Commune libre jaune de Montmartre

crocus

montmartre*

Quelle joie de voir ce samedi, pour l’acte XIX, Montmartre jaune de monde comme une montagne au printemps sous les crocus perce-neige ! Quel symbole, cette banderole déployée en haut du Sacré-Cœur, laide bondieuserie architecturale construite pour « expier les fautes de la Commune » ! Cette réappropriation par le peuple vivant de cette basilique aujourd’hui encore à tendance intégriste, qui occupe le lieu pour tenter d’effacer le souvenir des Communards assassinés là en masse sur l’ordre de Thiers – massacreur de peuple auquel Macron rendit hommage à Versailles. Oui, l’esprit de la Commune était revenu là, elle fleurissait, vivait, chantait, se réjouissait parmi les manifestants de cette belle journée en forme d’apothéose de la semaine ! Tandis que le pouvoir avait érigé autour de ses sanctuaires un véritable mur d’acier, gris et froid, gardé par des armadas de policiers et de soldats, où se tenait, cadenassé dans sa peur, le sempiternel menteur qui ne veut pas, en fait, qu’on aille le chercher.

Une nouvelle fois, dans toute la France, les Gilets jaunes sont sortis au plein air, et la macronie sans courage ni valeur s’est cachée, violence anonyme, derrière ses murs et ses armées. Encore une fois, la violence anonymisée des unités de police a tenté de reporter sa faute sur le peuple violenté. Et le peuple a montré qu’il était toujours debout, et qu’il continuerait.

« À l’absurde imposé, mécanisé, répond aujourd’hui la violence », écrivait l’historien Alphonse Dupront dans son livre Du Sacré. Après avoir noté que « nos sociétés modernes, effrénées de réglementation et donc de mépris de l’homme, s’acharnent à paralyser, à tarauder ou détruire les puissances de la vie » ; et constaté que « la médiocrité cristallise jalousies de son pouvoir et sa jouissance inquiète jusqu’à férocement, par tous moyens, s’en faire une citadelle. » Comme aujourd’hui, pouvons-nous ajouter, le fait la médiocratie macronienne.

 

mur

Mais rien n’arrête les puissances de vie. On reproche aux Gilets jaunes un manque d’organisation ? Il n’est qu’apparent : ces gens sont vivants, ils ont plus d’instinct qu’il n’en reste aux élites formatées, et cet instinct, la plus intelligente des intelligences comme disait Niezstche, leur fait suivre la voie de la vie, si déraisonnable puisse-t-elle paraître. « Le scandale de la déraison libère ici l’irrationnel, cette force souterraine qui est puissance d’exister et d’accomplir », poursuit l’historien habité du sens spirituel de l’histoire.

Une force souterraine qui jaillit comme les fleurs dans les champs au printemps. Voilà ce que j’ai vu dans cet acte XIX des Gilets jaunes. J’ai vu la belle France, comme disait Georges Darien dans son livre éponyme : « Voleurs et assassins — les Riches — sont parvenus, grâce à la terreur et à l’ignorance qu’ils imposent et entretiennent, à obscurcir complètement la signification du mot : Patrie. Avec l’aide de leurs deux valets, le Prêtre armé du mensonge et le Soldat qui brandit un sabre, ils ont réussi à interdire à ceux qu’ils ont spoliés la compréhension du mot (…) non contents d’avoir à leur service le prêtre et le soldat, ils ont enrôlé dans leur garde les pions et les sous-diacres de l’écritoire : et ces drôles, s’emparant du mot qu’il ne faut pas qu’on comprenne, le déguisant davantage encore sous le clinquant des phrases et les oripeaux de la déclamation, sont arrivés à en faire un spectre qu’ils opposent aux plaintes et aux demandes des Pauvres — ce mot, qui doit être la synthèse de toutes les revendications sociales ! La Patrie, aujourd’hui, — et, hélas ! depuis si longtemps ! — la Patrie, c’est la somme des privilèges dont jouissent les richards d’un pays. » Et Georges Darien conclut, à propos des pauvres qui se lèvent contre l’iniquité : « s’ils savent faire usage d’une politique très simple, dédaigneuse des vieux rouages de la politique bourgeoise, ce succès se manifestera très rapidement. »

Un événement comme celui de la Commune n’implique pas la violence ni le crime en retour, mais le fait que le crime ait lieu est simplement une preuve (non nécessaire) de la réussite de la Commune. Qui, comme tout événement juste, continue à vivre, à être en mouvement – qu’il ait été tué ou non. Simplement cela ne se passe pas dans le monde apparent, le monde que nous croyons réel alors qu’il est mortel et sans cesse mourant, mais dans le monde profond, d’où il fleurit, se manifeste ici et là dans l’espace et le temps, tout en étant à la fois l’un des moteurs et l’un des guides de l’humanité.

Malgré la volonté de crime et l’accomplissement du crime, ce qui (de l’événement juste) a été fait, en pensée, en parole ou en action, continue à se faire : rien n’a pu l’empêcher de se faire, rien ne pourra l’empêcher de continuer à se faire, rien ne pourra le défaire qu’il ne s’en renouvelle, qu’il n’en renaisse ou n’en ressuscite. Ce qui lui donne sa force est justement de n’avoir pas cédé à la tentation de se protéger par une organisation qui entrerait d’une façon ou d’une autre en contradiction avec ce qu’il est (comme cela fut fait dans l’instauration des régimes communistes), et qui tôt ou tard assurément le conduirait à sa fin (comme c’est arrivé) : le communisme léniniste ou maoïste est fini, contrairement à l’esprit de la Commune, qui est resté pur, donc viable.

