Adam et Ève ou Yogini et Yogi, triptyque, voyage et Bhagavad-Gita

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adam et eve 4-minAcrylique sur toile 30×30 cm. Ce sont d’anciennes peintures que j’ai repeintes avec des points, comme d’autres ces jours derniers)

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Lorsque j’ai commencé à faire du hatha yoga seule à la maison, il y a un peu plus d’un mois (après avoir suivi des cours de kundalini yoga dans l’année), j’en faisais 20 à 40 minutes par jour. Puis je suis allée jusqu’à 50 minutes, et maintenant c’est une heure, tous les matins au lever. Dans la journée je regarde des vidéos de cours divers, pour améliorer mes enchaînements et mes postures et aussi mieux me renseigner sur le yoga et les façons dont il est pratiqué et utilisé (pas toujours très bien) aujourd’hui.

« À l’aube, les choses émergent
Des fonds du non-manifesté ;
Le soir, les choses se résorbent
Au sein du non-manifesté. »

Dans l’un de ces cours, j’ai entendu : « le yoga est un voyage ». L’après-midi je marche une heure ou plus, je distribue mon livre Voyage çà et là dans la ville, et Voyage voyage aussi ailleurs que dans Paris, grâce à O qui le distribue ailleurs où ses trajets dans le pays le portent. Si ce livre était une peinture je la reprendrais comme je reprends en ce moment d’anciennes peintures mais il existe ainsi pour l’instant, caillou à ajouter sur le cairn, et qui sait, un jour peut-être, quand il aura été entièrement distribué, je le réécrirai.

Avec leurs postures et leurs corps déformables, mes Adam et Ève ne sont-ils pas une yogini et un yogi ? La dernière peinture est celle du milieu, où ils ne sont plus incarnés ni divisés comme l’est l’humain entre masculin et féminin. Où l’être est un :

« Si ton yoga est assidu
Et ton esprit uniquement
Ancré en moi, tu atteindras
L’Être suprême que je suis.

Médite sur l’Inconcevable,
Sur le Poète primordial
Et bon, plus petit qu’un atome,
Aussi radieux que le soleil. »

Bhagavad-Gita, Chant VIII « La liberté absolue » (références dans la première note sur la Bhagavad-Gita)

 

adam et eve 1-min*

Yoga, grâce et bonheur

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Avoir vécu toutes les vies, toutes les métamorphoses, toutes les morts et les résurrections, avoir fait toutes les guerres, tous les amours, toutes les retraites, avoir connu tous les enfantements, avoir étudié et pratiqué toutes les langues, toutes les littératures, toutes les religions, tous les arts du corps et de l’esprit… et recueillir le nectar de tout cela dans le creuset du yoga.

Le mot yoga vient du sanskrit, d’une racine signifiant « atteler, unir » et « reposer, arrêter ». Dans la plupart des langues indo-européennes il a gardé son sens de joug (mot dérivé de la même racine), attelage qui permet de faire avancer la charrue, et toutes les jointures grâce auxquelles se déploie et s’unifie l’être.

Le yoga se pratique sur un tapis (symbole d’un espace purifié) et comprend des postures, des prosternations, des récitations, des méditations : qui vient de l’islam y est chez soi. Le yoga n’annule rien, il réunit tout dans le repos de l’esprit et l’exercice du corps. Il est une joie quotidienne faite à l’esprit, au mental, au corps, mais aussi au monde – ces derniers temps, il arrive souvent que des hommes m’adressent aimablement la parole dans la rue, où je suis en quelque sorte un yoga ambulant.

