Mortel

 

Un écrivain de talent s’est suicidé hier. Vers la fin, il était devenu islamophobe, selon ses propres dires. L’antisémitisme, très vieille maladie européenne, se manifeste souvent aujourd’hui sous les formes de l’islamophobie et de la christianophobie. (Juifs, musulmans et chrétiens sont tous, par le sang et/ou l’esprit, descendants des Sémites). Il s’agit en vérité d’un ressentiment envers Dieu, envers la Vie. Cette pathologie est directement liée aux pulsions de mort. Des individus se suicident, comme lui ou cet autre écrivain il y a quelques semaines à Notre Dame de Paris, d’autres se transforment en activistes nihilistes, par les armes ou par la pensée, de façon ouverte ou cachée. Cette maladie qui n’est qu’un symptôme du mal-être profond de ceux qui l’ont (mal-être souvent compliqué de problèmes de honte sexuelle), essaime en tant que telle comme une peste au sein des peuples, qu’elle menace eux aussi de mort.

 

Poupée, banale nationale

La chef des Femen, notre nouvelle Marianne sur les timbre-poste, rêve selon ses propres dires, de se faire lécher le cul par les homophobes. Je continue à taper Poupée, anale nationale, qu’il me semble urgent de reproposer à lire ici sous forme numérique. Poupée l’avorteuse se délire au pouvoir et de même que dans le livre elle regarde le sexe du « PD » Pipo, dans notre République elle fait péter les couleurs gay sur le phallus de Paris, dans le livre jurant à tout bout de champ « Dieudemerde », dans notre monde sciant des croix et déclarant que rien n’est plus ugly que l’islam, comme, chez nos voisins, ce sénateur de la Ligue du nord qui mena un cochon pisser sur un terrain destiné à une mosquée, et maintenant compare une ministre italienne noire à un orang-outan. Antisémitisme (l’antichristianisme et l’islamophobie en font partie ou en sont des succédanés), racisme, analité et pipi-caca régressifs, trafics de toute sorte avec les embryons : symptômes d’une même maladie, celle du triomphe de la médiocrité, celle de la banalité.

« Écologie humaine », singeries et barbarismes

tout à l'heure au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes

 

Sachant quelle pollution morale et politique, avec ses mouvements d’extrême-droite, a charriée la Manif pour tous, il est permis de s’interroger sur le mouvement « Écologie humaine » qui en sort maintenant. Mauvais signe, cette tendance lourde, dans la Manif pour tous et ses dérivés, à singer, à plagier. Et pire, à plagier pour dénaturer ce qu’on plagie. Après que Frigide Barjot a lancé le mouvement en s’appropriant les codes et l’esthétique gay, après que la Manif pour tous a utilisé nombre de démarquages intellectuellement frauduleux d’autres mouvements ou partis politiques, après que sont nés dans son sillage des micro-mouvements à caractère plagiaire aussi comme les Hommen, voici maintenant Tugdual Derville et ce think tank qui s’approprient un terme, écologie humaine, inventé par un géographe américain au début du vingtième siècle, et devenu une discipline universitaire dont l’enseignement est « complètement différent », dit l’un de ses enseignants, notamment parce qu’il cherche à dépasser l’opposition entre nature et culture.

« L’homme est la seule mesure ! » clament les « inventeurs » de l’ « écologie humaine », inventée un siècle avant eux et disant tout autre chose qu’eux. Que font donc ces chrétiens du Christ ? Les voici rembourbés dans un humanisme sans Dieu, où l’homme est si bien la seule mesure qu’on peut se passer de la Vérité, plagier ceux dont on s’approprie la parole en la dénaturant sans état d’âme, où l’homme est si bien la seule mesure que, comme toujours dans ce cas, il finit par n’être la mesure que d’un objet que l’on instrumentalise au service de soi-même.