La Commune ne s’est laissée ni récupérer, absorber par le système dominant, ni laissée aller à la tentation de se maintenir et de vaincre par un système de domination qu’elle aurait elle-même mis en place. Dans l’un et l’autre cas, elle aurait signé elle-même sa mort, à plus ou moins long terme. Or, nous le voyons bien, elle est toujours vivante – c’est-à-dire non pas identique dans ses manifestations à ce qu’elle fut lors de son apparition, mais identique en son « idée » et changée en ses expressions selon le mouvement naturel, non forcé, de la vie. Et elle est encore toute jeune. Comme dit la chanson communarde : « C’est la canaille… eh bien j’en suis ! »

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Montmartre fut le premier quartier que j’habitai à Paris il y a bientôt trente ans, il reste en mon cœur, et parfois dans mes rêves, la nuit.

Dans mon roman Forêt profonde, le Sacré-Cœur est changé en mosquée (dans un sens symbolique, spirituel, bien sûr)

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Belle balade au cimetière de Montmartre

cimetiere de montmatre vu du pontpour arriver au cimetière de Montmartre, on descend du pont, puis une fois dedans, comme dans tout Montmartre, on monte, on descend, on monte…

escalier cimetiere montmartreJ’ai eu de belles surprises mais sans avoir cherché à voir telle ou telle tombe, je me suis simplement promenée et j’ai pris des photos

sleepy time cimetiere montmartre

visage cimetiere montmartre

visage cimetiere montmartre,

egyptiens cimetiere montmartre

chat cimetiere montmartre

j’ai vu plusieurs chats, une corneille, une pie

fred chichinje ne savais pas que Fred Chichin était là

avec une guitare « from Nashville »

from nashville for fred chichin cimetiere montmartre

lumiere cimetiere montmartre

il y a une tombe décorée avec un arbre à rubans et petits mots, une autre avec des libellules

rubans cimetiere montmartre

libellules cimetiere montmartre

chat gris cimetiere montmartre

ange aux flutes cimetiere montmartre

nijinski cimetiere montmartreet c’est alors que j’ai vu Nijinski, mon coeurfrère

je ne savais pas qu’il était là

nijinsky cimetiere montmartrej’ai cherché dans mon sac quelque chose à lui donner, j’ai déposé à ses pieds une petite boule brillante kaléidoscopique, bout de bijou semblable à un cosmos

ludmila tcherinaet puis la danseuse étoile Ludmila Tcherina, pour danser avec lui

et Anatole, garde-champêtre de la commune libre de Montmartre

anatole garde champetre cimetiere montmartre

arbre cimetiere montmartre

statue cimetiere montmartre

chat tigré cimetiere montmartre

hébreu cimetiere montmartre

statue cimetiere montmartre,

cailloux cimetiere montmartre

juifs déportés et tués cimetiere montmartre

zola cimetiere montmartreZola aussi est là

arbre cimetiere montmartre,

vivre cimetiere montmartre

vue cimetiere montmartre

bonhomme cimetiere montmartre

ange cimetiere montmartre

et cet arbre qui a poussé autour d’une pierre tombale

arbre et pierre cimetiere montmartrecet après-midi, photos Alina Reyes

 d’autres photos de cimetières parisiens : mot clé cimetière

je me suis aussi baladée dans mon ancien quartier, où dans un rêve ancien je me baladais aussi en sortant de ce cimetière après ma mort

au retour j’ai eu la joie d’apprendre que j’étais admissible à l’agrégation de Lettres modernes. Reste à préparer les oraux, en travaillant autant que possible car c’est du costaud !

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Un jour à Montmartre, et retour

J’ai commencé par une vue sur la Seine depuis le métro, en passant pont d’Austerlitz, j’ai fini par des vues de la ville depuis le bus, en rentrant. Entre les deux des conférences passionnantes sur le surréalisme à la Halle Saint-Pierre, et un tour assez rapide dans les rues de la butte, sous un ciel voilé par la pollution.metro-pont-dausterlitz

rue-montmartre

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gregos

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conference-sur-queneau

halle-saint-pierre

butte-montmartre

soleil-pollution

de-la-butte

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street-art-rustique

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maison-rose-montmartre

rimbaud-montmartre

vigne-montmartre

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tags-montmartre

vigne-montmartre

rue-montmartre

rimbaud-verlaine-chat

passe-muraille

peace

chouette

tags-porte

bonhomme

bieres

snem

rue-butte-montmartre

ninin

diaz

valadon le-mouvement

balai

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vu-du-bus

pont-seine

lumieres-de-la-villeaujourd’hui à Paris, photos Alina Reyes

voir aussi mes photos des toits de Paris aujourd’hui depuis la butte

et une autre de mes balades à Montmartre, en été

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Balade à Montmartre

pour voir le virtuose du ballon en grand, cliquer sur les images


Photos Alina Reyes

Après avoir visité les « Banditi dell’Arte » à la Halle Saint-Pierre – le lien entre leurs oeuvres hors normes et leur biographie de pauvres, fils de bergers, de pêcheurs, d’ouvriers misérables, orphelins, enfants abandonnés, enfants battus… est saisissant – j’ai marché encore dans mon ancien quartier, de Barbès au métro Cadet, que j’ai pris pour rentrer à la maison, en me mettant juste derrière la conductrice, pour voir filer les petites lumières dansantes dans les couloirs que le train troue.

 

Seule la grâce sauve.

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