Sainte neige (en texte et en images)

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La météo annonçait moins 8 au vent, mais dans la neige, de ravissement, souvent le corps chauffe et ne sent pas le froid, seulement une exquise douceur. La neige rend tout à la beauté, à la pureté, à la paix, à la joie. De quoi semer la pagaille en France, où l’on n’a de dieu que l’Être suprême (le bourgeois blanc avec ses habitudes, son confort et ses mœurs que rien ne doit déranger, ni une autre façon de penser, ni une autre façon de se vêtir ou de se coiffer, ni une autre façon de parler, ni quelque changement de temps que ce soit), dieu extrêmement jaloux, autoritaire et ridicule, qui interdit qu’on prenne les dispositions raisonnables pour s’accommoder de ce qui vient. Un affolement du Citoyen Psychorigide assez réjouissant aussi, face à la supériorité tranquille de la neige. Je suis sortie la goûter ce matin :

 

neige paris 1Dans la cour de l’immeuble, O déneige son vélo

*neige paris 2Devant le collège, c’est bataille de boules de neige

*neige paris 3Le boulevard Saint-Marcel est bien calme

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neige paris 5Autos et motos en manteaux blancs

*neige paris 6Le jardin des Plantes a fermé ses grilles

*neige paris 7La pub disparue sous l’amour

*neige paris 8J’aime cette montée enneigée de la mosquée

*neige paris 9Salut, toi !

*neige paris 10La cour intérieure de la mosquée est plus belle que jamaisneige paris 11

neige paris 12

neige paris 13Intérieur, extérieur, la mosquée est belle de partout

*neige paris 14Et toujours les enfants jouent avec la neige

*neige paris 15Tout a un air de fête

*neige paris 16Encore la mosquée, dans tout son déploiement, face au jardin des Plantes (le bâtiment à l’arrière-plan à droite de l’image, c’est la bibliothèque où souvent je travaille)

*neige paris 17À la Sorbonne nouvelle (où je travaille aussi parfois), on fait aussi des bonhommes de neige

*neige paris 19Jour de noces pour la végétation aussi

*neige paris 20Le square Scipion est hortus conclususneige paris 21tout aussi enféérisé

*neige paris 22en face, dans la cour de l’hôtel Scipion, un selfie en reflet et encore une aire de jeuxneige paris 23Ce matin à Paris 5e, photos Alina Reyes

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Danser. La danse orientale, aventure intérieure

danse orientale

danseQuoi de mieux que la danse pour réassouplir, rééquilibrer, réinnerver un corps fatigué, un dos démoli, des muscles et des articulations souffrant çà et là à force de trimbaler des sacs trop lourds et de manquer de sommeil ? Je me suis remise à la danse orientale, et déjà je sens revenir ma joie et mon corps de danseuse. J’ai ressorti mes foulards tintinnabulants, j’ai fait sonner leurs piécettes à toute vitesse autour de mes hanches, j’ai joui du rythme des musiques, de la camaraderie entre femmes, du franchissement des difficultés, des moments de grâce qui viennent dans l’exercice. La danse orientale est un miracle, une médecine pour l’esprit comme pour le corps, une surabondance de liberté pour le corps dont chaque partie devient à la fois indépendante et partenaire des autres et qui sait aussi bien se déployer en longs beaux déliés que se saccader, s’ancrer, s’étirer, jouer d’accessoires, cannes, voiles, tourner sur soi et faire des huit couchés comme celui de l’infini qui vous donnent la sensation de danser avec les étoiles.

Une aventure intérieure.

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Amateur d’indépendance et de plein air : Shawn James et sa cabane en forêt

shawn james

Le gars a construit sa cabane au Canada en six mois, seul, comme on le voit dans ce timelapse. Du bel et bon travail. Dans la deuxième vidéo, il s’est filmé au cours des quelques jours qu’il vient d’y passer. De la belle et bonne vie, grandiose à mon sens – j’ai vécu de telles choses et j’en revivrai si Dieu le veut : ce qui est bon, c’est de vivre beaucoup de vies en une, et parmi toutes ces vies, la vie sauvage et solitaire, l’une des toutes meilleures, doit avoir sa place, ne serait-ce qu’un peu de temps (car dans cette vie le temps n’a plus la même valeur, il est quasiment de l’ordre de l’éternité).

Pour en savoir plus, son site

Et n’oublions pas la littérature : Walden ou la vie dans la forêt (un passage du livre de Thoreau dans ma traduction, contant son énorme joie de vivre dans sa cabane, construite aussi de ses mains)

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Smells like Teen Spirit

nirvana

Un arrangement assez fascinant de ce morceau dont j’ai déjà posté d’autres interprétations ici. Teen spirit for ever ! Soyons heureux si nous ne faisons pas les choses comme les font les gens qui appartiennent au monde. Nous ne lui appartenons pas, ni à qui ou quoi que ce soit d’autre. Nous sommes en vie, nous sommes libre, ça chante, ça crie, ça déchire, ça danse !

