Terrorisme islamiste. Un enseignant décapité (note (ré-)actualisée)

rose blanche-min

22-10-20 : je continue à actualiser cette note de temps en temps, par le haut.
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Screenshot_2020-10-22 Contributions - Attentat de Conflans quatre personnes, dont deux mineurs, mises en examen pour « comp[...]
Ci-dessus, des commentaires sur un article du Monde.

Ces provocations, en effet, avaient tout du concours de bites avec les islamistes. Pas étonnant, c’est la jalousie sexuelle qui anime, au fond, le racisme de l’un contre l’autre et réciproquement. La libido morbide dont les hommes font les guerres, depuis la nuit des temps ; qui les pousse à s’entretuer, et entraîne des morts et des enchaînements de malheur dans toute la société. Tout ça pour ça (de vieilles bites mollissantes vs de jeunes bites brimées, les unes et les autres voulant se prouver quoi ? qu’elles étaient mortelles ?) Ceux qui, planqués à l’arrière, ont encouragé les dessinateurs de Charlie à s’engouffrer dans cette spirale infernale n’en sont pas morts, eux. Comme le disait hier un internaute sur un site d’information, ceux qui, directement ou indirectement, ont envoyé le jeune de dix-huit ans tuer Samuel Paty sont « des lâches », « ce ne sont pas des HOMMES », écrivait-il.

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Selon Tareq Oubrou, grand imam de Bordeaux, « Il y a une vraie anarchie religieuse musulmane en France qu’il faudrait encadrer » (France Info).
Moi j’aime l’anarchie, du moment qu’elle est bien pensée. Ce qui n’est évidemment pas du tout le cas en ce moment. La possibilité d’une anarchie bien pensée, c’est ce qui me plaît dans l’islam. Pas de clergé. Pas de hiérarchie. (Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des confréries soufies). Du moins en principe. En principe tout-e musulman-e peut être imam, un temps plus ou moins long, selon que les autres lui confient cette tâche ou non. En principe l’islam est une spiritualité souple et vivante, pour peu qu’on arrête de prendre l’islam pour un ensemble de lois forgé après coup par des humains, trop humains. En principe en islam l’être humain n’a à se soumettre à aucun autre être humain, il est seul face à Dieu, c’est-à-dire face à sa conscience, il n’y a pas d’intermédiaire entre lui et Dieu comme dans le christianisme par exemple. Une religion aussi exigeante en termes de responsabilité et de liberté demande évidemment des humains très bien éduqués. On en est loin, mais ce n’est peut-être pas impossible.
Cela dit, je ne suis rien d’autre qu’une amateure en islam, aux musulman-e-s de voir comment ils et elles veulent évoluer ou se gérer. Et aux non-musulmans de veiller à ce qu’ils ne tombent pas dans les abus, comme n’importe quel autre groupe humain.

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Je découvre l’histoire de Sanda Dia, étudiant de vingt ans de mère belge et de père sénégalais, décédé il y a deux ans après avoir été torturé à mort pendant deux jours par de jeunes gens « de très bonnes familles, riches et influentes » (Le Monde) lors d’un bizutage nommé « baptême » à l’université catholique de Louvain.
Décapiteurs islamistes ou autres, les sadiques se saisissent de tout prétexte à leur portée pour assouvir leurs pulsions.

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Prenons de la hauteur, voyageons, lisons, voyons autre chose que ce que nous voyons dans notre étroit cadre national. Ailleurs dans le monde la France est considérée comme un pays particulièrement islamophobe, et les caricatures de Charlie Hebdo y sont pour beaucoup. Comme l’ont noté de nombreux intellectuels, représenter l’ancien colonisé (car c’est ce dont il s’agit, à travers l’image du prophète de l’islam) en posture d’humiliation est très significatif du déni d’un pays envers son histoire. Les professeurs d’histoire doivent pouvoir avoir une pensée sur cette question. Et donc soit traiter de la liberté d’expression en employant d’autres exemples, soit traiter ces caricatures avec beaucoup de recul. On ne peut pas condamner l’islamisme et en même temps l’attiser par des humiliations qui font perdurer dans les esprits la situation coloniale.
Il n’est pas question de dire que tout le problème vient de la colonisation. Mais chaque pays a son histoire, on ne peut pas oublier certaines composantes qui nous sont propres et qui entrent dans le problème de façon spécifique. Les intégrismes religieux montent partout en effet comme en d’autres temps montèrent les communismes : comme (très mauvaises) réponses à des situations locales et mondiales devenues intenables. Il nous appartient d’inventer d’autres solutions, plutôt que de nous laisser nous enfoncer dans des politiques (nationales, européennes, mondiales) dépassées, nocives, qui créent des inégalités jamais vues et des iniquités de moins en moins supportables.

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« Aujourd’hui avec vous nous sommes tous profs », déclare Brigitte Macron. Et je sens monter comme une odeur d’indécence. Pourquoi ? Il y a tant de raisons. Mais peut-être les plus simples, les plus basiques sont ces questions qui peuvent se poser : a-t-elle jamais enseigné dans un établissement de banlieue, près des cités ? a-t-elle eu des classes issues d’origines très variées ? a-t-elle eu des classes comprenant pas mal d’enfants de pauvres, « blancs » ou « de couleur », ou de parents ne parlant pas le français ? A-t-elle eu des élèves qui ne ressemblaient pas à Emmanuel Macron ? Ce premier de la classe qui avec son aide est devenu premier du pays, d’un pays qui, depuis, va plus encore qu’avant de souffrance en souffrance, de désagrégation en désagrégation. La « République » dont ils se gargarisent tant étant par lui de plus en plus vidée de « res publica », de chose publique, de service public, à commencer par l’hôpital et l’école.
Tariq Ramadan aussi a été prof, et aimait bien ses élèves de quinze ans. Ça veut dire quoi, « nous sommes tous profs » ?
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France Info recueille les impressions de musulmans de Pantin qui disent ne pas comprendre la fermeture de leur mosquée. Leur imam a dû bien mal leur enseigner la religion, pour qu’ils ne comprennent pas.
Cela dit, il me semblerait plus efficace de laisser les mosquées ouvertes, d’en sortir les imams détachés, sans attendre, et d’envoyer de temps en temps quelqu’un écouter les prêches, en français.

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La mise en scène abjecte postée sur les réseaux sociaux par le comité Adama (plus ou moins supprimée au vu des réactions), montrant Assa Traoré, place de la République dimanche dernier, en compagnie d’hommes arborant un slogan obscène, infect, pervers, hypocrite au possible, criminel, sur la mort de Samuel Paty, rend ce drame plus désespérant encore. Comment soutenir en France des mouvements « antiracistes » qui se révèlent aussi infectés ? Comment en est-on arrivé là ? Il était déjà problématique que ce mouvement porte le nom d’une famille multi-impliquée et persévérant dans des affaires de violences, d’escroqueries et de viol. Et maintenant elle s’affiche à mots couverts comme se félicitant de la décapitation d’un professeur ? A minima, elle ne vaut pas mieux que ceux et ce qu’elle dénonce.

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Annonces de Darmanin sur des dissolutions d’associations, etc. La macronie ne survit que par la com’ et les effets d’annonce, sur tout et sur rien. Nous sommes encore dans un état de droit, il me semble, et non dans une dictature où un homme politique élimine du jour au lendemain une association ou une personne sans autre procès.

