« La mort d’Odjigh », par Marcel Schwob (PDF)

J’ajoute à ma bibliothèque numérique gratuite cette nouvelle du recueil intitulé Le Roi au masque d’or. Marcel Schwob, auteur qui m’est cher, est trop peu connu, et cette brève nouvelle m’est spécialement chère, pour m’avoir accompagnée de façon particulière depuis très longtemps. Je vous en propose l’heureuse découverte ou redécouverte, porte d’entrée, peut-être, dans l’œuvre de Schwob.

Marcel Schwob, « La mort d’Odjigh »

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Retour sur mon nouveau premier jour de cours

Hier j’ai vu quelque chose que je n’avais jamais vu. Une élève qui, sans être « première de la classe », veut travailler tranquillement, a pris l’habitude de s’asseoir juste face au prof pour pouvoir l’entendre, mais avec des boules Quiès dans les oreilles pour amortir le bruit de la classe.

Pendant la première heure, après leur avoir exposé ce qu’étaient selon moi le cours de français et la littérature, je leur ai demandé, plutôt que l’habituelle fiche de présentation, d’écrire un texte personnel sur le ou les textes qui les ont marqués. Après m’avoir posé beaucoup de questions intéressées, ils se sont mis au travail dans un calme parfait jusqu’à la fin de l’heure.

Après la pause, durant laquelle j’ai aéré, nous sommes passés à un travail à l’oral, et là ils se sont lâchés. Cela commence par des paroles échangées assez discrètement, et très vite le volume monte, ils parlent d’autant plus fort que le bruit ambiant augmente et qu’il faut parler plus fort pour se faire entendre. Toutes les cinq minutes il faut les rappeler au calme. Les quelques-unes et quelques-uns qui voudraient travailler tranquillement souffrent visiblement sans rien dire. Malgré leurs bavardages, les bavards participent, répondent aux questions posées ; ils ne sont pas mal intentionnés, c’est seulement que leur façon d’être est ainsi, expansive et sans contrôle. J’ai demandé à l’un des bavards de venir au tableau gérer les réponses de ses camarades, il s’en est acquitté avec plaisir et sérieux, nullement dérangé par la cacophonie. Ce sont surtout des garçons qui font régner leur sans-gêne, dans un schéma patriarcal trop connu – au point qu’on en viendrait à regretter la mixité des classes. À la fin du cours ils me disent au revoir poliment, me souhaitent bon week-end, ils n’ont aucune mauvaise intention, ni vraiment le sentiment de mal se comporter. L’un de mes fils qui était lycéen il y a dix ans me dit que les lycéens d’aujourd’hui sont formés à se mettre en avant sur des réseaux comme TikTok. Je pense aussi que c’est l’ensemble de la société qui pousse à l’individualisme – et le macronisme n’a fait qu’aggraver beaucoup cette tendance.

Il y a une trentaine d’années, alors que j’avais juste une licence et aucune expérience de l’enseignement, j’ai fait, plusieurs mois durant, des remplacements de prof, dans un collège puis dans un lycée professionnel. Je n’ai alors rencontré aucun problème de discipline. Bien sûr les élèves sont toujours portés au bavardage, mais c’était alors assez simple à gérer. Jamais je n’aurais eu un tel volume sonore en classe, même au lycée professionnel, où les élèves n’étaient certes pas des adorateurs de l’école. Le problème ne vient pas seulement des élèves et de leur culture (réseaux sociaux, émissions de télé débiles sur les écrans familiaux…), il vient aussi d’en haut, des pouvoirs publics, de l’État, qui considère l’Éducation nationale et ses profs, de même que l’Hôpital public et ses soignants, comme ses larbins, aux ordres de ses directives aberrantes ; les enseignants sont les larbins de l’État, de la société, des parents. Comment susciteraient-ils le respect des élèves, sauf à se comporter en flics, reproduisant ainsi le système vicieux de l’État qui ne sait maintenir l’ordre qu’à coups de matraques et de LBD ? Ou bien par l’emprise psychologique, avec des méthodes de néo-gourous ? C’est ce à quoi je me refuse, et c’est pourquoi je m’en vais. Si j’avais encore toutes mes forces je tenterais quelque chose, comme je l’ai fait avec bonheur il y a quatre ans dans mon précédent lycée, mais hier en rentrant j’ai juste eu la force de me coucher jusqu’au soir, avec une migraine. Or j’ai besoin de toute ma tête, pour tout ce que j’ai encore à faire, à créer.

Je dois ajouter que la situation de ce cours d’hier était aggravée par l’étroitesse de la salle où nous étions entassés, si petite qu’elle ne me permettait pas de circuler entre les trente élèves. En pleine pandémie, pas sûr que nos masques suffisaient à nous protéger. Très vite l’air était saturé, ma gorge devenait douloureuse. Aérer ne suffisait pas à assainir l’air, et supporter l’air froid quand on est immobile n’est pas non plus la meilleure solution pour ne pas tomber malade. Dans les toilettes, il y a bien un panneau détaillant la façon dont il faut se savonner les mains, entre les doigts, dans les ongles, etc., précisant que si on ne dispose pas de savon il faut utiliser un gel hydroalcoolique, mais il n’y a ni savon ni gel, et on en ressort avec ses microbes à distribuer sur tout ce qu’on touche, et qui est déjà contaminé par d’autres mains qui n’ont pas pu non plus se laver. Voilà comment ça se passe, dans l’un des bons lycées de Paris.

