Jean Castex, de monsieur déconfinement à monsieur déconfiture

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Comme promis, Macron s’est réinventé. Voici sa nouvelle tête.

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Manu ou Jean, toujours aussi charismatique. Visage pâle de droite, pas vert ni rose ni rouge ni femme, contrairement à l’élan du peuple récemment exprimé. Monsieur déconfinement devient monsieur déconfiture : après le désastre LREM, Macron se réfugie dans les pantalons de papa Sarko, que Castex a appelé aussitôt. Quel mauvais feuilleton. Ni fait, ni à faire. Malheureusement le désastre, lui, n’est pas fini.

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Le monde d’après, suite

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Poussière, LREM est retournée poussière. Le message de ceux qui ne se sont pas déplacés comme de ceux qui se sont déplacés pour voter, le voici : n’importe quoi ou cela que je choisis, mais pas Lrem. Inconsistance des Macron, des Castaner, des Buzyn, de toute cette clique portée par la claque médiatique, tous ces gens dont les noms, les visages, déjà s’effacent, se dissolvent dans un hoquet du temps, un pet de lacrymogène qui ne fait pas pleurer.

Il y a la vague MeToo, il y a la vague BlackLivesMatter, il y a maintenant aussi une grande vague verte et rouge. Faux prophètes qui annonciez que le monde d’après serait le même, voyez, un autre monde s’avance pourtant. L’esprit nouveau s’annonce clairement, il commence déjà à faire son œuvre.

Barakatou et la police de Macron. Ceux qui font bien et ceux qui font mal

Barakatou,

masques

Ces deux brèves vidéos ont été tournées à quatre jours d’intervalle. Rappelons que les masques sont vendus jusqu’à dix fois leur prix d’avant la crise et sont obligatoires dans les transports en commun, sous peine d’une amende de 135 euros ; et qu’un amendement présenté par Alexis Corbière pour demander la gratuité des masques a été rejeté la nuit dernière en deux secondes à l’Assemblée nationale.
On voit dans la deuxième vidéo que les gens respectent de leur mieux la distanciation dans la file d’attente. Peut-être y avait-il des encombrements à certains endroits ? Dans ce cas, pourquoi la police n’aurait-elle pas aidé à mieux organiser la file, plutôt que, armée jusqu’aux dents comme face à des ennemis, de chasser les gens ?
Cette boutique de tissus africains a organisé déjà plusieurs distributions de beaux masques qu’elle fabrique bénévolement, tandis que la grande distribution vend très cher des masques de mauvaise qualité.
Sans autre commentaire.

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Mauvaises et bonnes comédies du jour

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Work in progress, détail de ma nouvelle repeinture en cours

Work in progress, détail de ma nouvelle repeinture en cours

Les théâtres sont fermés, allons au spectacle quand même.

Des stars lancent un appel pour la bonne cause. Leur mode de vie des plus pollueurs ne les empêche pas d’avoir l’impudeur de réclamer des actions pour la planète. Il y a quand même quelque chose d’indigent chez ces riches, c’est leur texte. Huées !

Macron histrionne en ligne devant les gens de la culture, le bras de chemise en goguette et le cerveau avec, autre chose que le coronavirus lui étant probablement passé par le nez. Doubles huées !

Le traducteur et auteur Claro fait savoir qu’il refuse d’être sélectionné pour le prix Renaudot. Bravo ! Si tous les auteurs en faisaient autant, et pour tous les prix dits littéraires, ils feraient plus pour la littérature qu’ils n’ont probablement jamais fait jusqu’ici.

Vincent Lindon a eu envie de faire un acte citoyen, le voilà : un beau texte qui peut se résumer à ce constat sur le pouvoir en place : « Une seule stratégie : mentir », et à une réclamation : la taxe Jean Valjean. Double bravo !

Ah tu verras, tu verras… On connaît la chanson. Et cinéma du jour

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Il nous faudra donc attendre encore un mois pour avoir quelques tests et quelques masques – un masque par personne, un test pour les malades, voilà tout ce qui est annoncé. Rien sur les tests sérologiques, rien sur l’ouverture d’hôtels pour l’isolation des contaminés pas ou peu symptomatiques, etc. Et d’ici là nous sommes livrés au virus sans protection, sans les élémentaires protections que tant de pays, dont de bien moins riches que le nôtre, fournissent à leur population. Depuis 2017 la société française vit un cauchemar qui vraisemblablement ne pourra pas prendre fin tant que Macron sera là, à faire n’importe quoi, à faire tourner en bourrique la population avec ses incohérences, sa perversion narcissique, et avec son inertie ahurissante maintenant face à la pandémie.

couv_cnrIl a hier soir fait allusion, sans le dire, aux « jours heureux », le programme du CNR, qu’il détruit systématiquement (cette façon d’introduire toujours dans ses discours des plagiats, signant la fabrication, la volonté de manipulation). Comment pourrait-on lui accorder crédit quand il semble songer à y revenir, alors qu’il n’évoque jamais la part des riches, de la finance ? Au printemps 2017, lors de l’élection présidentielle, ce blog ayant été en panne quelques jours, j’en avais fondé un autre que j’avais intitulé Magazine des jours heureux, par référence aussi au Conseil National de la Résistance et pour avertir du désastre auquel on pouvait s’attendre avec Macron.