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L’ensemble des professeurs du collège du Bois d’Aulne publie un communiqué dans lequel ils s’inquiètent, à juste titre, du rôle des réseaux sociaux dans ce drame. Que certains enseignants qui ont utilisé les réseaux sociaux pour harceler l’une de leurs collègues (moi, et sans doute d’autres) s’en souviennent et en tirent une leçon. Il n’est pas rare que le harcèlement tue, aussi.

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À lire : sur les liens d’Abdelhakim Sefrioui, et des islamistes, avec Dieudonné, les néonazis… Un article bien documenté de La Horde

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Une enquête vise un site néonazi qui a diffusé la photo du professeur décapité. Les néonazis, les néofascistes sont les complices intellectuels des terroristes islamistes. Même culte de la mort et du macabre, même haine de la liberté. C’est un marchand d’armes d’extrême-droite qui a armé les tueurs des attentats islamistes de Paris en 2015. Le terrorisme islamiste sert la montée du fascisme et met ainsi en danger toute une société, et les musulmans plus encore que le reste de la population. Car les fascistes ont davantage de possibilité de s’imposer, d’imposer un fascisme au moins rampant dans la société, que les islamistes, qui leur servent d’idiots utiles. Stupidité des hommes.
Tout ce qui peut pousser la société à la haine, dont le terrorisme, est profitable aux mouvements d’extrême-droite : ce sont eux qui, en Europe, ont le plus de moyens de faire régner leur idéologie, en gangrenant la politique des pouvoirs en place pour commencer.

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Screenshot_2020-10-19 claro ( madmanclaro) Twitter

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À lire : Un docu sur le Qatar, ce nouveau financeur de l’islam européen

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Le président de la République a choisi pour l’hommage à Samuel Paty la cour de la Sorbonne « lieu symbolique de l’esprit des Lumières ». Ah ? François 1er a fondé le Collège de France, à la Renaissance, justement parce que la Sorbonne était tenue par les catholiques et qu’on ne pouvait y apporter aucun enseignement moderne. Cela se ressent encore dans certains secteurs de la Sorbonne. À Paris 4 notamment, réputée pour son conservatisme et où j’ai entendu des cours avec des allusions récurrentes à « notre sainte mère l’Église ». Même sur le ton de l’humour, c’étaient des entorses à la laïcité fort pénibles. Conservatisme qui, entre autres raisons, m’a fait quitter cette université en cours de thèse.

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Je reviens un instant sur le problème spécifique du manque de soutien des enseignants par l’institution. Il arrive que les élèves mentent, individuellement ou collectivement. C’est arrivé dans mes classes. Je ne leur en ai pas voulu, ce sont des enfants, j’ai simplement réaffirmé la vérité. Mais une fois les faits sont remontés à l’oreille de la prof principale de la classe. Qu’a-t-elle fait ? Cette jeune femme, très sympathique au demeurant, m’a demandé des explications, ce qui est normal, mais visiblement en accordant plus de crédit aux élèves qu’à moi, femme largement adulte et qui a bien la tête sur les épaules. Une technique de policiers qui renversent l’accusation contre vous quand vous allez porter plainte. Je ne dis pas que l’enseignant-e a toujours raison, mais ce serait bien d’arrêter de l’infantiliser a priori, même entre collègues. Comment travailler correctement dans ces conditions ?

Tous les profs savent qu’ils ne sont pas soutenus par l’administration quand il y a un problème avec les parents, islamistes ou pas islamistes. On accorde beaucoup trop de pouvoir aux parents dans l’école, voilà pourquoi ils se sentent autorisés à vouloir y faire leur loi.

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Projet de loi contre les contenus « haineux ». La difficulté est d’apprécier ce qu’est un « contenu haineux ». Les caricatures de Charlie en sont-ils, par exemple ? Certains les reçoivent ainsi. Pourquoi les uns auraient-ils loisir d’insulter et pas les autres ? Pourquoi Charlie, et pourquoi pas Dieudonné ? Peut-être faudrait-il se recentrer sur les lois déjà existantes contre le racisme et le sexisme, le harcèlement, les appels au meurtre ou la diffamation, tout simplement.

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Il semblerait que les pouvoirs publics veuillent s’attaquer sérieusement à l’islamisme dans ce pays. Excellent. On finira par arriver à le neutraliser, surtout si les états démocratiques cessent de fricoter avec les états islamistes, qui ont tant de dollars à dépenser qu’on ferme les yeux religieusement sur le reste. Bon, quand l’islam sera rendu à la paix à laquelle il aspire, ce ne sera pas bon pour les affaires de Charlie Hebdo mais est-ce bien grave ?

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Les terroristes islamistes sont les idiots utiles des racistes et du vieux monde. Charlie Hebdo essaie de se refaire une pub sur le meurtre de Samuel Paty. C’est obscène, mais l’obscénité est leur seul moyen de survivre depuis les années où ils ont sombré dans le beaufisme le plus abject (comme je l’ai démontré ici dans un article détaillé sur leurs publications racistes, jusqu’au soutien à Oriana Fallaci). Passons, comme la caravane.

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À lire : Enseignant décapité : « Trop c’est trop, ça suffit ! », s’insurge le président de la Fondation de l’islam de France

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Personnellement je ne réclamerais pas l’interdiction de l’anonymat en ligne, bien qu’il m’ait beaucoup nui, insultée et chassée des réseaux sociaux à maintes reprises, jusqu’à ce que j’y renonce complètement, moi qui y parlais à visage découvert. Je ne protesterais pas non plus s’il était finalement interdit, comme il en est question une nouvelle fois suite au harcèlement subi par Samuel Paty. Ceux qui crient à l’atteinte à la liberté parce qu’il leur faudrait parler en leur nom ont une bien piètre conception de la liberté. Oui, parler en son nom comporte des risques, par rapport à ses employeurs ou à d’autres personnes. Mais qu’est-ce qu’une liberté qui ne veut pas prendre de risques ? C’est parce qu’Internet est plein de parleurs qui n’assument pas leur parole, afin de pouvoir continuer à vivre pépères, que la société n’avance pas, que les libertés reculent, puisque trop de gens, tout en les réclamant, refusent de les soutenir de tout le poids de leur propre vie, comme il sied à un être humain digne de ce nom.

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Je consulte les comptes twitter des profs. Une avalanche de témoignages sur le fait que l’administration ne les soutient ni ne les protège absolument pas dans les conflits qui peuvent se présenter avec les parents ou avec les élèves. On aurait pu éviter que cet homme se fasse assassiner.

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La vidéo du père de famille à l’origine de l’affaire a énormément circulé sur les réseaux sociaux. Comment peut-on appeler sur les réseaux sociaux à sévir contre quelqu’un, donner les indications pour trouver la personne, et rester tranquillement en liberté à faire sa sale besogne jusqu’à ce qu’un drame se produise ? Pourquoi ne va-t-on pas chercher les lyncheurs par la peau du cou avant qu’il ne soit trop tard ?

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J’aimerais bien savoir ce qu’a dit l’imam de la mosquée de Pantin, lors du prêche de la grande prière, quelques heures avant le meurtre de Samuel Paty. Si c’est bien lui, l’imam salafiste malien de cette mosquée, qui a fait le prêche. Pourquoi les imams étrangers, formés dans des pays où règne une toute autre mentalité qu’en France, sont-ils toujours autorisés à venir ici embrigader les jeunes, essayer de leur inculquer des principes dépassés, moins libéraux que ceux du Prophète lui-même ? Il y a bien assez de musulman-e-s français-e-s capables de tenir cette fonction.