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Re-prof et plof

J’ai essayé, ça a raté. J’avais envie de recommencer à enseigner, le rectorat m’a donné un remplacement de prof de français dans un lycée du centre de Paris, un bon lycée bien classé. J’ai donné un premier cours de deux heures cet après-midi à une classe de seconde. Une classe sympathique, mais trop indisciplinée à l’oral pour mes forces d’aujourd’hui. Une élève m’a affirmé après le cours que c’était toujours ainsi, « une horreur », sauf avec la prof principale, avec qui ça va mieux – mais il est vrai que certaines matières prêtent moins à l’indiscipline que celles où l’oral est important, les langues, le français, la philo.
Ces enfants, deux classes de seconde et une classe de première, sont sans professeur depuis la Toussaint. Deux remplaçants successifs se sont mis en congé maladie au bout de deux jours maximum, et ne sont jamais revenus. Et voilà que je vais faire la même chose. Je ne vais pas les laisser tomber avant les vacances de Noël s’il n’y a toujours personne d’autre pour assurer le remplacement de leur prof partie en retraite, mais je ne terminerai pas l’année scolaire, travailler à temps plein dans ces conditions est au-dessus de mes forces – le prévoyant, j’avais demandé un mi-temps, mais j’ai accepté ce remplacement pour rendre service, parce que le rectorat était aux abois (en dix minutes, ils m’ont appelée trois fois, envoyé un texto et un mail pour me demander de venir d’urgence, alors que je me reposais hors de Paris). Le problème est général, l’Éducation nationale arrive de moins en moins à attirer ou garder les enseignants. Un phénomène comparable à ce qui se passe dans l’Hôpital public. Ce n’est pas seulement que les salaires ne sont pas attractifs, c’est surtout que les conditions de travail sont déplorables. La proviseure de mon lycée en plein Paris était débordée, elle n’a pas eu le temps de préparer mon arrivée, il a fallu que je me débrouille à me renseigner ici et là pour savoir ce qui avait été fait avec les élèves par leur prof d’origine, que je me lance dans ce remplacement au pied levé, avec notamment une classe qui va passer le bac de français cette année et à qui il manque déjà cinq semaines de cours. Je ne pouvais même pas m’appuyer sur les cours que j’ai donnés dans un autre lycée il y a quatre ans, depuis évidemment tout a encore changé, programmes, pédagogies, exercices demandés en classe et à l’examen… Une collègue qui a de la bouteille m’a dit tout à l’heure, les élèves n’y comprennent rien, mais même nous on n’y comprend rien. Il faut faire avec, chacune et chacun bricole dans son coin pour essayer de suivre ce train fou. Eh bien, si bref doive être mon retour dans cette institution, il est instructif.
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Bourgogne, suite : Beaune en 17 images


Un mur en hommage au tournage de La Grande vadrouille

la basilique et son cloître


partout de belles portes et de belles rues pavées

à l’abbaye de Maizières, transformée en hôtel, on jouit de ce bâtiment fabuleux, de sa piscine, de sa salle voûtée où est servi le petit déjeuner


…et d’une belle vue sur les toits, sur lesquels évoluent un écureuil et des oiseaux, au petit matin en faisant son yoga (par exemple)
dans les hospices de Beaune, à l’Hôtel Dieu, « le musée présente les anciennes salles des malades et leur fonctionnement avec leur évolution depuis 1452 jusqu’au XXe siècle. L’Hôtel-Dieu témoigne aussi du riche mécénat des ses fondateurs: Nicolas Rolin et Guigone de Salins, à travers des œuvres exceptionnelles telles que le retable du Jugement Dernier attribué à Rogier Van der Weyden »



à Beaune, du 6 au 8 décembre, photos Alina Reyes
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Macron, Pécresse et les autres

Je n’oublie pas les insultes et les violences physiques infligées au peuple de France par Emmanuel Macron. Je n’oublie pas son en-même-temps tricheur, hypocrite, calculateur, fourbe, fuyant, je n’oublie pas son caractère de traître, révélé bien avant son élection par une sale histoire avec des journalistes du Monde, je n’oublie pas ses attaques contre la liberté des journalistes, ses velléités fascisantes de domination jupitérienne, l’étroitesse de sa vision de la France comme start-up nation, je n’oublie pas sa fausseté, révélée dès sa campagne avec figurants téléguidés, je n’oublie pas son incompétence, sa puérile croyance en sa séduction face à des hommes comme Trump, son allégeance aux États-Unis affichée par une peinture jusque dans son bureau présidentiel, je n’oublie pas sa main posée affectueusement sur le bras de MBS, je n’oublie pas les divisions qu’il a creusées dans la société, tant par incapacité à fédérer que par calcul politicien, je n’oublie pas l’inculture politique crasse de son camp et ses députés aux ordres.

