Quelques images de Paris 13e ces jours-ci

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Le nom du stupide cyclope mangeur d’hommes, Polyphème, signifie « qui parle abondamment ». En fait, tout ce qu’il sait dire c’est « je vais te manger », puis « on me tue », puis « c’est personne ». Aujourd’hui, après avoir beaucoup parlé ces derniers jours, je vais me taire, juste proposer, ce que je n’ai pas fait depuis longtemps, quelques photos prises ces jours-ci lors de mes sorties et balades dans le 13e.
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bientôt la suite de l’Odyssée dans ma traduction !

Art Récup’ en peinture et écriture, mise en abîme

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Je travaille à l’édition de mon livre papier, je refais la mise en page, c’est assez long. Je continue à peindre mon grand panneau trouvé dans la rue, un tableau de classe sans son ardoise – je l’avais trouvé devant la Sorbonne nouvelle. Je peins sur le bois, ou plutôt sur la peinture puisque je le repeins après l’avoir peint une première fois il y a quelques années, en fait. Un mise en abîme de la récup’.

Je tiens beaucoup au principe du recyclage, de l’art récup’. C’est ce que je fais aussi avec mes textes ces dernières années, en les recyclant du blog ou d’autres brouillons à des ensembles entiers sous forme de livres que je peux aussi récupérer de nouveau en les dépubliant et en les republiant, grâce à l’édition électronique. Mon dernier livre, Une chasse spirituelle, est une récup’ puissance je ne sais combien. J’y ai récupéré de grands passages de Voyage, livre papier autoédité dont j’ai distribué les dizaines d’exemplaires qui me restaient dans des boîtes à livres afin de l’épuiser ; l’essentiel de ma thèse de Littérature comparée ; et puis une myriade de textes de tout un tas d’auteurs que je cite, analyse ou traduis. Et le mode de publication que j’ai choisi, ebook et impression à la demande, me permettra de le reprendre encore pour l’augmenter si je le souhaite (que ce soit sur Amazon comme pour le moment ou sur un autre site d’édition en ligne et à la demande, le mien ou un autre). Je suis très contente d’expérimenter ce mode de publication, même si pour l’instant il ne touche pas un grand public ; ce qu’on met en ligne a une autre durée de vie que les livres qu’il faut vendre très vite en librairie avant qu’ils ne doivent laisser la place à d’autres. Comme pour un blog, c’est sur la durée que le lectorat se multiplie, et il n’y a pas de limites à cette possibilité de multiplication, il suffit de ne pas être pressé. Pourquoi serait-on pressé, quand on écrit quelque chose qui doit durer ? J’ai toute confiance en mon travail.

Work in progress, détail ; et aujourd’hui dans les rues de Paris 5e et 13e après la pluie, photos Alina Reyes

Street Art, architecture… au bonheur des rues

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L’exploit d’@Acrobate 14 grimpant sur un toit pour enlever la banderole des identitaires cet après-midi place de la République, pendant la manif contre le racisme et les violences policières, me rappelle celui de Mamoudou Gassama escaladant aussi un immeuble, il y a deux ans, pour sauver un enfant. Vive les agiles & courageux !

J’arpente toujours la ville, voici mes images de ces jours derniers. Voir les mots-clés pour les noms des artistes.

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En passant devant l’Armée du Salut côté rue du Chevaleret, j’ai été invitée par un monsieur qui s’en occupe à rentrer à l’intérieur pour photographier cette peinture, dont j’ignore l’auteur-e.
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Voici l’immeuble, construit par Le Corbusier, côté rue Cantagrel. Je n’aime pas cet architecte, notamment du fait de ses conceptions fascistes, mais il ne manquait pas de talent.
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J’ai rephotographié toutes les grandes fresques murales de ce côté du 13e mais je les ai déjà données ici quand elles ont été peintes, je ne les redonne pas cette fois. Seulement cette image de la rue Jeanne d’Arc :

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Ces jours-ci à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes
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Urbex, street art et vues dans les rues de Paris en une centaine d’images