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Après les « Je suis Charlie », voici les « Je suis prof » ou « Je suis Samuel Paty ». Tant d’hommes et de femmes en France qui cherchent leur identité, qui sont en manque d’identité. C’est bien le fond du problème, y compris bien sûr pour les islamistes et les terroristes.

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Samuel Paty a été assassiné après avoir subi une cabale sur Internet. Il y a deux ans, prof moi-même, j’ai été harcelée par un tas de profs (sous couvert d’anonymat bien sûr) sur Twitter, à cause de ma « liberté d’expression », comme ils disent. Je le raconte ici. J’ai été aussi menacée par l’Académie de poursuites judiciaires parce que je contestais sur mon blog les méthodes pédagogiques (sans mentionner aucun nom de personne ni d’établissement), et finalement une prof de l’Espé (institut de formation des profs) a porté plainte et j’ai dû aller m’expliquer au commissariat. La plainte a été classée sans suite. Dans mon lycée mes collègues (à qui je n’avais rien fait) ne me saluaient plus et s’asseyaient tous loin de moi à la cantine – je devais manger seule à l’écart tandis qu’ils discutaient en prenant leur repas aux tables voisines. Etc. Je ne suis pas la seule professeure à avoir été persécutée par des gens de l’institution et à en être tombée malade. Il y a un malaise énorme et le meurtre de ce professeur devrait remettre en question, non seulement le problème de l’islamisme, mais aussi celui de l’abandon des enseignants à eux-mêmes quand ils se retrouvent dans une mauvaise situation. Ce professeur n’a pas été soutenu ni protégé car ainsi fonctionne cette institution. Tout le monde doit se remettre en question après ce drame, ce meurtre qui aurait pu être évité en n’acceptant pas la dictature des parents, et en particulier celle des parents islamistes, et en prenant des mesures pour protéger cet enseignant.

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Puisqu’il est question de liberté d’expression : oui, les enseignants doivent encourager les enfants à parler, mais leur faire « dire ce qu’ils pensent » n’est pas suffisant – et encore moins leur dire « non » quand on pense qu’ils ne pensent pas bien. Le mieux est de les amener à découvrir ce qu’ils peuvent réellement penser, au-delà de choses plus ou moins répétées. Et pour pouvoir dire ce qu’ils pensent, les enfants comme les adultes doivent d’abord pouvoir dire ou comprendre ce qu’ils vivent, ce qu’ils ont vécu, ce qui est au fond d’eux. Pour ça, je ne vois que les cours de littérature et d’art, qui permettent d’exprimer de façon noble et non pas sur le mode du bavardage ou de la confession publique brute. L’enseignant-e doit se rappeler que sa propre pensée n’est pas à administrer, que son rôle est de comprendre les différentes pensées, de pouvoir les faire dialoguer, de ne pas pousser les élèves, en voulant normaliser leurs pensées, à dissimuler. Je me souviens d’un élève qui me demandait avec insistance, incrédule, au début d’un atelier d’écriture en classe : « Madame, c’est vrai, on peut tout dire ? Tout raconter ? Vraiment ? » Oui. (Sinon, gare au possible déchaînement de la violence physique chez celles et ceux qui doivent subir la liberté d’expression d’autres qui n’en usent pas à armes égales ou qui en usent pour humilier et opprimer ceux qui manquent de possibilité de réponse).
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Comment enseigner la liberté d’expression aux élèves ? En leur apprenant à la pratiquer, et en le leur permettant. Cela suppose d’en avoir soi-même la pratique. Vouloir imposer la pensée de la liberté d’expression, par des images choc ou autre, c’est comme pousser quelqu’un dans l’eau pour le forcer à nager. Il apprendra peut-être par lui-même, mais il se pourrait aussi qu’il se noie. La « liberté d’expression » est trop souvent un masque d’une pensée formatée obligatoire.
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L’acte atroce qui a été commis contre un professeur, quelqu’un qui a en charge l’enseignement des enfants et s’en acquitte du mieux qu’il peut même si ce n’est pas toujours au mieux, a tué deux personnes et en a blessé des millions.

Twitter

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Où est M. Blanquer ?
Les professeurs sont privés de liberté d’expression par le ministère, il faudrait peut-être commencer par là. Ensuite aider les enseignants à faire des cours sur ce sujet équilibrés. On ne peut montrer les caricatures de Charlie sans montrer aussi celles de dizaines d’excellents dessinateurs dans le monde qui donnent un autre point de vue (et ont par leurs dessins dénoncé par exemple l’utilisation par Charlie de la mort du petit Aylan). On peut aussi enseigner la liberté d’expression en apprenant aux élèves à réfléchir avec des textes intelligents plutôt qu’en assenant des violences symboliques sans appel.
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Voilà deux fois ces jours derniers que surgissent sur le devant de la scène de jeunes personnes russes. Il y a deux ou trois semaines, c’était, à Strasbourg, une jeune femme qui accusait des immigrés de l’avoir frappée à cause de sa jupe ; il s’est avéré que l’histoire était inventée et que la jeune femme faisait partie d’un groupe d’identitaires d’extrême-droite. Et aujourd’hui ce jeune Tchétchène de nationalité russe qui décapite au nom de l’islam un professeur accusé d’avoir montré des caricatures du Prophète à ses élèves de 4ème, après avoir fait sortir les musulmans de la classe. Le choc est très rude. Et profitable aux politiques qui ont l’habitude d’exploiter ce genre de tragédie dans leur propre intérêt morbide. Je ne crie pas au complot. Je constate que les forces de mort viennent de beaucoup d’endroits, de l’intérieur et de l’extérieur, du terrorisme et du racisme, et que toute la société est menacée, de plusieurs façons.

J’ai enseigné quelques mois dans un lycée du Val d’Oise, il y a peu. Il y avait des élèves d’origines très diverses, une petite d’origine asiatique avait pour meilleure amie une petite d’origine africaine, etc., les enfants s’aimaient bien entre eux et je les aimais tous profondément. C’est notre devoir d’adultes et de citoyens de ne pas œuvrer dans un sens qui sépare les gens, spécialement dans ces temps difficiles. C’est aussi le moment de mettre vigoureusement en action la décision de renvoyer tous les imams détachés. Les mentalités et pratiques politiques et sociales d’autres pays n’ont pas à s’importer en France (ou ailleurs) par le biais des religieux, quels qu’ils soient.

Condoléances à la famille et aux proches de la victime. Pensées pour les élèves, les collègues, les voisins. Paix sur notre pays et sur le monde.

Collaboration, marque française déposée

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Il est certes plus aisé et plus seyant de faire le procès de quelques seconds couteaux des tueries islamistes de 2015 que de faire celui des politicards et hommes d’affaires qui copinent avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, vendant la France au détail et leur vendant des armes en gros. Les morts qu’elles font, qui les compte, qui connaît leurs noms (à part ceux des morts français évidemment, tués aussi par cette politique génératrice de terrorisme) ? Avec la complicité des médias et autres bien-pensants, c’est la France à la fois collabo et coloniale, hypocrite et criminelle, couchée et raciste, qui perdure dans ce qu’ils appellent l’esprit Charlie. Fort décrépit, Dieu merci.

