, J.K. Rowling… Grand.e.s créateurs et créatrice de mythes… Demain la visite continue… à suivre !

Ce matin, cet après-midi et ce soir du 25 décembre 2017, photos Alina Reyes

*

Le bonheur au lycée

l'arche de la cène,

la manne,

*

Le bonheur au lycée : être en cours avec mes élèves ; et me retrouver seule, paisible, dans la salle à part de la salle des profs, avec mes feuilles, mes cahiers, mes pensées.

Aujourd’hui, la gorge nouée au fond de la classe au moment de la mort de Molière dans le film d’Ariane Mnouchkine, me rappelant mon fou rire au fond de la classe, il y a près de trente ans, pendant le visionnage du Bourgeois gentilhomme avec d’autres de mes élèves. Pendant cet intervalle de presque trente ans je n’ai pas enseigné, ou disons que j’ai enseigné autrement, hors de l’école. Dans le film de Mnouchkine aussi il y a un effet de boucle, de boucle ouverte. La vie est grande et belle.

Ce n’est pas faire du théâtre, faire cours. Je ne suis pas en représentation, en classe. Nous sommes ensemble, avec le verbe être au sens de faire aussi, « faire » comme dans le mot poésie, en grec. Et quand cela se passe dans la vérité, il y a un effet de troupe théâtrale. C’est très exaltant. Très difficile. Très exaltant. Il y a un effet de maïeutique. Notre enfant invisible crie, il est vivant.

*

Kaïroï du jour JJJ

montagne 6

de la grande ourse a la grande ourse !*

Kaïroï (ou kairi, selon la prononciation en grec moderne), pluriel de kaïros : car il y eut plus d’un Moment, ou d’un it comme dit Kerouac à propos de musique. D’abord celui de la citation. Souvent je commence le cours en écrivant au tableau une citation d’un bon auteur. Les élèves sont habitués, ils la notent (ou pas, je ne vérifie pas, c’est un espace de liberté). Donc ils ont commencé à noter, et puis ils ont vu le nom de l’auteur : l’un d’eux. L’un d’eux, pas du tout le meilleur élève et encore moins le moins bavard, qui m’avait dit, lorsque je leur avais demandé d’écrire sur ce qu’était selon eux le courage de la vérité, et qu’ils trouvaient à juste titre cela difficile : « c’est en accomplissant les choses difficiles qu’on avance dans la vie ». Je l’avais félicité, du coup il l’avait redit dans sa copie, et du coup, en leur rendant les copies, je leur ai donné cette phrase comme citation du jour et cela les a bien amusés, cela leur a même fait un effet bien meilleur encore.

Ensuite, en rendant lesdites copies, j’ai demandé à l’un d’eux, champion du bavardage lui aussi (et qui impressionna fort la tutrice de l’Espé qui y vit un enfer, alors que tous ses profs, y compris moi évidemment, le trouvent très sympathique, le bonheur de vivre incarné) où il avait trouvé l’inspiration pour finir son texte par cette question : « Mais au final, qu’est-ce que la vérité ? » Il n’a pas su que répondre, il avait trouvé ça, c’est tout. Je lui ai dit : c’est bien, c’est une question très célèbre. Un peu plus tard, il m’a appelée et m’a demandé pourquoi cette question était célèbre. Je lui ai expliqué que dans l’évangile de saint Jean, quand Jésus est présenté à Pilate avant d’être crucifié, il lui dit qu’il est né et qu’il est venu pour témoigner de la vérité, et que tous ceux qui sont de la vérité l’écoutent – et qu’alors Pilate lui demande : « qu’est-ce que la vérité ? », et que Jésus ne répond pas.

Toujours en rendant les copies, j’ai eu le bonheur de demander à un autre élève, très « faible » d’un point de vue scolaire habituellement, s’il voulait expliquer oralement pourquoi il appelait « la boucle » sa pensée sur la vérité et le courage de la vérité – il ne l’a pas fait, mais je lui ai dit que son texte était très bien, car il l’était, d’une pensée profonde et assurée, étonnante.

