pluie de fleurs montante

Photo Alina Reyes

 

Fleur de la terre, tu pleus vers le ciel.

Il baisse les paupières, un sourire

fait bouger sur ses joues la lumière

et sa pensée, fluant neuve par toute

ouverture du temps libéré, descend

à la rencontre.

Je suis mouillée comme la plante

de mes pieds épousant le chemin

des sources du printemps. L’odeur

puissante de l’amour monte

le long des belles longues jambes

de l’univers, jusqu’en son centre.

La vie vivante est sur le point

de naître !

Rayonnnante beauté, exquise et subversive,

voici qu’elle apparaît, blanche comme une communiante.

 

proches

Tout à l'heure, Paris 5e. Photo Alina Reyes

 

« Tout homme a ses amis. Pourquoi le poète ne pourrait-il s’adresser aux siens, à ceux qui lui sont naturellement proches ? Lorsque survient l’instant décisif, le navigateur jette à l’océan la bouteille cachetée qui renferme son nom et le récit de son aventure. Bien des années après, vagabondant parmi les dunes, je la découvre sous le sable et, à la lecture de la lettre, j’apprends la date des événements et les dernières volontés du défunt. J’étais en droit de la lire. Je n’ai pas ouvert une lettre adressée à autrui : la lettre cachetée dans la bouteille est adressée à celui qui la trouve. Je l’ai trouvée. J’en suis donc le destinataire secret. »

Ossip Mandelstam, De la poésie, chapitre De l’interlocuteur

 

Le onzième livre est fini, il sera publié dans quelques jours sur ce site. Au milieu de ce monde où le mensonge se multiplie plus vite que les pains et les poissons, je mets en ce lieu de longs voyages et festins de vérité en bouteille. Aux amis inconnus qui la trouveront ! Grâce.

 

Libre. Grande joie du travail

Photo Alina Reyes

 

Réveillée tôt par le désir de vivre, écrire. Le jour vient, l’âme et le corps s’étirent, cri joyeux vers le ciel : je suis libre ! Et je donne aux hommes d’être libres.

Je n’ai pas la bassesse de travailler pour ma gloire, fût-elle posthume. Ceux dont toute l’existence est bassesse, qu’ils aillent se faire voir, et guérir de leur manie de marcher dans les pas de la bassesse.

Comme mon frère Jésus, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nous montons sans fin, dans et pour la gloire du Ciel. Qui nous aime, nous suive !

Voici que le premier oiseau chante. Merle qui lance quelques trilles et déchire avec un avion les ombres. Tout se prépare.

 

la pluie

la pluie sur le trottoir. Photo Alina Reyes

 

La pluie chante la nuit dans les cours

les jardins et le long des trottoirs

Vent, retiens ton souffle, qu’il ne rabatte

la pluie sur notre frère Pascal qui dort

dehors dans une encoignure.

Sois juste tendre, pluie, berce

le sommeil de ceux qui s’enroulent

au sol loin des bons lits

et de ceux qui sont seuls dans leur cœur.

Murmure-leur la parole du ciel,

qu’ils sachent que leur splendeur

la fait vers eux descendre.

Dis-le à qui est loin : il est tout proche.

 

l’heureux travail

Photo Alina Reyes

 

En train de travailler au onzième livre (par rapport aux dix de Voyage), près de deux cents pages d’évangile, bientôt téléchargeable sur ce site. Le douzième est commencé, je m’y consacrerai à la suite. Que faire quand le monde perd toute raison, perd la lumière ? Bien garder lumière et raison, pour pouvoir les lui rendre quand il sera en mesure de les désirer. Bien garder la bonne vie avec les proches, bien garder l’amour de la vie et des êtres humains et de toute la création, bien garder le goût et le courage du chant et du travail. Confiance, je fais avec les cailloux des cairns, nous y arriverons.

 

air pur

Photo Alina Reyes

 

Échangé quelques mots avec des SDF. J’ai toujours l’impression que ces gars-là sont mes amis, c’est pourquoi souvent je ne m’arrête pas, car ensuite j’ai un peu de peine à les quitter. J’ai eu envie de leur dire picolez pas trop les gars, faites attention à vous, et de parler plus avec eux, mais je n’en ai rien fait, peut-être une autre fois je le ferai. En tout cas ils étaient bien joyeux, on s’est bien souri.
Je cherche du boulot, j’épluche les petites annonces, hier matin j’ai déjà envoyé une candidature spontanée, ça ne me déplait pas, ce qui m’attire le plus ce sont les plus petits boulots, je voudrais bien en trouver un même si c’est bien mal payé. Lire une offre d’emploi c’est comme lire une recette de cuisine ou même lire un livre, cela projette dans quelque chose, un moment (celui de préparer le plat, puis de le servir et de le manger) ou tout un pan de vie, le travail, son atmosphère… Faire un travail humble a quelque chose de libérateur justement à cause de l’humilité du travail, on ne le fait pas dans le but de servir une quelconque ambition, mais seulement parce qu’il faut bien gagner sa vie et celle de sa famille. Cela suffit, c’est très beau, surtout si le travail est d’utilité publique, comme faire le ménage dans une entreprise ou soigner des gens, ou les servir.
D’autres choses suivront, dans ma vie personnelle et dans ma vie pour tous. Nous donnerons témoignage de la vie claire.
Je fais confiance au ciel parfaitement, je travaille avec lui, c’est pour tous même si cela n’en a pas l’air, et je suis bienheureuse.