Et début décembre 2018, ici, je présentais ainsi le documentaire que je repropose en cinéma du jour, Les jours heureux :  « L’histoire du Conseil National de la Résistance et de l’élaboration de son programme pour une société meilleure reste à méditer, en ces temps d’éloge présidentiel à Pétain, d’achèvement de la destruction de la République – la chose publique – et de mouvements de résistance et de révoltes qui se succèdent depuis le début du XXIe siècle sous des formes diverses, dans un long et souvent douloureux accouchement, qui finira logiquement par une nouvelle mise au monde. »

Réflexions et cinéma du jour

The Intruder

21298277Confinée, l’église invente une nouvelle transsubstantiation, ou plutôt une transsubstantiation à l’envers, ou plutôt encore une transsubstantiation sans substance, une non-transsubstantiation. Pour les fidèles plus de pain faisant office de corps du Christ ; mais voici les photos des fidèles sur les bancs, ou les fidèles derrière l’écran, faisant office de corps humains. Stade final d’un anéantissement ? dystopie ? Si Benoît XVI était toujours là et en bonne forme intellectuelle (j’ignore s’il l’est ou non), il aurait pu émettre une pensée là-dessus, peut-être. Je ne sais s’il y a dans l’église d’autres personnes capables de le faire.

Les trois-quarts des personnes atteintes du Covid et en réanimation sont des hommes. Et les trois-quarts d’entre eux sont en surpoids ou obèses. Près de 40 % des Américains sont obèses, 32 % en surpoids. Obésité et surpoids gagnent du terrain et deviennent la norme, notamment dans les classes populaires. Avec tous les problèmes de santé, directs ou indirects, que cela implique. On fait bien de lutter contre la grossophobie mais on ferait bien de ne pas normaliser cet état de fait handicapant à plus d’un titre. Le corps humain, comme la nature, est maltraité par notre société.

À Béziers, un jeune sans domicile fixe a été tué par la police municipale parce qu’il ne respectait pas le couvre-feu. En Haute-Savoie et ailleurs en ce moment, les propriétaires de résidences secondaires chics ne risquent pas ce genre de problème avec la police quand ils viennent y passer leurs vacances, ne respectant pas le confinement. En fait on les laisse couler de doux jours contre la loi. Le vieux monde.

On fait souvent référence au général De Gaulle pour juger de tel ou tel acte de telle ou telle personnalité politique. « Imagine-t-on le général De Gaulle faisant tel ou tel acte indigne ? » Souvent, en voyant Macron s’affairer à sa com (dernier exemple en date, hier à Marseille) au lieu de poser des actes politiques réels, je me dis tout simplement : imagine-t-on Angela Merkel s’agiter ainsi pour occuper les caméras, déformer discours et vérité afin de masquer une inefficacité ? Non, et le coronavirus produit en Allemagne beaucoup moins de cadavres qu’en France. Nul doute cependant que lundi prochain Macron va essayer de se poser en remède politique miracle.

En lisant l’injure de Sylvain Tesson aux Gilets jaunes, dont je parlais hier, j’ai pensé à l’excellent film de Roger Corman, The Intruder, que l’on peut voir jusqu’au 16 mai en replay et en français sur Arte. Tesson m’a rappelé, comme tant d’autres, le personnage du film, petit Blanc inconsistant qui veut se faire mousser et avoir du pouvoir en jetant l’anathème sur les Noirs. En pleine pandémie, voilà donc le genre de réflexe de classe qui turlupine les privilégiés : ce bouleversement ne va-t-il pas les démasquer, les faire tomber de leur trône ? Voilà qui leur fait encore plus peur que la maladie. Et voilà une porte qui s’entrouvre pour l’humanité.

Le film en version originale :

Privilégiés en débâcle et artistes de l’honneur

chateau ambulant

chateau ambulant,*

Après Le voyage de Chihiro avant-hier, j’ai regardé Le château ambulant hier. Merci Miyazaki. Quand on ne peut pas se déplacer physiquement, au moins se déplacer en pensée. Je suis aussi allée faire rapidement des courses, mais je compte ne pas y aller plus de deux fois par semaine et ne pas sortir pour autre chose. J’ai été contaminée et je suis tirée d’affaire mais je ne veux pas risquer de propager le virus alors qu’il se répand largement. J’ai vu encore trop de gens peu soucieux de la sécurité de tous. C’est ainsi, par l’aveuglement délibéré, qu’on s’engage dans le crime.

