La longue nuit passe
Gingembre dans la théière
Le jour se lève
*
Le ciel se dégage
Nuages venant de l’ouest
Portant la pluie où ?
*
Un oiseau jaillit
du ciel couleur de perle
L’azur apparaît
*
La longue nuit passe
Gingembre dans la théière
Le jour se lève
*
Le ciel se dégage
Nuages venant de l’ouest
Portant la pluie où ?
*
Un oiseau jaillit
du ciel couleur de perle
L’azur apparaît
*
Saison des impôts
Je regarde le facteur
mi-figue mi-poire
*
Les gens promènent
les restes de leur bronzage
au moindre soleil
*
Rentrée des classes
Des étudiants sur des marches
mangent leur sandwich
*
L’abeille butine
près de la ruche bien pleine
les dernières fleurs
*
Un têtard tardif
métamorphose en la mare
l’automne en printemps
*
Revenue du nord
la grive danse dans l’air
Les figues l’attendent
*
La saison change
Sur le lac un cygne noir
miroir du soleil
*
Oiseaux migrateurs,
ils transportent la lumière
d’une terre à l’autre
*
Nuit tombée plus tôt
Ses oiseaux invisibles
autant que le jour
*
Dans le pré l’âne
Dans mon sac les châtaignes
glanées sous l’arbre
*
Au-dessus des prés
les bruyères flamboyantes
puis la roche nue
*
Troupeaux des nuées
plus rapides sur les cimes
qu’en bas les brebis
*
Fruits parmi ses fruits,
dans les branches du pommier
oiseaux et enfants.
*
Poissons rouges, eau verte
L’arbre aux feuilles roussissantes
Son reflet y bouge
*
Le jus des mûres
sur les mains du jardinier
mouille la terre
*
Poires, noix, raisins,
Surabondantes corbeilles,
piques des châtaignes
*
Lever du soleil
debout dans les champignons
cueillis pour la ville
*
Étals, fruits des vignes,
fruits des bois, fruits des vergers,
le sang monte aux joues
*
En bas dans la cour
La très vieille dame monte
Six marches de pierre
*
Ciel gris sur les toits
Debout à la fenêtre
Un être aux yeux d’or
*
Ailleurs vignes vierges
rougissent le long des murs
dans des cours secrètes
*
Plus longues les nuits
Minuscules les étoiles
Toujours dans le ciel
*
Plus fraîches les nuits
Si ardentes les étoiles
Pourtant dans le ciel
*
Si douces les nuits
Marchant sur la Voie Lactée
Vers le nouvel an
*
Grands arbres debout
Tronçonneuses dans les bois
Grands arbres couchés
*
Pluie contre la vitre
bruit du réveil qui efface
l’été goutte à goutte
*
Paraît l’arc-en-ciel
Les tronçonneuses se taisent
un instant au bois
*
Chutent les feuilles
le vent tourbillonnant vient
Montent les feuilles
*
Fanent les roses
Le soleil jute et se sucre
au cœur des raisins
*
Flaque dans l’allée
Lumière et nuées d’automne
jouent les pieds dans l’eau
*
Temps des cerfs
ma page blanche
vendange.