Haïkus de la douce soirée

Douceur du foyer
Dans la chambre le pianiste
joue Erik Satie

*

Humble appartement
Écailles aux plafonds, papiers,
l’art en sa demeure

*

Aux murs des peintures
Vives couleurs sur bouts de bois.
Ça chante l’amour

*

Non classé

Haïkus de ce jour

Avale, dévale

à vélo la longue allée

bordures de fleurs

*

Un martèlement

Les lignes de mon cahier

Un écoulement

*

Un collier de perles

les vagues de l’océan

la course des lettres

*

Non classé

Haïkus de la bonne nuit

Dans la nuit paisible

un petit camion poubelle

roule à travers ciel.

*

Qu’est-ce qui scintille

dans la pulpe du raisin ?

Son jus sur ma langue.

*

Le petit camion

finit de désintégrer

tous les déchets. Fin.

*

Non classé

Haïkus du retour

Retour au port

Balises jaunes à fleur d’eau

Les oiseaux blancs crient

*

Pin dressé bien haut

Chant doux de la tourterelle

Chahut des geais bleus

*

Herbe pleine d’ombre

Passages de la lumière

entre les arbres

*

Le soleil monte.

Une autre lumière habite

mon corps, le monde.

*

Non classé

Haïkus brûlants

Vendanges dans l’air

Soleil du matin, raisin

Jus chaud sous la langue

*

Clairière en montagne

La grange annonce la paille

où faire l’amour

*

Pluie, tonnerre, foudre,

déchirures de lumière

ciel brûlant d’été

Non classé

Haïkus d’un beau matin, et ses images

Les feuilles roussissent

Assise dans la fontaine

je prends le soleil

*

Les chevaux de cuivre

se cabrent au creux de la vasque

Il n’y a pas d’eau

*

Léger tourbillon

de minuscules insectes

et nos ombres au sol

*

1

2

3

4

5

6

7

8

ce matin à Paris, photos Alina Reyes

Non classé

Haïkus du bonheur d’été

Volent dans les fleurs

les abeilles au ventre d’or.

Je mange du miel.

*

Soleil dans les pierres.

L’ombre des plantes dessine

sur notre maison.

*

Bébé dans la chambre.

De leurs dents les chevaux fauchent

l’herbe dans le pré.

Non classé

Haïkus de la pluie d’été

Pluie à la fenêtre

mon cœur bondit de jeunesse

je suis éternelle

*

Verdure très mûre

en bas au cœur de la cour

il fait déjà nuit

*

La terre assoiffée

ouvre la bouche et avale

l’eau gouttant du ciel.

Non classé

Haïkus d’un après-midi d’été

Vert mûr du seul arbre

Blondeur du foin sur le pré

Petits sauts d’oiseaux

*

Peu après midi

Cils baissés sur les pupilles

Filtrant l’invisible

*

Lourdeur des paupières

Un duvet tremble dans l’herbe

Heure la plus chaude

*

L’orage en coulisses

s’habille pour la soirée.

La terre l’attend.

*

Baies dans les buissons

Merles dans le cerisier

L’été s’accomplit.

Non classé