Nouvelles du monde et du jour

"At Home", acrylique sur toile 30x30 cm

« At Home », acrylique sur toile 30×30 cm


"Penetrations", acrylique sur toile 38x46 cm

« Penetrations », acrylique sur toile 38×46 cm


"Tree of Life", technique mixte sur toile 40x40 cm

« Tree of Life », technique mixte sur toile 40×40 cm


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Face au Covid 19, je note deux attitudes parmi ceux qui l’ont contracté : il y a les gens qui se demandent où ils ont pu l’attraper, et ceux qui craignent d’avoir pu le transmettre à d’autres. Dans la première catégorie, nombre d’ex-minimisateurs de la maladie, qui leur semble n’être rien tant qu’elle ne touche que les autres, et qui devient tout lorsqu’ils en sont eux-mêmes atteints. Survolant le texte de Michel Onfray tout au très long duquel il narre ses affres de covidé, comme s’il était le premier au monde à avoir été atteint par le virus, j’ai souri dans ma tête en songeant que si Nietzsche, dont se réclame Onfray, remarquait avec justesse que les chrétiens n’ont pas des têtes de ressuscités, on peut remarquer aussi que bien des nietzschéens sont loin d’avoir des têtes et des corps de surhommes.

Je continue à traduire, avec immense bonheur, Homère. Mais j’arrête là le feuilleton en ligne de ma traduction. Sans doute en donnerai-je quelques autres morceaux à l’occasion et on pourra toujours lire les trois premiers chants dans leur entier ici, ici et .

De mes trois dernières peintures ci-dessus, les deux dernières sont des repeintures.

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Odyssée, Chant II, v. 296-339 (ma traduction)

"Mystery of Life", acrylique sur bois 74x46 cm

« Mystery of Life », acrylique sur bois 74×46 cm

Je propose un nouveau dicton : « Guerre » au printemps, « couvre-feu » à l’automne. Guerre contre quoi, contre qui ? That is the question. Mais attention aux feux qui couvent.

Aujourd’hui nous assistons à un dernier échange entre quelques-uns des perfides prétendants et Télémaque, puis ce dernier descend au cellier d’Ulysse, espèce de haute caverne d’Ali Baba. Nous verrons la prochaine fois les préparatifs avant le départ du jeune homme devenu « grand », comme il dit, avec son langage parfois encore enfantin.
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Ainsi parle Athéna, fille de Zeus. Et Télémaque
Ne s’attarde pas, une fois entendue la voix
De la déesse. Il s’en va au palais, le cœur attristé,
Trouve dans la demeure les prétendants arrogants.
Antinoüs en riant vient droit sur Télémaque,
Lui saisit la main et lui dit, l’appelant par son nom :

« Télémaque, fort en gueule, âme insupportable, cesse
D’exercer ton cœur aux paroles et aux actes mauvais,
Viens plutôt avec moi manger et boire comme avant !
Les Achéens vont s’occuper d’absolument tout pour toi :
Du bateau et des rameurs que tu demandes pour partir
Au plus vite à Pylos t’informer sur ton aimable père. »

Ainsi lui répond à haute voix le sage Télémaque :

« Antinoüs, je ne peux plus, avec vous les orgueilleux,
Sans rien dire manger et tranquillement m’amuser.
N’est-ce pas assez d’avoir déjà dévoré mes précieux
Et nombreux biens, prétendants, quand j’étais encore enfant ?
Mais maintenant je suis grand, j’ai écouté la parole
D’autres gens, j’ai appris, et la colère en moi a grandi.
Et je vais donc tenter de vous lancer le mauvais sort –
Que j’aille à Pylos ou que je reste ici dans le peuple.
Mais je n’annonce pas ce voyage en vain : je serai
Passager sur un bateau, n’ayant moi-même ni nef
Ni rameurs, puisque cela vous paraît plus avantageux. »

Ainsi dit-il, et d’un geste aisé retire sa main
De celle d’Antinoüs. Les prétendants dans la maison
Préparent le repas et lui adressent railleries
Et injures. L’un de ces jeunes arrogants lui dit :

« Oui, certes, Télémaque médite de nous tuer !
Il ramènera des secours de Pylos la sablonneuse
Ou bien de Sparte, puisqu’il le désire terriblement !
À moins qu’il ne veuille aller à Éphyra aux fertiles
Terres, afin d’en rapporter des poisons mortels
Qu’il versera dans nos cratères pour nous tuer tous ! »

Un autre de ces jeunes arrogants lui dit :

« Qui sait ? Une fois parti loin de ses proches, sur sa nef
Creuse, peut-être mourra-t-il après avoir, tel Ulysse,
Erré ? Voilà qui accroîtrait encore notre fatigue :
Il nous faudrait partager toute sa fortune, puis donner
La maison à sa mère et à celui qu’elle épouserait ! »

Ainsi parlent-ils, et Télémaque descend dans les hautes
Et vastes réserves de son père, où s’amoncellent l’or,
L’airain, des coffres pleins de linge, des huiles parfumées…

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le texte grec est ici
le premier chant entier dans ma traduction
à suivre !

