Un musulman poignardé à mort en Allemagne

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Khaled Idris, Érythréen vraisemblablement assassiné par des néo-nazis à Dresde, où des manifestations anti-islam se déroulent depuis octobre.

Lire l’article de l’AFP ici.

J’ai trouvé cette information cette nuit. La presse anglo-saxonne en parle abondamment (voir par exemple l’un des articles du Guardian), mais la presse française se tait. Sujet trop sensible ?

Liberté d’information, où es-tu passée ?

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voir aussi : La vie d’un homme ne vaut-elle pas celle d’un autre ?

Quelques nouvelles du front

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Christiane Taubira estime qu’en France on a tout à fait le droit de représenter Mohammed comme le fait Charlie Hebdo, de façon ordurière ou en tête de bite comme sur sa dernière Une à cinq millions d’exemplaires. Mais elle a trouvé normal que Minute soit condamné à 10 000 euros d’amende pour l’avoir qualifiée en Une de « maligne comme un singe ». Mohammed ne vaudrait-il pas Christiane ? C’est ce que pense, apparemment, l’intelligentsia de notre beau pays.

A-t-on jamais stigmatisé les Basques dans leur ensemble parce que quelques-uns d’entre eux posaient des bombes ? A-t-on jamais stigmatisé tous ceux qui votent soit à droite soit à gauche parce que certains groupuscules d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ont commis des attentats terroristes ? Non : si on stigmatise les musulmans, c’est par racisme.

Le pape, le patriarche des Coptes et le patriarche de l’église latine de Jérusalem se sont déclarés, plus ou moins directement, contre les caricatures du Prophète par Charlie Hebdo.  Il faut apprécier la parole de ces chrétiens qui parlent pour une affaire qui touche en ce moment les musulmans, mais le blasphème n’est pas interdit dans notre pays, qui respecte la liberté d’expression. Par contre l’incitation à la haine, le racisme et l’antisémitisme ne sont pas considérés comme liberté d’expression mais comme délits. Il faut donc montrer qu’en fait il s’agit de racisme, que ce sont les musulmans qui sont visés via le Prophète ou directement, et c’est là qu’il faut combattre, puisque le droit est de ce côté. Encore faut-il que les pouvoirs publics reconnaissent la nécessité de le faire respecter.

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Valeurs Actuelles, autre champion de l’islamophobie, ne veut pas être en reste en ces temps où l’on ne parle que de Charlie. Le magazine a donc publié sur son site une vidéo où l’on apprend cette chose affreuse et terrifiante : dans la bibliothèque de l’Institut du monde arabe, il y a plein de livres de la culture islamique !!! Les grands livres de la tradition musulmane s’y trouvent, y compris les traités de droit ou charia. Ah mon Dieu, ils auraient dû créer une section Enfer pour les y mettre, comme on faisait jadis pour les ouvrages pornographiques ! Et il faudrait penser aussi à expurger la Bibliothèque Nationale de tous les livres d’auteurs dont la pensée ne nous semble pas correcte. Allez, un grand autodafé ! Et vive la liberté d’expression !

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… j’ai trouvé les images sur la page fb de Julien Salingue

De l’islamophobie d’État

François Hollande déclarait ce matin à l’Institut du Monde arabe que les conflits au Moyen Orient ne pouvaient être « importés en France ». Traduisons : que les musulmans français ne se mêlent donc pas de politique extérieure. Bernard-Henry Lévy et ses amis, eux, ont tout à fait le droit d’importer en France le conflit ukrainien, le conflit libyen et tout autre conflit dans lequel il leur est loisible non seulement d’étaler leurs avis dans la presse et les grands médias, mais aussi d’intervenir directement, comme s’ils avaient été élus par le peuple pour cela. Mais quand des Français, et parmi eux beaucoup de musulmans, veulent protester contre les tueries israéliennes à Gaza (soutenues par François Hollande), on leur refuse le droit de manifester – et s’ils manifestent quand même, jugeant inique un tel refus, rarissime, on les tabasse copieusement, ou même on les condamne à de la prison. Dans le même discours, François Hollande affirme que les musulmans français ont « les mêmes droits et les mêmes devoirs » que les autres Français. Vraiment ?