Le harcèlement

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non-min

Le harcèlement, beaucoup en meurent. Il détruit des existences. Isole. Ruine ses victimes, les coupe de leurs relations professionnelles, donc de leur possibilité de gagner leur vie, les coupe de leurs relations amicales, de certains de leurs proches parfois, embringués par le diable. L’expérience de Milgram se produit de façon très banale dans la vie ordinaire, où la conscience abdique si aisément devant quelque autorité, devant le mensonge organisé. Harceleurs imbéciles, qui ne comprennent pas qu’un non, qui plus est répété des années durant, ne se changera jamais en oui. Faut-il manquer de vie, pour s’en prendre ainsi à celle d’autrui.

Cet après-midi à Paris, photo Alina Reyes

Christ aux cheveux verts

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"Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang" Acrylique sur bois (isorel) 74x42 cm

« Christ aux cheveux verts. Ceci est mon corps, ceci est mon sang » Acrylique sur bois (isorel) 74×42 cm


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En écrivant cette icône, j’ai songé que le maintien de la fermeture des parcs et jardins en Ile-de-France, malgré les demandes d’ouverture d’Anne Hidalgo et de Valérie Pécresse, et alors que rouvrent centres commerciaux, écoles, bureaux, chantiers, transports en commun, lieux de culte avec autorisation de cérémonies…, et alors que les études montrent que la pandémie se transmet essentiellement dans les lieux clos, est une mesure de coercition de type fasciste, totalitaire : une mesure contre la vie, contre la liberté, contre le bonheur.

J’aurais pu intituler cette icône « la multiplication des pains », avec cette chair du Christ changée en myriades d’hosties. Mais ce qui est essentiel, c’est que cette figure soit encadrée de vert et d’or. En ce jour d’Ascension, une façon de s’élever pour voir d’en haut que la vie et la lumière sont nos véritables trésors, avec l’amour rendu par la libéralité du don de soi, un soi aux mesures de l’univers et en communion avec lui.

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Coronavirus : la déshumanité en marche (empêtrée)

la parisienne

Toute une classe sociale, et dans celle-ci plus particulièrement une classe d’âge – disons les bourgeois boomers, appelons-les les bourboomers – manifeste des signes d’impatience de reprendre et reconstruire le monde tel qu’il était avant que la pandémie ne l’interrompe. Sans doute leur esprit est-il doublement figé, par leur attachement à leurs privilèges et par leur vieillissement. Mais c’est aussi leur habitude de piétiner « ceux qui ne sont rien » qui s’irrite de les voir mis au premier plan par la crise : travailleurs modestes et majorité de femmes – soignantes, caissières… mais aussi cheffes de gouvernement, qui ont beaucoup, beaucoup mieux géré la crise que nombre de leurs homologues masculins dans le monde, comme le montre un article de Forbes mentionnant Angela Merkel en Allemagne, Jacinda Ardern en Nouvelle-Zélande, Katrín Jakobsdóttir en Islande, Erna Solberg en Norvège, Tsai Ing-wen à Taiwan, Sanna Marin en Finlande, Mette Frederiksen au Danemark.

L’habitude aussi de ces bourboomers de vivre dans le déni leur a fait et continue à leur faire minimiser le danger du virus : Trump, Johnson ou Macron (vieux dans sa tête) en sont des exemples éclatants, comparables à ceux d’intégristes de diverses religions que le coronavirus a tués après qu’ils ont ouvertement méprisé les mesures de sécurité. Au lieu de réagir de façon responsable et efficace, comme les femmes d’État précédemment mentionnées, ils ont attendu d’être acculés aux pires solutions, confinement général sans discernement et répression policière, tout en continuant à se révéler incapables de protéger les populations en fournissant tests, masques, mesures de mise en quarantaine dans des structures dédiées pour les contaminés, moyens pour les hôpitaux et les personnels de santé. Ainsi ces bourboomers se révèlent-ils compères de la mort, selon une logique nihiliste que j’évoquais dans ma thèse de doctorat comme « créateurs d’exclusion » et « grands serviteurs de l’argent », au chapitre du « Grand Renfermement ». En voici des passages :

thèseQue devient un peuple méprisé ? Les fous y deviennent si nombreux qu’ils ne sont plus enfermables, même si le système pénitentiaire s’est extraordinairement développé dans le monde moderne. La folie change de visage selon les époques, elle crée aujourd’hui des tueurs en série, des terroristes, des désespérés politiques. Et du côté des créateurs d’exclusion, la froide mécanique assassine des grands serviteurs de l’argent.

En 1725, l’architecte Germain Boffrand fut chargé de concevoir un puits pour approvisionner Bicêtre en eau. Foucault dit qu’il s’avéra très vite inutile, mais qu’on continua à le construire, trois ans durant, pour faire travailler les prisonniers. Creusé en 1733, le « grand puits » descend à 58 mètres de profondeur et mesure 5 mètres de large. Deux immenses seaux contenant chacun 270 litres étaient remontés par la force de douze chevaux. À partir de 1781, les chevaux sont remplacés par 72 prisonniers, qui se relaient de cinq heures du matin à huit heures du soir. En 1836, les prisonniers sont remplacés par des fous. Et en 1856, les fous cèdent la place à une machine à vapeur.

De quoi s’agit-il en vérité ? D’évider l’homme de l’homme. De la déshumanisation de l’homme par l’homme. « Nous creusons la fosse de Babel », écrivit Franz Kafka le 12 juin 1923. C’est la dernière page de son Journal. Les phrases immédiatement précédentes étaient :

Qu’est-ce que tu construis ? – Je veux creuser un souterrain. Il faut qu’un progrès ait lieu. Mon poste est trop élevé là-haut.

Il mourut avant de connaître le « progrès » de l’horreur qu’il constatait en marche, mais sa sœur Ottla n’est jamais revenue d’Auschwitz, où elle s’était portée volontaire pour accompagner un convoi d’enfants. Tel est le nulle part où entraînent les chemins de l’homme séparé, désincarné, déconscientisé, quand l’homme moderne se rêve transhumain, surhumain, alors qu’il ne se fait que déshumain.

Il y a quelque chose qui ne peut pas se dire, c’est la mort. Qui pourrait témoigner de la mort, sinon un mort ? Or comment un mort pourrait-il témoigner ? Il ne le peut pas. Ce qui ne peut pas se dire, il faut pourtant le dire. Dire qu’on ne peut pas le dire, d’abord. Et disant cela, l’identifier. Et l’identifiant, commencer à pouvoir le dire. Car seuls les morts enterrent les morts. Les vivants les arrachent à la mort. Le dernier ennemi vaincu c’est la mort, vaincue par la parole.

Dans Ce qui reste d’Auschwitz Giorgio Agamben expose, en convoquant plusieurs auteurs, que l’exception permet de mieux connaître la règle, et qu’une situation d’exception, comme celle du camp de concentration, permet de distinguer ce qui est humain et ce qui est inhumain.
(…)
Et voici que la mort, une fois débusquée là où elle est vraiment, dans la déshumanité des destructeurs d’âmes plus que dans celle de leurs victimes, peut tout à fait se dire, même si le monde interdit un tel témoignage, même si le monde est incapable de supporter un tel témoignage et n’a de cesse de vouloir l’effacer, d’une manière ou d’une autre – y compris en effaçant le témoin. Mais ce n’est pas possible.