Valérie Pécresse est une femme intelligente et sérieuse. Ratissant trop à droite à mon goût, et certes sans grande envergure, mais je n’ai jamais trouvé un ou une candidate parfaite à mon goût pour qui voter. Si la gauche écolo ne trouve pas moyen de présenter un ou une seule candidate, c’est pour Pécresse que je voterai. Ce sera un vote en forme de refus de l’extrême-droite et de refus du macronisme, mais sans compromission inacceptable, car je la pense plus raisonnable que certains pans de son programme surtout destinés à séduire l’électorat. Mieux vaut que ce soit elle qui emporte les voix de cet électorat, plutôt que des figures d’extrême-droite ou que Macron, enfermé dans son faux-semblant impuissant. Si la gauche, comme le macronisme, est incapable d’avancer une réponse possible aux près de 40 % de gens qui lorgnent vers l’extrême-droite (Le Pen, Zemmour, Ciotti…), il faut pourtant apporter une solution à cette dérive. Reculer devant cet obstacle serait faire un pas en arrière dans un gouffre qu’on ne voit pas. Je suis prête à voter – sans illusions et sans joie – pour la personne qui sera la mieux placée pour éviter le vieux fascisme d’extrême-droite et le néofascisme dystopique de la macronie. Que les autres se réveillent et agissent, s’ils n’en veulent pas non plus, ni ne veulent de la droite.
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Bibliothèque numérique gratuite

Petite bibliothèque grandira. Mais sa grandeur se trouve d’abord dans la qualité des titres proposés. Voici, dans le registre de mes actions poélitiques, les premiers textes libres de droits que je peux offrir, par ordre alphabétique de noms d’auteurs – ou de titres, quand il n’y a pas d’auteur.

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BIBLE (passages de la Genèse, de l’Exode… traduits par Alina Reyes)

HOMÈRE, Dévoraison, traduction intégrale de « l’Odyssée » par Alina Reyes

PARMÉNIDE, Poème (« Autour de la nature »), trad. A.Reyes

POE, Edgar Allan : La chute de la maison Usher, trad. Alina Reyes

POE, Edgar Allan, Le Corbeau, deux trad. d’A.Reyes

REYES Alina, Une chasse spirituelle, Voyage dans des littératures profanes et sacrées, de la Préhistoire à nos jours, essai

REYES Alina, La Dameuse, nouvelle

REYES Alina, Journal d’une prof

REYES Alina, Nus devant les fantômes, Franz Kafka et Milena Jesenska, roman

RIMBAUD, Arthur, Rapport sur l’Ogadine

SCHWOB Marcel, « La mort d’Odjigh », nouvelle

à suivre

– et ailleurs :

GROTHENDIECK Alexandre, Récoltes et semailles ; et La clef des songes

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Le Corbeau, par Edgar Allan Poe : deux traductions d’Alina Reyes

J’ai réalisé ces traductions il y a quelques années. Les voici en format PDF, toujours en libre accès, précédés d’une brève explication de ma démarche. Personnellement je préfère la première présentée, c’est-à-dire la dernière écrite, mais à vous de voir !
Le Corbeau, par Edgar Allan Poe, traduit de l’américain
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« Dévoraison », traduction intégrale de « l’Odyssée » d’Homère par Alina Reyes

J’avais l’intention de finir rapidement de traduire l’Iliade pour mettre les deux textes en ligne, mais finalement je vais prendre mon temps pour terminer cette traduction et donc je donne, en attendant, celle de « l’Odyssée », précédée d’une brève présentation : DEVORAISON, traduit du grec ancien

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Misérables et bienheureux

La campagne de Macron, c’était des salles pleines de public coaché par téléphone pour faire le show ; et ça annonçait bien le faux de son quinquennat-spectacle. Si Zemmour était élu, ce qui n’arrivera pas, son entrée en campagne par un clip pillard augurerait une présidence semblable à celle de tant de dictateurs pilleurs de leur pays.

Que sont les virilistes enflés comme des allumettes consumées, les immigrés ou fils d’immigrés anti-immigrés, les basanés anti-non-blancs, les non-chrétiens anti-non-chrétiens, sinon des hommes hantés par la détestation de ce qu’ils sont ?

Beigbeder, Tesson, Houellebecq, sortent un livre de piliers de bar réacs, dit la journaliste de L’Obs, pour chanter le catholicisme. Quand catholique rime avec alcoolique, le catholicisme a du mal à bander. Je pense surtout à la fin d’Illusions perdues, où Rubempré (personnage dans lequel Zemmour, autre chantre du catholicisme, a déclaré se reconnaître), vend son âme à un curé maléfique. (Cela dans le roman, non dans le film qui inverse complètement le sens du roman de Balzac avec une fin grossièrement christique – mais ces sortes de trahison font partie du même misérable esprit du temps).