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Je commence par les photos que j’ai faites sur les toits, puis des images de Street Art, scènes vues, architecture… prises aujourd’hui et ces tout derniers jours à la Butte aux Cailles ou dans les environs. J’ai tâché d’éviter de rephotographier les œuvres que j’avais vues et photographiées lors de mes précédents passages dans ce quartier, avant confinement (toutes les notes consacrées à ce quartier).
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Et mon comparse m’a photographiée :
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Cette fresque de Twopy se trouve tout au sud du 13e, près de la Cité universitaire internationale :
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Ces deux œuvres se trouvent au nord du 13e, près des Gobelins :
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Et nous voici à la Butte aux Cailles :
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Près de la place d’Italie, un dépôt de bus
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et sur l’avenue Auguste Blanqui, des hommes masqués jouent à la pétanque, un autre dort dans le kiosque à musique, d’autres discutent sur les bancs :
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Nous revoici à la Butte aux Cailles :
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Les gens, comme ici ces jeunes filles, s’assoient sur les trottoirs, par terre, faute de jardins ouverts :
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Ici ils remplissent leurs bouteilles de l’eau de source de Paris :
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Un tout petit garçon se fait installer sur une moto par sa grand-mère masquée pour jouer à conduire :
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J’entre dans la cour d’un immeuble privé et je photographie le charmant bazar :
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En redescendant vers le nord, je contemple ce magnifique chantier :
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Ces jours-ci à Paris 13e, photos Alina Reyes

Poésie urbaine (et selfie)

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Ces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

Et un selfie d’après yoga. Chaque matin une heure ou plus de yoga (hatha yoga, vinyasa, yin yoga, kundalini… je goûte à tous, avec les enseignantes et enseignants les meilleurs que je trouve en ligne, indiens, américains, français, allemands, canadiens…), chaque après-midi une heure de marche ou plus, et chaque jour un peu plus de force, de souplesse et de joie.

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De la bibliothèque Mazarine à la Sorbonne

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Plaque au Pont des Arts

Plaque au Pont des Arts, en hommage à Vercors et aux ouvriers du livre qui, « au péril de leur vie sous l’occupation nazie, ont permis à la pensée française de maintenir sa permanence et son honneur ». En un temps de déshonneur, comme aujourd’hui.

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Il y avait vingt-deux ans que je n’étais pas allée travailler à la bibliothèque Mazarine. Mais j’étais dans leur ordinateur, en me faisant une carte le bibliothécaire m’a dit : « Vous habitez toujours rue Princesse ? » Non, un peu plus loin maintenant, mais comme mon cœur palpitait d’entrer de nouveau ici !

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D’abord, j’ai contemplé la Seine depuis le Pont des Arts, comme pour me préparer à l’amour.

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Puis j’ai traversé le quai de Conti. M’y voici.

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« Bibliotheca », tu te souviens d’O et moi, n’est-ce pas, qui venions tous les jours, un temps, jeunes amoureux beaux et ardents ? Je le porte avec moi, nous revoilà.

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Je ne peux pas déranger les étudiants et les autres personnes qui travaillent avec mon appareil photo, je m’en vais donc tout au fond d’une salle pour faire rapidement une image. Toujours aussi amoureuse des rayonnages de vieux livres pivotants, de chaque côté des tables de travail et à l’étage.

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Quand je suis ressortie, vers la fin de l’après-midi, il pleuvait fort. J’ai jonglé avec mon parapluie et mon appareil pour faire encore quelques photos sur le chemin du retour.

