Le monde d’après, suite

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Poussière, LREM est retournée poussière. Le message de ceux qui ne se sont pas déplacés comme de ceux qui se sont déplacés pour voter, le voici : n’importe quoi ou cela que je choisis, mais pas Lrem. Inconsistance des Macron, des Castaner, des Buzyn, de toute cette clique portée par la claque médiatique, tous ces gens dont les noms, les visages, déjà s’effacent, se dissolvent dans un hoquet du temps, un pet de lacrymogène qui ne fait pas pleurer.

Il y a la vague MeToo, il y a la vague BlackLivesMatter, il y a maintenant aussi une grande vague verte et rouge. Faux prophètes qui annonciez que le monde d’après serait le même, voyez, un autre monde s’avance pourtant. L’esprit nouveau s’annonce clairement, il commence déjà à faire son œuvre.

Prendre ses responsabilités politiques

Valls dit avoir peur que la France se fracasse contre le FN, Sarkozy fustige le « FNPS », mais UMP et PS font également le lit du FN. Les faits le prouvent. Les uns et les autres se succèdent au pouvoir pour le même résultat : la désespérance des électeurs et l’irrésistible montée du FN. Un éditeur à qui j’avais envoyé La grande illusion, Figures de la fascisation en cours, m’a répondu en faisant l’éloge de mon livre tout en m’annonçant qu’il ne le publierait pas, sans pouvoir m’en donner la raison. Dans son « PS », pour « Post Scriptum », j’ai cru lire « Parti Socialiste ». Ceux qui pensent qu’il faut éviter d’attaquer la gauche socialiste à cause du danger du Front National, se trompent grandement. Plus on évitera de dire la vérité (comme on le fit pour Charlie Hebdo quand il était devenu raciste et réactionnaire), plus on ira à la catastrophe. Alors que voir ce qui est, c’est se donner la possibilité de refuser le mauvais, et de se tourner vers autre chose à inventer, en l’occurrence une autre politique. Nous ne sommes pas condamnés à mettre au pouvoir toujours les mêmes figures mises en avant par les médias, si nous nous en détournons nous ouvrons aussi un espace pour la naissance et le développement d’autres options, d’autres hommes et femmes, d’autres façons de faire. Personnellement je ne voterai ni UMP ni PS ni FN. Plus les votes se détourneront de ces grandes formations sclérosées, plus nous donnerons de chances aux plus « petits », aux marginaux, plus nous nous obligerons à transformer radicalement ce qui doit être transformé, n’étant plus viable et nous conduisant au pire. C’est un travail que doivent faire tous les peuples du monde. Nous le voyons clairement quand nous regardons par exemple le Moyen Orient. Il nous faut admettre que nous aussi sommes en fort mauvaise posture, et avons une révolution à faire. Dans et par la vérité, la justice, la sagesse, la responsabilité.

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« perspectives »

Hier soir, rue du Cardinal-Lemoine, Paris 5e. Photo Alina Reyes

 

« … Il y a aussi des comiques citoyens (pas drôles du tout), un tourisme citoyen (avec charte éthique du voyageur et Guide du Routard humanitaire pour une autre approche du tourisme), des immeubles citoyens (ceux où on organise des repas de quartier), un Jésus citoyen (celui d’Hossein qui, sur les affiches, proclame : « Je serai toujours avec vous ! », falsification citoyenniste de la phrase du Christ rapportée dans les Évangiles : « Je serai avec vous jusqu’à la fin du monde », déclaration sans doute jugée trop brutale désormais parce qu’impliquant des perspectives pour le moins apocalyptiques), des ateliers d’artistes citoyens (…) Tout ce qui avait si timidement commencé, au XIXème siècle, avec Louis-Philippe, le Roi-Citoyen, cet oxymore incarné, finit avec le citoyen-citoyen, cette tautologie de masse, et se transforme aujourd’hui en déferlement : mais en déferlement de langue morte, ou néo-rituelle. »

Philippe Muray, « L’avenir tel qu’il parle », in Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV, juin 2000

« Lorsque je sortirai, je pourrai reprendre mon petit chemin ici et bientôt la belle saison va venir et je recommencerai les vergers en fleur. »

Vincent Van Gogh, Lettres à son frère Théo