Sur une place tranquille, un homme à bonnet de rasta et à accent d’ailleurs m’interpelle à distance respectueuse pour me dire que mon bonnet est beau et qu’il me va très bien. Je lui renvoie le compliment, il s’incline légèrement, la main sur le cœur, je fais de même, chacun poursuit son chemin, sourire aux lèvres. He made my day. Être heureux de soi, être heureux d’autrui.
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Joséphine, Eric, la pantoufle Ac’, le lycée Montaigne

Aujourd’hui Joséphine Baker entre au Panthéon et Eric Zemmour se déclare candidat à l’élection présidentielle. Une résistante, un pétainiste. Une artiste, un agitateur médiatique. Une femme pleine d’amour, un homme plein de haine. Une grande femme, un petit homme. La supériorité de Joséphine Baker est évidemment éclatante, à tous les points de vue. À ne pas perdre de vue d’ici l’élection, justement. Avant d’entrer au Panthéon, elle était déjà ici.

Encore une place à prendre à l’Académie française, je ne sais quel immortel ayant encore passé l’arme à gauche (façon de parler). Lèche-pantoufles, à vos langues ! Il faut faire sa cour à ces si mortel·le·s pantouflard.e.s pour pouvoir participer au dictionnaire le plus mort de tous les temps, pour être du cercle des flics de la langue.

Il semble que j’aie de bonnes chances de trouver un poste d’enseignante contractuelle et je m’en réjouis. Alors que je complète mon dossier pour le rectorat, je lis qu’un élève de quinze ans a frappé sa prof de maths à coups de poing au lycée Montaigne. Je me rappelle que l’un de mes fils, qui était dans ce lycée il y a quelques années, y a subi une clé d’étranglement d’un agent de la BAC pesant 30 à 40 kg de plus que lui, alors qu’il tentait de secourir une lycéenne qu’un autre baqueux tirait au sol par les cheveux pour dégager l’entrée du lycée en grève (grève sans violences, autres que policières). Ceci n’explique ni n’excuse cela, ceci et cela, comme le succès de l’extrême-droite dans les intentions de vote, sont des révélateurs de la violence qui règne en France.

Je continue à lire Almudena Grandes, toujours aussi magnifique.
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Almudena Grandes, una reina (note actualisée)

J’actualise cette note à mesure de ma lecture d’Almudena Grandes… et du constat de l’indigence de la presse française à son propos.

29-11-21
Je me suis remise à lire Le cœur glacé au milieu de la nuit, captivée par la puissance de la langue d’Almudena Grandes. Dans la journée les pages évoquant la journée de fête des républicains espagnols de Paris à l’annonce de la mort de Franco m’avaient déjà sidérée. Dans la nuit un autre épisode, celui de la visite du grand-père et de sa petite-fille à une famille riche, m’a aussi abasourdie. Il y a très longtemps que je n’ai pas lu quelque chose d’aussi puissant. Je suis à la fête, d’avoir enfin trouvé une auteure contemporaine que je puisse lire, qui vaille à ce point d’être lue. Nous sommes très loin en France d’avoir quiconque d’aussi puissant, oubliez les stars, oubliez tous les prix Goncourt et autres de ces nombreuses dernières années. Et même dans la littérature étrangère : on a encensé Toni Morrisson ? Je l’ai lue, c’est une bonne auteure, mais vraiment pas extraordinaire, visiblement inspirée de Faulkner mais pas à sa hauteur. Almudena Grandes, elle, a une voix unique. On sent ça tout de suite, quand on connaît intimement la littérature. La différence entre ce qui est talentueux et ce qui est exceptionnel.

L’Espagne est en deuil de sa grande écrivaine, toute la presse lui rend hommage, tous les médias, à la télé on interroge les gens dans la rue sur elle, ils témoignent, comme auraient témoigné les Français à la mort de Victor Hugo. Mais en France personne n’en parle. Un article dans le Huff Post, quelques autres rapides évocations ici et là mais en ce lundi matin 11 heures où j’écris, deux jours après l’annonce de sa mort, rien dans les grands médias culturels de référence, Le Monde, Le Figaro, L’Obs, Libération, etc. – tous ne parlent que de la mort d’un styliste de LVMH. Les milliardaires aux commandes de la presse française ? Le fait est que la presse française ne s’intéresse pas à une grande auteure engagée dans des combats de gauche, historienne de formation, qui a beaucoup travaillé sur les suites de la guerre civile espagnole. Si elle était américaine, oui, sûrement, là, ce serait mode, comme LVMH, ce serait bankable. Pourtant on ne peut même pas dire qu’Almudena Grandes soit un génie inconnu, elle a vendu des millions de livres. Et ne serait-ce que pour évoquer l’émotion provoquée par sa mort chez nos voisins espagnols, les journalistes devraient se fendre d’un article, tout simplement pour faire leur travail, qui est d’informer. L’Europe, ça leur dit quelque chose ? Ou ils ne voient que leur petit hexagone, et son grand mentor yankee ?
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28-11-21
« regardez ce ciel, comme la sierra est nette, on voit jusqu’à Navacerrada, quelle belle matinée, cet air réveillerait un mort, on a une de ces chances… Almudena Grandes, Le cœur glacé