« Une flamme à l’abri du vent
Et qui ne vacille jamais » :
Tel est cet homme de yoga
Dont l’esprit se fond dans le Soi. »

Quand son esprit s’est apaisé
À travers la méditation,
Il voit le Soi par le soi et
Repose, comblé, dans le Soi. »

Bhagavad-Gita, Chant VI, « Le Yoga de la méditation »

« Le troisième millénaire sera spirituel et le yoga en sera le véhicule principal. » Swami Satyananda Saraswati

 

peinture 1-minMes deux dernières peintures : acrylique sur toile 20×20 cm

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Avignon pendant le Off

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avignon 1-minNous sommes allés voir l’une des dernières représentations d’un Cyrano de Bergerac par le Collectif Chapitre Treize, qui a obtenu un beau succès à l’Espace Roseau Teinturiers. L’affiche de la jeune compagnie nous attend dès la sortie de la gare. avignon 2-minJe reparlerai dans une prochaine note de cette pièce et de cette interprétation. Pour le moment, visitons un peu Avignon en cette fin de festival. Ma première fois au festival date d’il y a très longtemps, c’est un bonheur de retrouver la ville et ses remparts que nous longeons pour rejoindre notre logement, près de l’université.

avignon 4-min La ville est couverte des affichages des près de 1600 pièces qui s’y jouent. Notre comédien préféré, Sydney, qui joue à Avignon pour la deuxième année consécutive, déplore le caractère non écolo de cette pratique, et d’une manière générale le manque de renouvellement du festival. Eux ont choisi pour leur Cyrano une affiche plus grande mais moins multipliée que les autres. Le Off d’Avignon est une occasion pour les compagnies théâtrales de vivre une aventure artistique exceptionnelle (le Collectif Chapitre 13 joue Cyrano tous les soirs sauf le mercredi du début jusqu’à la fin de juillet), une aventure humaine aussi (un mois de vie en collectivité dans une maison louée, pour eux à une demi-heure à vélo du centre-ville – il a fallu louer des vieux vélos et apprendre à les réparer), un mois de travail intense où il faut tout faire, affichage, montage et démontage des décors tous les soirs (plusieurs pièces se succèdent dans la journée et la soirée dans le même théâtre), chaque jour tractage, parades et happenings, accueil du public et des professionnels, journalistes et producteurs, et bien sûr jouer, 2h10 d’un spectacle débordant d’énergie tous les soirs, jusqu’à plus de minuit. Et c’est une occasion de montrer la pièce à des producteurs susceptibles de la programmer ailleurs dans l’année.

Voici la compagnie en parade et tractage dans la ville, vers 17 heures. Il faut attirer le public, c’est tout un travail. Eux y réussissent remarquablement bien, alors que se jouent deux ou trois autres Cyrano au cours de ce festival. avignon 6-min  Vers 19 heures, après la parade, la compagnie présente un happening à partir de la tirade du nez scandée en rap, dans ce beau restaurant en plein air et plein d’œuvres d’art, puis sur des places. avignon 9-min

Pendant que la troupe retourne au théâtre où elle se prépare à jouer, en attendant 22h15, heure de la représentation, nous prenons un verre au-dessus de l’eau. Toute la ville est très animée. Notre séjour est trop bref pour que nous ayons le temps de voir d’autres pièces, mais nous avons déjà rencontré les comédiens et le metteur en scène de celle que nous voyons (et dont je parlerai prochainement, donc), nous parlerons encore avec eux après la représentation, c’est une occasion de suivre de près le travail d’une troupe.avignon 10-min

Pendant ces deux jours, au cours de nos pérégrinations en ville, j’ai photographié le Street Art et les faux-semblants théâtraux aux fenêtres

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Avant de repartir, une visite au Palais des Papes et un déjeuner dans les jardins en hauteuravignon 16-min

… au bord de l’eau, par cette canicule, un bonheuravignon 17-minHier et avant-hier à Avignon, photos Alina Reyes

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Dot painting. Je peins donc je suis

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dot painting 2-minHier au square

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Je peins comme je marche, comme j’écris, comme je lis, comme je fais du yoga. Pas à pas mes pieds font des pas dans l’espace, mes mains aussi. Chaque tableau réalisé est une posture réalisée de mon corps. Mon épais livre Voyage me sert de bloc au yoga, et je le distribue çà et là dans la ville (sur des bancs, dans des abribus, dans des boîtes à livres, dans des jardins, dans des églises…), incognito – l’autre jour, quand je suis entrée à l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas pour en déposer un, le prêtre était en train de dire : « Jésus vient discrètement s’offrir et repart » à la messe du matin. Joie.