Dans son discours d’avant-hier à l’Assemblée, discours ovationné par la quasi-totalité des députés, Manuel Valls décrète que Dieudonné est antisémite et doit donc être poursuivi, mais que Charlie Hebdo, qui s’en prend aux musulmans, exerce seulement sa « liberté d’impertinence ». De quel droit prend-il ainsi parti ? Est-ce à un ministre de décréter quels artistes sont à bannir, et quels artistes sont à monter au pinacle ? Comment peut-il décréter que les insultes répétées de Charlie Hebdo à l’encontre des musulmans ne sont pas de l’islamophobie mais de l’impertinence ? Comment peut-il se faire juge à la place des juges ? Et cependant la France presque entière applaudit. Le dernier Charlie Hebdo s’arrache, mais que les musulmans ne se désespèrent pas, ce n’est pas seulement pour flatter l’islamophobie des Français, c’est aussi le fait de la cupidité de beaucoup, qui se sont empressés de mettre en vente leurs numéros à prix d’or sur les sites de ventes aux enchères. Ambiance.

Philippe Tesson, repris par tous les médias, éructe que « ce sont les musulmans qui amènent la merde en France ». Lui aussi fait dans la scatologie, comme Charlie parlant de sa dernière Une. C’est que la merde, c’est dans leur tête qu’ils l’ont. Tout ça n’annonce rien de bon. Les actes islamophobes se multiplient, ils se comptent par dizaines ces derniers jours. Des impertinences, peut-être ? La pression sur les musulmans est énorme, le but en est clair et il se fait sentir : les amener à raser les murs, à faire profil bas, à courber l’échine comme au bon vieux temps d’avant et d’après l’énorme ratonnade d’État de 1961. Et à se taire. À se laisser insulter sans rien dire. Les Zemmour et autres haineux ont un boulevard devant eux. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’on voit ça, on sait où conduit la stigmatisation d’une communauté par la parole de haine : aux actes de haine. Que reste-t-il du grand show de l’unité nationale du 11 janvier ? Je pensais tout à la fois, en regardant la manifestation, aux foules de Paris acclamant Pétain, puis quelques années plus tard, De Gaulle. Sans doute les manifestants de dimanche dernier avaient-ils pour la plupart un vrai désir d’union nationale, mais sous quel genre de bannière l’exerceront-ils ?

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Ce que signifie la Une du dernier Charlie Hebdo

Dans l’atmosphère de malheur qui endeuille en ce moment la France, après la mort tragique de vingt personnes, dont trois assassins, et avec ce qui s’ensuit : la négation de la pensée organisée par les pouvoirs publics, il est plus que jamais nécessaire de ne pas se taire. Et en ce jour de sortie d’un Charlie Hebdo des survivants, tiré à trois millions d’exemplaires, si rien ne nous oblige à acheter ledit numéro, il ne faut pas pour autant, comme le font trop de responsables (institutionnels ou intellectuels) musulmans, détourner le regard de la Une dont la vision est imposée à tous les Français et même au-delà de la France, par la grande majorité des médias. Il faut, plus que jamais, exercer notre intelligence et notre courage, et faire l’exégèse de ce qui nous est donné à voir.

Que nous dit cette Une, et les dessinateurs de Charlie qui l’ont choisie ? Que Charlie Hebdo, bien malgré lui, sous la pression médiatique qui l’a transformé en parangon de la liberté d’expression, a renoncé à ce qui le faisait jouir, à savoir le ressassement raciste dans la représentation sexuelle du Prophète, et à travers lui des musulmans. Je vais pour expliquer ce qu’elle dit sans paroles employer des mots grossiers, c’est nécessaire pour traduire un dessin grossier. Le Prophète y est donc représenté en « tête de bite ». Un petit peu discrètement parce que l’heure l’impose, mais visiblement quand même – comme l’ont noté plusieurs médias. Et que dit l’équipe survivante de Charlie à propos de cette Une ? Qu’elle a été « dure à chier » (en ajoutant encore quelques détails scatologiques). Cela veut dire tout simplement qu’ils se faisaient jouir par sodomie (mentale) avec la tête du Prophète (et des musulmans) dont ils se payaient (c’était même leur gagne-pain). Voilà ce qu’ils ont fait pendant des années, de façon beaucoup plus ordurière qu’ils ne peuvent se le permettre aujourd’hui. Aujourd’hui ils ont « chié » cela dont ils se délectaient, ils ont dû y renoncer, même si cela a été « dur ». (Voyez mon livre Poupée, anale nationale).