Poursuivant son chemin, Agamben note que la situation extrême, en fin de compte, ne fait pas que définir la limite entre ce qui est humain et ce qui ne l’est pas. Elle la dépasse. Parce que l’homme qui ne s’y fait pas se met à errer, encore vivant, dans la mort ; et parce que celui qui s’y fait, précisément, s’y habitue, renversant la situation extrême en situation ordinaire. Et il cite Karl Barth :

D’après ce que l’on observe aujourd’hui, écrivait-il en 1948, on peut dire avec certitude que, même au lendemain du Jugement dernier, si c’était possible, chaque bar ou dancing, chaque bal musette, chaque maison d’édition avide d’abonnements et de publicité, chaque groupuscule fanatique, chaque cercle mondain, chaque cénacle pieux rassemblé autour de l’inévitable tasse de thé et chaque synode chercherait à se reconstituer le mieux possible et à reprendre normalement ses activités, sans en être autrement affecté, comme si de rien n’était. 
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« Comme si de rien n’était ». C’est exactement ce que beaucoup voudraient faire aujourd’hui. Or rien ne sert de faire « comme si »: rien n’est pas, en vérité. « Ceux qui ne sont rien » ne sont pas rien. Et ne valent guère mieux que rien ceux qui veulent perpétuer un ordre du monde inique quoi qu’il en coûte en vies humaines.

Maternité, bonheur et liberté

lyre

 

(Suite) Macron et Branco sont quasi-anagrammiques. Ces frères de classe sont de faux ennemis. Via Mimi Marchand, Piotr Pavlenski ou autres instruments de com, dont une langue viciée, ils usent de la même arme : la manipulation. Arme des inaccomplis, des enfants gâtés ou jamais assez regardés, se poussant au centre de l’attention pour occuper une place qu’ils estiment leur être due sans qu’ils aient à en produire une preuve réelle. Comportement emblématique de leur classe, fondée sur l’esprit de domination – esprit qui peut se retrouver aussi partout, au-delà des classes, à l’échelle de la famille. Esprit du secret de famille, précisément, culture des actes commis dans l’ombre, inavouables ou du moins inavoués, faussement justifiés par quelque « bonne raison » et ne visant en fait, sans jamais le reconnaître, qu’une satisfaction personnelle.

La mode est aux témoignages de jeunes femmes contre les inconvénients en tous genres de la maternité, présentée comme repoussante. Dans ce monde sinistre, je témoigne au contraire de maternités bienheureuses, tout imparfaites et chargées d’erreurs qu’elles aient été ou puissent être encore. Adolescente, je ne me voyais pas d’avenir : obligée de travailler tous les étés depuis l’âge de douze ans, et comprenant de plus en plus qu’il me serait impossible de faire des études supérieures (ma famille étant trop pauvre), ayant des rapports difficiles avec mes parents et surtout avec ma mère, j’avais décidé de ne pas avoir d’enfants. Et puis à dix-neuf ans, je me suis trouvée enceinte et j’ai accueilli le fait avec bonheur. Mes deux premiers fils sont nés alors que j’avais vingt puis vingt-quatre ans, les deux derniers alors que j’avais trente-huit puis quarante ans. Cette première maternité m’a sauvée du risque de dépression auquel je pouvais être exposée dans ma détresse sociale, et il en fut de même pour les suivantes, même si ma situation ne fut pas toujours aussi périlleuse. Mes enfants m’ont sauvée, me sauvent, mais aussi m’ont accompagnée dans ma vie de femme libre et d’artiste, par le don de vie qu’ils sont.

On emploie l’expression « donner la vie » mais il faudrait dire, davantage : « accueillir la vie ». Car nous ne donnons pas la vie, nous la recevons. Et ce qu’il faut aux parents, c’est apprendre à recevoir la vie que leur apporte leurs enfants. Ma mère disait couramment à ses enfants que c’était elle qui les avait faits. C’était faux : nous ne faisons pas nos enfants ; simplement, ils poussent dans notre corps, puis ils en sortent – mais nous ne sommes pas les auteur·e·s de la vie. Leur auteur est « au ciel », nous sommes poussière d’étoiles et nous ne sommes que des parents intermédiaires ; adoptifs en quelque sorte, si nous ne nous comportons pas comme leurs propriétaires. Elle me dit un jour combien elle appréciait son sentiment de toute-puissance, « de vie ou de mort », sur les nouveau-nés, si fragiles. Cette façon de concevoir la maternité me rappelle la vision d’épouvante qu’en avait Simone de Beauvoir, vision qui se retrouve aussi dans l’esprit de ces jeunes femmes qui témoignent contre la maternité dans certains médias ou sur les réseaux sociaux, notamment féministes. Vision qui témoigne d’une impossible émancipation des femmes, mais aussi de soi et des êtres humains en général, vus comme des objets : manipulables et à manipuler. C’est toute une conception du monde qui est à renverser, pour le sauver de la mort.

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De Parménide à Weinstein. Politique et non-politique

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C’est à une déesse que Parménide prête la parole : « il y a bien de l’être, mais du néant, il n’y en a pas ». C’est à ce même principe féminin qu’il fait dire avec insistance qu’il ne faut pas faire porter sa recherche sur ce qui n’est pas.

Qu’est-ce qui n’est pas ? Ce que Nietzsche appelait « une côte de son idéal ». Un être créé avec « une côte » de notre idéal. Un tel être n’est rien. Rien d’autre qu’une illusion. Faire porter l’objet de sa recherche sur une illusion, en la prenant pour une réalité, voilà la faute fondamentale. Elle avait raison, la déesse, d’en prévenir et de l’interdire. Les humains, hommes ou femmes, tombent dans ce panneau : se forger une illusion et la prendre pour quelque chose qui est réellement, ou poser une illusion sur quelque chose qui est, et ainsi ne plus voir ce qui est, tel ou tel objet qui est, mais voir en tel objet qui est quelque chose qui n’est pas. Prendre ce qui est pour quelque chose qu’il n’est pas, ou prendre quelque chose qui est pour quelque chose qui n’est pas.

Cependant une déesse possède l’essence féminine comme productrice et protectrice du réel. La femme enfante, met au monde un objet qui est, des objets qui sont bel et bien. Il y a bien de l’être, et il est mis au monde par la femme : dans cette fonction, elle a statut de déesse, comme créatrice d’être et comme sublimité. Non pas comme mère – la mère est humaine, trop humaine, et comme tout humain, tout homme, toute femme, chargée d’illusions qu’il faut dissiper. Mais comme principe. Différent du principe masculin par rapport à l’être dans la mesure où rien ne prouve que tel homme soit géniteur de tel être (du moins avant l’invention des tests ADN). C’est pourquoi l’homme Parménide reçoit son enseignement d’un principe féminin, par principe et par essence connaisseur du fait que, qu’il soit caché (dans la matrice) ou mis au monde, l’être est, il y a bien de l’être ; alors que s’il n’y a rien (dans la matrice), il n’y a rien, et rien qui puisse sortir de ce rien, rien que puisse devenir ce rien, sur lequel il faut s’interdire de spéculer, donc.