Puis en leur faisant un cours sur le courage de la vérité selon Foucault et sur Socrate qui, leur ai-je dit, apprenait à ses élèves à penser par eux-mêmes, ce qui n’a pas plu du tout aux autorités en place, qui veulent des gens dociles et non pensants, il y a eu un bref débat entre deux élèves : l’une demandant si l’opinion (dont je leur avais donné le sens philosophique) n’était pas une pensée neutre, raisonnable, alors que les pensées personnelles étaient toujours extrémistes ; l’autre (un élève érudit et très réfléchi) rétorquant aussitôt que c’est justement ce qu’on veut nous faire croire.

Tout cela s’est passé dans le bruit de fond habituel du vendredi, et plus d’une fois je me suis fâchée pour leur demander du calme, j’ai même ramassé quelques carnets (façon de menacer d’y inscrire un mot à faire signer par les parents ou une colle) mais à la fin des deux heures j’ai rendu les carnets sans y avoir rien mis, même si les bavardages n’avaient pas cessé, car pourquoi les punir pour des bavardages ? Ils n’en sont pas coupables. Responsables oui, et c’est pourquoi j’ai instauré la note de conduite, en espérant que ceux qui sont maintenant passés au-dessous de la moyenne vont se ressaisir afin de remonter. Mais la faute des bavardages en classe revient d’abord et en tout premier lieu et même uniquement à l’institution, qui ne prend pas les mesures pour que les classes travaillent calmement sans qu’on ait à punir. Moi je suis une lectrice de Nietzsche et de Foucault, entre autres, je ne vais pas me mettre à infantiliser, abêtir, ni à « surveiller et punir ». Le voudrais-je, je ne le pourrais pas. Je ne fonctionne pas ainsi, c’est tout. Et je sais que malgré le bruit, il y a des kaïroi, des Moments qu’il n’y aurait pas dans des cours ordinaires, et que malgré le bruit aussi, même si certains en sont seulement à moitié conscients, ils entendent ce que je dis, cela pénètre en eux (ainsi que ce que je ne dis pas, comme le fait de ne pas les punir). Ils entendent, comme on entend Jésus, saint Jean ou Don Juan, qui n’ont pas plus besoin de répondre à la question « qu’est-ce que la vérité ? » qu’un éléphant n’a à répondre à la question « qu’est-ce qu’un éléphant ? »

Ensuite nous avons commencé à regarder le formidable film d’Ariane Mnouchkine sur la vie de Molière, et je tremblais de bonheur, à la fois du film et des réactions des élèves, par moments. Ce sont des choses infimes dont je parle, sans doute la plupart des gens ne les verraient pas, ne les sentiraient pas, mais moi je sens, je sais ce qui se passe, par-delà les apparences, et si infime cela soit-il, c’est immense.

L’après-midi, j’ai fait écrire les Première en atelier d’écriture sur la même question à propos du courage de la vérité. Les Première sont calmes, surtout en demi-groupe et surtout en atelier d’écriture, qui a un effet extrêmement apaisant. Comme toujours, chacun.e a lu son texte à voix haute après l’avoir écrit ; et j’ai même eu le temps, dans la même heure, de leur faire ensuite le petit cours sur Foucault et Socrate. Il faut maintenant que je relise leurs copies pour mieux apprécier certaines choses que j’ai entendues. Cette classe de Première techno (ST2S) comprend des élèves qui ont des expériences de vie parfois très, très difficiles ; certain.e.s élèves sont en éveil, ne demandent pas mieux que d’être réveillées, j’ai le bonheur de voir ça ; d’autres sont déjà plus anesthésiés par le système que les Seconde, l’expérience de travail avec ces élèves est autre, mais tout aussi passionnante. Je songeais à tout cela en sortant du lycée, en marchant dans le noir, en regardant les petites lumières de la banlieue défiler depuis le bus, puis depuis le RER bondé, puis dans le métro bondé aussi. Quelle merveilleuse chance de pouvoir vivre une telle expérience.