C’est un grand raout évangélique qui a été l’un des principaux foyers de dissémination du coronavirus dans le pays – les deux mille qui s’y donnaient la main venaient d’un peu partout et y sont retournés porter l’infection. Qu’est-ce qui est le plus grave, la stupidité ou la nullité ? Ces maladies contagieuses ont investi les librairies et les lieux de culte. Le coronavirus les a fermés, il nous laisse le soin de les désinfecter, ainsi que tous les autres lieux de pouvoir infectés.

Pourquoi des journaux confient-ils à des femmes imbéciles le soin de tenir dans leurs pages un « journal de confinement » ? S’ils veulent de l’indignité pour faire le buzz, ce ne sont pourtant pas les hommes imbéciles qui manquent dans l’édition. On voudrait discréditer les femmes, on ne s’y prendrait pas mieux. Le confinement ne peut que rendre un·e auteur·e médiocre encore plus médiocre. La pratique de la chronique dans la presse aussi – car les auteurs y sont livrés à eux-mêmes, alors que dans l’édition leur piètre production est vernie par les éditeurs afin qu’elle soit vendable.

Ces dames, nées et demeurées grandes bourgeoises, font donc dans Le Monde et Le Point leur Marie-Antoinette. Le peuple sur les réseaux sociaux l’a bien saisi, ce qu’elles disent malgré elles, c’est : si les gens du peuple se plaignent d’être confinés dans leurs étroits appartements, qu’ils aillent comme elles dans leur Petit Trianon ! Elles feraient mieux de réfléchir à ce qui pourrait arriver à leurs petites têtes, à leur retour de Varenne.

L’argent et la renommée achètent bien des choses et des gens, mais ils ne protègent pas de tout. Et surtout pas du déshonneur. Mais là où croît le déshonneur, croît aussi l’honneur. Et la pandémie nous révèle nombre d’artistes de l’honneur, à commencer par les soignantes et soignants que les confinés applaudissent chaque soir à leurs fenêtres d’immeubles. Artistes de l’honneur aussi, les éboueurs qui ramassent les poubelles et nous évitent ainsi davantage d’infection, alors même que les hommes « de pouvoir » sont incapables de leur fournir des masques et de quoi se protéger de l’épidémie, comme à bien d’autres qui sont au front : des ouvriers, des caissières, des employés, des policiers et des gendarmes, des pompiers… Honneur à tous ceux, toutes celles qui sauvent l’honneur au combat. Tous ceux que Macron et son monde ne voient pas, ne voient que comme des « riens » corvéables – c’est pourquoi Macron lors de son allocution ne s’est adressé en fait, en recommandant aux confinés de lire, qu’à son monde, le monde des bourgeoises et des bourgeois chroniqueurs et lecteurs de chroniqueurs. S’il s’était adressé au peuple entier et non à sa classe seulement, il se serait abstenu de recommandations paternalistes, ou du moins aurait pu recommander de lire mais aussi de jouer aux jeux vidéos, d’écouter du bon son, de cuisiner, de faire des abdos à la maison… Le fait est que le moment que nous vivons révèle combien tant de « ceux qui ne sont rien » sont précieux, alors que tant de « ceux qui ont réussi » sont bons à rien.

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Maternité, bonheur et liberté

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(Suite) Macron et Branco sont quasi-anagrammiques. Ces frères de classe sont de faux ennemis. Via Mimi Marchand, Piotr Pavlenski ou autres instruments de com, dont une langue viciée, ils usent de la même arme : la manipulation. Arme des inaccomplis, des enfants gâtés ou jamais assez regardés, se poussant au centre de l’attention pour occuper une place qu’ils estiment leur être due sans qu’ils aient à en produire une preuve réelle. Comportement emblématique de leur classe, fondée sur l’esprit de domination – esprit qui peut se retrouver aussi partout, au-delà des classes, à l’échelle de la famille. Esprit du secret de famille, précisément, culture des actes commis dans l’ombre, inavouables ou du moins inavoués, faussement justifiés par quelque « bonne raison » et ne visant en fait, sans jamais le reconnaître, qu’une satisfaction personnelle.

La mode est aux témoignages de jeunes femmes contre les inconvénients en tous genres de la maternité, présentée comme repoussante. Dans ce monde sinistre, je témoigne au contraire de maternités bienheureuses, tout imparfaites et chargées d’erreurs qu’elles aient été ou puissent être encore. Adolescente, je ne me voyais pas d’avenir : obligée de travailler tous les étés depuis l’âge de douze ans, et comprenant de plus en plus qu’il me serait impossible de faire des études supérieures (ma famille étant trop pauvre), ayant des rapports difficiles avec mes parents et surtout avec ma mère, j’avais décidé de ne pas avoir d’enfants. Et puis à dix-neuf ans, je me suis trouvée enceinte et j’ai accueilli le fait avec bonheur. Mes deux premiers fils sont nés alors que j’avais vingt puis vingt-quatre ans, les deux derniers alors que j’avais trente-huit puis quarante ans. Cette première maternité m’a sauvée du risque de dépression auquel je pouvais être exposée dans ma détresse sociale, et il en fut de même pour les suivantes, même si ma situation ne fut pas toujours aussi périlleuse. Mes enfants m’ont sauvée, me sauvent, mais aussi m’ont accompagnée dans ma vie de femme libre et d’artiste, par le don de vie qu’ils sont.