Collaboration, marque française déposée

Il est certes plus aisé et plus seyant de faire le procès de quelques seconds couteaux des tueries islamistes de 2015 que de faire celui des politicards et hommes d’affaires qui copinent avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, vendant la France au détail et leur vendant des armes en gros. Les morts qu’elles font, qui les compte, qui connaît leurs noms (à part ceux des morts français évidemment, tués aussi par cette politique génératrice de terrorisme) ? Avec la complicité des médias et autres bien-pensants, c’est la France à la fois collabo et coloniale, hypocrite et criminelle, couchée et raciste, qui perdure dans ce qu’ils appellent l’esprit Charlie. Fort décrépit, Dieu merci.

La misère au soleil

Aznavour chantait la misère au soleil, et il savait que ça ne la rendait pas meilleure. J’espère qu’Arte laissera longtemps sur sa chaîne youtube ce documentaire de Philippe Pujol sur le quartier de Saint-Mauront, à Marseille. On ignore trop, et pas seulement dans les quartiers pauvres, que le métier de vivre s’apprend, et qu’on doit l’enseigner. (On oublie aussi, à force de médiocrité, voire de vilenie dans les « beaux quartiers », que le métier de journaliste, entre autres, peut également être un beau métier).

Jean Castex, de monsieur déconfinement à monsieur déconfiture

Comme promis, Macron s’est réinventé. Voici sa nouvelle tête.

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Manu ou Jean, toujours aussi charismatique. Visage pâle de droite, pas vert ni rose ni rouge ni femme, contrairement à l’élan du peuple récemment exprimé. Monsieur déconfinement devient monsieur déconfiture : après le désastre LREM, Macron se réfugie dans les pantalons de papa Sarko, que Castex a appelé aussitôt. Quel mauvais feuilleton. Ni fait, ni à faire. Malheureusement le désastre, lui, n’est pas fini.

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Nous sommes tellement des animaux

Dans cette vidéo, le coyote qui sautille me fait penser à Balkany échappé de prison, dansant à la fête de la musique, et le blaireau qui le suit… ben, à ceux qui le filment et l’applaudissent.

Bon, en vrai, c’est franchement plus mignon avec un vrai coyote et un vrai blaireau, qui connaissent pas les paradis fiscaux. Juste l’éden terrestre, avec sa nécessité, souvent cruelle, de vivre, et ses joies, adorables.

Je ne dis plus rien en ce moment de la politique, des violences policières, de tout ce dont j’ai déjà tant parlé. Parfois il est bon de quitter ce monde-là et de reposer en paix. C’est aussi une façon de ne pas laisser ce monde-là, humain trop humain, gagner sur nous, animal libre, humain libre.

Barakatou et la police de Macron. Ceux qui font bien et ceux qui font mal

masques

Ces deux brèves vidéos ont été tournées à quatre jours d’intervalle. Rappelons que les masques sont vendus jusqu’à dix fois leur prix d’avant la crise et sont obligatoires dans les transports en commun, sous peine d’une amende de 135 euros ; et qu’un amendement présenté par Alexis Corbière pour demander la gratuité des masques a été rejeté la nuit dernière en deux secondes à l’Assemblée nationale.
On voit dans la deuxième vidéo que les gens respectent de leur mieux la distanciation dans la file d’attente. Peut-être y avait-il des encombrements à certains endroits ? Dans ce cas, pourquoi la police n’aurait-elle pas aidé à mieux organiser la file, plutôt que, armée jusqu’aux dents comme face à des ennemis, de chasser les gens ?
Cette boutique de tissus africains a organisé déjà plusieurs distributions de beaux masques qu’elle fabrique bénévolement, tandis que la grande distribution vend très cher des masques de mauvaise qualité.
Sans autre commentaire.

