Michel Foucault, Les mots et les choses

velazquezVelazquez, Les Ménines

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« Ici le miroir ne dit rien de ce qui a été déjà dit.

(…)

[Il] restitue la visibilité à ce qui demeure hors de tout regard. Mais cette invisibilité qu’il surmonte n’est pas celle du caché : il ne contourne pas un obstacle, il ne détourne pas une perspective, il s’adresse à ce qui est invisible à la fois par la structure du tableau et par son existence comme peinture. »

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Attila Jozsef, Cœur pur

1

tout à l’heure à la Sorbonne, où l’on m’a donné ce poème

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Je n’ai ni père, ni mère,
Ni dieu, ni foyer,
Ni berceau, ni bière,
Ni amante, ni baiser.

 
Trois jours déjà sans manger,
Ni bombance, ni bouchée.
Mon empire, c’est mes vingt ans.
Mes vingt ans, je vous les vends.

 
Et si nul n’en veut, ma foi,
Le diable, lui, me les prendra.
Le cœur pur, j’irai voler,
S’il le faut, assassiner.

 
On m’arrêtera, me pendra,
En terre chrétienne m’enterrera,
Et une ivraie homicide
Croîtra sur mon cœur splendide.

 
In Ni père ni mère, trad. Guillaume Métayer, Sillage, 2010

(en fait en hongrois le prénom se place après le nom, comme en japonais)

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Marcel Proust, Le Temps retrouvé

2

ma table bureau-atelier, ce midi

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« Mais enfin je pourrais à la rigueur, dans la transcription plus exacte que je m’efforcerais de donner, ne pas changer la place des sons, m’abstenir de les détacher de leur cause à côté de laquelle l’intelligence les situe après coup, bien que faire chanter doucement la pluie au milieu de la chambre et tomber en déluge dans la cour l’ébullition de notre tisane ne dût pas être en somme plus déconcertant que ce qu’ont fait si souvent les peintres quand ils peignent, très près ou très loin de nous, selon que les lois de la perspective, l’intensité des couleurs et la première illusion du regard nous les font apparaître, une voile ou un pic que le raisonnement déplacera ensuite de distances quelquefois énormes. »

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Peter Sloterdijk, Bulles

« Le terme « continent » désigne, dans l’histoire moderne, la cohésion du sol terrestre, alors que le continens classique désigne l’écorce la plus externe du ciel [et]… que, dans le contexte global de la planète, ce sont les océans qui sont les contenants tandis que les prétendus continents sont le contenu. »

traduit de l’allemand par Olivier Mannoni

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Platon, Ménon 85c

Καὶ νῦν μέν γε αὐτῷ ὥσπερ ὄναρ ἄρτι ἀνακεκίνηνται αἱ δόξαι αὗται·
Et maintenant oui, à la façon d’un rêve, ces vues viennent comme une armée de se lever en lui.

(ma traduction, du grec, tenant compte de l’idée de soulèvement, d’excitation, de mise en branle, de préparation au combat, contenue dans le verbe)

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