On emploie l’expression « donner la vie » mais il faudrait dire, davantage : « accueillir la vie ». Car nous ne donnons pas la vie, nous la recevons. Et ce qu’il faut aux parents, c’est apprendre à recevoir la vie que leur apporte leurs enfants. Ma mère disait couramment à ses enfants que c’était elle qui les avait faits. C’était faux : nous ne faisons pas nos enfants ; simplement, ils poussent dans notre corps, puis ils en sortent – mais nous ne sommes pas les auteur·e·s de la vie. Leur auteur est « au ciel », nous sommes poussière d’étoiles et nous ne sommes que des parents intermédiaires ; adoptifs en quelque sorte, si nous ne nous comportons pas comme leurs propriétaires. Elle me dit un jour combien elle appréciait son sentiment de toute-puissance, « de vie ou de mort », sur les nouveau-nés, si fragiles. Cette façon de concevoir la maternité me rappelle la vision d’épouvante qu’en avait Simone de Beauvoir, vision qui se retrouve aussi dans l’esprit de ces jeunes femmes qui témoignent contre la maternité dans certains médias ou sur les réseaux sociaux, notamment féministes. Vision qui témoigne d’une impossible émancipation des femmes, mais aussi de soi et des êtres humains en général, vus comme des objets : manipulables et à manipuler. C’est toute une conception du monde qui est à renverser, pour le sauver de la mort.

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Affaire Griveaux, suite. Manipulateurs

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Le suicide de Judas, fresque de Canavesio à la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines de La Brigue

Le suicide de Judas, fresque de Canavesio à la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines de La Brigue

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Ainsi donc c’est la compagne de Piotr Pavlenski qui a piégé Griveaux (volontairement ou non, cela reste à définir). L’imbécile a dû se croire hyper sexy quand ça lui est arrivé, puisqu’il s’est comparé publiquement, sans le dire, à Cédric Villani devant qui, selon lui, « les filles ne se mettent pas nues ». Le fait est que Villani, lui, pas plus que Dati ou Hidalgo, n’est pas stupide au point de se manipuler en vidéo devant n’importe qui.

Dommage tout de même que Pavlenski ne l’ait pas laissé prendre sa déculottée, plutôt que par un procédé lamentable, en bonne et due forme devant les urnes. Mais bien sûr il s’agissait dans son esprit et celui de Branco, voire d’autres, d’atteindre Macron à travers Griveaux. Activiste manipulateur contre président manipulateur, des deux côtés les coups sont bas. Pavlenski a quitté le domaine de la performance artistique. Manipulé, lui aussi, l’artiste engagé ? Qui manipule et qui se laisse manipuler ne s’engagent que dans une impasse. Remember Judas, traître à la vérité.

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Dimension politique de l’affaire Matzneff

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Le taxi hier soir en avait gros sur la patate. « Vous avez entendu le discours de Macron ? » Et il a fait un geste du doigt sur sa tête pour dire : « il est cinglé, ils sont cinglés ». Après nous avoir souhaité bonne année, et bon courage en ces temps très durs. Rappelant l’affaire Delevoye : « On est gouvernés par des voleurs, on n’a pas d’autre choix que d’essayer de se mettre à l’abri par tous les moyens, et continuer le combat ». Je résume, mais le gars était très remonté, très révolté, comme tous les gens du peuple comme nous dès qu’on a l’occasion de les entendre parler.

Les gens du peuple, les gens du monde de Macron ne les aiment pas. Les gens du monde de Macron, qui existaient avant que Macron ne soit président, qui existaient quand Macron avait quatorze-quinze ans et avait une « romance », comme ils disent, avec une prof de quarante ans sans que personne ne bouge davantage que lorsque Vanessa Springora, dans les mêmes années, avait aussi à quatorze ans une « romance » avec un écrivain de cinquante ans, qui existaient avant que Macron ne soit né, qui existaient déjà au dix-neuvième siècle, bref, les bourgeois aux affaires, qui dans leur organisation incestueuse ont porté Macron au pouvoir, s’estiment au-dessus des lois, volent et violent en toute impunité et se sentent généreux en se pardonnant les uns les autres alors que les mêmes crimes, quand ils sont commis par des gens de la plèbe, ne leur inspirent que mépris et haine, exprimés à longueur de temps dans les médias que leurs alliés détiennent. Sollers, éditeur de son ami Matzneff contant par le détail ses crimes sur enfants, se répandit en mépris et sarcasmes contre Myriam, l’une des pédocriminels d’Outreau, insistant sur son prénom de femme et d’Arabe, lui faisant porter toute la charge du mal.