Je me rends compte, en apprenant qu’elle est morte hier, que je n’ai jamais lu Almudena Grandes. J’ai toujours eu l’impression de connaître cette importante auteure espagnole parce que, née quatre ans après moi, elle a publié un an après moi son premier roman, un premier roman érotique comme mon premier roman, qui avait eu un grand succès, comme le mien. J’étais en Espagne pour faire la promotion de mon premier roman quand on parlait du sien, qui venait de sortir. Puis dans ses romans et textes suivants, elle s’est intéressée à l’histoire et à la politique de son pays, notamment aux années d’après la guerre civile. Quoique nos façons d’écrire soient très différentes l’une de l’autre, j’ai l’impression que vient de partir l’un de mes doubles – ces doubles inscrits dans mon nom d’auteur, emprunté à une nouvelle d’un autre hispanophone, Cortazar.

Voici donc un autre de mes doubles passé de l’autre côté, d’où il va m’enseigner. Je viens d’emprunter l’un de ses livres, et je vais donc la lire pour la première fois. J’en reparlerai. Merci à toi, Almudena, dont le prénom signifie en arabe la citadelle.
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… et j’ai signé pour une primaire populaire qui puisse éviter une répétition en forme de chantage Macron/extrême-droite au second tour

Les Indes Galantes, le film – merveilleux film

J’ai exulté et dansé sur mon siège au cinéma en regardant le fantastique film Les Indes galantes, documentaire de Philippe Béziat autour de la création donnée à l’Opéra Bastille en 2019 avec des danseurs et danseuses de krump et autres street dances sur la musique éponyme de Jean-Philippe Rameau. Hélas je n’ai pas vu l’opéra à l’époque, mais heureusement ce film est là pour en restituer l’histoire, dans la mise en scène de Clément Cogitore et la chorégraphie de Bintou Dembélé, avec le formidable chef d’orchestre Leonardo García Alarcón, de puissantes chanteuses et chanteurs solistes, un très excellent chœur.., toutes ces personnes et les autres travaillant manifestement en chœur dans une magnifique vitalité artistique. Le film montre très bien toute l’humanité du projet aussi, avec des artistes issus d’un peu partout, qui font le Paris d’aujourd’hui – la France d’aujourd’hui, jeune et puissante quand on ne l’empêche pas d’exprimer ses talents. Moment émouvant, quand une jeune danseuse fait écouter un chant traditionnel de la tribu amérindienne de sa grand-mère, qui a vécu dans la forêt, et que le réalisateur met en évidence la continuité entre ce chant, cette musique, et celle de Rameau. Moment exaltant, quand après avoir dansé en répétition la scène des « Forêts paisibles », après la fin les danseurs continuent à danser, emportés par leur pure joie. Je me régalais de tout cela, et je pensais après avoir vu ça, je peux mourir avec au cœur la joie de savoir que l’humanité que j’aime est toujours en route. Et puis aussi, je me disais, je vais encore faire quelque chose de grand, je le sens, tout mon corps, tout mon esprit le préparent.
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Simple selfie

Rien n’est meilleur pour l’esprit que le sport. Selfie du jour à la salle après deux heures d’exercices, le corps chaud et bienheureux. Mon rythme maintenant c’est la salle trois fois par semaine, et un running en extérieur par semaine. Les jours où je ne vais pas à la salle – où je termine par vingt à trente minutes de yoga, surtout un yoga d’étirements, je fais à la maison yoga et un peu de fitness, gainage… À la salle je fais essentiellement du cardio, tapis de course, elliptique, rameur, vélo demi-allongé pour travailler un peu tous les muscles en même temps que le cœur, et j’ai l’intention de pratiquer bientôt un peu de musculation.
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Quelques réflexions autour des manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline

Il y a des écrivains qui ont essentiellement travaillé à se faire du réseau, et qui n’ont pu que recracher leur médiocre jus, leur sempiternelle même recette, de livre en livre ; il y a des auteurs qui sont restés salariés toute leur vie pour s’assurer bons revenus et sécurité, et qui n’ont pu que produire des livres pantouflards ; il y a des auteurs qui ont été libres, qui ont payé le prix pour ça, et qui ont écrit des livres à nuls autres pareils.

Regardé le documentaire sur les 6000 feuillets inédits de Céline retrouvés. Terrible histoire, mais quel autre auteur avons-nous eu, depuis ? Quel autre inventeur de langue ? Ou quel inventeur d’univers ? Comme il disait, les autres, ils se copient les uns les autres – ce qui n’a jamais été plus vrai qu’aujourd’hui, où sont aussi pillés les auteurs de manuscrits, et où les produits que sont les livres sont de plus en plus formatés – du prêt-à-porter bas de gamme, fait pour durer une saison.