« Journal du Vatican / La diplomatie du bâton et de la carotte », titre un vaticaniste. Autant dire, une politique de singe – et certainement pas du respect d’autrui. Un honnête homme n’emploie jamais une telle diplomatie, ni envers ses enfants, ni envers personne. Décidément, il faut tout leur apprendre. Les défenseurs du mariage et de la famille feraient mieux de commencer par défendre la nécessité de ne faire couple et famille que dans le respect absolu d’autrui, à l’intérieur et vers l’extérieur. Car ce n’est pas une paperasse délivrée par M. le maire qui rend légitimes et bons aux yeux de Dieu un couple et une famille, mais seulement le respect et l’honnêteté que les personnes ont les unes envers les autres, au sein de la famille ou de la communauté quelles qu’elles soient comme entre les membres des diverses familles ou communautés.

 

Allons

cet après-midi à Paris, photos Alina Reyes

 

La démocratie est malade en France, et ne pourra être guérie tant que nous n’aurons pas changé de régime. La Cinquième République est dépassée, tout comme l’ordre jacobin, contraignant, pyramidal, dans les faits et dans l’esprit, copié sur l’ordre catholique. Ce vieux monde est mourant, pervers et aveugle comme tout ce qui vieillit mal.

Il ne suffit pas de vouloir ne pas être « mondain ». Encore faut-il être apte à ne pas l’être. Peu sont touchés par cette grâce. Il faut donc donner aux hommes la possibilité de recevoir une éducation spirituelle. Seules l’ascèse, la proximité réelle, profonde, avec le Bien souverain, peuvent retirer de l’emprise du monde les hommes qui appellent le règne de Dieu. Cette dimension de la vie religieuse et spirituelle, absolument essentielle, est aujourd’hui presque complètement ignorée d’un très grand nombre de croyants, y compris dans beaucoup de clergés.

Ibn Arabî est de ces maîtres universels qui aident les hommes à sortir du monde, du vieux monde auxquels ils sont si accoutumés qu’ils ne voient rien au-delà de ses limites. Nous finirons dans quelques heures de lire Le Sceau des saints, puis si Dieu le veut nous continuerons nos exercices avec Michel Foucault, et avec bien d’autres encore. La porte est étroite, mais elle est ouverte, très.

 

Le temps de la perversion


La Résurrection des morts et le jugement dernier, acrylique sur bois, 25 x 20 cm. Une oeuvre de Dimo, à voir en grand, ainsi que d’autres, sur son site.

 

Pour être libérées, les Femen européennes arrêtées en Tunisie ont présenté leurs excuses et se sont désavouées. Tu parles de militantes. Au premier problème, elles se déculottent. Voilà ce qu’il en est des soumis au système qui les emploie : achetés, ni courage ni honneur.

En Europe, elles sont assurées de n’être sanctionnées ni pour leurs attentats à la pudeur ni pour leurs manifestations non autorisées. Alors qu’un jeune manifestant du mouvement les Veilleurs a écopé de quatre mois de prison, dont deux avec sursis, pour refus d’obtempérer. Mais lui n’était pas une serpillière au service de la cause de l’Occident contre les Arabes ni contre l’honneur de l’être humain.

Toujours pas de nouvelles de ce qui s’est passé à Argenteuil il y a quelques semaines, où des femmes voilées ont été agressées, l’une d’elles en perdant le bébé dont elle était enceinte. L’enquête avance-t-elle vers la mise au jour de la vérité, ou vers l’enfouissement de la vérité ?

Un médecin italien se déclare prêt à greffer des corps de morts en bonne santé sur des têtes bien vivantes, qu’il couperait de leur corps handicapé ou malade. Dans la deuxième partie du dix-neuvième siècle, des médecins multipliaient les expériences d’électrisation de têtes guillotinées, pour les voir faire d’horribles grimaces et tenter de les rendre à une vie. L’un d’eux alla jusqu’à injecter son propre sang dans une tête coupée. Et l’on rêvait de pouvoir interroger les têtes de meurtriers ainsi ravivées pour obtenir leurs aveux.