C’est que ces gens se prennent pour des anges, voire comme Matzneff pour des archanges, et prennent les hommes et surtout les femmes du peuple pour des diables. Quand Pivot invitait régulièrement Matzneff à Apostrophes, lui conférant ainsi une légitimité et une publicité énormes, il s’agissait toujours de plaisants débats entre gens de bien. Quand Pivot m’invita dans sa même émission, il plaça cette dernière sous le signe du diable.

M. Matzneff a passé sa vie à violer des enfants et à en retirer toutes sortes de soutiens, institutionnels et privés, qui lui ont permis de mener la dolce vita, entre les beaux quartiers de Paris, l’Italie et Manille. Aujourd’hui encore, alors qu’on nous le présente comme un homme dans la misère, il bénéficie, outre la retraite minimum que touchent tant de Français qui contrairement à lui ont trimé sur des chantiers, dans des champs, ou à d’autres tâches qui nous permettent à tous de vivre, d’une allocation de la Société des gens de lettres (argent public) et d’un appartement de la ville de Paris en plein 5e arrondissement ; et il y a quelques mois encore il se vantait dans Le Point qui le paie aussi pour une chronique qu’il utilise volontiers pour défendre ses propres petits intérêts, d’inviter une jeune fille au Fouquet’s pour y manger du homard et y boire ses vins préférés (préférés de lui, pas de la jeune fille, évidemment). Messieurs-dames du monde de Matzneff, si votre protégé (vous fournissait-il en chair fraîche ou seulement en fantasmes ?) est dans la misère, c’est seulement dans la misère humaine que vous partagez avec lui, incapables que vous êtes, comme lui, du moindre début d’empathie avec les enfants qu’il a martyrisés, avec les enfants que certains d’entre eux, une fois adultes, ont dû martyriser à leur tour, avec les enfants que certains de ses lecteurs se sont trouvés autorisés par son prosélytisme à martyriser aussi, dans une chaîne du mal infernale.

Et cependant c’était donc moi, à vos yeux de bourgeois misérables, le diable. Non pas votre ami pédocriminel et parasite de la société, mais moi qui ai toute ma vie travaillé dur pour élever de mon mieux mes quatre enfants, sans les soutiens que se fournissent réciproquement les hommes qui ont fait allégeance à ce monde, moi qui cherchais par mes livres à libérer les femmes et les hommes de l’hypocrisie énorme de votre société, que vous nous imposiez. C’est moi que vous avez empêchée de publier, après que votre ami Sollers s’est reconnu dans le personnage nommé Sad Tod de mon roman Forêt profonde, dont pourtant vous seuls, dans votre petit milieu, pouviez deviner qu’il en était un portrait. Alors que j’ai publié plus de trente livres et de très nombreux articles en vingt ans de travail d’écriture, voilà plus de dix ans que tous les éditeurs me refusent mes manuscrits, que tous les journaux dans lesquels je pouvais écrire refusent désormais tous mes textes. Comment ai-je survécu ? Non pas aux crochets de la société, comme tant d’auteurs du milieu habitués à ramasser des aides publiques versées dans une certaine opacité, mais d’abord en vendant ma maison, puis en passant à soixante ans les concours pour devenir professeur, malgré une santé devenue défaillante (mon corps ayant pris sur lui le cancer qu’on voulait imposer à mon être). J’ai survécu comme le font les gens du peuple dont je suis, en luttant pour rester en vie dignement. Ils ont cru m’éliminer, mais on n’élimine pas la justice. Tremblez, iniques privilégiés, les gens du peuple veulent la justice, et vos quatre vérités n’ont pas fini de vous éclater à la gueule.

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Dystopie « en marche » : l’histoire visible et l’histoire (pour l’instant) invisible

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Aujourd'hui à Paris, photo Alina Reyes

Aujourd’hui à Paris, photo Alina Reyes

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Depuis Macron, c’est le bordel. Gilets jaunes, manifestations, grèves… La vie se défend contre les ambitions délirantes de cet homme élu par pirouette, inconnu des Français, qui constatent avec effarement ses manipulations grossières.

La Miviludes, qui faisait un travail salutaire de surveillance des sectes, va être placardisée. M.Macron ne veut pas qu’on fasse d’histoires aux sectes complices de la macronie, qui a elle-même de plus en plus les caractéristiques d’une secte.

M.Macron n’ayant pu, comme il le souhaitait d’abord, se servir de la littérature pour se sembler grand, tente maintenant, faute de littérature, de se servir de l’Histoire pour faire du pays une dystopie qui puisse concurrencer 1984, Le meilleur des mondes et autres La Caverne. Un lieu de cauchemar où la police mutile et tue en toute impunité, où l’on meurt dans les couloirs des hôpitaux, où l’école est chargée de faire des enfants de futurs esclaves, où les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, où les puissants échappent à la loi pour être toujours plus au service des puissances de l’argent, où les féminicides augmentent dans l’inertie des pouvoirs publics, où les fascismes reprennent du poil de la bête, caressée dans le sens de ce même poil par le président, où la vieillesse aggrave toujours plus les inégalités, où les libertés sont chaque jour combattues par ceux qui sont censés les garantir, où les méfaits de l’étatisme renforcent ceux du libéralisme, où la parole, enfin, est constamment le lieu d’une inversion de la vérité. Telle est la vengeance sur la littérature et sur l’humanité d’un homme que la Littérature a rejeté parce qu’il manquait de vérité.