(Mon humble travail, du moins, n’en copie aucun autre, n’est pas retravaillé par les éditeurs ; mon style est unique, et ma vision, mon audace, sont uniques aussi. Je suis libre, j’ai toujours été libre, je n’aurais pu me rêver meilleur destin d’écrivain.)

Lucette, la femme de Céline, dit que « sa manière de travailler, c’était de se mettre en transe ». Bien sûr, c’est pour ça qu’il incarne tout le vingtième siècle, toutes ses tribulations, et aussi tout son mal. Je l’ai dit l’autre jour, la transe rend l’homme plus grand que lui-même ; Céline a été grand comme l’Europe, jusqu’à incarner dans l’écriture son mal le plus profond, l’antisémitisme, cette maladie dont un variant est l’islamophobie, cette maladie toujours si vivace aujourd’hui.

Céline est un iel, lui aussi, avec son nom d’auteur féminin. L’énorme médiocrité et le mensonge permanent du monde l’ont poussé au crime moral. Je ne le juge pas, c’est son œuvre pleine de vilenie qui juge l’humanité.

Je ne travaille bien qu’en transe moi aussi, et je connais toutes les forces qui traversent alors l’individu, pour lui ordonner de les coucher par écrit. Les coucher. Les mettre à bas, les mauvaises forces, en les écrivant. Et se relever soi-même galvanisé par les forces bonnes, les forces de vie qui sont passées par soi aussi. Laisser celles-là seules s’y installer. Tendre le miroir de leur saleté et de leur bêtise aux sales, aux imbéciles. Et soi, être lumière.

Ça, Céline l’a raté. Il n’en manquait pas, pourtant, de lumière. Il l’a gâchée, c’est son affaire. Heureusement, ce n’est pas son propre sort qui compte, ce qui compte c’est le génie, son génie, qu’il a mis dans son œuvre.

Je regarde les grands maîtres de la littérature, comme lui, et j’essaie de ne pas succomber aux malheurs divers auxquels ils ont succombé, en « suicidés de la société ». Moi la lumière je la garde, je la garde bien.

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Iel et les braves gens

Rien que pour faire la nique aux apeurés de tout, à ceux qui ont peur qu’un nouveau pronom ne viennent leur couper leur petit appendice, à ceux qui ont peur que de nouveaux concitoyens ne viennent leur prendre leur identité, à ceux qui ont peur des femmes, des non-binaires, des immigrés, à ceux qui ont peur d’eux-mêmes plus encore que de leur ombre, à ceux que seule la peur de la vie maintient en vie, je pourrais vanter, rien que pour rire d’eux, ce fameux iel entré dans le meilleur dictionnaire de France, leur donnant des vapeurs à n’en plus finir.

Mais la vérité c’est que je l’aime bien, moi, ce iel. Je parie que Rimbaud aujourd’hui dirait : Je est iel. Moi en tout cas, je le dis. Tous les humains sont plus ou moins bigenre, et dès l’enfance j’étais au moins autant du genre masculin que du féminin, d’après les assignations sociales faites à ces genres. Je ne jouais jamais à la poupée ou à je ne sais quels autres jeux on assigne aux filles, je jouais au foot dans la ruelle avec les petits voisins et mes frères, je jouais à la bagarre avec les voisins, je jouais seule à grimper aux arbres et sur les toits, j’étais l’aînée de ma fratrie et c’était moi qui décidais de ce que je voulais faire, que les autres me suivent, ou non. Et ça n’a jamais changé.

N’étais-je pas une fille pour autant, ne suis-je pas devenue une femme, ne suis-je pas une femme ? Aussi ? Mais si bien sûr, et la plus femme des femmes, comme le plus homme des hommes. Une telle nature, vécue sans hésitation ni problème, suscite beaucoup l’adversité des apeurés. Enfant, je n’hésitais pas à affronter ni ma mère, ni mon père, et j’en eus bien des problèmes, surtout avec ma mère, que je finis par envoyer complètement promener alors qu’elle reprenait ses attaques contre moi, dans les dernières années de sa vie. Bien des gens se sont comportés comme elle avec moi, avec le même dépit et la même insatisfaite volonté de domination. D’Annie Ernaux, écrivaine de papa-maman-monavortement-mesamants, qui me fit une leçon de morale en prétendant que je ne devrais pas écrire de littérature érotique, jusqu’aux cathos complices de violeurs d’enfants qui s’acharnèrent à tenter de me convaincre que j’étais pécheresse, en passant par un tas d’autres gens de tous milieux, j’ai entendu toujours la même rengaine sans grâce ânonnée ou criaillée par des voix aigres. Les mêmes qui maintenant s’en prennent à iel, comme à tout fauve qu’iels voudraient mettre en cage. Raté, comme tout ce qu’iels font.

Comme quoi, iel a plus d’un tour dans son sac. Longue vie à ce pronom ! Et si elle doit être courte, eh bien elle n’aura pas été vaine, à foutre ce beau bordel parmi ces braves gens.