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dot painting 1-minJ’ai finalement peint par points sur ma peinture fluide présentée ici l’autre jour

puis j’ai repris une ancienne toile (30×30 cm aussi) en la repeignant par points

dot painting 3-min©Alina Reyes

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Trois sorcières en balade à Paris l’été

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Joyeuses, elles avalent les kilomètres à pied, passent devant les boutiques de fringues sans un regard, stationnent longuement dans les librairies et les magasins de fournitures d’art, s’assoient au bord de la Seine et croquent les passants au crayon dans leur carnet de dessin, prennent quelques photos avec leur portable en vue d’œuvres en cours… Elles ont 15, 17 et 63 ans et passent du bon temps, ensemble.

 

paris 1,-minSimone Veil jeune peinte par C215 au lycée Rodin

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paris 8-minDans la partie souterraine de la rue Broca, les œuvres ont été renouvelées, avec un univers de sorcières peut-être en hommage  au livre de Pierre Gripari, La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca

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La balade se poursuit vers le nord

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paris 17-minPlace de la Sorbonne

paris 18-minLes toits vus de chez Gibert

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En rentrant, on visite la mosquée, puis je leur précise de ne pas croire ce qu’a dit le guide à propos du voile islamique qui viendrait de la Vierge Marie : jamais le Coran ne demande aux femmes de voiler leurs cheveux (contrairement à la Bible), c’est seulement une pratique des cultures patriarcales, qui ont peur de la liberté des femmes.paris 21-minà Paris, photos Alina Reyes

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Street Art à Paris 13e en 40 images du jour, un enchantement

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Un véritable festival. La plupart des œuvres photographiées dans cette note se trouvent dans la portion du 13e, vaste arrondissement dédié au Street Art, située entre le boulevard Blanqui au nord, la Butte aux Cailles au sud, l’avenue d’Italie à l’est.

Ici il ne s’agit pas des grandes fresques « officielles » commandées par la mairie notamment le long du boulevard Vincent Auriol, plus à l’est, (fresques que j’ai déjà photographiées, à voir au mot-clé street art – il faudra que je fasse des subdivisions dans ce mot-clé pour qu’on s’y retrouve plus précisément mais on peut voir aussi sur Youtube la présentation de ces œuvres par la galerie Itinerrance).

Ici c’est du Street Art sauvage, et néanmoins très souvent signé de grands artistes. Parce qu’il est sauvage, il est aussi très souvent renouvelé, d’où mes visites régulières dans ce quartier. Voici donc les images faites hier samedi :

 

street art paris 13e 1-minUne marelle particulière en chemin, je n’ai pas encore passé le boulevard Blanqui

street art paris 13e 2-minNous y sommes, ça commence avec cette autre œuvre de Retro (cf note précédente), puis une foule d’œuvres d’artistes divers

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Puis je suis arrivée avenue d’Italie. Il s’y tenait une brocante. J’ai longuement contemplé et manipulé les pierres sur le stand de la marchande de pierres, et j’en ai acheté deux. C’est aussi de l’art dans la rue, à mon sens.street art paris 13e 39-min

Et au square de Choisy, j’ai photographié ce mini-tableau placé au fond de la boîte à livres du Café calmestreet art paris 13e 40-minHier à Paris 13e, photos Alina Reyes

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Heureuse(s) discipline(s)

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Les premiers lotus éclosent au Jardin des Plantes. Hier, photo Alina Reyes

Les premiers lotus éclosent au Jardin des Plantes. Hier, photo Alina Reyes

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« Seule la pensée que nous vivons a une valeur. » Hermann Hesse, Demian

Au lever, yoga. Dans la journée, marche, lecture, écriture. La nuit, rêves et repos. Il y a moyen de passer un très bon été en ville.