Lui et ses semblables apprendront que l’Histoire, cette littérature, ne se laisse pas davantage posséder que la Littérature. La vraie vie, elle seule, est puissante.

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Marlène Schiappa et les faux esprits

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Je discutais l’autre jour avec quelqu’un de la sidérante bêtise des gens de LREM – avec mention spéciale à Castaner, Griveaux, Schiappa. C’est que, me dit mon interlocuteur, Macron n’étant pas brillant, quoiqu’il se fasse passer pour brillant, il ne peut conserver de l’autorité qu’en s’entourant de gens médiocres. Macron a fini par comprendre que ses insultes incessantes aux Français étaient contre-productives mais ce n’est apparemment pas encore parvenu au cerveau de Schiappa, qui hier a imité son idole en traitant un journaliste et le peuple qui défilait contre l’islamophobie de « petits esprits ». Reprenant une sentence de café du commerce, sans doute faussement attribuée à Roosevelt, elle a donc taxé de « petits esprits » ceux qui ( comme elle était précisément en train de le faire ) parlent des gens, et de « grands esprits » ceux qui parlent des idées.

Mme Schiappa a des idées, elle doit donc croire qu’elle fait partie des grands esprits. Le féminisme est bâti sur des idées, tout comme le nazisme, le maoïsme ou le macronisme. Loin de moi l’idée d’établir une équivalence entre toutes ces idéologies, mais les évoquer suffit à constater que ce qui est fondé sur des idées n’a en soi aucune valeur et constitue le contraire d’une pensée. De « grands esprits » ont justifié et soutenu les idéologies les plus meurtrières, pourquoi ? Parce qu’ils n’étaient pas de grands esprits mais de faux esprits, se faisant passer faussement pour brillants, n’asseyant pas leur pensée sur l’expérience. Mme Schiappa, si vous voulez devenir capable d’intelligence, un conseil : ne répétez pas n’importe quoi sans réfléchir et ne vous fiez pas aux apparences. Observez au contraire attentivement les gens et les situations, ancrez votre analyse dans les réalités. Je vous donne un exemple. Je vois que vous avez déclaré ces jours-ci aux Inrocks qu’ « un adulte évoquant une ‘histoire d’amour’ avec une fille de 12 ans doit d’urgence aller trouver un accompagnement psychiatrique s’il n’est pas passé à l’acte et, sinon, se rendre au commissariat. » Je suis tout à fait d’accord avec vous. Mais alors, que dire d’une adulte de 40 ans qui évoque une histoire d’amour avec un garçon de 15 ans ? Ne fut-ce pas le cas de Mme Trogneux ? Vous ajoutez, dans la même interview : « On préfère souvent fermer les yeux. Partout dans le monde et dans tous les secteurs d’activité, dans toutes les familles, il y a des gens qui sont informés et qui ne disent rien. On considère trop souvent que c’est un sujet privé. » Vous dénoncez ce que vous faites.

Voyez-vous, à vous fonder sur des idées en prétendant éviter de parler des gens, vous réduisez votre pensée à néant. Si vous pensiez juste un peu plus profondément, vous verriez que si le petit Emmanuel avait pu développer des relations avec des filles ou des garçons de son âge, avec tout l’apprentissage humain que cela comporte, il ne serait pas aujourd’hui cet adulte immature et ignorant des réalités humaines qui rend le pays de plus en plus difficile à vivre. Vous ne voulez pas parler des gens mais vous vous en prenez à Taha Bouhafs parce qu’il dénonce l’appel au meurtre de Zineb El Rhazoui et taisez les propos de Cyril Hanouna défendant l’appel de Booba contre Zineb El Rhazoui. Tout simplement parce que Hanouna est votre allié et celui de Macron. Vous êtes dans la confusion, vous n’avez pas de colonne vertébrale, vous n’allez qu’à l’effondrement.

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Racailles. Zineb El Rhazoui, Polanski, Macron et le Joker

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Zineb El Rhazoui, ex de Charlie Hebdo, appelle à « tirer à balles réelles » sur les « racailles » des banlieues (oui, c’était ça, l’esprit Charlie, racisme obsessionnel et flirt masqué avec l’extrême-droite). Deux jours après, le prix Simone Veil de la région Île de France lui est décerné. Qu’a fait la ministre pour mériter une telle offense ? Être juive ?