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Récupération : la chair, les os, les fringues et l’art

Encore deux bonnes heures à la salle aujourd’hui. Je m’y sens tellement bien. Je commence toujours par le tapis de course, qui demande le plus d’effort, puis je travaille sur deux ou trois autres machines, puis à la fin gainage et yoga. La sensation merveilleuse de légèreté en sortant, elle est fondée sur quelque chose de réel, le fait d’avoir bien éliminé. Ce qui était à éliminer dans le corps, et ce qui était à éliminer dans la tête. J’ai le choix entre plusieurs salles, je peux en changer, mais celle où je me suis inscrite au départ occupe les locaux précédemment occupés par une maison d’édition – qui me refusa un manuscrit. Tout un symbole, et même plus d’un. Les machines de sport occupent très avantageusement, à mon sens, le lieu : voilà de la belle et bonne récup.

Ce matin j’ai commandé un jeans et une jupe sur un site de vente en seconde main. Presque tous mes vêtements sont des vêtements de seconde main, soit achetés en friperie, soit trouvés (quelqu’un qui les dépose quelque part pour les donner à qui veut), soit donc achetés en ligne ; ou bien des vêtements que j’ai depuis très longtemps, parfois depuis vingt ans, et qui sont toujours en bon état – c’est l’avantage de garder les mêmes mensurations au fil des ans, en vieillissant pas besoin d’acheter du vintage. Je fais toujours du 36, même si j’ai porté aussi, jadis, du 34 (je suis petite) que je ne peux plus porter ; ceux qui étaient en 36 continuent d’aller. La preuve que j’ai gagné en force, et non en gras, c’est que certains bracelets que je mettais me serrent maintenant trop au poignet, là où il n’y a pas du tout de gras. Et puis les muscles je les sens très bien ; pour les os et les articulations ça ne se voit pas mais je pense que ça s’est amélioré aussi, à la fois grâce à l’entraînement qui leur apporte renouveau et vitalité, et grâce à la musculation qui les soulage et les protège. Je me récupère moi-même. La recette du bonheur est bien simple.

J’aime beaucoup le fait de porter des vêtements récupérés, non seulement parce que c’est plus écologique, mais aussi parce que c’est plus original et, souvent, plus élégant que d’être fringué de neuf. Les dandys n’aiment pas porter du neuf, ou bien ils font en sorte qu’il n’ait pas l’air d’être porté pour la première fois. Et puis on peut aussi faire des associations plus inventives avec des vêtements trouvés çà et là, comme on peut lire des livres plus originaux en se fournissant çà et là chez les bouquinistes, dans les bibliothèques, les boîtes à livres… La mode, il faut l’inventer et non la suivre. Comme le reste. La circulation des vêtements déjà portés, comme celle des livres déjà lus, a la grâce de l’amour, de l’échange, de l’humain.

S me dit que des amis, de jeunes intellectuels, qui ont vu Illusions perdues, lui ont dit que le film était habile mais plutôt foutage de gueule par rapport au roman (voir ce que j’en disais hier). La récup d’œuvres (dont la traduction fait partie), en art, est aussi un art. À pratiquer avec élégance. Le manque d’élégance, c’est de transformer une œuvre ancienne en œuvre clinquante, flambant neuf. Si l’on habille de neuf une œuvre qu’on a décharnée et désossée, au premier coup d’œil ça peut en jeter, mais au deuxième on voit tout s’effondrer. Ne reste plus que le commerce. Préférons la chair, le vivant, l’humain.

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Transe et autres états de conscience

Un article intéressant dans Le Monde – je ne suis pas abonnée mais je l’ai emprunté. En fait, comme dans tous ces articles plus ou moins scientifiques, on n’y apprend rien du tout, mais l’intéressant, c’est son sujet : la transe.

Mesdames et messieurs, roulement de tambour : les Occidentaux découvrent la transe ! L’université Paris-VIII propose, à partir du 22 novembre, des cours d’introduction aux « transes et états de conscience modifiés » destinés aux professionnels de santé, annonce le journal. La science commence à étudier les états de conscience dits modifiés, c’est très bien. Les études sur la méditation ont déjà permis de repérer les changements que la pratique opérait dans le cerveau. Pour mieux étudier la transe, une « transeuse » française (un peu caricaturale, avec sa façon de se transformer en loup) a appris déjà à un tas d’autres gens à entrer en transe. Quelque chose que presque tout le monde sait faire dans d’autres sociétés que la nôtre. Ou certains parmi nous, à l’écart de notre société. Personnellement je pratique la transe et la méditation, entre autres, depuis l’enfance, sans à l’époque les avoir nommés ainsi. C’est ainsi que j’ai beaucoup appris. À l’adolescence, j’ai exploré beaucoup d’autres états de conscience, dont le rêve conscient pendant le sommeil et l’autohypnose. Et je suis sûre que beaucoup d’autres enfants, voire tous les enfants, ont pratiqué ou pratiquent ces états, très naturellement. En fait tout ce qui est vivant pratique ces états de conscience. C’est par la richesse de nos états de conscience que nous devenons plus grands, infiniment plus grands que nous-mêmes ; que nous sommes et devenons infiniment.