Les affaires Ramadan, Weinstein, Matzneff, sont très révélatrices de cette tendance de l’humain à vivre de « côtes de son idéal ». Ces hommes ont vécu en illusionnant autrui – leurs proies parfois, mais surtout et d’abord la société, les hommes par lesquels ils se sont fait idolâtrer, ou assez respecter pour se rendre intouchables. Mais avant tout, ils se sont illusionnés eux-mêmes. Ils se sont crus puissants – et dès que le réel les a rattrapés, sous l’espèce de la parole des femmes, ils se sont effondrés misérablement. Soudain Ramadan et Weinstein ne tenaient littéralement plus debout, Matzneff parlait de se tuer. Ayant cru être ce qu’ils n’étaient pas, une fois que l’illusion qui leur servait de masque leur a été arrachée, il ne restait plus rien d’eux.

La déesse de Parménide prenant soin d’identifier l’être au percevoir, au penser, il nous est loisible de lier aussi le non-être au non-percevoir, au non-penser : à l’illusion, fausse perception et fausse pensée. Ainsi l’amour d’un être est, mais l’amour d’une illusion, en fait, n’est pas. Les illusions que nous font miroiter d’illusoires hommes et femmes politiques pour que nous les élisions ne relèvent ni de l’amour entre le peuple et ses représentants ni d’une capacité à engendrer un réel digne de cet amour, puisqu’il n’en est pas un.

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Cette note fait suite à ma traduction et à mes précédents commentaires du Poème de Parménide.

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Le plan de meurtre de Trump-Netanyahou

cain-minCaïn et Abel. J’ai photographié cette icône du XIXe siècle cet après-midi à Héraklion.

Quelques heures après je regardais en direct, abasourdie, Trump-Netanyahou présenter leur « accord de paix ». Deux cinglés, imbéciles et cyniques, infectés mortellement de ce virus qui se répand dans le monde et qui consiste à ne plus seulement mentir en paroles, mais à faire mentir les paroles, comme dans 1984 : « LA GUERRE C’EST LA PAIX », etc. Il y a un remède contre ce virus qui menace de mort toute l’humanité : l’intelligence. Exerçons-la. Je dis bien l’intelligence, et non la ruse, la duplicité, voire le machiavélisme, la tactique politicienne – toutes façons d’être pourries et pourrissantes. Exerçons l’intelligence qui consiste à être honnête, en parole et en acte.

Dystopie « en marche » : l’histoire visible et l’histoire (pour l’instant) invisible

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Aujourd'hui à Paris, photo Alina Reyes

Aujourd’hui à Paris, photo Alina Reyes

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Depuis Macron, c’est le bordel. Gilets jaunes, manifestations, grèves… La vie se défend contre les ambitions délirantes de cet homme élu par pirouette, inconnu des Français, qui constatent avec effarement ses manipulations grossières.

La Miviludes, qui faisait un travail salutaire de surveillance des sectes, va être placardisée. M.Macron ne veut pas qu’on fasse d’histoires aux sectes complices de la macronie, qui a elle-même de plus en plus les caractéristiques d’une secte.

M.Macron n’ayant pu, comme il le souhaitait d’abord, se servir de la littérature pour se sembler grand, tente maintenant, faute de littérature, de se servir de l’Histoire pour faire du pays une dystopie qui puisse concurrencer 1984, Le meilleur des mondes et autres La Caverne. Un lieu de cauchemar où la police mutile et tue en toute impunité, où l’on meurt dans les couloirs des hôpitaux, où l’école est chargée de faire des enfants de futurs esclaves, où les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, où les puissants échappent à la loi pour être toujours plus au service des puissances de l’argent, où les féminicides augmentent dans l’inertie des pouvoirs publics, où les fascismes reprennent du poil de la bête, caressée dans le sens de ce même poil par le président, où la vieillesse aggrave toujours plus les inégalités, où les libertés sont chaque jour combattues par ceux qui sont censés les garantir, où les méfaits de l’étatisme renforcent ceux du libéralisme, où la parole, enfin, est constamment le lieu d’une inversion de la vérité. Telle est la vengeance sur la littérature et sur l’humanité d’un homme que la Littérature a rejeté parce qu’il manquait de vérité.

Lui et ses semblables apprendront que l’Histoire, cette littérature, ne se laisse pas davantage posséder que la Littérature. La vraie vie, elle seule, est puissante.

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Charlie Hebdo, l’esprit des planqués

planqués

 

En pantoufles à leur table, ils se moquent de ceux qui risquent leur vie et la perdent.

Ils se sont moqués des musulmans tués par les islamistes avec, notamment, leur dessin « le Coran n’arrête pas les balles » (avant d’apprendre malheureusement que leur journal non plus).

Ils se sont moqués d’un tout-petit enfant, Aylan, mort noyé avec des réfugiés.

Ils se moquent maintenant des treize soldats morts au Mali.

La lâcheté du bourgeois endurci de nulle part, sinon du cœur, révulse. Elle prépare et encourage toute une partie de la population à vivre sans honneur.

À vivre sans honneur, on met en péril la vie de tous, on pollue la société, on détruit tout esprit de fraternité, on se comporte en parasites de ceux qui agissent pour le bien et la sauvegarde de tous : on est une plaie dans un pays en paix, une ignominie dans un pays en guerre.

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Politique du voilement : ces musulmans qui font du saint Paul

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L'autre jour à la Butte aux cailles, photo Alina Reyes

L’autre jour à la Butte aux cailles, photo Alina Reyes

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Entendu ce midi sur France Culture un membre du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) déclarer que le voile est une prescription religieuse qui figure dans le Coran. C’est faux. Pas une seule fois le mot « cheveux » ne se trouve dans le Coran, qui prescrit seulement aux femmes de rabattre leur manteau sur leur poitrine quand elles sont dehors (ce qui permettait de les distinguer des prostituées). La vérité est que le voile est une tradition, non une prescription religieuse, du moins dans l’islam. Le voile est une prescription religieuse dans le christianisme, selon saint Paul qui voulait restreindre drastiquement les droits des femmes et les soumettre étroitement à leurs maris. Pas dans l’islam. Pas dans le Coran, en tout cas. Et je suis en colère que des musulmans fassent mentir le Coran et le déshonorent en lui prêtant de basses intentions, qui ne sont que celles des sociétés patriarcales du pourtour méditerranéen.

Que des femmes se voilent si elles le veulent, mais en connaissance de cause, et non parce qu’on leur aura asséné que le Coran, la parole de Dieu, l’exige. L’islam est moins sexiste que saint Paul. Et voici que les hommes en font, contre son essence même, une des religions les plus discriminatoires à l’encontre des femmes. Les grands textes s’échinent à élever et libérer l’homme, les hommes s’échinent à le rabaisser, le mortifier, le soumettre.

Sans perdre mon esprit d’enquêtrice, tout en adhérant sincèrement au meilleur du catholicisme puis de l’islam j’ai pu approcher les fidèles de l’une et l’autre religion et comprendre comment ils vivaient leur religion. Malheureusement ce que j’ai trop rencontré chez les uns et les autres c’est l’obsession sexuelle malsaine, la fermeture, le déni, le mensonge, le mal-être voire une détresse souvent prête à se changer en violence. La violence politique du christianisme a fait des ravages immenses et énormes depuis des siècles. La violence politique de l’islam, dite islamisme, est aussi une conséquence des violences subies par les fidèles, soit au sein de leur communauté ou de leur famille, soit de la part d’une autre communauté ou d’autres nations, comme ce fut le cas pendant la colonisation et comme cela le reste avec les guerres capitalistes menées au Moyen Orient.

