Ma vie douce & street art

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Mosko & associés

Mosko & associés

Seth

Seth

D*face

D*face

Invader

Invader

plantes

Karma

Karma

Edge

Edge

aujourd’hui à Paris 14e et 13e, photos Alina Reyes

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« Il n’y a, expose Eliphas Lévi, qu’un dogme en magie, et le voici : le visible est la manifestation de l’invisible, ou, en d’autres termes, le verbe parfait est, dans les choses appréciables et visibles, en proportion exacte avec les choses inappréciables à nos sens et invisibles à nos yeux. »
André Breton, L’Art magique

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Crocodile rêveur, flamants roses & compagnie

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crocodile

« Tout n’est pas dur chez le crocodile. Les poumons sont spongieux, et il rêve sur la rive. »
Henri Michaux, « Tranches de savoir », in Face aux verrous

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flamants roses 11Le crocodile rêve, peut-être, mais le flamant rose dort, la tête dans l’aile et le pied en l’air

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Hier à la Ménagerie du Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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Whitman, Shakespeare & compagnie & nooonie noonie noonie

shakspr

J’ai proposé aux jeunes filles de passage à Paris de faire du shopping, elles ont choisi d’aller à la librairie Shakespeare and Company, chez Gibert mangas et dans une boutique de matériel d’art. En chemin, nous sommes passés devant l’une des plaques de Noonie noonie noonie. Et j’en profite pour rappeler mes traductions de sonnets de Shakespeare et de vers de Walt Whitman. Lignée des poètes, tant de noms unis en l’unique : Vérité.

 

shakespeare & co

walt whitman

shakespeare

noonie

toits paris

ce samedi à Paris, photos Alina Reyes

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Une manif et des tags

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manif

manif,

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Aller chercher des personnes à l’aéroport, ne pas pouvoir approcher de chez soi parce que toutes les rues sont bloquées sur le trajet de la manif, se faire finalement déposer loin, remonter la manif pendant 30 minutes sous 30 degrés dans l’air piquant de quelques fumigènes et résidus de lacrymogènes, avec une poussette, un petit, des valises, faire quelques photos au passage. Dans la bonne humeur. Bienvenue à Paris !

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tag 5aujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

… après, on est quand même allés au jardin, où les crapauds s’accouplaient bruyamment et où les bassins étaient pleins de chapelets de leurs œufs

celui-ci prenait le soleil tranquille accroché à sa branche

crapaud

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Thèse, synthèse. Cerisier rose, cerisier blanc

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cerisier du japon*

Hier en fin d’après-midi, juste avant la fermeture de l’élégante bibliothèque des chercheurs du Museum National d’Histoire Naturelle, où je travaillais encore depuis des heures, j’ai fini de rédiger ma thèse. J’avais présenté mon projet ici le 28 septembre 2015. Bien sûr entretemps il a évolué, étant un sujet vivant, mais tout en restant fidèle à son esprit. Ma recherche emprunte à beaucoup de disciplines : la littérature mais aussi l’anthropologie, la paléontologie, l’histoire, et d’autres.

Le résultat ne ressemble à rien de connu et c’est tout à fait normal : la recherche trouve de l’inconnu, ouvre des voies. Mon travail a randonné dans les voies et les sentiers ouverts par beaucoup d’autres chercheurs et auteurs, et il servira à son tour à d’autres aventuriers. Ce qui le rend splendide c’est justement ce cortège somptueux dans lequel il s’inscrit.

J’ai aussi présenté ici, au fur et à mesure, mes actions poélitiques « ma thèse en couleurs »  et « Madame Terre » , travaux d’accompagnement de ma recherche. Il me reste encore à finir d’établir les notes, la bibliographie, les annexes, un index. Cela prendra pas mal de temps, mais l’essentiel est que le texte en lui-même soit écrit, la pensée accomplie.