Une cinquième femme accuse Roman Polanski de l’avoir violée quand elle était adolescente. Les vieux râlent, ils trouvent qu’on ne peut plus « aimer » (le mot qu’ils emploient pour « abuser de ») qui on veut en paix. Polanski se compare à Dreyfus persécuté. Qu’a fait le capitaine pour mériter une comparaison aussi offensante ? Être innocent ?

shivaLe fantastique film de Todd Phillips, Joker, impeccablement interprété, a été assassiné méchamment et bêtement par la vieille bande du Masque et la plume sur France Inter. Ce n’est pas seulement qu’ils et elle n’y ont rien compris. C’est que ces critiques appointés par le monde ont reçu cette œuvre comme une baffe dans leur bonne figure. En quoi ? Un détail du film suffit à le résumer : le fait que le personnage du maire de Gotham City déclare qu’il y a deux sortes de personnes, celles qui ont réussi, et les clowns. Retrouver dans un thriller, une fiction décrivant un monde cinglé, un écho à la parole cinglée de Macron – « ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien » – parole prononcée dans la réalité, démultiplie l’effet révélateur du film. Qui est le Joker ? Lui-même, vivant, quand il danse, quand son charisme éclabousse le morne monde ; et figure de la mort quand il tend un miroir à ce monde infect en se grimant, en acteur incarnant « en même temps » quelque chose et son contraire, quand il montre que ce monde n’est qu’illusion, quand il en fait éclater la mauvaiseté, le mensonge et la mort. Cours, Arthur, cours ! Ris, ris le dernier ! Ce ne sont pas des cerfs qui entourent les temples, mais des bandes de petits singes agités. Ils sont morts et toi, la divinité, tu es vivant, plein de grâce.

Cette note est inspirée de la philosophie indienne (cf notamment Shiva). Ce n’est qu’un début, continuons le yoga.

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Anthroposophie, racisme-nazisme, dérives sectaires de l’esprit d’un temps abêtissant

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En ces temps où, suite au suicide d’une directrice d’école, des enseignants dénoncent le saccage de l’Éducation nationale par M. Blanquer, où les communes vont devoir payer des centaines de milliers d’euros aux écoles maternelles privées, et où un Zemmour déverse en direct à la télévision ses délires et paranoïas racistes, la bonne nouvelle de la victoire de Grégoire Perra dans le procès que lui a intenté la secte anthroposophique (voir son blog) donne à ses révélations tout leur poids inquiétant.

« L’Anthroposophie est probablement la secte la plus puissante d’Europe. Aucune autre n’a autant d’argent, d’écoles, d’entreprises, de réseaux…

« Françoise Nyssen, naguère ministre de la culture, a co-fondé une école Steiner qui a défrayé la chronique. Elle est une anthroposophe très active. »

… l’article entier, sur les menaces qui pèsent sur la Miviludes, Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, est à lire ici

« L’anthroposophie est un empire. Avec respectivement 14 milliards et 4 milliards d’euros d’actifs sous gestion, les banques Triodos et GLS, deux établissements fondés et dirigés par des anthroposophes, s’imposent comme des références de la « finance durable ». Elles soutiennent des entreprises d’inspiration anthroposophique. Pas moins de 1 850 jardins d’enfants et 1 100 établissements scolaires Steiner-Waldorf répartis dans 65 pays, appliquent les principes pédagogiques du touche-à-tout autrichien. Numéro un des cosmétiques biologiques en France et en Allemagne, les laboratoires Weleda ont réalisé 401 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017…

« Pour Steiner [fondateur de l’anthroposophie], Mars serait une planète liquide, la Terre un crâne géant, la Lune un amas de corne vitrifiée, et tricoter donnerait de bonnes dents ; les îles et les continents flotteraient sur la mer, maintenus en place par la force des étoiles ; les planètes auraient une âme ; les minéraux proviendraient des plantes ; les êtres clairvoyants pourraient détecter les athées, car ils seraient forcément malades ; initialement immobile, la Terre aurait été mise en rotation par le « je » humain (…)

« Le paysan qui accepte de se plier au cahier des charges de Demeter, la marque de certification des produits agricoles cultivés en biodynamie, ne se borne pas à produire des fruits ou des légumes biologiques — cette sorte de druidisme lui impose de manipuler des cornes remplies de bouse et des vessies de cerf et de respecter un calendrier cosmique. (…)

« L’œuvre de Steiner comporte une dimension plus sombre. Dès 1910, il affirme que les peuples germains et nordiques appartiennent au même groupe ethnique, la race aryenne, et dénonce « l’effroyable brutalité culturelle que fut la transplantation des Noirs vers l’Europe, [qui] fait reculer le peuple français en tant que race. »

« Entré dans l’anthroposophie à l’âge de 9 ans, après avoir effectué sa scolarité dans l’école Steiner de Verrières-le- Buisson (Essonne), M. Grégoire Perra y est resté trois décennies. Il a connu des anthroposophes malades du cancer. « Ils ont refusé d’être soignés en France et ont opté pour une clinique anthroposophique à l’étranger, se souvient-il. En guise de soins, ils y ont reçu des injections d’Iscador, de l’homéopathie et participé à des séances d’art-thérapie. Aucun n’est jamais revenu. Certains ont légué tous leurs biens à l’anthroposophie. » (…)

