Toits mouillés

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En accompagnant deux Anglais qui espéraient le soleil pour leur week-end à Paris, j’ai pris cette photo des toits mouillés, avec l’envie d’aller m’y promener. En redescendant, je suis allée chez le marchand de couleurs, acheter deux pinceaux et deux tubes de peinture supplémentaires. J’avais oublié mon parapluie chez les Anglais, j’ai marché heureuse de me mouiller, comme une peinture se promenant sur la toile.

Avant de partir de chez moi, j’avais eu envie de peindre un accordéon rouge, aujourd’hui. Avant de rentrer, je suis allée à la boulangerie, il était 13 h et j’avais à prendre des baguettes pour le casse-croûte des uns et des autres à la maison. Or justement il y avait devant la boulangerie un homme que je n’avais jamais vu, un homme au beau visage, clair et lavé comme la pluie, en train de jouer d’un accordéon rouge.

Maintenant je vais vernir le tableau d’hier, Faire-part, puis j’essaierai de peindre cet accordéon. Je débute juste, et j’adore peindre.

Sous la jupe, les jambes

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marchant en jupe de printemps (ou de gitane !), hier et aujourd’hui, et le photographiant

 

Préparant dans une douce excitation mon prochain livre : tout ce qui est politique est d’abord métaphysique. Prenez Jeanne d’Arc, par exemple, qui, parmi d’autres, sert de béquille métaphysique en politique. Il suffirait de faire sur elle un vrai travail humain et métaphysique pour pouvoir abandonner cette béquille comme les miraculés à la grotte de Lourdes.

Quand je dis il suffirait, en vérité ce n’est pas si facile. Mais le difficile, justement, est si excitant, surtout quand on sait que viendra le moment, après suffisamment de préparation, où il rendra le difficile plus que facile, lumineux.

Le moment où l’aveugle, soudain guéri, se lève et marche, court, bondit, plein de joie.

Un nouveau-né, joie, amour, lumière !

J’ai rêvé que nous avions un nouveau bébé, O et moi, un nouveau-né. Et comme il était prodigieux d’intelligence, de joie, d’esprit ! Déjà il parlait, il riait, il plaisantait, il avait un regard si profond et si bienveillant sur chaque être, sur tous les êtres, il était lumineux, il était amour, et un peu après il marchait, il nous accompagnait, nous allions en visite avec des proches, chez des proches, des amis, des inconnus, avec lui tout était grâce et amour et beauté !

Bonne journée à vous !