Dodue, son pelage
noir des nuits où l’on entend
ses longs feulements.
*
Doucement palpite
sa géométrique voie
triangulatoire.
*
Portant sous les toits
la très antique mémoire
d’une jungle vive.
*
Dodue, son pelage
noir des nuits où l’on entend
ses longs feulements.
*
Doucement palpite
sa géométrique voie
triangulatoire.
*
Portant sous les toits
la très antique mémoire
d’une jungle vive.
*
Douceur du foyer
Dans la chambre le pianiste
joue Erik Satie
*
Humble appartement
Écailles aux plafonds, papiers,
l’art en sa demeure
*
Aux murs des peintures
Vives couleurs sur bouts de bois.
Ça chante l’amour
*
Café en godet
orange comme les feuilles
tombant des platanes
*
Mon rouge à lèvres
sur le bord du gobelet
marque la minute
*
Passants, leurs visages
fluant derrière la vitre,
dehors, moi dedans
*
Avale, dévale
à vélo la longue allée
bordures de fleurs
*
Un martèlement
Les lignes de mon cahier
Un écoulement
*
Un collier de perles
les vagues de l’océan
la course des lettres
*
Dans la nuit paisible
un petit camion poubelle
roule à travers ciel.
*
Qu’est-ce qui scintille
dans la pulpe du raisin ?
Son jus sur ma langue.
*
Le petit camion
finit de désintégrer
tous les déchets. Fin.
*
Retour au port
Balises jaunes à fleur d’eau
Les oiseaux blancs crient
*
Pin dressé bien haut
Chant doux de la tourterelle
Chahut des geais bleus
*
Herbe pleine d’ombre
Passages de la lumière
entre les arbres
*
Le soleil monte.
Une autre lumière habite
mon corps, le monde.
*
Vendanges dans l’air
Soleil du matin, raisin
Jus chaud sous la langue
*
Clairière en montagne
La grange annonce la paille
où faire l’amour
*
Pluie, tonnerre, foudre,
déchirures de lumière
ciel brûlant d’été
Les feuilles roussissent
Assise dans la fontaine
je prends le soleil
*
Les chevaux de cuivre
se cabrent au creux de la vasque
Il n’y a pas d’eau
*
Léger tourbillon
de minuscules insectes
et nos ombres au sol
*








ce matin à Paris, photos Alina Reyes
Bruit de la souris
trottinant de la mollette
tout près de l’ordi
*
Saveur du cumin
Avec de la mimolette
je mange mon pain
*
Des filets militaires
d’hommes et non pas d’omelettes
Régiments limentaires.
Volent dans les fleurs
les abeilles au ventre d’or.
Je mange du miel.
*
Soleil dans les pierres.
L’ombre des plantes dessine
sur notre maison.
*
Bébé dans la chambre.
De leurs dents les chevaux fauchent
l’herbe dans le pré.
Pluie à la fenêtre
mon cœur bondit de jeunesse
je suis éternelle
*
Verdure très mûre
en bas au cœur de la cour
il fait déjà nuit
*
La terre assoiffée
ouvre la bouche et avale
l’eau gouttant du ciel.
Vert mûr du seul arbre
Blondeur du foin sur le pré
Petits sauts d’oiseaux
*
Peu après midi
Cils baissés sur les pupilles
Filtrant l’invisible
*
Lourdeur des paupières
Un duvet tremble dans l’herbe
Heure la plus chaude
*
L’orage en coulisses
s’habille pour la soirée.
La terre l’attend.
*
Baies dans les buissons
Merles dans le cerisier
L’été s’accomplit.