« C’est extrêmement impressionnant lorsque vous êtes enfant et que vous découvrez cette atmosphère occultiste », confie une ancienne élève. (…) En décembre 2017, sans que les parents d’élèves en aient été préalablement informés, ce rituel a été organisé au Domaine du possible. Sa fondatrice, la ministre de la culture, nous a affirmé, lors de la journée portes ouvertes, qu’il s’agit d’une école dont elle est « très fière ». « C’est dans des écoles alternatives comme celle-ci que s’invente l’avenir », assure-t-elle. »

L’article entier du Monde diplomatique, « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme », est à lire ici.

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Depuis une douzaine d’années, j’ai été très souvent la cible des insultes, voire des menaces, de gens d’extrême-droite – beaucoup d’anonymes comme sur le site, aujourd’hui fermé, les ogres, ou sur Twitter ou Agoravox (ces anonymes, plaie de la société, qui sont de ceux qui dénoncent leurs voisins à l’ennemi en temps de guerre, et derrière lesquels se cachent aussi bien des monsieur-tout-le-monde que des personnalités en vue défoulant en ligne la haine qui les habite et qu’elles n’expriment pas en leur nom, par prudence) – beaucoup d’anonymes mais aussi quelques personnes dont la proximité avec l’extrême-droite s’est révélée plus tard (Moix, Enthoven…) ou accentuée misérablement avec le temps (à moins que les temps aident à la libération de la sale parole, à l’exposition des sales connivences). J’ai écrit un livre sur la « fascisation en cours », qu’aucun éditeur n’a voulu publier, pas même celui qui m’a répondu que le texte était remarquablement écrit et qu’il était d’accord à 200% avec ce que je disais. Pendant que des intellectuels en vogue croyaient ou voulaient voir en l’islam la grande menace sur notre temps, j’ai vu depuis longtemps que le réel danger restait celui des fascismes du siècle dernier, toujours vivaces (mon livre Poupée, anale nationale est paru en 1998), et j’ai dénoncé dès le début et à plusieurs reprises les dérives d’esprit sectaire dans le macronisme, comme ici, ici et là.

Je parle souvent du yoga ces dernières semaines et je dois dénoncer aussi la récupération qui en est faite par des entreprises sectaires, ésotériques, ou de « développement personnel », coaching, etc. Le « malheur de ne pouvoir être seul » que constatait La Bruyère est particulièrement aigu de nos jours dédiés aux réseaux sociaux (« virtuels » ou « réels ») et à l’intelligence collective : ce malheur ne fait pas que déprimer les gens et les intellectuels, il les rend incapables de penser en profondeur le monde dans lequel ils vivent. Selon son conditionnement politique, on y repère tel ou tel problème, mais la vision d’ensemble le plus souvent fait défaut. Nous avons besoin de pensées qui telles celles de Grothendieck reprennent les problèmes (mathématiques pour sa part) dans des synthèses nouvelles, audacieuses, surplombantes.

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Journée du patrimoine et de la manif climat-gilets jaunes

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Quand je suis arrivée aux Gobelins, la manif s’y annonçait aussi. Police partout (justice nulle part). Mais je m’en suis tenue à ma décision de ne pas faire de photos, contrairement à mon habitude. Et je suis partie visiter ce bâtiment romantique à deux rues de là, dit le « Château de la Reine Blanche », ouvert en cette journée du patrimoine. Une guide était en train de nous expliquer toute son histoire et celle du quartier, en remontant aux Romains – très intéressant. Mais de plus en plus il fallait faire abstraction des énormes détonations qui retentissaient à mesure qu’étaient lancées, à quelques dizaines de mètres, grenades lacrymogènes et autres sur les manifestants. Et puis le nuage de lacrymo nous a rejoints. Sages visiteurs, nous avons essayé de continuer à passer outre, un mouchoir sur le nez, mais ça piquait fort et au bout d’un moment certains sont partis, d’autres comme moi, certains avec enfants, se sont réfugiés à l’intérieur, dans la tour du petit château. Songeant à ce que devaient prendre les gens qui étaient directement dans la manif, alors que c’était déjà difficile pour nous qui étions dans une rue à l’écart. Quelle tristesse d’en être là, de réprimer les manifestants pour éviter de faire de la politique réelle.

Je suis rentrée chez moi en passant au milieu de dizaines et dizaines de policiers qui bloquaient tel passage, autorisaient tel autre. Plus tard, en fin d’après-midi début de soirée, j’ai parcouru l’avenue des Gobelins pour photographier, quand même, les traces laissées par la manif, tags, affiches, et quelques détériorations au sol.

 

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Ces gilets jaunes-là ne sont pas des manifestants mais des agents de nettoyage

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tags manif 29-minAujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes

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