Mais la société occidentale moderne, telle que dépeinte dans les Illusions perdues dont je parlais précédemment, s’est complètement coupée des pouvoirs de l’esprit, donc rabougrie humainement, mentalement et physiquement. Certaines sociétés plus traditionnelles, qui connaissent ces états d’esprit, n’en usent pourtant pas au mieux. La preuve en est qu’elles connaissent toujours des iniquités et d’autres troubles graves. Alors qu’une connaissance et une pratique plus accomplies de la conscience dans tous ses états donne une paix royale. Du moins si l’on ne sépare pas la transe, la méditation, les divers états de conscience, de la conscience dans toute son acception, y compris morale. Étudier scientifiquement les états de conscience, c’est très bien, mais attention à ne pas les instrumentaliser.

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Illusions perdues, le film, et les Rubempré d’aujourd’hui

J’ai regardé hier soir le premier épisode de la série 3 %, et ce matin je suis allée au cinéma voir Illusions perdues – eh bien, le sujet est le même – j’espère juste que la série évitera une fin aussi neuneu que celle du film, par ailleurs excellemment réalisé et excellemment joué. La fin du film, en forme de baptême-résurrection accompagné d’une phrase de « sagesse » ressemblant à celles que je peux lire sur mes sachets de thé, trahit complètement Balzac, qui, lui, fait finir son personnage en esclave total d’un curé à qui il a vendu son âme. Une fin parfaitement logique pour ce personnage de Lucien de Rubempré qui fait beaucoup penser à Emmanuel Macron, comme l’univers de 3 % fait penser à celui de la macronie, et plus largement, à la foire financiarolibérale mise en scène par Balzac. Un Rubempré monté à Paris soutenu par une femme plus âgée, puis arrivant toujours en se faisant soutenir par les uns ou par les autres, prêt à tout y compris à piétiner ses ambitions littéraires pour arriver à faire de l’argent et surtout, avoir l’air d’être ce qu’il n’est pas, oui, c’est vraiment du Macron – et de tant d’autres de nos fausses élites. Intéressant : Rubempré, c’est le nom que Zemmour*, s’identifiant au personnage, a choisi pour sa maison d’édition. Oui, tout cela est logique, il est juste dommage que le film, avec sa fin bêtasse, ne l’ait pas vu. Sans doute le réalisateur, malgré tout son talent, s’est-il laissé illusionner comme Rubempré par quelques sirènes aveuglantes.

* à propos d’illusion et d’extrême-droite, voir mon livre, refusé par les éditeurs mais ici en pdf gratuit La grande illusion, Figures de la fascisation en cours
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Homère, le Robert, le corps réel

« Les flots complètement repus s’enroulent, dans l’air
L’écume, aux cris du vent tournoyant, se disperse »
Homère, Iliade chant XI, v. 307-308

Il n’y a peut-être pas plus d’une personne au monde qui traduise l’Iliade en vers avant d’aller à la salle de sport, mais il y en a au moins une. Voilà un équilibre de rêve. Je suis une poète physique, et j’adore ça :)

Je suis restée un peu moins longtemps à la salle aujourd’hui parce que je me suis fait vacciner contre la grippe avant-hier, je ne voulais pas trop fatiguer mon corps encore occupé à fabriquer des anticorps. En 2019 j’avais eu la grippe, rien de grave mais bien casse-pieds, cette fois je devrais l’éviter. Troisième dose contre le covid en décembre, et avec ça j’espère que rien ne m’obligera à interrompre le sport pendant l’hiver !

Les politiques, dont le ministre de l’Éducation nationale, qui se permettent de critiquer le dictionnaire Le Robert (mon préféré) parce qu’il recense les mots de la langue aux moments de son histoire, sont bien dans leur habituel déni du réel. Mais c’est quand même incroyable que dans une démocratie un ministre ou autre politicien se mêle de juger ce qui se publie. Leur monde n’est pas seulement cinglé, il est stupide. Qu’ils se contentent donc de garder leurs vaches, et les vaches seront bien gardées. Les humains libres n’ont nul besoin de vacher. Manquerait plus qu’iels viennent prétendre me dire comment traduire Homère. Je leur raconterais comment Circé a changé des hommes en porcs.

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quintessence de l’esprit et terrain

« L’artiste et son œuvre », collage et peinture sur papier A4, réalisé ces jours-ci

J’ai décidé de reprendre une activité professionnelle. D’en chercher une, pour commencer. J’en ai le droit, ayant travaillé assez, et même plus qu’il ne fallait, pour une retraite « à taux plein ». Maintenant que je me suis refait un corps en pleine forme, et une tête idem, j’ai envie de retourner sur le terrain. Pas tous les jours de la semaine, en gardant aussi du temps pour mes autres travaux. Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de désir. Mon projet de « Pèlerins d’amour » existe toujours, quoique débarrassé de sa dimension religieuse et tout changé dans ses détails concrets, il existe dans la quintessence de son esprit, qui me pousse à faire quelque chose dans le sens de l’universelle communauté humaine.

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