On n’avancera pas dans ce problème en le prenant par le petit bout du voile, mais en distinguant clairement dans ce tissu ce qui est tissé de tradition voire de religiosité et ce qui est tissé de politique, de guerre. On se trompe en faisant porter le débat sur la laïcité. La laïcité doit s’accommoder de toutes les religions et de tous les signes religieux. Sous le générique « voile », il faut distinguer ce qui est quasiment une simple superstition, comme le port d’une croix pour les chrétiens, et ce qui n’est plus un signe religieux mais l’étendard d’une politique : niqabs, burqas et autres abayas sombres à la saoudienne. Ces étendards-là ne sont plus du tout de la religion, que les femmes qui les portent en soient conscientes ou non. Ils adressent un message destructeur à l’intérieur d’une société, d’autant plus que cette dernière subit régulièrement les attentats de cet islamisme. C’est sur ces signes-là, et non sur le simple hijab, foulard ou turban, qu’il faudrait s’interroger d’un point de vue citoyen. Toute activité publique, a fortiori tout accompagnement ou garde d’enfants, ne devraient-ils pas être préservés de ce genre de propagande ambulante, comme l’enseignement, par exemple, doit être gardé indemne de la publicité ? Le meilleur argument contre ce genre d’uniforme reste celui du nécessaire respect réciproque entre les différentes composantes de la société, du moins quand elles se retrouvent dans une activité publique. Aux non-musulmans d’accepter les traditions des musulmans dans la mesure où elles n’ont rien de plus agressif qu’une croix, qu’une kippa, qu’un turban sikh, etc. ; et aux musulmans d’accepter de ne pas s’imposer, du moins dans ces circonstances d’activités publiques, en tenues islamistes, de ne pas se poser en étendard de valeurs contraires à la démocratie, à la république et à son principe d’égalité entre hommes et femmes.

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Anthroposophie, racisme-nazisme, dérives sectaires de l’esprit d’un temps abêtissant

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En ces temps où, suite au suicide d’une directrice d’école, des enseignants dénoncent le saccage de l’Éducation nationale par M. Blanquer, où les communes vont devoir payer des centaines de milliers d’euros aux écoles maternelles privées, et où un Zemmour déverse en direct à la télévision ses délires et paranoïas racistes, la bonne nouvelle de la victoire de Grégoire Perra dans le procès que lui a intenté la secte anthroposophique (voir son blog) donne à ses révélations tout leur poids inquiétant.

« L’Anthroposophie est probablement la secte la plus puissante d’Europe. Aucune autre n’a autant d’argent, d’écoles, d’entreprises, de réseaux…

« Françoise Nyssen, naguère ministre de la culture, a co-fondé une école Steiner qui a défrayé la chronique. Elle est une anthroposophe très active. »

… l’article entier, sur les menaces qui pèsent sur la Miviludes, Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, est à lire ici

« L’anthroposophie est un empire. Avec respectivement 14 milliards et 4 milliards d’euros d’actifs sous gestion, les banques Triodos et GLS, deux établissements fondés et dirigés par des anthroposophes, s’imposent comme des références de la « finance durable ». Elles soutiennent des entreprises d’inspiration anthroposophique. Pas moins de 1 850 jardins d’enfants et 1 100 établissements scolaires Steiner-Waldorf répartis dans 65 pays, appliquent les principes pédagogiques du touche-à-tout autrichien. Numéro un des cosmétiques biologiques en France et en Allemagne, les laboratoires Weleda ont réalisé 401 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017…

« Pour Steiner [fondateur de l’anthroposophie], Mars serait une planète liquide, la Terre un crâne géant, la Lune un amas de corne vitrifiée, et tricoter donnerait de bonnes dents ; les îles et les continents flotteraient sur la mer, maintenus en place par la force des étoiles ; les planètes auraient une âme ; les minéraux proviendraient des plantes ; les êtres clairvoyants pourraient détecter les athées, car ils seraient forcément malades ; initialement immobile, la Terre aurait été mise en rotation par le « je » humain (…)

« Le paysan qui accepte de se plier au cahier des charges de Demeter, la marque de certification des produits agricoles cultivés en biodynamie, ne se borne pas à produire des fruits ou des légumes biologiques — cette sorte de druidisme lui impose de manipuler des cornes remplies de bouse et des vessies de cerf et de respecter un calendrier cosmique. (…)

« L’œuvre de Steiner comporte une dimension plus sombre. Dès 1910, il affirme que les peuples germains et nordiques appartiennent au même groupe ethnique, la race aryenne, et dénonce « l’effroyable brutalité culturelle que fut la transplantation des Noirs vers l’Europe, [qui] fait reculer le peuple français en tant que race. »

« Entré dans l’anthroposophie à l’âge de 9 ans, après avoir effectué sa scolarité dans l’école Steiner de Verrières-le- Buisson (Essonne), M. Grégoire Perra y est resté trois décennies. Il a connu des anthroposophes malades du cancer. « Ils ont refusé d’être soignés en France et ont opté pour une clinique anthroposophique à l’étranger, se souvient-il. En guise de soins, ils y ont reçu des injections d’Iscador, de l’homéopathie et participé à des séances d’art-thérapie. Aucun n’est jamais revenu. Certains ont légué tous leurs biens à l’anthroposophie. » (…)

« C’est extrêmement impressionnant lorsque vous êtes enfant et que vous découvrez cette atmosphère occultiste », confie une ancienne élève. (…) En décembre 2017, sans que les parents d’élèves en aient été préalablement informés, ce rituel a été organisé au Domaine du possible. Sa fondatrice, la ministre de la culture, nous a affirmé, lors de la journée portes ouvertes, qu’il s’agit d’une école dont elle est « très fière ». « C’est dans des écoles alternatives comme celle-ci que s’invente l’avenir », assure-t-elle. »

L’article entier du Monde diplomatique, « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme », est à lire ici.

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Depuis une douzaine d’années, j’ai été très souvent la cible des insultes, voire des menaces, de gens d’extrême-droite – beaucoup d’anonymes comme sur le site, aujourd’hui fermé, les ogres, ou sur Twitter ou Agoravox (ces anonymes, plaie de la société, qui sont de ceux qui dénoncent leurs voisins à l’ennemi en temps de guerre, et derrière lesquels se cachent aussi bien des monsieur-tout-le-monde que des personnalités en vue défoulant en ligne la haine qui les habite et qu’elles n’expriment pas en leur nom, par prudence) – beaucoup d’anonymes mais aussi quelques personnes dont la proximité avec l’extrême-droite s’est révélée plus tard (Moix, Enthoven…) ou accentuée misérablement avec le temps (à moins que les temps aident à la libération de la sale parole, à l’exposition des sales connivences). J’ai écrit un livre sur la « fascisation en cours », qu’aucun éditeur n’a voulu publier, pas même celui qui m’a répondu que le texte était remarquablement écrit et qu’il était d’accord à 200% avec ce que je disais. Pendant que des intellectuels en vogue croyaient ou voulaient voir en l’islam la grande menace sur notre temps, j’ai vu depuis longtemps que le réel danger restait celui des fascismes du siècle dernier, toujours vivaces (mon livre Poupée, anale nationale est paru en 1998), et j’ai dénoncé dès le début et à plusieurs reprises les dérives d’esprit sectaire dans le macronisme, comme ici, ici et là.

