Puis je repars pérégriner

photo Alina Reyes

 

Le juge de l’affaire Tapie mis en examen pour escroquerie en bande organisée. Le juge de l’affaire Bettencourt mis en cause pour son lien avec l’expert qu’il avait désigné. Moi aussi, j’eus plus que des soupçons, quand j’eus à recevoir un jugement entaché de choses étranges. De petites compromissions en grandes corruptions, notre pays est lentement dévoré par un cancer. Et les trompeurs sont toujours, ou reviennent toujours aux affaires. Heureusement, il est encore des cas où la justice parvient à dénoncer les errements de la justice et de la politique. Mais pour les sans-défense comme moi, c’est peine perdue. Reste le Jugement supérieur, celui-ci rien ne peut le tromper.

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Frigide Barjot dit ne plus pouvoir payer son loyer, ayant laissé beaucoup de plumes dans la Manif pour tous, dont elle est désormais exclue. Peut-être ceux pour qui elle a œuvré pourraient-ils à leur tour l’aider un peu ? Histoire qu’on n’ait pas l’impression qu’il y a dans l’Église, d’une part un clergé toujours à l’abri (grâce aux laïcs qui le paient), d’autre part des laïcs qui s’engagent et peuvent être jetés ensuite sans que personne ne se soucie de leur situation.

Quant à la Manif pour tous, c’était une affaire mal partie d’emblée. Il n’était pas bon du tout de copier la symbolique des gays avec ces couleurs et ces airs de festivité que Frigide Barjot connaissait bien, mais qui ne pouvaient qu’augmenter le trouble des participants et les jeter dans une hantise quasi délirante de l’homosexualité.

Et tout ça pour quoi ? Pour un gâchis, comme chaque fois qu’on joue sur l’ambiguïté. Si le problème est vraiment celui des enfants, il faut se battre sur ce terrain-là, et autrement. Non pas en ciblant les couples homosexuels, qui de toutes façons existent, mais en faisant un travail d’information et d’éducation, en alertant sur le trafic des embryons et des enfants, en plaidant leur cause dans toute la société et auprès de tous les couples stériles, qu’ils soient homo ou hétérosexuels.

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Aujourd’hui est l’anniversaire de la mort de Jeanne d’Arc, tuée sur un bûcher par la Chrétienté. On dira que l’Islam est porteur de violence, tiens. Islam signifie Paix, Christ signifie Paix, Jérusalem signifie Paix, et nous les Pèlerins sortis de Voyage nous serons de ceux qui la feront. À lire ici un texte d’Éric Geoffroy sur la valeur spirituelle en islam de la pérégrination et du voyage.

Bonne journée, bon chemin à vous !

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L’Ange et le zèbre

Jardiniers au travail sous la pluie, tout à l'heure, photo Alina Reyes

 

Quand je présente Voyage dans une librairie (pour proposer de le déposer) ou dans une bibliothèque (pour proposer de le donner), l’Ange est avec moi, c’est lui qui est reçu. Jusque là gentiment, plus souvent encore très gentiment (sauf une fois – j’aurais voulu dire à la revêche : souriez, l’Ange est là ! mais elle n’y aurait pas cru).  Les jeunes sont particulièrement gentils, ils aiment le livre tel qu’il se présente, un jeune homme m’a dit que la peinture lui rappelait un artiste dont il m’a donné le nom – mais je l’ai oublié -, une jeune femme a dit qu’il était très beau. Je marche sous la pluie, bienheureuse sous ma capuche multicolore trempée, en tirant le caddy que j’ai acheté exprès pour transporter les exemplaires du livre à présenter ou à poster, un caddy comme en ont les sans-abri ou les distributeurs de prospectus, mais joyeux, en toile cirée vert vif avec des zèbres et l’inscription « course de zèbre ». Âne ou zèbre de somme, je rentre à la maison, j’entends les chants masaï enregistrés par O, à mon cou les colliers masaï ont les couleurs du livre.

Sa robe zappe. Irons-nous au zoo,
caresser sur les zébrures du zèbre,
de zéro en un, l’algèbre ?
Drôle de zèle, j’en zézaie raies.

 

La Résurrection attend de l’autre côté

Beau travail photographique de S. Billie Mandle. Rendant le sens du passage par la mort. Dont on ne voit pas la sortie, même si, parfois, on la devine. Beau travail rendant compte du travail qui se fait là, travail de la confession, travail inachevé parmi les hommes.

Murs, cloisons et grilles, tous voiles que la Révélation déchire. Au moment de « Tout est achevé. »

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O, qui n’aime pas « les curés » (chez lesquels il a été élevé), n’a pas eu un oeil pour Voyage. Mais mon livre de photos, il l’a très attentivement regardé et vivement aimé, parce qu’on y trouve « vraiment la vie ». Pour ceux qui sont comme lui, je vais tâcher, incha’Allah, de transformer cet essai de livre en vrai livre, qui donnera la même bonne nouvelle.

En attendant, je continue, petit âne, à porter Voyage (dont chaque exemplaire pèse plus d’1,400kg) çà et là. Dans la paix de la justesse. Dans la profonde, profonde joie.

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Nous avons tout notre temps.

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Masaï voyage (et Salim et Aline)

photos O

 

Après deux heures de moto, dix heures de bus debout, une heure de petit avion, neuf heures de gros avion… O est de retour de chez les Masaïs. J’essaie de le convaincre de mettre par écrit tout ce qu’il nous raconte de là-bas, pour le donner ici. Ces deux images en attendant, dont l’une où l’on voit que mon voile couleur perle, imprimé de dessins de Picasso, circule sur les épaules des enfants. Et cette petite vidéo de Salim, le marchand d’épices, à Dar es Salam, chantant la seule chanson qu’il connaît en français, une chanson de Christophe dont je vous laisse découvrir le titre…

Salim, à Dar es Salam

 

Picasso masaï

 

Pour moi la pudeur c’est d’être nue. Je m’adapte à l’impudeur que la société impose, je m’habille. Tant que j’ai des habits de pauvre, je ne me sens pas impudique.

Dieu garde les mauvais en vie pour qu’ils puissent voir leur désastre et peut-être, y retrouver la vue. C’est une occasion qu’il leur donne, même s’il est rare qu’ils la saisissent. Tout ce que fait Dieu est bon.

Si des mauvais vous font du mal, sachez que Dieu n’aime pas cela, et le transformera en bon pour vous et pour autrui. Plus vous serez proches de Lui, plus vite se fera la transformation. Et jour après jour vous serez dans la béatitude, de constater cela.

Il faut juger l’arbre à son fruit, mais beaucoup prennent pour bons les fruits empoisonnés. Rien de nouveau sous le soleil humain, trop humain.

En ce moment dans un village de Tanzanie une jeune fille masaï porte autour de ses épaules une étole en voile léger où sont imprimées des esquisses de Picasso. Juste retour des choses, que j’ai confié à O.