




tout à l’heure au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes





tout à l’heure au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes
La lumière blonde
Les roucoulements du ciel
Le vert clair des feuilles
*
La douceur de l’air
monte à la fenêtre ouverte
le parfum des fleurs
*
En paix je respire
toutes les plantes frémissent
en bas dans la cour
Beaucoup de rêves cette nuit, tous très bons. Par exemple celui-ci : j’avais un nouveau-né, déjà merveilleusement éveillé et répondant à mes sollicitations par maints sourires, par des rires, le bonheur en personne. J’étais follement heureuse. Nous vivions dans un minuscule studio avec son père, qui était moi également. Le nouveau-né, son père et moi nous étions trois, et nous hébergions quelqu’un d’autre, parce qu’il en avait besoin. Nous recevions même des gens de passage, dans ce minuscule espace.
Jeunes Japonaises
sous le cerisier en fleur
Leur langue chantante
*
Fleurs blanches, fleurs roses,
tous les appareils photo
vont aux cerisiers
*
Plus blanche que neige
sa floraison jette au sol
un doux cercle d’ombre.
La fille d’un rabbin, m’ayant vue dans une vidéo tournée en 1990 écrire au rouge à lèvres sur un miroir, y a vu un signe : selon elle, écrivant ainsi de gauche à droite, je révélais ma prédisposition à la religion. J’aime beaucoup la lecture qu’elle fait de cet acte.
En peignant ou coloriant mes photos, je me sens proche, à mon humble mesure, du street art. Dans le sens où les photos, comme les murs des villes, représentent la réalité apparente du monde, y faire un geste de peinture c’est passer à travers le mur, au-delà des apparences, invoquer le réel, c’est-à-dire le spirituel.
Ainsi les murs et la surface des photos se transforment-ils en miroirs, appelés à montrer et annoncer la vérité. Quand je passe les feutres de couleur sur le papier glacé où la lumière joue, les feutres chantent comme des oiseaux.