 

cerisier en fleur*

J’ai travaillé dans plusieurs bibliothèques différentes depuis deux ans et demi. Je rends grâce au réseau de bibliothèques. Celles où l’on peut emprunter des livres, ou bien en consulter, et celles où l’on peut aussi s’asseoir au calme pour lire et écrire, des heures ou des journées durant. Toutes ne sont malheureusement pas suffisamment équipées en prises pour les ordinateurs – je pense par exemple à l’importante bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Ce sont les vacances, je vais m’occuper avec joie de recevoir mes plus jeunes descendants, prendre avec eux un grand bol de printemps. Puis je retrouverai avec autant de joie mon travail, dont le grand roman auquel j’ai commencé à penser à Édimbourg cet hiver.

cerisier rose, cerisier blancle 16 avril 2018 au Jardin des Plantes à Paris, photos Alina Reyes

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Continuidad de los parques, Continuité des parcs, de Julio Cortazar, en quatre courts-métrages et une peinture

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Le texte bref et fulgurant de la fameuse nouvelle peut être lu ou relu ici. Elle a été publiée pour la première fois en 1956 (année de ma naissance) dans le recueil Fin d’un jeu et se trouve maintenant dans Les Armes secrètes. Julio Cortazar est l’auteur qui m’a donné mon nom d’auteure, trouvé également dans Les Armes secrètes (dans la nouvelle La Lointaine). Son œuvre entière et chacun de ses textes pourraient s’intituler Continuité des parcs. Mon nom, par exemple, y est l’anagramme de es la reina y… En toute continuité des parcs, Cortazar entre dans ma thèse, qui est elle-même une fresque de la continuité des parcs. Je contemple chaque jour la peinture Molecule Park, que j’ai faite en lien avec cet univers de continuité des parcs, et que je donne ici après les vidéos. (L’immense beauté convulsive de ma thèse, que je suis en train de terminer, emplit de joie tous mes parcs, les démultiplie pour s’y répandre encore, toujours plus loin.)

J’aime ce court-métrage où la nature tient une place essentielle. Il est seulement dommage que le poignard de la nouvelle ait été remplacé par un pistolet. C’est un film québécois de Gabriel Argüello :

Et voici l’interprétation de la nouvelle par le réalisateur uruguayen Alfonso Guerrero :

Le nom du réalisateur n’apparaît pas sur celui-ci, qui a aussi un bel intérêt poétique, quoique la fin soit un peu trop explicite :

Enfin, cette très belle animation réalisée par des élèves de la San Joaquin School avec leur professeur, Diego Pogonza, et la voix de Cortazar :

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molecule park!-minpeinture Alina Reyes

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Au Collège de France et à l’École normale supérieure. Joie de la recherche

tag rue saint jacques

cour college de france

En entrant de nouveau au Collège de France, où je n’étais pas allée depuis un certain temps, j’ai éprouvé une vive et puissante émotion, l’exaltation de me trouver dans un temple de la science. Je suis partie et arrivée à l’avance, sachant que la conférence de David Graeber, suivie d’un entretien avec le non moins excellent Philippe Descola, ferait salle comble. Rappelons que l’entrée aux cours du Collège de France, des cours du plus haut niveau qui soit, où se révèle dans toutes les disciplines la recherche en train de se faire, est libre et gratuite, ouverte à tous. Une vraie gloire de la France.

college de franceau Collège de France (ci-dessus) et à l’ENS (ci-dessous), à Paris hier et avant-hier, photos Alina Reyes

ens

Le lendemain matin j’entrais à l’ENS, École normale supérieure, autre temple de la science, ou dirais-je plutôt, monastère de la science, pour y suivre la première journée d’un colloque passionnant sur « l’épopée des petites filles, du XIXe au XXIe siècle ». L’entrée au colloque était également libre et ouverte à tous – mais j’étais peut-être la seule étrangère à l’école à m’y trouver. Le but de cette note n’est pas de rapporter ou de commenter ce qui a été dit lors de cette conférence et de ces communications – j’y reviendrai peut-être. Je veux juste aujourd’hui évoquer la sensation extraordinaire que donnent l’accès au savoir, l’approche du savoir. Ressentie dans ces lieux comme elle peut être ressentie aussi dans une bibliothèque, ou tout simplement en ouvrant certains livres. (Je regrette juste l’usage systématique (mais pas au Collège de France), lors des communications, du powerpoint. Lorsqu’il faut montrer des images, c’est très bien. Mais quand il s’agit seulement de redoubler la parole, le powerpoint est une facilité qui affaiblit considérablement la parole).

Apprendre c’est déjà rechercher. La recherche est difficile, exigeante, ardue, combattante, enthousiasmante, extrêmement gratifiante. Elle augmente la vie à l’infini. Écrire une thèse est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie.