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Salam alaykoum, Michel Chodkiewicz

 

Michel Chodkiewicz est mort ce 31 mars à l’âge de 90 ans. Il était le président des éditions du Seuil quand j’y ai publié mon premier livre. Je ne l’ai jamais rencontré, et j’ignorais alors qu’il était un spécialiste du soufisme, et particulièrement d’Ibn Arabî, après s’être converti à l’islam à l’âge de dix-sept ans – ce qui témoigne déjà d’une sacrée personnalité pour un aristocrate d’origine polonaise et catholique. J’avais consacré une série de notes à son livre Le Sceau des Saints.

Dans la dernière de ces notes, je mentionnais ce mot de lui : « la fin des saints n’est qu’un autre nom de la fin du monde ».

Disons que le monde des menteurs, des manipulateurs, des criminels, des avides, bref des anti-saints, est un monde toujours en train de mourir et de s’enterrer dans son mensonge. Tandis que l’autre monde est toujours en train de donner et de rendre la vie, et de veiller sur elle. Comme nous le voyons avec éclat en ces temps de pandémie.

Allah y rahmou.

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Pendant la fin du monde, le début du monde continue

 

« Et je vois dans mon rêve l’humanité tout entière réunie dans un champ, et mes doigts ouvrir et découvrir avec terreur le coffre empli de lacets de satin fixés sur des lanières de cuir qui doivent très prochainement nous exterminer tous. Strangulation. Car nous nous sommes mis en cage comme nous avons emprisonné les animaux dans les réserves et les zoos, et la ceinture du monde, de plus en plus serrée, viendra à bout de notre souffle. »

extrait de mon roman Lilith (1999)

Le coronavirus a entrepris d’étouffer le vieux monde. Il est 20 heures, j’entends les gens applaudir. Après les trois coups, le rideau va s’ouvrir.

 

Pas perdus pas perdus

 

J’ai terminé aujourd’hui l’un de mes livres en cours. Si le coronavirus ou autre chose me fait passer de vie à trépas, voilà au moins quelque chose qui ne sera pas perdu. (Façon de parler, car je vais bien).

En ce moment les salles des pas perdus ne résonnent plus de beaucoup de pas. Ça reviendra.

Certains parlent de rouvrir les librairies. Comme s’il fallait que les livres empoisonnent les lecteurs, comme dans Le Nom de la rose.

Quand tout rouvrira, on aura peut-être envie de passer à autre chose.

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Fille de Zeus vs fils d’Hypérion : Odyssée, premiers vers (ma traduction, commentée)

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« Dis-moi l’homme ». C’est exactement ainsi que commence l’Odyssée. L’adjectif vient après l’apostrophe à la Muse, et il est capital de respecter cet ordre – ce qui n’est pas habituellement fait. J’ai choisi de traduire ces premiers fantastiques vers de l’Odyssée en vers de 14 pieds non rimés (ils ne sont pas non plus rimés en grec). Afin de leur conférer davantage de rythme que dans une traduction en prose, de rendre un peu leur caractère de chant inaugural. Et j’y ai mis en évidence les deux grandes oppositions qui s’y trouvent : celle entre Ulysse, « si plein de sens », et ses compagnons, « pauvres insensés » ; et celle entre le dieu Hélios, fils d’Hypérion, fatal à ses compagnons, et la déesse Athéna, fille de Zeus, alliée d’Ulysse. Homère assimile Hélios à Hypérion, donc à un Titan, un dieu primordial, dieu de l’ancien temps ; alors qu’Athéna, déesse de la sagesse, est de Zeus, le Dieu, dieu des dieux, le dieu de la nouvelle génération des dieux, le dieu moderne. Il y a là aussi une opposition entre un mâle primitif et une féminité évoluée. Opposition représentée également par le caractère « aux mille sens » d’Ulysse (ma traduction, où l’on peut entendre « aux mille directions » et aussi « plein d’esprit sensé », voire « aux mille significations » me semble plus proche de l’adjectif grec polutropon, souvent traduit par la locution « aux mille tours » ou « aux mille ruses », et aussi plus élevée peut-être, et surtout plus riche, plus polysémique), et le caractère insensé de ses compagnons, caractère qui les a conduits à la mort alors qu’Ulysse le sensé, bien que devant errer longtemps, reste vivant.

