Haïkus d’un instant de saison

Le vent léger bruisse,

la pluie glisse sur les plumes,

boucle les cheveux

*

Les feuilles descendent,

les pages des livres tournent,

tout se déshabille

*

Dans l’ombre l’esprit

projeté par la fenêtre

fait lever le corps.

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Haïkus d’une happy hour d’automne

Très tôt le soir tombe.

Passants enveloppés d’ombre

allant vers la nuit.

*

Dans la nuit précoce

la lumière des bars sort

les gens de leur veste

*

À l’heure d’hiver

des glaçons trinquent à la mort

dans l’or de l’alcool.

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Haïkus de la forêt en automne

Des draps sur un fil

près de la forêt en feu

abandonnés claquent

*

Au bois des chevreuils

aux couleurs de feuilles mortes

s’assemblent invisibles.

*

Passage de l’ours

entre les arbres griffés

bientôt la tanière.

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Haikus de la tempête d’automne

Clameurs des rafales

elles parcourent la ville

les âmes chancellent

*

Dans les cheminées

le vent descend, se démène.

Leur tablier tremble.

*

La vigne rougie,

exposée à tous les temps,

s’accroche au vieux mur.

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Haïkus du temps d’automne

Le temps déménage,

soufflé par le vent, la pluie

lavant tout le reste.

*

J’ouvre les fenêtres

où il frappait, il s’engouffre

et change tout l’air

*

Le vent et la pluie

aux entrailles de la ville

instaurent leur loi.

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Haïkus de l’automne avancé

Bitume mouillé

Les roues des vélos chuintent,

luisent en roulant

*

Horloge au rond-point

Veille du changement d’heure

Les voitures tournent

*

Vus de la fenêtre

feuilles rouges et passants dansent

entre sol et ciel

*

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