Finalement je n’avais pas perdu mon travail, hier. Je l’ai retrouvé. Et j’ai continué. C’est une symphonie.

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Parole du ciel

libres poetes,,

libres poetes,*

Après avoir, jusqu’à quatre heures et demi du matin, discuté avec O de la question : vais-je ou non quitter l’Éducation nationale ?, avec son encouragement j’ai pris ma décision.

Nul être libre ne peut s’accorder à une telle institution, totalitaire, orwellienne, baragouinante (points de carrière, directives, acronymes et autres éléments de langage comme autant de débris babéliens). L’humain n’y est qu’un pion, et le plus terrible n’est pas cette grosse machine stupide elle-même, mais le constat qu’on y fait de la soumission de ceux qui en sont, formatés à tel point qu’ils se trouvent dans l’incapacité totale de s’en rendre compte. Bien sûr comme dans toute bonne dystopie il y a dans le lot quelques résistants secrets, parmi les plus discrets, les plus taiseux, protégeant de leur réserve la liberté intérieure qu’il leur reste. Mais c’est un rôle qui ne me convient pas, du moins autant qu’il me reste la possibilité de choisir toujours de nouveau ma liberté effective.

À cinq heures cinq, à l’heure de me lever pour pouvoir arriver à temps pour le premier cours au lointain lycée où la grosse machine m’a nommée sans considération d’humanité, je ne me suis pas levée. À huit heures quinze, avant le premier cours, j’ai téléphoné pour prévenir de mon absence. Quand j’ai raccroché, un vol de mouettes est passé à ma fenêtre, criant, m’appelant à prendre le large. J’ai souri, largement.

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Mes ateliers d’écriture au lycée

chouette

maison d'amour*

Je suis professeure de lettres dans un lycée général d’Île de France depuis ce mois de septembre 2017. Dès la première semaine, j’ai instauré un atelier d’écriture avec mes classes de Seconde générale et de Première technologique ST2S, lors des heures de cours en modules (17 à 18 élèves par groupe).

Ma principale source d’inspiration pour l’esprit qui préside à cet atelier fut une expérience d’atelier d’écriture que je vécus une fois aux Compagnons de la nuit, une association d’accueil du soir de personnes sans abri. Régulièrement, dans sa grande salle en sous-sol d’un immeuble du cinquième arrondissement de Paris, cette association organisait un atelier d’écriture où étaient conviés aussi bien des gens vivant dans la rue que des habitants du quartier. J’étais à ce moment-là moi-même bénévole dans une autre association d’accueil de personnes sans domicile fixe et j’avais l’intention d’y proposer aussi un atelier d’écriture (les responsables de cette association catholique ayant accueilli favorablement mon idée… la confièrent aussitôt à un homme – qui proposa une formule d’atelier classique, et de peu d’intérêt – je quittai l’association).

Aux Compagnons de la nuit, la formule était simplissime. Le responsable de l’atelier proposa à la vingtaine de personnes présentes (dont j’étais, donc), un sujet ainsi formulé : « Allo ? » Nous étions assis sur des chaises autour d’une table, muni d’une feuille de papier et d’un stylo. Chacun, chacune, habitant.e avec ou sans toit, se mit à écrire. Et quand tout le monde eut terminé, chacun.e lut son texte. Chaque lecture était suivie d’un applaudissement sobre, aucun commentaire n’était fait. Les textes écrits par les personnes sans abri avaient souvent une force poétique inouïe. Il y eut parfois des larmes, mais sans aucun pathos. Ce qui se passait était extrêmement intense, d’humanité, de partage, de communion.

