courant debout dans la joie à sa délivrance

 

Elohim et ha-shamayim ve’et ha’aretz (Genèse 1, 1 : « [Au commencement créa] Dieu les cieux et la terre »

Allāhu Nūru As-Samāwāti Wa Al-‘Arđi (Coran 24, 35) : Dieu lumière des cieux et de la terre

 

Elohim et Allah sont le même mot, l’un hébreu l’autre arabe : El (ici en hébreu à la forme pluriel) signifie Dieu et se trouve dans le lah de Al-lah (le Dieu)

shamayim et samawati sont le même mot, l’un hébreu et l’autre arabe : cieux

aretz et ardi sont le même mot, l’un hébreu et l’autre arabe : terre

ve et wa sont aussi le même mot dans les deux langues : et

 

Nurun ala Nurin : Lumière sur Lumière. Le Coran est Lumière sur la Lumière qu’est la Bible. Leurs langues sont sœurs et épouses d’un même Dieu. Eaux d’en haut et eaux d’en bas, comme dit la Genèse (1, 7), au confluent des deux océans comme dit le Coran (18, 60), l’homme se retrouve dans le même et unique lit de la Vérité, torrent courant debout dans la joie à sa délivrance.

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« Venez à la félicité »


image trouvée ici

 

Quand j’étais au carmel, à prier cinq fois par jour, j’étais bienheureuse au plus haut point, comme lorsque je suis dans ma montagne seule face à Dieu. Et maintenant que je suis dans l’islam, il en est de nouveau ainsi. Dans la règle des Pèlerins d’Amour est inscrite depuis l’origine, depuis deux ans, la journée rythmée par cinq temps de prière. Sur cette question absolument primordiale il n’y aura donc rien à changer. L’islam c’est la possibilité de vivre comme au carmel, en priant cinq fois par jour, tout en vivant pleinement sa vie d’homme ou de femme, dans la plénitude de la communion, la paix du cœur, l’élan continuel de l’être vers la source de tout être, dans l’éternité. L’islam est l’accomplissement de la religion, qui rend l’homme à sa pleine humanité, telle qu’elle fut pressentie par les hommes originaires, les « primitifs », dont l’existence profane était indissolublement liée à l’existence sacrée. Oui, là seulement est l’homme : quand sa vie naturelle est toute entière vécue dans sa dimension surnaturelle. En ce sens l’islam est la religion des religions. Comme elle sa prière unit la terre et le ciel, le corps et l’esprit, également sollicités, participants de ce passage dans l’autre monde qu’est la prière. Sans doute les siècles et l’époque ont-ils fermé en un grand nombre d’êtres humains la porte qui permet ce passage. Mais cette porte est inscrite dans l’homme, et sa nature, et l’humanité, réclament son ouverture. La réclament comme l’eau réclame derrière un barrage, même si on ne l’entend pas. Notre passage ici-bas est un parcours entre les barrages, mais nul barrage n’est éternel, et l’eau saura toujours courir vers l’appel à la félicité.

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