Voici mon premier essai de peinture fluide sur toile. Je l’ai réalisé hier sur une ancienne toile peinte et vernie, ça a tenu. Je vais peut-être la compléter par un dessin en points, comme je l’ai fait précédemment sur bois et sur papier (cf notes précédentes, mot-clef « mes dessins… »), on verra. J’aime cette façon de combiner le fluide et le fixe, autant dans le faire que dans le résultat, avec ces écoulements de peinture sur le support puis des lignes de points comme des traces de pas. Pour l’instant, voici le résultat juste en fluid art :

 

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détail :

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Alchimie de la peinture fluide (actualisée)

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Acrylique sur papier en fibre de canne à sucre, 24 x 32 cm

Acrylique sur papier en fibre de canne à sucre, 24 x 32 cm

Je lui ai trouvé un cadre et j’ai rephotographié des détails de façon plus lisible.

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J’ai fait cette peinture en m’inspirant de la technique de la peinture fluide, ou acrylic pouring – c’est mon premier essai. Cette technique est captivante à observer dans son déroulement : en faisant couler la peinture, on assiste au mélange des couleurs puis à la formation de « cellules » (en ajoutant du silicone au mélange acrylique-eau-médium), mélange qui obéit aux lois de la nature et finalement recrée des mondes, raison du caractère captivant de l’opération. De nombreuses vidéos sur Youtube donnent une idée des possibilités de la technique.

Pour ma part je me suis seulement inspirée de cette technique, premièrement parce que j’ai utilisé les moyens du bord : support papier au lieu de toile ou bois, pas de silicone, un médium ordinaire, des tubes d’acrylique souvent sèche (et j’ai utilisé les grumeaux ainsi engendrés), deuxièmement parce que j’ai aussi travaillé la peinture autrement, au couteau notamment. Je suis en train d’en faire une autre, pour laquelle j’ajoute encore une autre technique, je la montrerai quand elle sera terminée.

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Le bel été – avec l’enseignement du don Juan de Castaneda

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au lever-min,Ce matin au lever, photo Alina Reyes

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J’ai fait les soldes dans les boutiques pour gamines, parce que c’est là que je trouve des choses à mon goût et à ma taille. J’ai pris deux micro-shorts en coton pour la maison, par temps de canicule c’est bon et cela me donne l’occasion de continuer à bien aimer mes lignes.

J’ai acheté ma première liseuse et j’en suis très très contente. J’ai lu des heures durant, quand on a envie de se reposer c’est génial aussi. J’ai d’abord lu un roman qui se trouvait déjà dans la liseuse, Orages d’Estelle Tharreau. Un roman sans prétentions publié chez un éditeur improbable (Taurnada), mais justement c’est intéressant, plus intéressant que la production des romanciers à la mode avec leur art plus que jamais épate-bourgeois, et finalement malgré son espèce d’amateurisme il en reste quelque chose, la vision discrètement hallucinée de son auteure et une frustration à la fin bâclée qui disent quelque chose de profond.

Puis j’ai téléchargé d’autres textes de mon choix, et je suis en train de lire Le voyage à Ixtlan de Carlos Castaneda. Bizarrement malgré mon adolescence de hippie des années 70 je n’avais jamais lu cet auteur. En fait non, pas si curieusement : il était trop à la mode pour me donner envie d’aller voir. J’ai toujours été dandy dans l’esprit :-) Bref, maintenant c’est le bon moment pour y aller, et j’y suis allée. Son don Juan, le vieil Amérindien à qui il lui a demandé de lui enseigner les plantes, est aussi un personnage des plus dandys dans l’esprit. Et j’admire qu’il s’appelle don Juan, comme le personnage littéraire, avec qui, selon ma lecture du personnage de Molière, il partage un haut degré de dandysme. « Les gens ne se rendent pas compte qu’ils peuvent abandonner n’importe quand n’importe quoi dans leur vie, simplement comme ça, dit-il en claquant des doigts »

(…) « Il faut, entre autre choses, que tu effaces ta propre-histoire » (…) « En premier lieu il faut avoir envie de la laisser tomber, et alors il faut harmonieusement, petit à petit, la trancher de soi. » (N’ai-je pas moi-même écrit au début de mon premier livre « la tranche tomba sur le billot »?)