L’atelier que j’ai mis en place s’inspire de cette simplicité et de cette humanité, et les recherche. Je l’ai adapté à des classes de lycéens en proposant des sujets également très ouverts mais en lien avec ce que nous étudions parallèlement dans les cours de littérature. Les élèves disposent les tables en U, j’écris le sujet au tableau. Comme nous avons peu de temps devant nous (à peine 55 minutes entre deux sonneries), je joue justement sur la pression, l’urgence. Il leur faut en général une dizaine de minutes pour s’installer puis se mettre au travail. Je comprends et j’accepte parfaitement ce temps qu’il faut laisser à ce qu’on appelle « l’angoisse de la page blanche ». Au tout début, les élèves protestaient fortement contre la consigne, contre ce genre d’exercice auquel ils n’étaient pas habitués et qui les mettait en danger. Je laissais leur inquiétude s’exprimer tout en restant tranquillement ferme : il allait falloir le faire. Venait alors le moment où ils se jetaient à l’eau. L’écriture venait, dans le silence et l’intensité du moment. Les protestations ont disparu lors des séances suivantes, mais le processus demeure le même. Le temps de libération du verbe est une libération. Au bout d’une vingtaine de minutes, nous passons à la lecture des textes. Même les plus timides, les plus taiseux, ou les moins adroits avec les mots, s’y livrent avec bonheur. Les toutes premières craintes, les hontes ont disparu. J’ai expliqué qu’il s’agit ici d’un atelier d’écriture personnelle et non scolaire (même si finalement je donne une note au bout de quatre ateliers, car les élèves sont trop habitués au système de notes pour pouvoir s’en passer). Personne ne doit juger ni commenter, seulement écouter – puis applaudir discrètement afin de remercier l’auteur de sa lecture. J’ai expliqué aussi que nous étions là dans la littérature, et qu’il n’y avait donc ni censure ni interdit, à part l’interdiction de ne pas écrire quelque chose qui ne soit pas, dans l’esprit, de l’ordre de la littérature. L’écoute des uns par les autres est excellente, surtout avec les élèves de Première, un peu plus mûrs.

Ce qui jaillit d’un tel dispositif d’écriture est très profond. Même si l’expression peut en être maladroite, des expressions de soi rejoignant l’universel humain de toujours et de partout surgissent sur le papier à travers de petites fictions ou de brefs textes de réflexion. Tour à tour poétiques, tragiques, humoristiques, ces textes produits individuellement puis partagés oralement, donnés et reçus, font expérimenter aux élèves le sens de la littérature, tel qu’il existe depuis ce qu’on appelle l’homme préhistorique : l’humain.

Les élèves sortent calmes et profondément satisfaits de ces ateliers. La plupart d’entre eux les réclament, dans les périodes où nous n’en faisons pas. Certains furent particulièrement intenses, le groupe en larmes pendant le temps des lectures, et se disant soudé après l’expérience (refusant même de quitter la salle avant que tout le monde ait lu son texte, un vendredi à 17h25 alors que la sonnerie de départ avait retenti). Chaque atelier est différent, mais l’esprit en est généralement celui d’un grand calme, d’une paix d’autant plus sensible quand les textes sont eux-mêmes « sensibles ». L’attitude du professeur est essentielle : il faut dégager soi-même un grand calme, une paix intérieure, une détermination douce, être présent à la demande et s’effacer quand il le faut. Cela ne peut se réaliser qu’en accord avec la politique générale de ses cours, de son attitude dans l’ensemble des cours.

Voici quelques-uns des sujets proposés lors de ces ateliers :

« Un loup sans forêt. Racontez. »

« … par une petite porte dans ma chambre que je n’avais jamais vue, je découvris… »

« 1) Chacun de nous est marqué par le mode de pensée dans lequel il a été élevé. 2) Malgré cela, nous pouvons réfléchir par nous-mêmes. Donnez des exemples pour les deux cas. »

« Une rencontre particulière. Racontez. »

« Le rêve peut être une façon : 1) de fuir la réalité ; 2) d’enrichir la réalité intérieure. Donnez des exemples argumentés pour les deux cas. »

« La littérature sert : 1) à faire découvrir des réalités qu’on ne connaissait pas ; 2) à faire réfléchir. Donnez des exemples pour les deux cas. »

« Racontez un moment particulier » (Ce sujet a été donné pour un atelier réalisé entièrement à l’oral, sans passage préalable par l’écriture).

« La Brindille [nom de la rivière au bord de laquelle l’enfant a été violée et assassinée dans le conte de Maupassant étudié parallèlement, La petite Roque] a tout vu. Écrivez le flux de ses pensées, son désir de justice après le meurtre. »

Après lecture en commun, les élèves se relayant, de la scène où Tartuffe tente de séduire la femme de son meilleur ami : « Réécrivez, à deux, cette scène de séduction hypocrite et inappropriée en langage sms (échange de textos) ».

« Qu’est-ce que, selon vous, le courage de la vérité ? Donnez des exemples. »

« Écrivez le monologue du Pauvre après sa rencontre avec Dom Juan ».

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Prof, le cœur léger

danseuse !!

danseuse !l’un de mes collages du temps où j’avais le temps de m’y amuser ; mais j’en referai, j’ai rapporté un journal de théâtre d’Edimbourg pour ça