L’étroite rue de Nevers, avec le panneau du Highlander Scottish Pub, toute luisante

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Place Saint-Michel et à côté

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Je suis passée par le jardin médiéval du musée de Cluny, où des jeunes parlaient assis à l’abri des pierres

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et au square Paul Painlevé, où Romulus et Rémus tétaient l’eau du ciel

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tandis que je me battais avec mon appareil pour en tirer encore quelques images, les piles étant à plat

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Après une dizaine d’essais infructueux (n’ayant pas trouvé de piles en chemin), j’ai fini par réussir à saisir Montaigne, face à la Sorbonne, rue des Écoles, avec sa chaussure porte-bonheur aux examens, luisante de frottages estudiantins et de pluie. Et j’ai poursuivi jusque chez moi sous cette belle lumière, ici rue Cujas le long d’un bâtiment de la Sorbonne Paris 1.

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cet après-midi à Paris 6e et 5e, photos Alina Reyes

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Reportage photo du jour dans le 13e

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paris 13 1C’est parti pour deux heures de balade dans le sud du 13e, côté asiatique. Comme j’ai maintes fois photographié les très nombreuses œuvres de Street Art qu’on peut y admirer, je ne les ai pas rephotographiées, sauf quelques petites œuvres nouvelles ou changées avec le temps, comme celle-ci. Pour les grandes fresques et autres, suivre le mot-clé street art.

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paris 13 4Il y avait là une fête nord-africaine avec de la bonne musique, tambour et une espèce de cornemuse.

paris 13 5En approchant de la fac de Tolbiac, la rue Nationale a été renommée rue Clément Méric.

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Père et fils cassent la croûte sur des marches, rue de Tolbiac

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C’est trop beau, un camion de pompier, non ? J’adore les voitures et les camions, en vrai comme en jouets

paris 13 9Où les restos asiatiques peuvent se fournir en chats porte-bonheur

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paris 13 12Un oiseau peint sur une feuille de journal chinois

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paris 13 15À l’entrée du parc de Choisy

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paris 13 29Place de la mairie, un jour de mariages

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Des enfants jouent aux cartes en attendant la fin de la cérémonie.

Cet après-midi à Paris 13e, photos Alina Reyes

Ensuite je suis allée marcher dans le 5e.

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Le sonneil rêve

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« Le sonneil a rêvé ». Je repense à ce lapsus que je fis un jour en lisant deux phrases de Walter Benjamin, l’une située vers le début de son article sur le surréalisme, l’autre à la fin :

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Quand vers le matin il s’allonge pour dormir, Saint-Pol Roux accroche à sa porte un écriteau : « Le poète travaille ».

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Un par un, ils échangent leurs mimiques contre le cadran d’un réveil qui sonne chaque minute pendant soixante secondes.

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Le fait est que les poètes, les yeux fermés aussi bien qu’ouverts, écoutent à chaque instant le réveil qui sonne, le sonneil qui rêve.

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Dans le même article (in Œuvres II, Folio Essais), Benjamin dit aussi :

Aucun visage n’est aussi surréaliste que le vrai visage d’une ville. Aucun tableau de Chirico ou de Max Ernst ne saurait rivaliser avec l’épure précise de sa forteresse intérieure.

cab,aujourd’hui sous la pluie à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Élucidation d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Allan Poe

Place Clichy, dimanche 13 août à 8 h du matin, photo Alina Reyes
Place Clichy, dimanche 13 août à 8 h du matin, photo Alina Reyes

Place Clichy, dimanche 13 août à 8 h du matin, photo Alina Reyes

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J’ai la joie d’annoncer, alors que j’entends les cloches de l’église sonner, me rappelant que nous sommes le 15 août, fête de l’Assomption, que ce matin à 8 h 57 j’ai élucidé, dans une soudaine illumination, les énigmes du roman The Narrative of Arthur Gordon Pym, sens cherché avant moi, avec beaucoup de talent, successivement par Marie Bonaparte, Gaston Bachelard, Jean Ricardou, l’une et les autres ayant émis diverses hypothèses non inintéressantes mais non concluantes. Or la chose est d’une simplicité adorable, géniale ! Borges non plus ne l’a pas comprise. J’y ai beaucoup songé ces derniers jours en lisant Poe, entre autres, et même ces dernières nuits en rêvant, et comme mes prédécesseurs je voyais des pistes intéressantes, mais pas l’arrivée, le sommet. Or ça y est, j’y suis ! Je ne peux le dire ici tout de suite, car il faut que j’accompagne ma démonstration de beaucoup d’éléments, pour montrer sa beauté et la rendre plus savoureuse, il me faut maintenant prendre le temps de faire cela – et je vais continuer à collecter d’autres éléments avant de le faire. Simplement je l’annonce comme, enceinte, on annonce le bébé à naître, même s’il reste encore invisible. Et une telle annonce, dans les âmes bien nées, apporte toujours une grande joie.