Dans sa préface, Castaneda résume l’enseignement de don Juan, selon qui pour apprendre quelque chose il faut « stopper le monde ». « Une fois le monde « stoppé », l’étape suivante était « voir ». Castaneda a du mal à comprendre pourquoi don Juan se comporte aussi bizarrement et lui en fait voir de toutes les couleurs au lieu de lui enseigner les plantes, comme il le lui a demandé. La vieille sauvage que je suis sourit : en fait, quel magnifique enseignant, ce vieux sorcier. Il est bel et bien en train de lui enseigner les plantes, et j’ignore comment se poursuit le livre mais je sais que dans la vie, l’étape suivante, c’est apprendre les cailloux.

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Grandes lectures d’été, annonce

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eau-forte de Leonor Fini pour l'édition très incomplète du "Manuscrit trouvé à Saragosse" par Roger Caillois

eau-forte de Leonor Fini pour le « Manuscrit trouvé à Saragosse »

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L’été est propice aux grandes lectures. Grandes par la taille et par l’importance. J’aime consacrer mes étés à un grand texte ou à un grand auteur que je lis ou relis. L’été dernier j’ai lu Le Kalevala, la splendide épopée finnoise. Pour cet été, je prévois Les sept piliers de la sagesse de Lawrence d’Arabie, et le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, que je viens de relire mais que je vais relire encore, dans une autre édition que j’ai commandée en bibliothèque. Pour Les sept piliers, j’ai l’original en ebook et une traduction française en papier. Dans sa préface au Manuscrit, René Radrizzani écrit : « Tout se passe comme si Jean Potocki, à l’instar d’un certain Ts’ui Pen dont parle Borges, avait voulu écrire un roman qui eût encore plus de personnages que le Hung Lu Meng, et construire du même coup un labyrinthe dans lequel tous les hommes se perdraient. »

Eh oui. Car il faut les faire se perdre pour leur donner une chance de (se) trouver. Voilà bien de quoi parlent, je pense, ces deux chefs-d’œuvre dont je compte parler ici au fil de ma lecture. Notons que le Hung Lu Meng, Le rêve dans le pavillon rouge, eut d’abord pour titre Les Mémoires d’un roc, ou Histoire de la pierre.

À suivre, dans le labyrinthe, toujours.

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La condition humaine, 3 (silex peint)

silex peint 13-min

 

Décidément la mode est au négationnisme. Honte à ceux qui ont commémoré le Débarquement en ignorant les Russes, sans lesquels nous ne parlerions plus français. Start-up nation, nouveau nom de la collaboration. Ô têtes de cons, inutile d’aller vous chercher chez vous : 25 millions de Russes morts à la guerre contre le nazisme vous feront de l’autre côté l’accueil que vous aurez mérité.

Pour se nettoyer, encore, du spectacle de la misère, voici, après la topographie et l’histoire, un silex (11 cm de longueur) qui parle d’amour.

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Comme pour les précédents, j’ai peint le silex enchâssé dans la craie, cette fois en prenant garde à ne pas me couper à l’arête du nez, très tranchante

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une face, l’autre…

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et comme il tient debout, le voici vu du dessus…

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et vu de face :

silex peint 15-minAlina Reyes

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Château d’Ermenonville et environs

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Nous avons passé deux jours inoubliables dans ce pays enchanteur, aimé de Nerval et de Rousseau, et nous avons logé dans le château qui, chose rare, fait office d’hôtel. Nous avons visité aussi les ruines altières de l’abbaye de Chaalis et, au même endroit, le fantastique musée Jacquemart-André.