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Édimbourg féérique, enneigée

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J’aurais dû être hier après-midi à Paris, puis après annulation du vol, hier soir – mais la neige en a décidé autrement. Décidément il y a une love story entre Édimbourg et moi, voilà que nous ne pouvons plus nous quitter.  Le vol de l’après-midi a été annulé aussi, et je ne suis pas sûre que celui que je dois prendre cet après-midi, via Londres, ne sera pas annulé aussi. En attendant, dès ce matin entre huit et neuf heures j’étais dans la ville en train de l’admirer.

 edimbourg neige 1Avant-hier soir déjà, à la sortie du pub, il y avait une fine couche de neige, balayée par un vent fort et glacial. Revigorant !

edimbourg neige 2Hier matin, de la fenêtre de l’appartement, on pouvait admirer les chutes tourbillonnantes de neige

edimbourg neige 3Arrivée à l’aéroport hier après-midi, j’ai appris que, après l’annulation de mon premier vol sur Air France, mon second vol sur Flybe pour Paris via Birmingham était annulé aussi. J’ai fait deux heures et demie de queue pour pouvoir avoir un autre billet pour aujourd’hui. Tous les vols pour la France étaient annulés, mais aucune information sur le site de l’aéroport de Roissy. British Airways vient de m’informer que le vol d’aujourd’hui pourrait être annulé aussi. Le soir, du bus qui me ramenait à Édimbourg, j’ai photographié la route derrière la vitre embuée. Heureuse comme tout d’être sortie de l’aéroport dans des tourbillons de neige.

edimbourg neige 4Retour au bercail local sous une lune presque pleine, alors qu’elle était en fin croissant lors de mon arrivée

edimbourg neige 5Le Royal Mile, grande artère, au réveil ce matin

edimbourg neige 6Personne n’est encore descendu de l’immeuble

edimbourg neige 7Mais la veille au soir quelqu’un a tracé sur la terrasse des spirales

edimbourg neige 8Même les oiseaux ont froid. Mais plutôt que de se laisser saisir pour être mis à l’abri, il s’envole, donc ça va encore.

edimbourg neige 9Le Royal Mile, plutôt désert

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edimbourg neige 15Il faut filmer ça, la neige est rare ici, la télé est là

edimbourg neige 16à Édimbourg, photos Alina Reyes

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Let there be light

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edimbourg central library*

Le vent souffle, les nuages filent, quelques fins flocons de neige tournoient, entre les masses versicolores du ciel la lumière se déplace, les grandes grues blanches au-dessus des toits étincellent. Édimbourg est toujours en travaux. Sur l’échafaudage à côté de ma fenêtre, les ouvriers malgré le froid échangent avec leur accent du pays et chantent de temps en temps en travaillant. À la bibliothèque centrale où j’ai (très bien) travaillé hier, j’ai trouvé ce journal avec cette image d’un yogi en kilt célébrant à la fois le grand poète national Robert Burns et le Nouvel an chinois au zoo de la ville, où se trouve un panda. Les Écossais n’ont peur de rien, je crois.

edinburgh reporter

edimbourg kilted yogià Édimbourg, photos Alina Reyes

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Quelques photos et réflexions

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En France, une musulmane est empêchée de chanter. Non par quelque fatwa, mais par le décret religieux de la République, qui n’admet qu’une seule façon de penser et de s’habiller. Affaire lamentable de Mennel conduite par la pression à quitter l’émission The Voice. Parce qu’elle porte un turban dans les cheveux, on fouille son compte twitter – sans s’interroger sur les opinions des autres candidats, comme l’a fait remarquer Rokhaya Diallo. Comme sur n’importe quel autre compte twitter, on y déniche une parole trop vite écrite. C’est bien connu, les chanteurs de variété sont de profonds philosophes et d’excellents politologues, ils mènent une vie irréprochable – toutes raisons pour lesquelles on les célèbre – du moment qu’ils ne sont pas musulmans. L’antisémitisme revient au galop en Europe, nous dit-on. Oui, et l’islamophobie est sa forme la plus répandue et la plus consensuelle.

En 1990, le merveilleux André Chouraqui, ancien maire de Jérusalem, disait à Apostrophes : « tous les chemins mènent à La Mecque ». Il en savait quelque chose, lui qui avait magnifiquement traduit la Bible, l’Évangile et le Coran en français. Les chiens aboient, la caravane passe.

Dansé hier – une heure et demie de joie du corps savante. Rêvé cette nuit que par une baie vitrée, à Édimbourg, je contemplais les allées et venues de grands animaux fantastiques et magnifiques sur les toits.

Ce matin, il neige de nouveau.

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neige fenêtreces jours-ci à Paris, photos Alina Reyes

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