Voici donc ma traduction, au plus près de chaque vers :

 

Dis-moi l’homme, Muse, aux mille sens, qui tant erra
après avoir détruit la sacrée, puissante Troie ;
qui vit de nombreux peuples et fut instruit de leur pensée ;
qui sur les mers souffrit, tant, jusqu’au tréfonds de son âme,
luttant pour sa vie et le retour de ses compagnons.
Et pourtant il ne put les sauver, malgré son désir ;
car ils périrent de leur propre folle présomption,
ces pauvres insensés ! Ayant mangé des bœufs d’Hélios,
fils d’Hypérion, lequel les priva du jour du retour.
Dis-m’en plus là-dessus, toi, déesse, fille de Zeus !

 

Homère, L’Odyssée, Chant I, 1-10
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Pour une autre de mes traductions d’un passage de l’Odyssée, c’est là : Ulysse et le Cyclope

Je cesse de préciser comme ces jours derniers que je suis confinée après que le coronavirus s’est invité chez moi (sous une forme bénigne), tout le monde à Paris, entre autres, se trouvant désormais en confinement. C’est le moment de rappeler à qui aurait envie de le lire que mon roman Nus devant les fantômes est offert gracieusement en pdf ici. Restez à la maison et bonne lecture !

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Manif des femmes et haïkus des goélands

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8 mars 2-min

8 mars 3-min

8 mars 4-min*

Dans toutes les révolutions, des statues, des têtes tombent. Ceux qui pleurnichent sur les cibles de la révolution féministe devraient se réjouir que ses guillotines ne soient que symboliques. Mettre à bas les abuseurs, d’une façon ou d’une autre, est nécessaire pour renverser la loi de leur caste.

 

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Que de goélands,

volant, criant sous la pluie !

La Seine est en crue.

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Sur le pont cet homme,

seul, avec des bouts de viande

qu’il jette aux oiseaux

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Rafales de vent.

Les humains s’envolent presque.

Bientôt le printemps.

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goeland-minCe 8 mars à Paris, photos Alina Reyes

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De l’art de mettre Paris en bouteille

"Songe d'un jour de pluie", mon dessin du jour

« Songe d’un jour de pluie », mon dessin du jour

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Près de Beaubourg, l’excellent Banksy est allé récupérer son Rat au cutter, on l’a pris pour un voleur. Tout est bien qui finit bien et personne n’y comprend rien. Cheese !

En France un directeur de casting menace Adèle Haenel de briser sa carrière ; aux États-Unis, où le film Portrait de la jeune fille en feu a un beau succès, elle vient de signer avec la plus grosse agence d’artistes d’Hollywood. Magnifique actrice, magnifique tempérament, qui nous rajeunit le pays.

Quelque part une blogueuse féministe fait la critique de la tribune de Virginie Despentes. C’est tout à fait son droit, même si je trouve que lui reprocher de ne pas assez s’en prendre aux hommes, c’est retomber dans ce qui empêche les femmes de se libérer, à savoir toujours, d’une manière ou d’une autre, se déterminer par rapport aux hommes. Et quand elle dit que si le même texte avait été écrit par une inconnue sur un blog ordinaire, personne n’en aurait parlé… comment dire ? Avec des si on mettrait Paris en bouteille. Mais s’il existait une blogueuse inconnue capable d’écrire avec la puissance de feu de Despentes, elle ne serait pas une blogueuse inconnue. Écrire, ce n’est pas rien.

On ne s’improvise pas artiste non plus, et ça n’empêche que c’est bon d’écrire ou de pratiquer des arts en amateur·e. Du moment qu’on ne pense pas que tout se vaut. Rat au cutter moins Rat au cutter = zéro.

 

rat au cutter

Au fait, à qui, à quoi il vous fait penser, ce Rat au cutter ? Banksy a le sens du timing

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Ce monde où mieux vaut violer que voler

 

Les Fillon en procès. Les Balkany condamnés à de la prison ferme pour fraude fiscale. Bien. Pendant si longtemps, ou du moins si souvent, n’ont eu le droit de voler que les élites.

Woody Allen va publier ses mémoires, dans lesquels bien sûr sera bafouée la parole de l’enfant qu’il a abusée (alors que même son psy, le décrivant obsédé par cette enfant, avait interdit qu’il puisse continuer à l’approcher). Son fils Ronan Farrow, dégoûté par le déni de la parole de sa sœur, quitte Hachette, qui était son éditeur avant de devenir aussi, sans scrupules, celui de son père pédocriminel.

Dans notre société, mieux vaut être violeur, et notamment violeur d’enfants, que voleur. Les gens sont plus attachés à l’argent qu’aux enfants. Monde de bourgeois et petit-bourgeois dont le souci majeur est le fric, dont la valeur majeure est d’en avoir, ou à défaut de dominer autrement, au prix de l’écrasement, de toutes sortes de façons, d’autres êtres humains.