Mes autres notes sur ce roman, à suivre : En lisant Arthur Gordon Pym

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Substance du jour : couleurs du jour, avec Gilbert Durand et Paris

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« Le rêve devant la palette ou devant l’encrier est un rêve de substance, et Bachelard note des rêveries dans lesquelles les substances communes : vin, pain, lait, se transforment directement en couleurs. (…) [à propos des manteaux colorés de diverses déesses] : Dans tous ces cas l’archétype de la couleur apparaît comme étroitement associé à la technologie du tissage, dont nous retrouverons également l’euphémisation à propos du rouet qui valorise positivement la fileuse. Constatons pour l’instant que la couleur apparaît dans sa diversité et sa richesse, comme l’image des richesses substantielles, et dans ses nuances infinies comme promesse d’inépuisables ressources. » Gilbert Durand, Les structures anthropologiques de l’imaginaire

En allant chercher à la bibliothèque Jean-Pierre Melville, à Tolbiac, cet ouvrage précieux qui fut longtemps l’un de ceux qui étaient constamment sur ma table (et qui en est à sa onzième édition bien que ce qui fut sa thèse avant d’être un livre soit peu appréciée de beaucoup d’universitaires – sans doute trop originale), j’ai pris quelques images de la ville en couleurs – sans rephotographier les fresques que j’ai déjà photographiées dans ce quartier du 13e.

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rue 2 camion

rue 3 mort

rue 4 colonne dronne

rue 5 boucherie

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rue 8 maison blanche

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rue 11 vert bleu

rue 12 vegetalisation

Aujourd’hui à Paris 13e, photos Alina Reyes. La dernière est celle d’un espace végétalisé par les gens dans la rue, comme on en voit de plus en plus, celui-ci ayant la particularité d’être très décoré et coloré

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Bonheurs du jour

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Les dizaines et dizaines de pages de ma thèse, qui commencent à faire des centaines, s’avancent par bataillons vers leur bonheur. La philosophie ambiante est d’arriver à se payer des palaces, la mienne est d’élever gratuitement des palais avec et pour toute l’humanité. Le bonheur de l’écrire et celui de penser à mon futur travail de professeur me font marcher en apesanteur dans la ville. J’ai atteint mon corps de gloire.

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rue jo ber

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aujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Mur écrit, mariage pompier, Lézarts à la librairie, doigt escargot etc.

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hier et aujourd’hui à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes

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tandis que ma thèse, avec son cortège de chants, avance comme une reine, se rassemblant comme par miracle, remplissant mes journées de joie de l’aube au soir

(et que je dois m’obliger à me lever de ma sainte table pour sortir, manger, et faire deux ou trois autres bonnes choses)

(ce qui est long c’est de faire les notes de bas de page etc.)

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Paysanne de Paris (de rues en brocante)

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« Là où l’homme a vécu commence la légende, là où il vit. » Aragon, Le Paysan de Paris

Comme une paysanne, je récolte et je sème, je sème et je récolte la poésie ; je recueille et je redistribue la grâce. J’étais dans le 67, en route pour l’une des rencontres sur le surréalisme qui ont lieu chaque mois à la Halle Saint Pierre, à Montmartre. Mais le bus s’est arrêté à l’Institut du monde arabe : la Gay Pride arrivant, il n’allait pas plus loin. Ayant déjà photographié ce défilé à plusieurs reprises, et n’ayant pas envie de descendre dans le métro pour encore un long trajet, j’ai changé de destination, décidé de rentrer en faisant une balade surréaliste comme je les aime. À la rencontre du « merveilleux quotidien » et de « l’image pour elle-même », j’ai fait quelques photos depuis le pont, dans les rues et sur la place Monge où se tenait une brocante. Les voici.