*

Les lettres retrouvées

lettre 1

Lettres retrouvées, temps retrouvé. En fait j’en ai perdu beaucoup au fil de mes déplacements, et c’est bien aussi, je ne tiens pas à me transformer en musée. Celles qui restent suffisent comme traces. Les traces, voilà ce qui est beau. Beaucoup de lettres d’hommes, à commencer par des lettres de chacun de mes quatre fils, ça fait battre le cœur. Et bien sûr des lettres d’amoureux, mais aussi d’amis, de connaissances, de relations diverses. Voici, j’en ai photographié quelques-unes, pour rappeler que le courrier sur papier, c’est beau, ça peut être artistique, c’est presque de la chair.

*

lettre 1un amour de jeunesse qui m’écrivait en calligrammes

*

lettre 2

lettre 3un autre qui ornait ses nombreuses et très longues lettres de dessins

*

lettre 4l’une des lettres de Jacques Lacarrière, avec son enveloppe sur laquelle on prit des notes

*

lettre 5Gilles Berquet, avant que je ne le rencontre dans son atelier et lui écrive une préface

*

lettre 6il y a aussi les cartes postales ; là des coquelicots de Jean-Luc Hennig, un Dufresnoy de Houellebecq ; j’ai encore quelques lettres d’autres écrivains, mais j’en ai perdu la plupart

*

lettre 7mais j’ai gardé plusieurs lettres de mon cher Sarane Alexandrian

*lettre 8j’ai eu aussi des correspondances (et des rencontres) avec des scientifiques, paléontologues, généticien, astrophysicien…

lettre 9

*

et puis il reste des courriers dont j’ai oublié qui en fut l’expéditeur, et c’est très beau aussi

mais le plus beau, ce sont les lettres et les poèmes que j’ai toujours, de l’homme avec lequel je vis toujours

et que je ne vous montre pas

*

Montagne, neige

montagne 7

Une apparition depuis le train, puis la voilà, en chair et en os, lumière, amour, cœur sensible, joie violemment douce, éternel retour du toujours même et du jamais pareil, vie nouvelle, vie éternelle, vie à venir, la neige dehors, le feu dedans, les braises de la poésie. La montagne, la forêt, la neige, la flamme, la maison où j’ai tant écrit, lieu d’ermitage et de famille.

montagne 1

montagne 3

montagne 4

montagne 5

montagne 2

montagne 6

montagne 7

Pyrénées, hier et ce matin, photos Alina Reyes

*

Métro tagué, 34 en scène, etc.

ce soir à Paris, photo Alina Reyes
ce soir à Paris, photo Alina Reyes

ce soir à Paris, photo Alina Reyes

*

C’est beau un métro frais tagué, en sortant des couloirs sans fin du RER par une nuit d’hiver. Une belle belle journée de cours, encore, commencée dans l’amphithéâtre avec l’une de mes classes. Une heure sur scène, et vous voilà comme monté.e sur des cothurnes, plus grand.e que nature. Les exercices que je leur ai fait faire, en me souvenant de ma propre expérience et en m’inspirant des conseils du comédien avec lequel, entre autres, j’habite, n’ont pas été très concluants. 34 sur scène, c’est trop pour des débutants. Mais enfin, au moins, en ce début de séquence théâtre (cela signifie que nous allons étudier des textes de théâtre pendant plusieurs semaines), eh bien nous ne nous serons pas contentés de lectures à voix haute en classe, ils auront eu à se confronter à la scène et à comprendre que ce n’est pas si simple.

C’est une grande histoire d’amour, être enseignant.e, et chaque jour plus qu’hier et bien moins que demain.

*

Le parfait amour

du RER, de nuit

Depuis lundi, la rentrée, la grande joie.

Heures de cours, heures de bonheur.

Ça devient vraiment génial. Et ce n’est qu’un début.

Avec mes élèves je file le parfait amour. Je pèse mes mots.

L’amour socratique, l’agapé, sans une ombre au tableau.

Mes élèves ont du génie.

*

du RER, de jour

du RER, de jour

du RER, de nuit

du RER, de nuit

rer nuit

Aujourd’hui à l’aller et au retour du lycée, photos Alina Reyes

*