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Déchirer l’écran

Ces jours-ci au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes

Ces jours-ci au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes

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Je lis les infos et je n’ai plus envie de commenter. Je vois tomber des icônes dont j’avais dénoncé la fausseté quand elles étaient idolâtrées. Je vois advenir des iniquités, des restrictions de liberté, des haines sans retenue, dont je prévenais depuis longtemps. Je vois le résultat de mécanismes que j’avais repérés. Cassandre, un job qui ne paie pas mais se paie. Cher. Raison pour laquelle beaucoup ne le pratiquent que masqués. Ainsi prolifèrent les annonces de mauvais augure. D’après un poète mort, là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. Pas toujours, pauvre Hölderlin. Les assassins s’imaginent que tes vers justifient leurs crimes. Où croît le péril croît aussi ce qui tue. Je ne suis pas collapsologue, simplement étudiante et voyante, comme tous les poètes – même s’ils n’ont pas toujours complètement « raison ». Au moins assument-ils leur parole : déchirant ainsi l’écran entre l’humanité et elle-même.

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Le mal

 

Xavier Dupont de Ligonnès, infanticide et féminicide, court toujours, âme damnée parmi les ombres. C’était une bonne famille bien catholique, toute semblable à celles qui défilent sous le drapeau « un papa, une maman »…

Qui prétend assumer ses contradictions s’avoue en fait soumis au mal.

L’Europe continue à assumer ses contradictions avec Daech et avec les Kurdes. Comme l’ont fait depuis plus de cent ans, à coups de doubles jeux et de trahisons, les empires coloniaux avec leurs colonies.

J’ai signé la pétition de Vincent Cespedes contre le fait que l’Éducation nationale recommande l’étude d’Heidegger, philosophe nazi (comme je l’ai expliqué ici et dans ma thèse, ce qui m’a valu un reproche d’un membre du jury comme les autres soumis à l’opinion – à défaut de lecture et de pensée profondes) en classe de terminale.

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paris 13e 6-minCes jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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Du jardin d’Abel au jardin d’Arago, en passant par la librairie Les oiseaux rares et quelques autres vitrines

Après avoir lu tous les articles en ligne sur le roman d’Olga Tokarczuc, Les livres de Jakob ou le Grand voyage, je décerne l’ignobel de la faux-culterie au journal La Croix, le seul à ne pas dire un mot du thème du livre, la persécution des juifs par les catholiques en Pologne, et à parler plutôt du fait (qui n’a rien à voir) que l’auteure est d’une génération post-soviétique, falsifiant ainsi complètement le sens de ses écrits. Espèces de Caïns, Judas, toujours à assassiner le verbe libre.

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« La « ligature de l’envol » (uddîyâna-bandha), exécutée à la fin de la rétention et au début de l’expiration (…) doit son nom au fait que grâce à elle, les « grands oiseaux » que sont les souffles vitaux prennent leur envol dans une direction qui leur était jusqu’ici tout à fait inconnue. » Tara Michaël, Yoga

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jardin d'abel 15 jardin d'arago-minaujourd’hui à Paris 13e, de la terre d’Abel aux étoiles d’Arago, photos Alina Reyes

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Epstein, Clinton, Macron et les pizzas

Ces jours-ci à Paris

Ces jours-ci à Paris

 

L’affaire Epstein ravive la théorie du Pizzagate. « En même temps », Macron fait sa com sur sa consommation de pizzas en famille. N’est pas maître des horloges qui veut. Les défenseurs du trafic d’enfants serviront-ils l’argument de la « sapiosexualité », comme dit sa secrétaire d’État Schiappa, pour justifier le fait que ces « fleurs », comme les appelle l’un de leurs consommateurs, soient livrées au viol organisé ? Diront-ils qu’elles étaient sexuellement attirées par l’intelligence de ces messieurs « puissants », si peu puissants en vérité qu’il leur faut de la chair d’enfant pour s’assurer quelque satisfaction qui n’engage pas leur (inexistante) liberté ?

Quand, en France, se décidera-t-on à lutter contre la pédocriminalité ?