Voilà, il fallait le dire, c’est fait. Ils l’ont fait longtemps à l’abri des regards, c’est-à-dire sous le regard de leurs seuls complices (leurs lecteurs) dans cette jouissance malsaine partagée à la façon d’un viol en réunion, mais aujourd’hui où tous les regards convergent sur eux, il leur faut mettre la pédale douce. Ils le font avec beaucoup d’hypocrisie, mais ils le font. En affichant « tout est pardonné » ils prennent une pose christique, référence subliminale au Christ mourant sur la croix en demandant le pardon pour ceux qui l’ont condamné sans savoir ce qu’ils faisaient – à moins qu’ils ne veuillent dire, masochistement, que la tuerie a effacé leur péché. Pose et rien que pose, puisque dans le même temps ils perdurent dans leur désir d’offense aux musulmans, l’affichant en Une de façon voilée. Cependant, si cette Une est une sorte de « chant du cygne » du corbeau, elle nous permet d’espérer, malgré la nuit actuelle, prochainement un jour nouveau, un jour où la France se sera enfin débarrassée des restes de son racisme colonial et de son antisémitisme séculaire.

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Le vieux fond catho du refoulement

L’obsession de Charlie Hebdo à montrer le Prophète (et à travers lui, les musulmans) en position sexuelle, ou comme sur la caricature d’aujourd’hui, en tête de bite, en dit assez long sur la sexualité ou homosexualité refoulée de ces dessinateurs, et à travers eux, de leurs lecteurs.

La sexualité mal assumée des mal à l’aise dans leurs caleçons – malaise auquel sont directement reliés leur cerveau et leur main – engendre toujours une fascination épouvantée pour la figure de l’Autre (autre sexe ou autre culture). Cela vaut pour beaucoup de cathos et pour les athées hantés d’un vieux fond catho, comme pour beaucoup d’hommes d’autres traditions et religions quand elles sont mal enseignées, frappées par la honte du sexe.

Racisme, antisémitisme et sexisme sont des symptômes de la même maladie. Qu’ils se soignent, qu’ils lisent mes livres, du Boucher à Forêt profonde en passant par Poupée, anale nationale et Nus devant les fantômes, et qu’ils y réfléchissent au lieu d’en devenir fous, comme certains ! Et qu’ils deviennent vraiment libres.

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Ne dites plus islamophobie, dites antisémitisme

Ils déclarent avoir « chié » la couverture de leur numéro de ce mercredi représentant Mohammed. Voilà, ils le disent eux-mêmes, Charlie, c’est de la merde. « Journal irresponsable », écrivent-ils. Non : journal responsable. De quoi ? Qu’ils se le demandent. Comment les meilleurs d’entre eux ont-ils pu se laisser aller à continuer de collaborer à ce qu’était devenu Charlie, voilà ce que de mon côté je me demande. L’homme est bien faible.

Que Charlie reparte sur de nouvelles bases, sans haine, je le leur souhaite. Le magazine était moribond et serait vraisemblablement mort d’ici peu si des tueurs n’avaient malheureusement assassiné la majeure partie de son équipe. Avec le soutien dont il bénéficie maintenant, il peut avoir l’occasion de renaître. Mais une époque est finie, celle où ils ont pu faire leur œuvre raciste en toute impunité. Oh, ils pourront certes continuer à faire des dessins racistes, il y a un public pour ça. Mais pas de façon aussi ordurière, outrancière et obsessionnelle que ces dix dernières années. Maintenant qu’on les a fait passer pour des chantres de la liberté d’expression auprès d’un grand public ignorant, il leur sera difficile d’afficher de nouveau la face hideuse de leur production. Ou bien c’est que la France de Zemmour aura fini par être la norme.

Je propose qu’on ne dise plus islamophobie, mais antisémitisme. Parce que l’islamophobie est un antisémitisme. Parce que cela aurait l’intérêt de rappeler à ceux des musulmans qui sont antisémites et à ceux des juifs qui sont islamophobes qu’ils s’en prennent à eux-mêmes. Et parce que cela aurait l’intérêt de rappeler à tous les islamophobes qui honnissent l’antisémitisme, que leur maladie est pourtant bien un antisémitisme.

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Comme « nous », de force ?