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Au retour, dans le bus, puis le RER, puis le métro, deux heures durant, mon livre reste dans mon sac : je savoure ma journée. Fatiguée mais heureuse. Pourtant je n’avais vraiment pas envie d’y aller. D’y retourner. Au lycée. Jusqu’à trois heures et demie du matin pensant à mes travaux d’écriture en cours ou en projet, que le retour à l’enseignement allait retarder alors qu’ils me tiennent tant, tant, tant à cœur. Quand il a fallu se lever, à 5h05, mon heure pour y être à temps pour le premier cours à 8h30, je n’étais pas la reine du monde. Mais finalement ça n’a pas changé : mes élèves aussi me tiennent à cœur, tant et tant. D’ailleurs tout s’est passé à merveille. Il y en a même un qui a demandé à assister une deuxième fois au cours – après celui du premier groupe, dont il fait partie, le même cours pour le deuxième groupe deux heures plus tard – et qui a participé très bien aux deux, avec bonheur. D’autres aussi ont été heureux, comme moi. Je leur fais bien sentir les nuances, les strates de sens dans un texte, et en quoi cela nous concerne tous, cela concerne chacun de nous – et ça les intéresse – je rends grâce au génie de Molière. Ça c’était avec les Seconde. Les Première ont eu à composer un commentaire de texte en deux heures, et je ne les avais jamais vus aussi travailleurs, sérieux, réfléchi.e.s (à part trois qui ont préféré dormir sur leur table au bout d’une heure). Tout cela s’est passé dans le calme mais sans somnolence (sauf pour les trois rois fainéant.e.s), de façon bien réveillée, vivante. Ayant dormi seulement une heure et demie dans la nuit, j’avais eu la bonne idée d’emporter une thermos de café, qui m’a bien soutenue entre deux cours, et j’étais calme comme un Bouddha (avec le presque kilo que j’ai pris pendant les fêtes j’aurais pu poser en Bouddha, en effet). La vie est belle, quoi.

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Rire, dire, et mouiller les drapeaux (White, Cendrars, Supervielle, Borges, Reyes & compagnie)

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« Rien ne me réjouit davantage que le rire de Tchouang-tseu, cet Héraclite heureux, ce Rabelais raffiné.

Et devant à peu près tout ce qui se présente aujourd’hui comme « culture », « littérature », « art » je suis pris, moi-même, d’un rire irrépressible.

Comme, pour retrouver des Euro-Celtes, Blaise Cendrars (sa mère était d’origine écossaise) :

« Ma situation est très spéciale et difficile à tenir jusqu’au bout. Je suis libre. Je suis indépendant. Je n’appartiens à aucun pays, à aucune nation, à aucun milieu. J’aime le monde entier et je méprise le monde. Je m’entends bien, je le méprise au nom de la poésie en action, car les hommes sont par trop prosaïques. Des tas de gens me le rendent. J’éclate de rire ». »

Kenneth White, Écosse, le Pays derrière les noms (voir l’Institut de Géopoétique)

J’ai enregistré les deux premiers textes, celui de Supervielle puis celui de Borges dans ma traduction, à Paris tandis que l’un de mes fils jouait du piano dans la pièce d’à côté. Le troisième dans mon ermitage des Pyrénées.

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Happy New Year from Edinburgh (and Nessie)

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J’entends Éden dans le nom de cette ville, et c’est tout ce qu’on peut souhaiter aux personnes et à l’humanité. L’extrême beauté de la nature et de l’architecture s’y conjugue avec l’extrême gentillesse des gens, pleins d’esprit de fête et de bonne vie, de respect envers les un.e.s et les autres, de sens civique, de générosité.

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Plusieurs feux d’artifice ont été tirés dans la soirée, mais bien sûr le plus magnifique fut celui de minuit. Après lequel des gens dans la foule vous tendent la main pour vous souhaiter chaleureusement la bonne année, et se remettent à circuler sans que même les plus éméchés ne manifestent le moindre début d’agressivité ni de mauvaise humeur.

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C’est dans une ambiance bon enfant et pleine de joie, en dansant au rythme des bons groupes qui passent plusieurs fois par semaine dans ce pub (une ancienne église reconvertie) que nous avons commencé 2018. Puisse cette nouvelle année éclairer le cœur du monde en lui faisant former beaucoup de bons rêves, et réaliser beaucoup de bonnes œuvres.

 

nessie*

Edimbourg, toujours

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Pubs, restaurants, cafés, plus accueillants les uns que les autres, et on ne se lasse pas d’arpenter la ville (voir notes précédentes)

edimbourgh 1Peu de street art, mais de temps en temps des choses originales.

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edimbourgh 3De belles alliances d’architectures modernes et anciennes.

edimbourgh 4Des rues médiévales.

edimbourgh 5,Le château vu à travers la meurtrière d’un mur de la rue The Vennel.

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edimbourgh 7La lune est là.

edimbourgh 8Flambeaux à la porte du château.

edimbourgh 9La lune est là aussi.

edimbourgh 10Musique un peu partout, la ville fête le passage à la nouvelle année.

edimbourgh 11Un premier feu d’artifice est tiré.

edimbourgh 12Au-dessus de la gare, un long escalier avec des marches de marbres tous différents.

Aujourd’hui à Edimbourgh, photos Alina Reyes

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