 

Nouvelles du monde morbide et de la vie gagnante

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Hier, passant devant le musée de Cluny au retour du magasin de sport, je me suis rappelé que j’avais envie de pisser et j’y suis donc entrée (gratuitement avec mon Pass éducation) rien que pour ça – puisque je boycotte leur attraction phare, la salle où ils ont confiné les tapisseries de la Dame à la licorne tout en obligeant les visiteurs à passer d’abord devant une mauvaise phrase de Haenel/Sollers à mes basques et avec faute d’orthographe. Les toilettes se trouvant au niveau du Frigidarium des anciens bains romains, je suis ensuite allée m’y asseoir un moment, le temps d’écrire un peu dans mon journal intime.

Je ne raconterai pas dans ce journal extime les mêmes choses, seulement que je continue à marcher en moyenne 4 km par jour, et que je fais toujours du yoga, et davantage : plutôt que 20 à 40 mn, 40 à 50 minutes chaque matin au lever. Je ne perds plus de poids car je gagne en musculature mais je m’affine, le tour de hanches et le tour de taille continuent à diminuer sur le centimètre de couture, je (re)gagne assez rapidement en souplesse et très rapidement en équilibre.

 

Hier auFrigidarium du musée de Cluny et place de la Sorbonne, photos Alina Reyes

Hier auFrigidarium du musée de Cluny et place de la Sorbonne, photos Alina Reyes

 

Pour ce qui est du monde mondain, je lis toujours les nouvelles mais je perds l’envie de les commenter, tout ça est si médiocre. Deux points tout de même :

1) Marlène Schiappa déclare être attirée sexuellement par les personnes intelligentes. Contrairement à ses partenaires, donc. Aucun macroniste ni aucun partenaire d’aucun macroniste n’est attiré par l’intelligence, et si certains croient l’être, c’est qu’ils sont trop stupides pour savoir ce qu’est l’intelligence.

2) La police française est la plus mutilante et la plus tueuse d’Europe. Terrorisme d’État. En France on peut être assassiné pour avoir voulu danser en écoutant de la musique, que ce soit au Bataclan, sur un quai de Loire à Nantes ou ailleurs dans les régions de l’esprit.

Heureusement, comme dit l’autre, je ne suis pas du monde. Et je ne veux surtout pas en être. Qui veut savoir ce que signifie « A mon seul désir », qu’il me lise.

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Qui a tué Steve ?

ou est steve,-min

ou est steve-min

J’ai fait ces deux photos hier après-midi. Le soir, on apprenait que le corps de Steve Maia Caniço avait été retrouvé. Cet après-midi, on apprend que le premier ministre a osé déclarer que sa mort n’avait pas de lien avec l’intervention de la police.

Le mensonge est au pouvoir. Il finit toujours par perdre, après avoir malheureusement fait beaucoup de dégâts.

Repose en paix, Steve. Contrairement à ceux qui t’ont tué par omission, tu laisses à l’humanité le souvenir de l’innocence que tu incarnas.

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La condition humaine, 3 (silex peint)

 

Décidément la mode est au négationnisme. Honte à ceux qui ont commémoré le Débarquement en ignorant les Russes, sans lesquels nous ne parlerions plus français. Start-up nation, nouveau nom de la collaboration. Ô têtes de cons, inutile d’aller vous chercher chez vous : 25 millions de Russes morts à la guerre contre le nazisme vous feront de l’autre côté l’accueil que vous aurez mérité.

Pour se nettoyer, encore, du spectacle de la misère, voici, après la topographie et l’histoire, un silex (11 cm de longueur) qui parle d’amour.

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Comme pour les précédents, j’ai peint le silex enchâssé dans la craie, cette fois en prenant garde à ne pas me couper à l’arête du nez, très tranchante

silex peint 12-min

une face, l’autre…

silex peint 13-min

et comme il tient debout, le voici vu du dessus…

silex peint 14-min

et vu de face :

silex peint 15-minAlina Reyes

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Chez les Obama

Je me trouvais de passage chez les Obama. Par courtoisie, Barack Obama essayait de me faire la conversation et j’essayais d’y répondre, mais en fait ce que nous disions ne m’intéressait pas et il y avait de larges plages de silence gêné. Puis, par courtoisie aussi, j’essayais de faire la conversation à Michelle Obama, mais nous n’avions rien à nous dire, c’était pire. Finalement je m’éclipsais pour descendre dans la partie sauvage du parc, et là, entre les arbres, les mousses et le chant des oiseaux, je retrouvais ma joie.

Évidemment dans ce rêve les Obama ne représentent pas leur propre personne mais un certain monde apparemment intéressant et bien intentionné mais qui est mortellement ennuyeux à mes yeux.

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