Selon Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur, « il y a des libertés qui peuvent être facilement abandonnées »… pour, bien sûr, lutter contre le terrorisme. Encore un Charlie. Mais ils n’ont pas attendu la tuerie de Charlie pour s’emparer de nos libertés en organisant la surveillance à grande échelle des citoyens. Pour quel résultat, d’ailleurs ? Ils auraient mieux fait d’entraîner correctement la police, afin qu’avec ses dizaines d’hommes elle soit capable de prendre vivants deux terroristes retranchés dans un bâtiment désert et sans otages, et qu’on ne finisse pas par se demander si les pouvoirs publics ne veulent pas éviter systématiquement que les terroristes puissent dire qui les a commandités. Ainsi donc, au nom de la liberté d’expression, au nom de Charlie, on va encore restreindre un peu plus nos libertés. Décidément, non seulement le Prophète n’est pas Charlie, contrairement à ce que clame misérablement la prochaine Une du magazine, mais surtout, ni Charlie Hebdo ni tous ses Charlie ne sont prophètes. Les prophètes, eux, œuvrent pour la vérité et la liberté.

Les synagogues et les écoles juives doivent être protégées dans notre pays. C’est un immense scandale, et je hais l’antisémitisme qui en est la cause. Je suis passée hier devant la Grande mosquée de Paris : aucune protection. Pourtant les agressions contre les mosquées se multiplient, un véritable cancer sur tout le territoire. Parmi les incendies, tirs de balles, jets de grenades, tags de menaces et autres croix gammées, celui-ci : « I am Charly ». Apprécions l’anglais. « I am Charly » tagué sur une mosquée, c’est comme « je suis Charlie » attribué au Prophète en Une du prochain Charlie Hebdo. Une blessure de plus imposée aux musulmans, avec la publicité de toute la presse dominante. Qui a prétendu que la France, après la manifestation de dimanche, avait changé d’état d’esprit ? Manuel Valls, dont le rictus vers le bas a été attribué au Prophète sur cette même Une. En fait, le racisme condescendant à la mode coloniale s’affiche plus que jamais (à la télévision aussi, on s’empare du Prophète pour le faire parler de force comme « nous », comme dirait Moix), et l’œuvre de division se poursuit. Le Prophète Mohammed était un homme très doux et souriant, et quels que soient les mensonges déversés sur son compte, quelle que soit l’indignité des récupérations faites sur son compte, il le reste.

Hollande, ce matin : « La France ne plie jamais, elle reste debout ». Haha, on a vu ça en 40… Et aujourd’hui, à la botte des USA et de leurs guerres impérialistes qui portent la mort ailleurs et ici même. La France a ses traîtres et ses collabos, mais elle a aussi, heureusement, ses résistants. Nous ne cédons pas tous aux tentatives de prise en otage de notre être de ceux qui nous intiment d’être qui nous ne sommes pas – si nous ne sommes ni racistes, ni terroristes. Le terrorisme est un racisme, puisqu’il nie l’autre, et pour la même raison, le racisme est un terrorisme. L’un et l’autre s’appellent et se suscitent mutuellement.

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Qu’est-ce qu’ils ont clamé ?

Imaginons que Charlie Hebdo, ces dernières années, au lieu de s’en prendre de façon obsessionnelle aux musulmans, s’en serait pris, avec autant de hargne et de haine, disons… non pas aux juifs, car c’est devenu tout à fait impossible, ils auraient croupi en prison depuis longtemps. Et les juifs ont eu raison de s’organiser pour empêcher qu’une telle ignominie leur soit encore faite, c’est tant mieux. Mais à qui alors, à quelle partie de la population aurait-on accepté qu’ils s’en prennent, pendant des mois et des années ? Non, contrairement à ce qu’on prétend, ils n’ont jamais fait la même chose avec les catholiques ou avec le pape. Jamais de façon aussi ordurière et surtout avec une telle charge de mépris et de haine, souvent dirigée contre les humbles du petit peuple. Je crois que les seuls contre lesquels on peut s’acharner impunément en France, voire avec la bénédiction des autorités, ce sont les musulmans.

Dans le Times of Israël français, je lis à propos de la grande manifestation de dimanche : « Nous, la communauté juive de France, avons comme l’impression que ces victimes juives passent au second plan dans l’opinion publique même si, heureusement, nous avons reçu le soutien de la classe politique française ». Et je réponds : « C’est que beaucoup de Français sont antisémites, soit envers les juifs, soit envers les musulmans arabes, ces autres sémites, soit envers les deux à la fois. Et il y avait quelque chose d’ambigu dans ce rassemblement, même si c’était bien caché : ce n’était pas seulement un rassemblement contre le terrorisme, c’était aussi, de façon inavouée, un rassemblement contre les musulmans. Et pas vraiment pour les juifs, comme vous l’avez remarqué (sauf de la part des politiques, mais les politiques ont leurs raisons…) ».