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ermenonville et environs 1-minPour commencer, un arrêt à Mortefontaine, où l’on garde (comme moi dans mon cœur) le souvenir de Nerval et de ses Filles du feu ermenonville et environs 2-min

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L’arrivée au château d’Ermenonville, avec ses plans d’eau et sa cascade. Une merveille très abordable financièrement, car le château n’a pas (pour l’instant) était réaménagé à grand frais, et heureusement : non seulement tout le monde peut en profiter, mais même en dehors de la question du prix, il est beaucoup plus charmant ainsi, avec les marques du temps qui se font si savoureusement sentir, qui sont si apaisantes et enchanteresses.ermenonville et environs 3-min

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Notre chambre donne de l’autre côté du jardin. Quelle émotion, en ouvrant sa porte, de découvrir la vue par la vaste fenêtre !ermenonville et environs 5-min

ermenonville et environs 6-minJe vais contempler ces lieux des heures durant, du rebord de notre fenêtre ou en allant nous y promener. J’observe beaucoup d’oiseaux et d’autres animaux (je m’abstiendrai de mettre ici les dizaines de photos de hérons en train de pêcher et de ragondins en train de nager ou de brouter que j’ai prises !)ermenonville et environs 7-min

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Je vous présente la vieille oie sage qui veille à l’entrée du château, qui m’écoute quand je lui parle et me répond. Elle passera la nuit sur l’îlot face à notre chambre (on la voit en bas à droite de l’image) :ermenonville et environs 15-min

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Un apéritif en terrasse et un dîner au restaurant du château, « La table du poète »

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Les effets de reflets, mobiles

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Au matin les oies et leurs petits glissent sur l’eau verteermenonville et environs 27-min*

Il est temps de quitter la chambre du bonheurermenonville et environs 28-min

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Nous arrivons aux ruines de l’abbaye de Chaalisermenonville et environs 29-min

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ermenonville et environs 31-minUne Annonciation de Primatice dans la chapelle ermenonville et environs 32-min

Des bêtes étranges l’entourent, dont une espèce de dinosaure et un escargotermenonville et environs 33-min

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À nous deux seuls aussi la roseraie (c’est l’avantage de partir en week-start plutôt qu’en week-end : il n’y a personne), une merveille de grâce, arrangée dans un esprit médiévalermenonville et environs 36-min

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ermenonville et environs 38-minPuis nous passerons beaucoup de temps au musée conçu par Nelie Jacquemart-André, dont je ne montre rien car il est interdit d’y prendre des photos. Allez-y si vous en avez l’occasion et voyez par vous-même, cela vaut vraiment le déplacement. Un peu comme au château on se sent plus chez soi qu’à l’hôtel, on s’y sent comme dans une maison où tout vit encore plutôt qu’au musée.

*ermenonville et environs 39-minNous reprenons la route, et après ce séjour à Ermenonville où O avait déjà emmené, avant moi, Madame Terre, nous passons par une autre étape de Madame Terre, le village fantôme de Goussainville. Que reste-t-il quand tout un habitat s’est déplacé ? La littérature, ici présente grâce à un bouquiniste endurant. ermenonville et environs 40-min

Hier et aujourd’hui dans l’Oise, photos Alina Reyes

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Galets peints, encore : figures et symboles

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Je continue à peindre les galets que me rapporte O.

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Ceux-ci sont petits. Pour ces trois figures, j’ai repris en fond la couleur originelle du galet, en l’exhaussant.

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galets peints 13-min

J’ai aussi repeint deux petits galets que j’avais décorés aux feutres il y a quelques mois et qui étaient bien pâles, par rapport aux galets peints. Je les ai d’abord enduits de Gesso, afin de pouvoir ensuite les repeindre.galets peints 15-min

Pour ce dernier, dédié à O, j’ai repris le symbole de l’Homme gravé dans une bague berbère qu’il m’avait rapportée de l’un de ses voyages (bague que je porte tous les jours), et je l’ai fait vert car son prénom est le nom d’un arbre et car son arbre préféré est le pin à crochets, qui pousse en altitude.

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O m’a de nouveau rapporté des pierres. Pas des galets des plages de Normandie cette fois, mais des silex dans leur craie trouvés dans un champ dans la Somme. J’ai juste commencé à en peindre un, les voici au naturel avant de revenir avec le résultat des trois transformés :

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