Aujourd’hui le mal se cache mieux que ça. Et il ne faut pas y aller de main morte pour libérer les hommes qu’il enterre.

 

Histoire d’art

Entre un art contemporain, qui sur l’invitation du Vatican représente « Noé, Abraham et la nouvelle humanité, par de la toile de sac, du fil et des ampoules », dans une esthétique non pas pauvre mais misérable et misérabiliste, et un art liturgique néo-catéchuménal centralisateur, centré non sur le Christ mais sur un gourou omniprésent et omnipotent, excluant Dieu, le Vivant, qui se donne dans la diversité de sa beauté… l’article salutaire de Sandro Magister – dont, en lien, « Seule la beauté nous sauvera ».

Bien-pensance, confusion. Salut


oeuvre de Françoise Burtz

 

Les racistes français font trop souvent la confusion entre Arabes et musulmans ; leur racisme historique envers les Arabes alimente leur islamophobie. Mais les musulmans français font trop souvent aussi cette même confusion. Leur islam est identitaire, et leur identité est moins islamique que maghrébine. Les femmes doivent se voiler comme elles le faisaient dans de vieilles sociétés patriarcales (dont les Maghrébins du Maghreb cherchent à se libérer), la rupture du jeûne de ramadan est présentée comme une occasion de retrouver encore les traditions de « là-bas », mets typiques etc. Ce repli identitaire, comme bien d’autres, a ses raisons – il n’en demeure pas moins mauvais. Laissons l’identitaire à sa place, ne confondons pas tradition et religion, cherchons davantage l’esprit universel de l’islam.

Quoique mon parler y ait toujours été respectueux, et quoique je sois des très rares commentateurs qui parlent à visage découvert, je ne peux plus commenter sur saphirnews.com, ni sur oumma.com ; mes commentaires sont systématiquement censurés chez le catholique Patrice de Plunkett, chez BHL et sa Règle du jeu aussi ; j’ai proposé un blog à Rue 89 sur des questions de religion liées à l’actualité – ils m’ont demandé un premier post pour voir, puis n’ont pas répondu. Athée, juive, chrétienne ou musulmane, la bien-pensance dans ses divisions œuvre en commun contre la parole libre, la parole de vérité. Rien de nouveau sous le livide soleil des hommes.

Hier était la fête de Jean le Baptiste, qui a perdu la tête par la faute d’Hérode, et non par celle d’une petite danseuse manipulée. La danseuse, le danseur en Dieu, eux, font tomber les têtes d’Hérode – car il en a beaucoup, comme la bête de l’Apocalypse. Autant de têtes qu’il y a en ce monde d’abuseurs et manipulateurs en tous genres, et notamment tous ceux qui sur internet ou ailleurs parlent sous diverses identités et commettent des abus de pouvoir répétés. Jean crie encore dans le désert contre bien des faux pieux, qui vont jusqu’à le confondre avec la bête.

La vidéo de la bagarre qui a coûté la vie à Clément Méric révèle semble-t-il qu’il a attaqué le premier. Je désapprouve entièrement une telle attitude, mais il n’en reste pas moins que c’est lui qui est mort, que c’est du côté des skinheads que se trouvait un poing américain, que les antifas n’ont jamais tué ni été animés par la haine raciste et homophobe, que les skinheads ont fait d’autres morts bien avant que les antifas n’existent, que les antifas se sont constitués en réaction aux agressions multiples des skinheads, à une certaine période qui semble-t-il se réactive. Encore une fois, évitons de tout confondre.

«Je suis Moïse sauvé des eaux. Je ne voulais pas partir. On a dû laisser le manger sur la table. Je suis née le 5 septembre 1932 sous le signe de la Vierge. Dimanche, je suis allée remercier la Vierge de m’avoir sauvé la vie. Avec les habitants du village, on s’est rassemblés à l’église, puis à la salle des fêtes, et on a chanté «Douce Vierge de nos vallées», confie Marie-Antoinette Destrade. Le texte de ce chant se trouve dans Voyage.