Je parle souvent du yoga ces dernières semaines et je dois dénoncer aussi la récupération qui en est faite par des entreprises sectaires, ésotériques, ou de « développement personnel », coaching, etc. Le « malheur de ne pouvoir être seul » que constatait La Bruyère est particulièrement aigu de nos jours dédiés aux réseaux sociaux (« virtuels » ou « réels ») et à l’intelligence collective : ce malheur ne fait pas que déprimer les gens et les intellectuels, il les rend incapables de penser en profondeur le monde dans lequel ils vivent. Selon son conditionnement politique, on y repère tel ou tel problème, mais la vision d’ensemble le plus souvent fait défaut. Nous avons besoin de pensées qui telles celles de Grothendieck reprennent les problèmes (mathématiques pour sa part) dans des synthèses nouvelles, audacieuses, surplombantes.

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Vendus : Yann Moix, face cachée de l’édition et des médias : banalité de l’infection mondaine

antisemitisme

 

Dans son dernier livre Yann Moix raconte que son père l’obligea à manger ses excréments en public (d’après Marie-Claire, le magazine féminin qui, gobant tout, s’émerveille de la résilience de l’auteur, auquel elle avait déjà ouvert ses colonnes pour l’y faire vanter sa consommation en série de jeunes Asiatiques – alors qu’il s’était déclaré ailleurs « prédateur sexuel », traitant les femmes de « réceptacles à jouissance, d’orifices à contentement, de cargaisons qu’on pelote »). Eh bien l’y voici, en train de manger sa merde en public, et qui l’y contraint ? La vérité, qui finit toujours par se faire jour, y compris en utilisant ceux-là même qui veulent la cacher. Voilà que toute la merde de Yann Moix s’étale dans l’espace public, comme il ne croyait pas si bien dire, pour une fois (les gens, y compris l’immense majorité de ceux qui publient des livres, ignorent le pouvoir des mots).

Voilà que ses amis d’extrême-droite, pas si anciens puisqu’il les fréquentait encore au moins jusqu’en 2013 voire 2016 (où il est photographié en compagnie de Frédéric Chatillon, ex-membre du GUD, violemment antisémite, proche de Marine Le Pen), préfaçait en 2007 le livre antisémite de Blanrue publié par Soral, etc., ravis de lui faire payer sa duplicité – le cœur facho, le porte-monnaie dans la bien-pensance – ressortent les dossiers. Déballage en ligne et ailleurs (Dieudonné annonce qu’il va raconter à la presse les relations de Moix avec lui et la bande des antisémites mondains), la révélation se poursuit.

En fait personne n’est vraiment étonné : soit les gens savaient, soit ils ne savaient pas mais l’attitude sadique de Yann Moix chroniqueur avait suffi à leur faire comprendre quel genre de personne il était. Le plus grave est que le milieu de l’édition et des médias l’aient soutenu et continuent, à part L’Express qui a sorti les documents sur sa production négationniste, à essayer de minimiser l’affaire. Plus ou moins inconsciemment. Exactement comme l’Église l’a fait face aux affaires de pédophilie. Parce que c’est dans leur culture. L’extrême-droite et l’antisémitisme sont dans la culture des milieux de l’édition et des médias comme la pédophilie est dans celle de l’Église.

Considérons déjà tout simplement le soutien inconditionnel de BHL, Moix et d’autres à Israël : c’est un soutien à un régime d’extrême-droite. Rappelons que BHL rejoignit Sollers et Gluksmann à l’Internationale de la résistance, une officine créée en 1983 et financée par les services secrets américains, utilisée pour de sales besognes politiques en Amérique Latine, soutenant notamment les milices du dictateur d’extrême droite Somoza. Rappelons qu’Antoine Gallimard, héritier d’une maison d’édition qui se sauva en collaborant avec les nazis, veut maintenant rééditer les pamphlets antisémites de Céline. Sachons que Paul-Eric Blanrue, le grand ami antisémite et négationniste de Yann Moix, raconte que ce dernier lui affirma que Sollers, éditeur chez Gallimard, pourrait vouloir publier un portrait élogieux du négationniste Faurisson – comme quoi Moix n’a pas encore appris à connaître ceux à qui il fait allégeance : Sollers est beaucoup trop prudent, pour ne pas dire pleutre, pour exposer lui-même ses inavouables pensées ; il le fait faire par d’autres, dans des livres ou des articles (comme celui où Savigneau dit dans le Monde des Livres, à propos du livre que Zagdanski et moi avons écrit : « prends le fric et tire-toi », formule dans laquelle Zagdanski reconnut une insulte antisémite).

Moix n’est que la face cachée de ce milieu de l’en-même-temps à la Macron, dans lequel Macron ferait d’ailleurs figure d’enfant de chœur. En même temps humaniste et fasciste, ou plus exactement humaniste par façade, salopard dans l’esprit et les actes – qui plus est hypocritement, lâchement. Sa face cachée politique, mais aussi littéraire : ce milieu est aussi celui de la mauvaise littérature, fabriquée et vendue industriellement, comme ses auteurs vendus.

Voir aussi : « Yann Moix : une obsession antisémite qui vient de loin »
Attendons maintenant de voir comment vont se comporter les médias, s’ils vont continuer à promouvoir, via Yann Moix, cette infection mondaine.

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Nouvelles du monde morbide et de la vie gagnante

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Hier, passant devant le musée de Cluny au retour du magasin de sport, je me suis rappelé que j’avais envie de pisser et j’y suis donc entrée (gratuitement avec mon Pass éducation) rien que pour ça – puisque je boycotte leur attraction phare, la salle où ils ont confiné les tapisseries de la Dame à la licorne tout en obligeant les visiteurs à passer d’abord devant une mauvaise phrase de Haenel/Sollers à mes basques et avec faute d’orthographe. Les toilettes se trouvant au niveau du Frigidarium des anciens bains romains, je suis ensuite allée m’y asseoir un moment, le temps d’écrire un peu dans mon journal intime.

Je ne raconterai pas dans ce journal extime les mêmes choses, seulement que je continue à marcher en moyenne 4 km par jour, et que je fais toujours du yoga, et davantage : plutôt que 20 à 40 mn, 40 à 50 minutes chaque matin au lever. Je ne perds plus de poids car je gagne en musculature mais je m’affine, le tour de hanches et le tour de taille continuent à diminuer sur le centimètre de couture, je (re)gagne assez rapidement en souplesse et très rapidement en équilibre.

 

Hier auFrigidarium du musée de Cluny et place de la Sorbonne, photos Alina Reyes

Hier auFrigidarium du musée de Cluny et place de la Sorbonne, photos Alina Reyes

 

Pour ce qui est du monde mondain, je lis toujours les nouvelles mais je perds l’envie de les commenter, tout ça est si médiocre. Deux points tout de même :

1) Marlène Schiappa déclare être attirée sexuellement par les personnes intelligentes. Contrairement à ses partenaires, donc. Aucun macroniste ni aucun partenaire d’aucun macroniste n’est attiré par l’intelligence, et si certains croient l’être, c’est qu’ils sont trop stupides pour savoir ce qu’est l’intelligence.

2) La police française est la plus mutilante et la plus tueuse d’Europe. Terrorisme d’État. En France on peut être assassiné pour avoir voulu danser en écoutant de la musique, que ce soit au Bataclan, sur un quai de Loire à Nantes ou ailleurs dans les régions de l’esprit.

Heureusement, comme dit l’autre, je ne suis pas du monde. Et je ne veux surtout pas en être. Qui veut savoir ce que signifie « A mon seul désir », qu’il me lise.

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