C’est un bien grand tour de passe-passe que d’avoir réussi à faire passer pour défense de la liberté d’expression le fait de faire dire aux Français « je suis Charlie ». Mais après tout, ils l’ont dit d’eux-mêmes. Parce que cela avoue une vérité qu’ils ne veulent pas voir, mais qui les habite si profondément qu’ils ont eu besoin de la clamer, par millions. Il est vraiment urgent que les cœurs s’éclaircissent, et se débarrassent d’un racisme aussi destructeur pour eux-mêmes que pour ceux qui en sont les cibles.

Et maintenant, certains accusent ceux qui ont dénoncé le racisme de ces caricatures d’avoir ainsi attiré l’attention des terroristes sur Charlie Hebdo, et d’être ainsi coupables de la tuerie. Quelle hypocrisie. Quand tout ce petit monde bien-pensant des médias a soutenu Charlie, annonçant ses caricatures comme une gourmandise avant même que le public ne les ait vues, organisant la publicité autour de leur action scélérate. Et quand Charlie lui-même surfait sur ses forfaits répétés pour se faire remarquer et vendre. Les personnes ou les associations qui ont dénoncé ce racisme ou ont porté plainte contre Charlie n’ont fait qu’exercer leur droit, et tout d’abord leur responsabilité : elles ne peuvent abandonner ceux qu’elles représentent, elles ont à les défendre. Les juifs, qui ont été victimes du même phénomène dans les années 30, se sont depuis organisés pour que cela ne puisse plus se faire, et je l’ai dit, ils ont eu raison de le faire. Les musulmans ont à faire le même travail, puisque c’est contre eux que s’exprime la haine antisémite aujourd’hui.

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Charlie confirmera-t-il son antisémitisme ?

Charlie Hebdo annonce qu’il va de nouveau publier des « caricatures de Mahomet » (qui jusque là ont été en fait, via « Mahomet », des caricatures des musulmans aussi sordides que les caricatures de juifs publiées dans la presse satirique des années 30). Je doute qu’ils livrent à trois millions d’exemplaires des dessins et des textes aussi haineux qu’ils l’ont fait pendant des mois et des années, car alors l’ignominie de leur production apparaîtrait aux yeux de tous et en dissuaderait sans doute beaucoup de continuer à les soutenir – ou bien c’est que la France est tombée dans un antisémitisme aveugle et forcené. Je parle bien d’antisémitisme pour les insultes aux musulmans, parce que les musulmans arabes sont des sémites, et parce que l’islam, au-delà des divergences politiques, est le monothéisme le plus proche du judaïsme, dans l’esprit et dans la pratique (c’est pourquoi Coulibaly ne s’est pas privé de manger un sandwich casher). La belle façade d’union de ce dimanche est déjà en train de révéler ses énormes lézardes. Manifestants qui avez clamé « Je suis Charlie » dans un désir de rassemblement de tous les Français, ce que Charlie vous annonce semble signifier qu’il a l’intention d’en profiter pour semer encore parmi vous la division, tout en ramassant beaucoup d’argent. Allons, je veux bien escompter qu’ils auront assez de bon sens pour faire de l’humour sans haine, cette fois.

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Les terroristes étaient musulmans, comme moi

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la mosquée du Prophète, à Médine

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Des otages survivants de l’épicerie casher témoignent que Coulibaly pratiquait la prière. Et aussi qu’il était extrêmement calme et tranquille, mangeant un sandwich pris dans les rayons de l’épicerie et disant à ses otages, qu’il ne surveillait pas vraiment, «allez-y, profitez-en, servez-vous » . Il leur dit aussi qu’il n’avait pas peur de mourir. Il faut le dire, la religion et ses bienfaits sur l’esprit peuvent être utilisés pour le pire comme pour le meilleur. La religion (quelle qu’elle soit), pas plus que la culture ou la civilisation, n’empêche les hommes de verser dans le crime. Toute notre histoire depuis des millénaires en témoigne abondamment.

Toute notre histoire témoigne aussi que la religion est à l’origine d’avancées fantastiques de l’humanité. Elle ouvre l’esprit, lui fait accomplir de grandes choses dans tous les domaines, scientifiques, culturels, politiques. Et elle aide les hommes à vivre ensemble dans la paix, à s’entraider, à susciter entre eux miséricorde et pardon.