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paysanne de paris 12des livres et une peinture à l’huile à prendre ; j’ai pris la peinture

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paysanne de paris 19et voici la brocante

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paysanne de paris 34aujourd’hui à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Archéologie de la rue, et de la Révolution

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J’ai trouvé de vieux livres dans la rue, déposés soigneusement à côté d’une poubelle publique. Comme je venais de rapporter des livres à la bibliothèque, j’en ai pris deux que j’ai mis dans mon sac à dos vide. Voici un passage de la conclusion des Origines intellectuelles de la Révolution française, par Daniel Mornet. J’ai dû couper les pages au coupe-papier pour les lire, le livre, depuis cette réédition, la cinquième, de 1954, n’ayant pas été jusqu’ici ouvert.

« Quelle que soit d’ailleurs la diffusion de l’incrédulité et de l’inquiétude politique, elle nous apparaît moins importante qu’une évolution plus générale et plus certaine de l’opinion. La France tout entière se met à penser. À d’autres époques, au XVIe siècle par exemple, on peut aligner d’assez longues listes d’ouvrages tout pénétrés d’incrédulité ou d’audaces politiques. Mais ils ne peuvent intéresser qu’une élite assez restreinte. Dans son ensemble, la France se contente de lutter péniblement pour sa vie. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, au contraire, c’est la France moderne qui s’organise, c’est -à-dire un peuple qui ne veut plus se contenter de vivre mais qui veut apprendre et réfléchir. Partout les témoignages les plus certains de cette transformation se multiplient. Non seulement les témoignages indirects, le nombre croissant des ouvrages de discussion et leur succès, les exemples et les faits donnés par les mémoires, les correspondances, etc… ; mais aussi toutes sortes de témoignages directs : transformation de l’enseignement, académies provinciales, sociétés littéraires, chambres de lecture, bibliothèques, journaux provinciaux. La qualité de ces curiosités importe d’ailleurs autant que leur quantité. (…) Les curiosités viennent de mille sources, se répandent par mille canaux. (…) Ce qui les intéresse c’est, sans doute, très souvent la « philosophie », mais la philosophie telle qu’ils la concevaient et non telle que Taine l’a déformée, c’est-à-dire l’amour de la science, le désir d’apprendre et de réfléchir, de réfléchir non pas seulement sur les droits de la nature et sur le « contrat », mais sur toutes les sciences, sur toute la nature,, sur toute la vie. On voulait apprendre la géographie, les langues étrangères, la physique, la chimie, l’histoire naturelle et non pas seulement le déisme et le républicanisme. Le plus souvent on réclamait non pas des « systèmes » – presque tout le siècle, à partir de 1750, est dressé contre les systèmes – non pas des lois de l’esprit, mais des réalités, des lois expérimentales, des connaissances « pratiques » et « usageables ». (…)

Cet éveil si vaste, si actif, si ardent de l’intelligence n’a pas été limité à Paris ou à quelques grandes villes. Il a été celui de toute la France (…) À la veille de la Révolution, il y a partout des « têtes pensantes » ou qui, du moins, désirent penser. Et c’est une des raisons pour lesquelles la Révolution n’a pas été le coup de force d’une capitale traînant après elle un pays apeuré ou passif, mais l’aspiration d’un pays tout entier. (…)

C’est l’intelligence qui a dégagé, organisé les conséquences, voulu peu à peu les États généraux. Et des États généraux, sans d’ailleurs que l’intelligence s’en soit doutée, allait sortir la Révolution. »

Daniel Mornet, professeur de Littérature française à la Sorbonne, 1933

Le livre est disponible gratuitement sous forme électronique ici

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cerveauces jours-ci dans les rues de Paris, photos Alina Reyes

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