Ramadan

cet après-midi au Jardin des Plantes, photo Alina Reyes

 

Je me suis levée à 3h25, j’ai jeûné à partir de 4h, j’ai prié, j’ai travaillé… Puis j’ai rompu mon jeûne à 16h30, en apprenant que finalement, après la polémique due au choix, non concerté il est vrai, du calcul astronomique plutôt que de la vision à l’œil nu, la date était reportée à demain. J’ai consulté plusieurs sites musulmans, et notamment les commentaires des lecteurs. Il paraît que la lune ne sera pas davantage visible à l’œil nu ce soir, il y faut une lunette astronomique. Il paraît que c’était ainsi l’année dernière aussi, et que personne n’a rien dit. Passons. Les pays arabes entrent en Ramadan demain, mais d’autres pays comme la Turquie y sont entrés aujourd’hui. Prions pour que tous les musulmans du monde arrivent à s’entendre sur la méthode qui leur permettrait d’entrer à l’unisson en Ramadan.

Ne pas manger ni boire ne m’a pas paru difficile, c’est une affaire de mental, une fois qu’on a intégré que le prochain repas est à dix heures du soir on s’adapte de bonne grâce. Mais j’ai été fatiguée par le manque de sommeil. Au moins cette journée m’aura servi de test : puisque la nuit ne fait pas plus de trois heures, trouver un autre temps dans la journée pour redormir.

Où allaient tous ces avions de guerre et ces chasseurs qui ont survolé Paris cet après-midi vers le sud-est ? C’était sinistre. La paix est si belle et bonne. En marchant j’ai songé que si l’on est exempté de jeûne en voyage, c’est aussi parce que le vrai voyage est en lui-même un jeûne, un temps où l’homme jeûne de ses habitudes. Autant que l’effort de l’abstinence, ce déplacement du quotidien qui brise nos conforts est propre à changer le regard, renouveler le cœur. Je n’oublie pas l’importante dimension sociale du Ramadan (même si je ne la vis pas encore), qui œuvre à unir la communauté, y renforcer les liens de respect mutuel et de solidarité. Ramadan est un trésor de l’humanité. L’ascèse et la fête de l’esprit sont liés, c’est pourquoi aussi les moines sont si joyeux. Et profondément apaisés.

 

Affirmer, confirmer, manger de la lumière

tout à l'heure au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes

 

J’ai bien ri en continuant à taper Poupée, anale nationale, pour en faire un livre numérique à mettre ici. Soudain toute la tragi-comédie actuelle se révélant comme une grosse farce, toute cette maladie autour du racisme, de la famille, de la nation, du sexe, de la religion, tout cela dédramatisé par une bonne purge, toute la débilité étalée, réduite à néant. Voilà un livre qu’il est urgent de relire, je crois.

Alors que je traversais le jardin une toute petite fille m’a apostrophée : « Hé, madame ! » Je suis allée vers elle. « Je mange une glace », a-t-elle dit. « À la fraise ». J’ai apprécié sa capacité d’affirmation.

Voici qu’arrive Ramadan, mon premier. Je sens que je vais travailler pendant ce temps comme une reine, incha’Allah. Bon et saint Ramadan à ceux qui le font.

 

Lumen fidei

nous avons allumé une bougie au Sacré-Coeur

… nous sommes allées voir les vignes…

… le Lapin Agile…

… le Passe-Muraille…

… saint Denis portant sa tête…

… de merveilleux passants…

… de merveilleuses maisons…

… des gens aux fenêtres…

promenade à Montmartre cet après-midi, photos Alina Reyes

… ma précédente promenade à Montmartre était ici

 

De la sujétion et de la liberté

 

L’homme est limité tant qu’il est sujet de la Loi. « Mais en vous laissant conduire par l’Esprit, vous n’êtes plus sujets de la Loi » (Galates 5, 18) Encore une fois, un exemple concret : si vous êtes sujets de la Loi, vous serez limités dans vos lectures. Certains textes vous seront interdits, d’autres vous demeureront incompréhensibles – ce qui revient au même. Si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous pouvez lire sans limites, vous pouvez voir la vérité dans tout texte de vérité, non comme vérité dans le regard de la Loi, le regard littéral, mais comme vérité dans l’Esprit, universelle, lumineuse et salvatrice par-delà les apparences (selon le regard de la Loi). Et il en est de même dans toute lecture qu’implique le fait d’être homme : lecture du monde, lecture de l’homme, lecture de l’histoire, des événements. La lecture est l’accomplissement de la Loi, elle est le regard, et le regard peut tout changer.

Bien sûr l’homme est limité, nous sommes limités, mais ne perdons pas de vue qu’il n’en est ainsi que parce que nous ne sommes pas accomplis. Cet « être limité » n’est pas vraiment un être, il concerne notre existence. Notre être réel, lui, est sans limites, s’il est en Dieu. C’est pourquoi, plutôt que de nous préoccuper d’exister, nous devons nous défaire de notre sujétion à l’existence, qui veut l’accomplissement de l’ego, nous devons nous tenir fermes dans l’être, fermes dans l’approfondissement de l’être, qui est amour – ce pourquoi plus nous descendons dans l’approfondissement, moins notre ego existe, et plus nous sommes amour, êtres accomplis – sans limites amour, communion, joie, paix – et porteurs de tout cela. « Vraiment libres ».

 

Au vrai chic parisien

Passant au milieu de la brocante, un couple très stylé !

J’y ai acheté une ravissante petite robe blanche à fleurs (5 euros mais du 36, il ne faut vraiment pas que je prenne un kilo !) et un foulard très joli, un peu style russe, pour aller en tout lieu où il est bon de se couvrir les cheveux.

Ensuite je suis allée respirer les roses à la Roseraie du Jardin des Plantes, chaque style de rose a son parfum propre, aller de l’une à l’autre comme une abeille c’est exquis, et puis la somme de leurs parfums monte et bouge à la plus petite brise.

Je me suis assise un moment, et voyant ma main sur ma jupe rose avec le micro-chapelet que j’ai presque toujours avec moi, j’ai eu envie de le photographier aussi.