Le temps existe-t-il ? Colloque sur Einstein au Collège de France

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En cet après-midi pluvieux de première des deux journées du colloque sur Einstein organisé par Antoine Compagnon au Collège de France, il fut question du temps (non météorique, quoique cosmologique). Et il a semblé que l’incompréhension de jadis entre Einstein et Bergson perdure quelque peu aujourd’hui entre leurs disciples respectifs (en l’occurrence Thibault Damour et Élie During). Il est loin le temps des Grecs où physique et philosophie étaient une même discipline. Pourtant, il n’existe pas (le temps). D’après la relativité générale. Bergson trouvant un tas sinueux de raisons quasi incompréhensibles pour s’obstiner dans son incompréhension de la nouvelle révélation scientifique, Einstein déclara qu’il y avait un temps psychologique et un temps physique, mais qu’il ne voyait pas de place pour un temps des philosophes.

Il était ainsi, paraît-il, Einstein : expéditif. Avec lui ça allait vite, tout le contraire de la méthode de Bergson. Il était intéressant d’avoir là un disciple du penseur de la durée se nommant During, et un disciple du penseur de la relativité générale s’appelant Damour. Bref, passons. Mon moment préféré fut celui où M. Damour nous montra un petit graphique ovale portant deux mentions : en bas, « Big Bang », en haut « Big Crunch ». Le temps depuis le Big Bang va vers le Big Crunch, comme nous le savons. Mais ce à quoi nous ne pensons pas, c’est que si nous nous plaçons au Big Crunch, le temps va vers le Big Bang. À chacun·e son futur. D’où l’intérêt de savoir voyager.

Quand je pourrai en prendre le temps, j’écrirai ma vision de toute l’affaire, telle qu’elle demande à être développée. En attendant, chacun·e est assez grand·e pour y songer.

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heote pour tous

demain commence aujourd'huiaujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Albert Einstein, « ma profession de foi »


Déclaration d’Albert EINSTEIN (en allemand), enregistrée en septembre-octobre 1932 pour la ligue allemande des droits de l’homme. Traduction issue du rapport d’écoute : – à 0’00 : « faire partie des hommes qui ont consacré leurs meilleures forces à l’objectif de recherches représente une grâce particulière » (4’21).- à 04’21 : il rend hommage à ses collaborateurs, puis se dit contre la « liberté de volonté »(46″)- à 05’07 : Il se dit pacifiste, anti-militariste, et il refuse tout nationalisme. (35″) – à 5’42 : il dit se préoccuper de l’idéal de la démocratie, bien qu’il soit conscient des insuffisances de ce régime. « La plus belle chose que puisse exprimer l’homme, c’est le sentiment de la plénitude intérieure ». L’aspiration à la beauté représente, pour lui, la religiosité et, dans cette acception, il est religieux (1’45).

A l’occasion de la mort d’Albert EINSTEIN, rediffusion d’une émission diffusée le 13 février 1955, lors du cinquantenaire de la théorie de la relativité. Réalisée sous la haute autorité du comité des sciences de la radio. Titre original du programme : « La plus grande découverte des temps modernes » : la théorie de la relativité. – A 1’50 : Nathalie NERVAL lit un texte sur la jeunesse d’Albert EINSTEIN. (6’00)- A 8’42 : le Révérend-père DUBARLE, professeur à l’Institut Catholique de Paris explique ce que représente pour la science l’introduction de la théorie de la relativité. (4’00)- A 13’45 : débat sur la théorie de la relativité restreinte avec messieurs Francis PERRIN (Haut-commissaire à l’énergie atomique), Louis LEPRINCE-RINGUET (professeur à l’école polytechnique, monsieur Paul COUDERC (astronome à l’Observatoire de Paris), Monsieur François LE LIONNAIS (président de l’Association des Ecrivains Scientifiques), Monsieur André GEORGES (directeur de la collection « Sciences d’aujourd’hui »). 14’40)- A 28’38 : André GEORGES raconte quelques anecdotes sur Albert EINSTEIN. (3’24)- A 33’45 : Francis PERRIN raconte sa rencontre avec EINSTEIN à l’université de Princetown aux USA en décembre 1941. (1’30) – A 36’03 : Frédéric JOLIOT CURIE raconte des entrevues entre EINSTEIN et Marie CURIE. (Archive)- A 39’20 : suite du débat : la théorie de la relativité générale qui mettait EINSTEIN en extase. Les découvertes associées à cette théorie. Interrogation sur la courbure de l’espace et de l’univers… l’espace-temps. (9’10)- A 49’30 : Louis de BROGLIE, de l’Académie des sciences, parle des apports d’EINSTEIN à d’autres théories comme celle des quanta (de lumière) et ses prolongements : la physique quantique. (7’30)- A 58’24 : témoignage d’Antonina VALLENTIN, amie d’EINSTEIN et auteur de sa biographie . Elle parle du quotidien du physicien, de la simplicité de son mode de vie (détaché des contingences matérielles). Ses loisirs et passions. Diverses anecdotes. Sa bonté, son sens de la justice sociale. Son angoisse face à l’avenir du monde « le vrai danger est dans le coeur des hommes », pense que pour survivre les hommes devront adopter une nouvelle manière de penser pour se « mouvoir vers des plans plus élévés ». Sa vie recluse à Princetown. Son aspiration à l’harmonie universelle.(Archive)- A 01H07’25 : enregistrement de la voix d’EINSTEIN, en anglais, diffusé après l’explosion de la première bombe atomique (+ traduction simultanée). (2’10)- A 01H10’07 : le révérend-père DUBARLE évoque la destinée de témoin de notre époque d’EINSTEIN. (4’17)- A 01H14’26 : indicatif de fin, conclusion et désannonce de l’émission.

Parménide à la crèche

OreillerII*

Avant minuit, il n’y a rien dans la mangeoire. À minuit, il y a un nouveau-né – nommé Jésus, c’est-à-dire « Dieu sauve ».

Geertgen Tot

Geertgen tot Sint Jans, Nativité

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Je pense à la parole de Parménide : « esti gar einai, mèden d’ouk estin » – mot à mot : « est en effet être, rien, au contraire, n’est pas ». Traduisons : « il y a être, mais le néant, cela n’est pas ». Ou plus familièrement : « être, je connais, mais rien, non, ça n’existe pas ». Ou encore : « ce qui est, c’est ce qui est – quant à ce qui n’est pas, ce n’est pas ».

À minuit nous sommes sauvés de l’illusion qu’il n’y avait rien dans la mangeoire. Rien n’est pas : la preuve, voici l’être qui se montre ; et à partir de là, rien d’autre ne compte que cette vérité manifestée : l’être est. Non seulement il est, mais il est là. Là, c’est-à-dire partout. Il n’est pas de lieu où le néant soit. Il n’est pas d’autre lieu qu’un lieu où est « Dieu », l’ÊTRE. Et ce lieu couvre le temps, comme le corps du nouveau-né couvre le creux de la mangeoire, courbure de l’espace-temps par ce corps courbé. En tout lieu, tout temps, nous sommes dans l’être, et nous sommes nous-mêmes lieu et temps de l’être, berceau de l’être : il nous est impossible de ne pas être.

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