La religion, les religions, sont des instruments que la Vérité met à notre service pour nous aider à structurer notre compassion, notre pensée, notre paix personnelle et commune. Qui reprochera au ciel de nous avoir fait libres ? Parce que nous sommes libres, nous avons la possibilité de lire les signes du ciel dans le bon sens, ou dans un mauvais sens. La religion est une arme, comme la science et la culture elle peut être utilisée pour faire avancer l’humanité, ou pour contribuer à la détruire.

Ne sacralisons pas la religion. Ne sacralisons ni les religions ni rien d’autre. « Dieu seul est bon », a dit Jésus à quelqu’un qui l’appelait bon maître, qui était donc tenté de le sacraliser. Dieu seul est saint, Dieu seul est sacré, l’islam ne dit rien d’autre. Même les athées et les anarchistes doivent pouvoir comprendre cela, et peut-être plus encore que beaucoup de croyants. N’être soumis qu’à Dieu, c’est une façon de dire qu’on n’est soumis à aucun humain ni à rien de ce qui est humain – et le fait qu’il n’y ait en islam pas de clergé, pas d’intermédiaires humains entre l’homme et Dieu, va dans le sens de la plus grande responsabilité et en même temps de la plus grande indépendance vis-à-vis du monde des hommes. « Dieu » est l’absolu – de l’amour, de la vérité, d’autant de qualités qu’il a de noms… et de notre liberté.

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Voir ce qui est

Une fois encore, nous pouvons dire qu’à la nécessité de travailler à l’unité, a été substituée l’apparence de l’unité. Comme dirait Parménide, ils croient changer les choses en changeant « la surface brillante des choses ». Ils ne font ainsi que s’abuser, et abuser ceux qui les suivent.

Nous sommes face à des élites sans profondeur, donc sans pensée. Leur politique n’est pas la vérité, mais la roublardise. Pas l’honnêteté, mais la manipulation. Pas la responsabilité, mais la récupération.

Il n’y a qu’une façon de lutter contre le terrorisme, c’est de lutter contre l’injustice. Dans nos rapports avec les autres pays, et à l’intérieur de notre société. La paix ne vient qu’avec la justice, et la justice ne vient qu’avec la vérité. Nous en sommes certes très éloignés, mais il faut se mettre en marche ou crever.

Maintenant que la grande illusion a été jouée, il reste à se mettre sérieusement au travail pour retrouver le chemin du réel. Descendre réellement dans le pays, quitter les sièges confortables de la bourgeoisie dominante, aller voir réellement ce qui est dans ce pays et dans ce monde.

Pour le dire plus crûment, se débarrasser de la merde qu’on a dans les yeux.

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Rhetoric

Coran Charlie Dedko

« Je ne suis pas Charlie »… Si la deuxième image est blessante, pourquoi la première ne le serait-elle pas ? Essayons un instant de décentrer notre regard. À lire, là où j’ai trouvé cette image, un texte de Jose Antonio Gutierrez

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J’ai trouvé cette image sur la page fb de Giora Meisler, un photographe israélien. Une preuve parmi d’autres que les Israéliens bénéficient de la liberté d’expression. N’oublions pas cependant qu’Israël refuse l’entrée sur son territoire aux dessinateurs pro-palestiniens, entre autres. Et que la présence de Netanyahou n’était pas la seule présence scandaleuse à la manifestation de ce jour, où se trouvaient des oppresseurs de la liberté d’expression comme Omar Bongo ou Victor Orban, ce dernier proche des néo-nazis. J A Gutierrez dans l’article ci-dessus en lien pointe du doigt une vérité en écrivant :

« L’Europe se consume dans une spirale de haine xénophobe, d’islamophobie, d’antisémitisme (les Palestiniens sont de fait des sémites) et cette atmosphère devient de plus en plus irrespirable. Les musulmans sont déjà les juifs de l’Europe du XXIème siècle, et les partis néo-nazis redeviennent respectables 80 ans plus tard, grâce à ce sentiment répugnant. Pour tout cela, malgré la répulsion que provoque en moi l’attentat de Paris, Je ne suis pas Charlie. »

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Et maintenant, après cette énorme récupération politicienne qui, d’après Manuel Valls, a changé l’état d’esprit de la France… ?

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